Le kufr i’râdh

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Message par Citizenkan le Jeu 23 Juil - 14:13



Le kufr i’râdh

(Partie 1)


Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !


Comment entre-t-on dans l’Islam ?


On entre dans l’Islam en fournissant trois éléments : le tasdîq, l’inqiyâd du cœur, et la prononciation verbale de son adhésion. S’il l’un d’eux manque, on ne peut aspirer réellement à l’Islam. Il y a donc une reconnaissance intérieure (le cœur) et extérieure (la langue). Quand on entre dans l’Islam, on s’engage à adhérer à toutes ses lois. C’est ce que les savants appellent l’iltizâm et qui est la somme de la soumission intérieure et de la reconnaissance verbale. Soit, donner foi à tous les enseignements du Prophète (r), tout en émettant la ferme intention de se soumettre à son obéissance.


Le tasdîq est antonyme au shakk (douter de la véracité de ses enseignements), au takdhîb (les démentir soit avec le cœur soit avec la langue), et à l’i’râdh (y rester indifférents sans spécialement les démentir ni en douter).


L’inqiyâd est antonyme au ibâ (refuser de s’y soumettre pour x raisons), à l’istikbâr (refuser de s’y soumettre par orgueil), et à el kirâha (les détester).


La reconnaissance verbale est antonyme au takdhîb (les démentir avec la langue pour x raisons) au juhûd (les démentir avec la langue tout en y donnant foi avec le cœur), l’i’râdh, mais aussi l’hypocrisie (nifâq) qui consiste à les reconnaitre verbalement, mais sans y donner foi avec le cœur (mécréance intérieure/croyance extérieure). C’est le contraire du juhûd (croyance intérieure/mécréance extérieure), en sachant que l’hypocrisie peut être motivée par l’une des formes de mécréance citées plus haut (shakk, takdhîb, i’râdh, ibâ, istikbâr, el kirâha).[1]


En fonction des motivations de son auteur et de ses facteurs, le kufr se subdivise en six grandes catégories :


el inkâr : (renier : quand on parle de sa provenance, autrement dit le cœur), e-takdhîb (démentir : quand on parle de l’organe par lequel il se matérialise), et du kufr el jahl (ignorance : quand on parle de sa motivation). Il est à noter que cette catégorie est peu courante en raison de la venue des prophètes par lesquels la preuve d’Allah est établie contre les hommes.[2]
el juhûd : qui consiste à reconnaitre Allah avec le cœur, sans le traduire dans les paroles, comme c’est le cas pour Pharaon.

Le kufr juhûd : se divise en deux catégories :

en kufr mutlaq qui concerne le tahwîd e-rububiya, les lois d’Allah ou la mission des messagers,
et en kufr muqaïyid qui consiste à renier une obligation, un interdit, ou n’importe quel enseignement de la religion.

el ‘inâd : qui consiste à reconnaitre Allah avec son cœur et dans les paroles, mais sans pour autant se soumettre à sa religion comme Abû Tâlib. Dans ce sens, nous avons le fameux kufr el îbâ (par refus) et el istikbâr (par orgueil) d’ibn Qaïyim qui concerne notamment Shaïtan et la plupart des Juifs.
e-nifâq : qui consiste à reconnaitre la religion avec la langue sans y adhérer avec le cœur. C’est le cas des hypocrites. Il est certes différent du kufr au niveau des apparences, mais en regard du devenir de son auteur dans l’au-delà, c’est une forme de kufr. Là aussi, il est question de nifâq akbar et nifâq asghar.
el i’râdh : qui consiste à se détourner du message et à ne pas vouloir l’entendre sans forcément le démentir ou le renier.
e-shakk : qui consiste à ne pas totalement être convaincu du message prophétique.[3]


La dixième annulation de l’Islam


Dans nawâqidh el Islam, Sheïkh Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb – qu’Allah (I) lui fasse miséricorde – établit : « Dixièmement : se détourner de la religion d’Allah (I) sans l’étudier ni la mettre en pratique.


Voici la preuve textuelle : [Y a-t-il plus injuste que de tourner le dos aux Versets du Seigneur, après en avoir reçu le rappel ; Nous allons certainement Nous venger des criminels].[4] »


La dixième annulation qui est la dernière, consiste à se détourner de la religion d’Allah, sans lui prêter aucune attention ni l’étudier ; ou, quand bien même on l’étudierait, on ne la mettrait pas en pratique. Le fautif se détourne dans un premier temps du savoir, puis de la pratique, qu’Allah nous en préserve ! Il y a le cas également où il avance des actes, mais sans se baser sur un savoir, ce qui fait de lui un égaré. Il incombe tout d’abord d’étudier la religion, pour ensuite l’appliquer concrètement. L’autre comportement, c’est de ne pas mettre en pratique le savoir que l’on a appris, auquel cas, on encourt la colère divine. Le premier étant un égaré.


C’est contre ces deux chemins que nous nous préservons dans chaque rak’a de la prière. [Guide-nous sur le chemin droit • Le chemin de ceux que tu as comblés de tes bienfaits, non celui de ceux qui ont été frappés par Ta colère ni celui des égarés].[5]


Se détourner de la religion d’Allah sans l’étudier ni la mettre en pratique est un acte d’apostasie. Allah révèle à ce sujet : [à celui qui se détourne de Mon Rappel, Je lui infligerais une vie malheureuse][6] ; « qui se détourne de Mon Rappel » : qui ne l’étudie pas et qui ne le met pas en pratique ; [Les mécréants se détournent des avertissements qui leur furent révélés][7] ; [Y a-t-il plus injuste que de tourner le dos aux Versets du Seigneur, après en avoir reçu le rappel ; Nous allons certainement Nous venger des criminels].[8] Il s’agit de s’en détourner, après les avoir entendus.


Or, ceux qui ne veulent pas étudier par fainéantise ne sont pas concernés par le statut d’apostats, bien qu’au même moment, ils soient blâmables. Cependant, si la raison de leur négligence, c’est qu’ils ne sont pas attirés par l’étude de la religion, cela consiste exactement à se détourner de la religion, qu’Allah nous en préserve ! C’est exactement, cette motivation qui rend apostat, contrairement au faignant, qui, bien qu’il soit attiré par le savoir, et qu’il aime le savoir, ne fait pas l’effort d’étudier. Il n’est pas facile en effet de se résoudre à étudier. Cela réclame de la patience, de l’abnégation, et de rester assis sacrifier une partie de son temps, ce que ne supporte pas le faignant. S’il est blâmable pour sa négligence et sa fainéantise, il n’atteint pas pour autant le degré de mécréance.[9]


Les formes d’i’râdh


Nous pouvons recenser trois formes d’i’râdh :


Se détourner du message et à ne pas vouloir l’entendre sans forcément le démentir ou le renier, comme nous l’avons vu plus haut.
Se détourner complètement de la foi et de la religion musulmane, comme le souligne ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân.[10]
Se détourner des actes d’adoration. Notons qu’il incombe un nombre d’actes minimum propres à l’Islam comme la prière, l’aumône légale, le jeûne, le pèlerinage ; en d’autres termes, des vertus qui ne sont pas propres à l’Islam, comme la bonté envers les parents, la loyauté, ne suffisent pas en eux-mêmes pour sortir de ce cas de figure. En outre, il faut distinguer entre les actes qu’on fait par nature ou par habitude et qui sont propres à tout le monde, et ceux auxquels on donne une portée religieuse.[11]


À suivre…


Par : Karim Zentici

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[1] Voir : jawâb el îmân wa nawâqidhuhu de Sheïkh ‘Abd e-Rahmân el Barrâk.

[2] Ibn el Qaïyim dit à ce sujet : « Deux individus méritent le châtiment : le premier consiste à se détourner de la preuve d’Allah par négligence et à ne pas la vouloir ni la mettre en pratique ni mettre en pratique ce qu’elle implique. Le deuxième consiste à s’en détourner par orgueil après l’avoir reçue et à délaisser ses implications.

Le premier c’est du kufr i’râdh,

Et le deuxième, c’est du kufr ‘inâd.

Quant au kufr el jahl sans que la preuve d’Allah ne soit venue et sans avoir la possibilité d’y avoir accès, c’est ce genre de kufr au sujet duquel Allah n’applique pas le châtiment, pas avant que la preuve prophétique ne soit appliquée. » [Voir : tarîq el hijrataïn (p. 414)]

[3] Voir : e-takfîr wa dhawâbituhu de Sheïkh Ibrahim e-Ruhaïlî.

[4] La prosternation ; 22 Se détourner dans le sens où on n’est pas attiré par l’étude de la religion, ou par répulsion envers le savoir, cela est tout désigné pour être une forme de mécréance, qu’Allah nous en préserve ! Sheïkh el Fawzân.

[5] L’ouverture ; 6-7

[6] Ta-Hâ ; 124

[7] El Ahqâf ; 3

[8] La prosternation ; 22

[9] Voir : Sharh nawâqidh el Islam de Sheïkh el Fawzân.

[10] Voir : manhâj ahl el haqq d’ibn Sahmân (p. 81).

[11] Voir : jawâb el îmân wa nawâqidhuhu de Sheïkh ‘Abd e-Rahmân el Barrâk ; selon un chercheur, il est possible d’abandonner les quatre piliers de l’Islam, tout en gardant certains autres actes [Voir : nawâqidh el îmân el i’tiqâdiya qui est une thèse universitaire du D. Mohamed el Wuhaïbî (2/137-138).]. Il s’inspire d’un texte d’ibn Taïmiya (le même que celui de Sheïkh el Barrâk et dont voici les références : majmû’ el fatâwâ (7/621)) dans lequel il explique qu’un mécréant peut être loyal, juste, et honnête, sans pour autant devenir musulman, s’il ne se soumet pas à la Législation mohammadienne. On ne peut prétendre à l’Islam sans ne fournir aucune de ses obligations. L’essentiel, ce n’est pas de faire des actes, mais c’est de les faire d’une part avec foi et d’autre part, dans le cercle de la législation musulmane. En adhérant (dans la conviction et les actes) à ces deux conditions, on obtient le jisn el ‘amal, qui n’est donc pas propre aux quatre piliers de l’Islam, wa Allah a’lam !


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Message par Citizenkan le Ven 24 Juil - 16:16



Le kufr i’râdh

(Partie 2)


L’ignorance n’est pas toujours un facteur excusable


Sheïkh el ‘Uthaïmîn souligne que l’ignorance qui est à l’origine d’un laisser-aller (tafrît) dans l’étude de la religion n’est pas excusable. Ex. : on sait qu’on va à l’encontre de la vérité dans une question, mais on ne fait pas l’effort de la rechercher.[1]


Il souligne à ce sujet : « Je ne pense pas que le Sheïkh (Sheïkh ibn ‘Abd el Wahhâb ndt.) ne tienne pas compte du ‘udhr bi el jahl ; sauf s’il fait allusion à celui qui reste ignorant par négligence de sa part, et qui, par exemple, se détourne de la vérité. Ce dernier en effet est inexcusable.[2] Si je dis cela, c’est parce que le Sheïkh est l’auteur d’autres paroles qui expriment le contraire…


Ainsi, l’ignorant est excusable pour les actes provenant de ce dernier qui relèvent de la mécréance (en sachant que la mécréance est plus vaste que le shirk ndt.)… »[3]


En règle générale, à ses yeux, il n’est pas tenu rigueur de l’erreur motivée par l’ignorance que ce soit dans n’importe quel domaine de la religion. Néanmoins, il faut savoir que certains ignorants font preuve d’une sorte d’obstination (‘inâd). Ils entendent la vérité, mais ils n’y prêtent pas attention et ils ne la recherchent pas spécialement. Ils se contentent plutôt de la parole de leur sheïkh et de ceux qu’ils encensent. Ils préfèrent les suivre aux dépens de la vérité. À vrai dire, ce cas d’ignorance n’est pas excusable ; ils devraient au moins prendre la peine de vérifier la vérité qu’on leur ramène, car, au pire des cas, c’est un argument ambigu qu’il incombe de dissiper. Ces suiveurs ignorants sont comparables à ceux que le Coran décrit ainsi : [Nous avons trouvé nos pères sur une voie, et nous nous contentons de suivre leurs traces]. Un autre Verset nous apprend : [et nous nous contentons d’imiter leurs traces].


Les ignorants non négligents sont excusables


Quoi qu’il en soit, l’ignorance est un paramètre excusable dans la situation où on n’a aucune connaissance de la vérité, et qu’on n’en a jamais entendu parler. C’est dans ce cas qu’elle n’est pas tenue rigueur. On juge l’individu en fonction de ses actes. S’il se prétend musulman et qu’il atteste qu’il n’y a d’autre dieu digne d’être adoré en dehors d’Allah et que Mohammed est Son Messager, on doit le considérer comme tel. S’il n’adhère pas à l’Islam, on le rallie à la religion à laquelle il adhère sur terre. Quant à son statut dans l’au-delà, il est le même qu’en périodes de « rupture ». Allah décidera de son sort le jour de la résurrection. Selon l’opinion la plus vraisemblable, il subira une épreuve qui décidera de son devenir ; s’il la passe correctement, il ira au Paradis, et s’il échoue il ira en Enfer.


Or, il faut savoir qu’à notre époque, le message du Prophète (r) s’est répandu pratiquement sur toute la surface de la Terre grâce aux moyens de communication modernes et aux mélanges des cultures. La plupart du temps, la mécréance est motivée par l’obstination.[4]


Selon le doyen de Qâsim, la question du ‘udhr bi el jahl touche indifféremment les péchés et la mécréance. Si l’erreur commise dans l’un de ses deux domaines nous dit-il, n’est pas le fruit d’une négligence, et que le fautif n’a absolument pas conscience qu’il enfreint un interdit, alors dans ce cas, il n’y aura rien contre lui, à condition qu’il soit musulman.[5]


La question du ‘udhr bi el jahl prend ses racines dans le sens général des textes scripturaires de l’Islam. Personne n’est à même de ramener une preuve la remettant en question.[6] (Il n’est donc pas pertinent de taxer de murjites les partisans de cette tendance ndt.). Il est vrai que la négligence en soi est condamnable. Il est intolérable de ne pas accorder attention à l‘étude de la religion. Quand on entend qu’une chose est interdite, on n’a pas le droit de rester indifférent. De ce point de vue, certes, on manque à ses devoirs et on est donc coupable d’un péché. Mais de là à dire qu’un individu vivant au milieu d’une société dans laquelle tel péché est répandu, et que personne n’est au courant que c’en est un ; de là à dire qu’il lui en est tenu rigueur sans n’avoir reçu la preuve céleste, c’est un peu tiré par les cheveux !


Il n’y a pas de place pour les sentiments dans les questions qui touchent à la religion ; seuls les textes font autorité. Or, le Seigneur (U) nous dit bien : « Ma Miséricorde devance Ma Colère ! » Comment peut-on être coupable d’un péché quand on n’a même pas conscience que s’en est un ![7]


Ainsi, il est possible d’être condamnable en suivant les autres sans se poser la question de savoir si ce que l’on fait est autorisé ou non. Dans ce cas, la négligence est tenue rigueur, et le fautif peut être inexcusable. Cependant, il est possible également qu’il ne lui vienne même pas à l’esprit qu’il enfreint un interdit, surtout dans la mesure où il n’a pas un savant sous la main pour lui attirer l’attention sur son erreur. Dans ce cas, il est excusable.[8] En un mot, l’ignorance est un facteur excusable, mais la négligence dans l’étude de la religion n’entre pas dans ce registre.[9]


Sheïkh el ‘Uthaïmîn applique ce principe au shirk


L’immolation pour un wali ou pour une tombe relève de la grande association et son auteur est un mushrik apostat. Il a beau dire lâ ilâh illâ Allah et faire la prière, il n’est plus musulman. Il est possible toutefois que, vivant loin des pays musulmans, il ne sache pas que cette pratique soit interdite, et il n’y voit aucun mal. Dans ce cas, il est excusable, mais il incombe de l’informer sur la gravité de son erreur. Après cela, s’il s’entête, alors la preuve céleste est établie contre lui, et il devient un mécréant apostat et un païen. Il n’y a pas de mal à le qualifier ainsi. On le somme de se repentir sous peine de condamnation à mort.[10]


Avant l’iqâma el hudja, on est coupable de shirk, mais sans avoir le statut de mushrik. Il incombe de ramener le coupable à la raison, en lui disant que son acte relève de l’association ; et s’il ne veut pas entendre, à ce moment-là et seulement à ce moment-là, il sort de la religion.[11]


La négligence est au minimum un péché


Quand on lui posa une question sur les ignorants qui reçoivent l’influence des savants hérétiques, loin des pays où règne l’orthodoxie, voici quelle fut sa réponse : « Dans la situation où ils entendent le message des prédicateurs orthodoxes, ils n’ont aucune excuse en raison de leur négligence ; nous ne pouvons toutefois nous prononcer formellement sur leur cas (mot à mot : dire qu’ils sont ou ne sont pas apostats ndt.). Vue sous un certain angle, en effet, leur négligence ne dépasse pas l’état de péché. Quand des prédicateurs les mettent en garde contre le caractère païen de leurs pratiques, ils doivent au minimum s’en abstenir et faire des recherches, malgré leurs appréhensions et la préférence qu’ils portent à leurs propres savants. Ils sont donc éventuellement coupables de ne pas faire des recherches, mais ils restent musulmans en raison de leur ignorance.

Or, vue sous un autre angle, leur négligence ne leur offre aucune circonstance atténuante, car le devoir de recherche incombe à chacun. Je pense qu’ibn Taïmiya – qu’Allah lui fasse miséricorde – considère qu’ils manquent à leur devoir de rechercher la vérité ; à ses yeux, ils sont donc fautifs, mais sans devenir apostats. Je dis cela de tête, donc à vous de vérifier ; ne prenez pas mes propos pour argent comptant. »[12]


À suivre…


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[1] Voir : Durûs wa fatâwâ el haram el makkî de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (année 1411 h. cassette n° 9/a). Pour Sheïkh el ‘Uthaïmîn, tout le monde s’accorde sur le principe du ‘udhr bi el jahl, mais s’il y a divergence entre les savants, c’est dans la façon dont cela se traduit dans la pratique. Il est même possible que, parfois, elle porte plus sur la forme qu’autre chose. Voir : Fatâwâ arkân el islâm

Ailleurs, il tranche sur la question en rejoignant le parti des pro ‘udhr dans le shirk akbar dans la mesure où le fautif n’a pas conscience d’aller à l’encontre de la vérité en commettant du shirk. Sharh el mumti’ (6/193).

Il ramène la divergence des savants au laisser-aller et à la négligence des uns et des autres dans la recherche de la vérité (tafrît), et qui n’offre aucune circonstance atténuante. Voir : sî’at Rahmat Rabbi el ‘Âlamîn lil Juhhâl el Mukhâlifîn li e-Sharî’a min el Muslimîn de Saïd ibn Sa’d e-Dîn el Ghabashi (p. 83).

[2] C’est le fameux kufr i’râdh et le kufr ‘inâd d’ibn el Qaïyim. Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh tient un discours de ce genre dans son sharh kashf e-shubuhât.

[3] Sharh kashf e-shubuhât (p. 46-62).

[4] Voir : Majmû’ fatâwâ e-Sheïkh el ‘Uthaïmîn (2/question nº 222).

[5] Voir : Ta’lîq ‘alâ kitâb e-tawhîd (1/173). Sheïkh el ‘Uthaïmîn va jusqu’à nuancer un passage de l’auteur.

[6] Voir : Liqâ-ât el bâb el maftûh de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (33/question nº 12).

[7] Idem. C’est le constat que fait l’auteur de l’excellente recherche, que l’adversaire se targue de mettre en avant ‘âridh el jahl, et qui n’est autre que Râshid e-Râshid. Celle-ci, rappelons-le, fut préfacée par Sheïkh el Fâwzân, connu pour ses positions fermes sur le sujet. Il explique en effet : « … Quant à celui qui commet du shirk, dans la mesure où il n’a pas accès à la science, comme ceux qui vivent dans les pays non-musulmans et dans les sociétés où il n’y a pas de prédicateurs qui appellent au tawhîd, de sorte qu’il ne peut remédier à son ignorance, dans ce cas, il est excusable, selon l’opinion la plus vraisemblable des savants. » ‘âridh el jahl (p. 224).

[8] Liqâ-ât el bâb el maftûh de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (39/question nº 3).

[9] Idem.

[10] Liqâ-ât el bâb el maftûh de Sheïkh el ‘Uthaïmîn (48/question nº 15).

[11] Idem.

[12] Sharh kutâb e-tawhîd min sahîh el Bukhârî (cas. n° 21/b).
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Message par Citizenkan le Dim 26 Juil - 15:43



Le kufr i’râdh

(Partie 3)


L’avis d’ibn Taïmiya


Après vérification, c’est effectivement l’avis d’ibn Taïmiya. Ce dernier explique : « En délaissant une obligation non par conviction ni par une forme d’ignorance qui est légitimement excusable, mais tout simplement par une ignorance qui est née d’une volonté de se détourner du savoir qu’il incombe d’apprendre, tout en y ayant accès ; Il est possible également de ne pas adhérer à une obligation ou à une interdiction après l’avoir entendu, sans forcément renier la prophétie, mais tout simplement en s’en détournant ; ces deux cas sont souvent la raison pour laquelle on néglige son devoir d’apprendre le savoir obligatoire. C’est ce qui pousse à délaisser une obligation ou à enfreindre une interdiction sans savoir qu’on va à l’encontre de la Loi, ou bien, même en le sachant, on daigne y adhérer soit par esprit de chauvinisme envers sa tendance, soit pour avoir succombé à ses passions. Ce cas revient à délaisser une croyance obligatoire sans excuse valable. »[1]


Ainsi, ibn Taïmiya distingue entre l’ignorance involontaire ou indépendante de la volonté et impossible à remédier dans l’immédiat et l’ignorance volontaire ou qu’il est possible de remédier.[2]


L’erreur est une forme d’ignorance


D’après le recueil e-sahîh, selon Abû Huraïra (y), le Messager d’Allah (r) a dit : « Un homme, qui n’avait fait aucune bonne action, recommanda à sa famille avant de mourir : « Après ma mort, brûler ma dépouille. Puis, dispersez-en une partie dans la mer et l’autre partie sur la terre ferme. Par Allah ! S’Il venait à me reprendre, Il m’infligerait un châtiment comme Il ne l’a jamais infligé à personne dans l’Humanité entière. » Après sa mort, ses vœux furent exaucés, mais Allah ordonna à la terre ferme et à la mer de rassembler ses cendres. Puis, Il le questionna : « Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ?

C’est la peur de subir ton courroux, Mon Seigneur ! » C’est alors qu’Il lui pardonna. »[3]


Dans certains de ses ouvrages,[4] Abû el ‘Abbâs rejoint l’opinion qui, aux yeux d’ibn Hajar el ‘Asqalânî est la plus vraisemblable,[5] et selon laquelle cet homme fut motivé par une peur extrême. Dans d’autres passages, il reprend une autre opinion, et c’est à la lumière de celle-ci qu’il incombe de comprendre sa position sur le ‘udhr bi el jahl. Ce dernier explique notamment : « Cet homme en question croyait qu’Allah (I) n’avait pas le pouvoir de le reconstituer s’il faisait éparpiller ses cendres, ou tout au moins, il en doutait. Il pensait qu’il ne serait pas ressuscité. Or, ces deux croyances sont du kufr, et font sortir de la religion celui contre qui la preuve céleste fut établie. Cependant, il ignorait ce point, et il n’avait pas le savoir suffisant ayant pu dissiper cette ignorance. Il donnait bien foi à Dieu, à Ses commandements (obligations/interdictions), et à Sa promesse (du Paradis ou de l’Enfer). Ce fut ce qui anima en lui la peur de Son châtiment. Une peur qui intercéda en sa faveur, car Allah lui pardonna.


Ainsi, toute erreur commise par les croyants au niveau de certaines questions dogmatiques n’est pas pire que cet homme. Ils donnent en effet foi en Dieu et au jour du jugement dernier, et font de bonnes œuvres. Ils méritent tout autant le Pardon divin pour leur erreur, mais ils peuvent aussi être châtiés pour ceux d’entre eux qui faisaient preuve de négligence dans la recherche de la vérité. Et cela, proportionnellement à leur niveau de religiosité. Quant à kaffar un individu sur une simple erreur, c’est une chose de vraiment grave… »[6]


La négligence dans la recherche de la vérité est donc un péché, mais sans forcément atteindre le degré de mécréance


Sheïkh Taqî e-Dîn établit : « L’erreur peur provenir d’une négligence envers, par exemple, le devoir de suivre le Coran et de lui donner foi, ou elle peut provenir d’une transgression des limites d’Allah en empruntant des sentiers interdits, ou encore d’un penchant vers les passions infondées. Dans ce cas, sous le coup de la menace divine, on est injuste envers soi-même. En revanche, en faisant tous les efforts pour obéir à Dieu et à Son Messager, que ce soit avec le cœur ou dans les actes, et ne recherchant dans ses efforts rien d’autre que la vérité, conformément aux injonctions du Coran et de la sunna, on est excusé pour son erreur. » [7]


« Quant à la question du takfîr, selon la bonne opinion, tout individu de la communauté mohammadienne faisant une erreur suite à un effort d’interprétation ne devient pas mécréant, à condition que son intention soit de parvenir à la vérité. Dans ce cas, son erreur lui est pardonnée. Cependant, dans la situation où, bien qu’on appréhende clairement les enseignements du Messager, on s’en écarte en toute connaissance de cause, pour suivre un autre chemin que celui des croyants, on devient mécréant.

Or, dans la situation où l’on se soumet à ses passions, tout en faisant preuve de négligence dans la recherche de la vérité, ce qui pousse à parler sans science, on devient un désobéissant condamnable, voire un pervers, sauf si ses bonnes actions prennent le dessus sur ses mauvaises. »[8]


L’erreur peut même être gratifiée d’une récompense, à condition qu’elle ne soit pas du shirk


Sheïkh Ahmed ibn ‘Abd el Halîm établit : « On peut faire un acte d’adoration interdit par la religion, mais sans qu’on le sache, à condition que cet acte en question ait une origine dans les textes ; par exemple, faire la prière pendant les horaires interdits ; on peut avoir connaissance des textes généraux enjoignant de prier, mais sans savoir que, dans certains horaires, cela soit interdit… Cet acte entre dans le sens général des textes vantant les vertus de la prière, tout en ignorant que d’autres textes l’interdisent sous cette forme-là ; dans ce cas, on est récompensé. Certes, sous un certain angle, cette prière est interdite. Dans la mesure où on ne sait pas que, faite de cette façon, elle est une innovation qu’on élève au rang de rite à l’occasion duquel on se réunit annuellement. Cela revient à, par exemple, inventer une sixième prière journalière.

Néanmoins, les actes, qui n’ont aucune origine dans les textes comme l’association, ne rapportent aucune récompense. Certes, Allah ne châtie pas leur auteur avant qu’il ait reçu la preuve prophétique, conformément au Verset : [Nous n’allions châtier personne avant d’envoyer un messager].[9] Néanmoins, s’il est vrai qu’on ne sera pas châtié à cause de ces actes, on n’aura pas droit, pour autant, à une récompense, conformément au Verset : [Nous avons considéré les œuvres qu’ils ont avancées et les avons rendues comme de la poussière éparpillée].[10] Ibn el Mubârak en fait le commentaire suivant : « Il s’agit des œuvres qui ne sont pas faites pour Allah. » Pour Mujâhid, il s’agit des œuvres qui n’ont pas été acceptées. Allah (I) révèle également : [Voici la parabole de ceux qui ont mécru à Leur Seigneur ; leurs œuvres sont comme des cendres disséminées violemment par le vent].[11] Leurs actes sont complètement annulés et ils ne rapportent aucune récompense. »[12]


L’erreur « involontaire » est une restriction au takfîr


« Les erreurs de ceux qui font un effort d’interprétation dans les deux domaines el khabariya (ou furû’ ndt.) et el ‘almiya (ou usûl ndt.) sont pardonnées. »[13]


« Il est interdit de taxer un musulman de mécréant pour un péché ou une erreur qu’il a commis… »[14]


Ainsi, Allah ne tient pas rigueur de l’erreur et de l’oubli et l’état de mécréance ne peut être constaté avant l’étape d’éclaircissement ou avant d’en fournir les preuves.[15]


L’erreur n’est donc pas forcément synonyme de péché


Sheïkh Taqî e-Dîn établit : « Les savants font uniquement allusion aux prophètes – que les prières d’Allah soient sur eux – quand ils parlent de la catégorie d’individus qui sont immunisés de persister dans la faute. Cela ne concerne pas les véridiques, les martyrs, et les pieux qui ne jouissent pas de ce privilège. Ces derniers sont capables de faire des péchés qui sont incontestables, mais ils peuvent également être motivés par un effort d’interprétation qui ne leur garantit pas d’avoir raison tout le temps. Quand ils ont effectivement raison, ils reçoivent une double récompense, mais s’ils se trompent ils n’en reçoivent qu’une seule en compensation à leurs efforts. Cela veut dire que ce genre d’erreurs leur est pardonné.

À l’inverse des savants, nous avons les égarées pour qui, l’erreur et le péché sont indissociables. Ils peuvent alors avoir deux réactions vis-à-vis des fautifs éventuels : soit ils font preuve d’excès en considérant qu’ils sont parfaits soit ils font preuve de laxisme en pensant que leurs erreurs les rendent injustes. Quant aux savants [modérés], ils disent qu’ils ne sont ni parfaits ni condamnables. »[16]


Remarque


C’est à la lumière des explications d’el ‘Uthaïmîn citées plus haut qu’il incombe d’orienter le passage de Sharh el mumti’ (6/194) disant que les ignorants négligents ne sont pas excusables, et cela pour plusieurs raisons :


Déjà, il n’est pas formel sur leur takfir en utilisant des termes exprimant l’éventualité, l’hypothèse (qad + verbe au présent, rubbama). Au pire, cette catégorie n’est pas excusable, mais ce n’est pas le cas des ignorants non négligents.
la raison l’ayant poussé à exposer cette éventualité, c’est qu’il existe une divergence sur la chose, comme il le souligne plus haut. Il ne fait donc qu’exposer les deux points de vue, puis il tranche, comme nous allons le voir.
Il va jusqu’à ramène la divergence des savants sur la question du ‘udhr au laisser-aller et à la négligence des uns et des autres dans la recherche de la vérité (tafrît), et qui n’offre aucune circonstance atténuante.[17]
À la suite du passage controversé, il tranche sur la question en rejoignant le parti des pro ‘udhr dans le shirk akbar dans la mesure où le fautif n’a pas conscience d’aller à l’encontre de la vérité en commettant du shirk (son statut est donc différent de celui de ahl el fatra).[18]


Voici le passage en question : « Néanmoins, certains ignorants n’ayant aucune ambiguïté sont convaincus de détenir la vérité (que ce soit au niveau de la croyance ou des paroles). Il va sans dire qu’ils ne cherchent nullement à aller à l’encontre de la religion, ni de sombrer dans le péché et la mécréance. Nous ne pouvons les condamner à la mécréance quand bien même ils ignoreraient un fondement de la religion. Re(-)connaitre la zakât et son caractère obligatoire est l’un de ces crédos fondamentales, on peut l’ignorer tout en restant musulman.

Ainsi, nous pouvons mieux appréhender la situation de nombreux fidèles à travers diverses contrées islamiques où le recours aux morts (el istighâtha bi el amwât) est monnaie courante. Ils ne savent pas que ces pratiques sont interdites. On leur fait même miroiter qu’elles rapprochent d’Allah, et que certains occupants des tombes sont des walis, etc. ils adhèrent pourtant à l’Islam et font preuve d’un grand zèle vis-à-vis de ses enseignements. Ils sont convaincus de faire le bien, et personne ne les a prévenus du contraire. Ils sont donc excusables, contrairement à l’entêté qui lui est condamnable ; il sait très bien que les savants disent que c’est du shirk, mais il préfère s’en tenir aux coutumes de ses ancêtres. Celui-ci est directement concerné par le Verset : [Nous avons trouvé nos pères sur une voie, et nous nous contentons de suivre leurs traces].[19] »[20]


Ailleurs, il conteste la position anti ‘udhr fi usûl e-dîn, et affirme explicitement que cela reviendrait à kaffar de nombreux musulmans aujourd’hui qui seraient des mushrikins bien qu’affiliés à l’Islam.[21]


Wa Allah a’lam !



Par : Karim Zentici

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[1] Majmû’ el fatâwa (5/254-255).

[2] Majmû’ el fatâwa (2/281). L’ignorance n’est pas une excuse en elle-même, mais il faut tenir compte d’un facteur qui est extérieur à l’individu et qui est indépendant de sa volonté, soit l’impossibilité d’avoir accès au savoir, pour une raison ou pour une autre. En sachant que ce facteur n’est pas constant, dans le sens où il est évolutif. Ainsi, comme nous l’avons déjà vu, un ignorant qui se détourne du savoir ou qui n’a pas la volonté d’apprendre et de poser des questions aux savants n’est pas excusable. D’autre part, après iqâma el hujja, l’ignorance n’est plus un facteur atténuant.

Dans la pratique, c’est au savant de trancher sur les cas particuliers, et c’est aux autorités en place de prendre des décisions en conséquence. En sachant que les points de vue sont différents en fonction des endroits, des époques et des personnes. Voir : http://www.mizab.org/#!eclaircissement/c1nw1

[3] Cette histoire est rapportée par el Bukhârî (7505) et Muslim (2757).

[4] Voir notamment : majmû’ e-rasâil wa el masâil (3/346).

[5] Voir : fath el Bârî (13/290).

[6] El istiqâma (1/164-165) ; En annotation à ‘âridh el jahl (p. 433) de Râshid e-Râshid, Sheïkh el Fawzân souligne que l’homme en question ne connaissait pas certains détails du Pouvoir, bien qu’il le reconnaissait dans l’ensemble. Son erreur touchait donc à un point subtil du dogme.

[7] Majmû’ el fatâwâ (3/317).

[8] Majmû’ el fatâwâ (12/180).

[9] Le voyage nocturne ; 15 voir les tafsîr d’e-Tabarî et d’ibn Kathîr.

[10] Le furqân ; 23

[11] Ibrahim ; 18

[12] Majmû’ el fatâwâ (20/31-33).

[13] majmû’ el fatâwa (20/33).

[14] majmû’ el fatâwa (3/288).

[15] Idem. (12/523-524). Des textes de ce genre, il en existe beaucoup d’autres. Le D. ‘Abd el Majîd el Mish’abî est l’auteur d’une thèse ayant pour titre ; manhaj ibn Taïmiya fî mas-alat e-takfîr (1/251-261) où il démontre, avec de nombreux textes d’ibn Taïmiya à la clef, que ce dernier tient compte du ‘udhr bi el jahl dans iqâmat el hujja ; voir notamment en vrac : majmû’ el fatâwa (3/231), (5/538), (6/61), (11/406), (11/409-410) (11/412-413), (20/36), (23/346), (35/165-166), e-rad ‘alâ el Akhnâî (p. 61-62), e-Safdiya (1/233), e-rad ‘alâ el bakrî (p. 259), bughiya el murtâd (p. 311), el istiqâma (1/30), dur e-ta’ârudh (8/238), et el Asfahâniya (p. 127-128).

[16] Majmû’ el fatâwâ (35/29).

[17] Voir : sî’at Rahmat Rabbi el ‘Âlamîn lil Juhhâl el Mukhâlifîn li e-Sharî’a min el Muslimîn de Saïd ibn Sa’d e-Dîn el Ghabashi (p. 83).

[18] Sharh el mumti’ (6/193).

[19] Les ornements ; 22

[20] Sharh el mumti’ (6/194).

[21] Voir : manzhûma usûl el fiqh.
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Message par Citizenkan le Dim 26 Juil - 17:07





L'article est désormais sur le site : http://www.mizab.org/#!le-kufr-irdh/c1ch3
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Message par Citizenkan le Sam 2 Jan - 10:28



Sheïkh Sâlih Sindi sur les conditions de la shahada :

Condition n° 7 : la soumission, antonyme de la non-soumission

Il s’agit de se soumettre pleinement à toutes les notions véhiculées par l’attestation de foi ; soit à adorer exclusivement le Dieu Vivant, à adhérer à Sa Législation en y donnant foi et en étant convaincu qu’elle incarne la vérité. Rien ne sert de la prononcer si on déroge à l’adoration unique du Seigneur et à l’adhésion à Sa Législation, à la manière d’Iblîs notamment qui s’enfla d’orgueil et qui s’érigea en rebelle.

‘Abd e-Rahmân ibn Hasan : « 6°) La soumission, antonyme de la non-soumission. On peut certes la prononcer en toute connaissance de cause, mais sans se soumettre à ses exigences et ses implications telles que l’amour et la haine en Dieu et la mise en pratique des lois religieuses. »

On a beau remplir les premières conditions d’acceptation de la shahâda, on ne devient pas pour autant croyant, car il manque une dernière épreuve : mettre son engagement en pratique en vouant le culte exclusif au Très-Haut. Plusieurs obstacles s’interposent entre l’individu et la réalisation de cet objectif, notamment l’orgueil, les passions, etc.

Allah () révèle : Quand on soumet son visage à Allah tout en s’appliquant à faire le bien, on s’accroche à un lien solide, car c’est vers Lui que revient toute chose.

Nous avons vu précédemment que l’attestation de foi incarnait ce lien solide.

Hâfizh el Hakamî : « Soumettre son visage à Allah consiste à Lui obéir à travers les bonnes œuvres qui traduisent son monothéisme. Sans Lui soumettre son visage ni faire de bonnes œuvres, on est loin d’attraper le lien solide de l’Islam. »

Il y a donc deux éléments néfastes qui font obstacle à cette fameuse soumission :
1- Commettre l’association qui s’oppose littéralement à la parole de l’unicité ;
2- S’abstenir de se soumettre au moindre commandement, et à la moindre action que ce soit au niveau du cœur ou au niveau des membres. Délaisser la religion revient à s’en détourner complètement (c’est le fameux tawallî, synonyme de non-soumission).

Cela saute aux yeux, car sans fournir aucun acte, comment prétendre au tawhîd si l’on sait qu’il n’y a pas d’adoration sans acte ?

Allah () révèle : Ils disent bien qu’ils croient et qu’ils font obéissance à Allah et au Messager, mais, malgré cela, une partie d’entre eux se détournent littéralement ; ces gens-là ne sont pas croyants.

Ibn Taïmiya établit : « Le tawallî consiste à se détourner de l’obéissance… Le Coran établit l’absence de foi chez ceux qui se détournent des actes, quand bien même, ils fourniraient la parole. »

Majmû’ el fatâwâ (7/142).

Ailleurs, il signe : « La véritable religion se confine dans l’obéissance et la soumission ; et cela n’est pas possible sans fournir les actes, en se contentant de la parole. Sans aucun acte d’adoration, on n’a pas de religion, et sans religion, on est un vulgaire impie. »

Sharh el ‘umda (2/86).

Allah () révèle, en effet : Si nous avons envoyé un Messager, c’est uniquement pour qu’on lui obéisse par la Volonté d’Allah. La religion repose forcément sur l’obéissance, les actes, et la soumission.

Ainsi, se soumettre à la religion par les actes dans l’absolu est une condition de l’attestation de foi, bien qu’il soit possible, dans les faits, de négliger plus ou moins les actes, mais nous parlons ici du cas où on ne ferait aucun acte.

Sheïkh el Islâm souligne : « Il devient clair que la religion repose forcément sur la parole et les actes ; il est impossible de donner foi en Allah et à Son Messager avec le cœur, ou avec le cœur et la langue sans ne fournir la moindre obligation apparente (prière, aumône, jeûne, etc.)… On ne peut donc prétendre à la foi sans fournir la moindre obligation issue de la Législation mohammadienne. »

El îmân el awsat (p. 577).


Si cela est clair, nous pouvons désormais pénétrer la nuance entre deux conditions : l’acceptation et la soumission. L’acceptation se situe en amont, et la soumission en est le fruit. Le premier élément s’intéresse à l’adhésion intérieure au monothéisme en s’engageant à accueillir toutes ses lois à cœur ouvert (le néophyte a pleine conscience que ces lois s’adressent à lui), sans n’émettre la moindre réticence ou objection.

Le second élément se situe à une autre étape. Il s’agit désormais, dans l’absolu, d’extérioriser en acte cette adhésion, wa Allah a’lam !


Nous ne contestons nullement qu’en réalité ses deux notions soient très proches, d’où l’amalgame qu’elles ont pu faire naitre chez quelques-uns. En outre, certains savants utilisent l’un des deux termes pour désigner l’autre, voire les deux en même temps, ce qui augmente la difficulté. Nous espérons que l’explication précédente la dissipera.
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