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default Le bouclier humain pour justifier les attentats de la terreur

le Sam 21 Nov - 11:07
Le bouclier humain pour justifier les attentats de la terreur

(Partie 1)


Voir : Attentat-suicide ; Crime ou martyre du Sheïkh Abd el Mâlik Ramadhânî


Introduction


Notre époque a connu l’éclosion de groupes armés qui, pour diverses raisons, tuent au nom du djihâd. Les uns veulent rétablir le khalifat, les autres veulent sauver ce commandement de l’Islam, qui, à leurs yeux, est en voie d’extinction ; d’autres veulent faire front à l’envahisseur étranger, qui, sans aucune impunité, pille et colonise leurs terres ; d’autres se mobilisent pour la défense du pays ; d’autres enfin vengent leurs frères qui croupissent en prison, etc.


Les motivations sont donc multiples, mais les moyens de passer à l’action également ; la mission suicide ou opération-suicide est celui qui nous intéresse ici. Certains radicaux s’expriment à travers des attentats traitres et anarchiques en vue de terroriser l’ennemi. Le candidat se rapproche de la cible, enclenche le détonateur relié à un engin explosif qui entoure sa ceinture ; il se fait sauter et entraine avec lui dans la mort les cibles qu’il visait, mais aussi d’autres innocents. Dans la panoplie du terroriste, nous avons le détournement d’avion, la voiture piégée qu’on propulse à vive allure contre la vitrine d’un centre commercial ou autre lieu public. Parfois, la ceinture explosive est reliée à un téléphone portable qu’un complice, caché dans la foule, commande à distance.


La plupart des candidats aux attentats sanglants sont des individus à la fleur de l’âge, malléables, immatures, et incultes en religion. Si l’on ajoute à ce profil, un zèle débordant, et un environnement où règne l’injustice, la corruption, et une attitude décomplexée, voire agressive envers la religion et ses fidèles, nous obtenons tous les ingrédients du parfait terroriste. Alors quand on leur fait miroiter qu’en transformant un commissariat de police en bain de sang on s’ouvre grande ouverte les portes du Paradis dans lequel les houris attendent impatiemment l’heureux élu ; il ne leur en faut pas plus pour faire le grand saut et finir dans les décombres qui mènent à la tombe !


Sa démarche est binaire ; il voit d’un côté ces damnées forces de l’ordre vouées aux tourments de la Géhenne et de l’autre côté sa personne transformée en héros promis aux délices des jardins de l’Éden. Le comble, comme j’ai pu le lire, c’est de consacrer une noce la veille du crime en l’honneur du futur martyr, comme s’il allait prendre pour épouse une houri ; ils poussent loin les limites de l’égarement, qu’Allah nous en préserve !


Malheureusement, de nombreuses victimes, qui ne sont pas forcément visées, font les frais de ce processus sanglant. Ces passants qui ne pouvaient se soucier du danger ont eu le malheur de passer par là. Combien ont-ils perdu l’ouïe et la vue à la suite des attentats aveugles ! Il y a cet enfant qui se promène main dans la main avec ses parents et qui finit le corps déchiqueté dans un lit l’hôpital, mais le pire ne lui a pas été annoncé, car s’il est rescapé, ses parents n’ont pas eu cette « chance ». Ce pauvre orphelin est désormais livré à lui-même dans un monde hostile. Combien de jeunes gens en bonne santé se retrouvent-ils sur un fauteuil roulant, et combien de femmes enceintes ont-elles baigné dans leur sang avec les membres déchirés en lambeau…


Le plus étonnant est que les légistes qui tolèrent certaines missions-suicides parlent d’un cadre bien précis. Déjà, ils le permettent contre un ennemi mécréant, non contre ses frères, et de surcroit, en respectant un certain nombre de règles. Nos activistes inversent les rôles ; ils opèrent dans les pays musulmans et prennent le plus souvent pour cibles leurs propres coreligionnaires. L’Afghanistan fut le premier laboratoire de ce terrible fléau ! Si, au départ, la cause était noble, quand il fallut chasser le vilain tyran russe, la désillusion gagna bientôt les rangs et laissa place au chaos. Considéré comme le vivier des djihadistes internationaux, il fit des émules en Algérie où des groupes sanguinaires mirent le pays à feu et à sang. Le phénomène se propagea ensuite dans pratiquement tous les pays musulmans.  Même celui qui abrite les Lieux saints ne fut pas épargné par ces jeunes arrivistes peu enclins au respect des symboles religieux. Nous ne devons pas l’oublier quand nous nous interrogeons sur la crédibilité des pros djihâd.


Le bouclier humain


Il existe une technique de combat, que les légistes baptisent « bouclier humain » et qui est utilisée par deux catégories d’individus aujourd’hui.


Primo : les « ultras » qui excluent de la religion l’ensemble des sociétés musulmanes. Ils sont convaincus que leurs cibles sont des mécréants, et n’épargnent ni femmes ni enfants, ni vieillards ; peu leur importe qu’ils soient de fervents fidèles ou non. Les peuples prennent le statut de leurs dirigeants qui auraient renoncé à l’Islam. Ils n’ont aucun scrupule à les tuer, à les dépouiller, et à violer leurs femmes. Leur cas ne m’intéresse pas ici, car il a déjà été développé en détail dans l’ouvrage talkhîs el ‘ibâd min wahshiya Abî Qatâd e-dâ’î ilâ qatl e-niswân wa faladhât el akbâd écrit par l’auteur de ses lignes.


Secundo : les autres, plus modérés, ne font pas du takfîr à grande échelle, bien que les lieux publics soient la cible privilégiée de leurs attentats, peu importe qu’il compte ou non des musulmans au milieu des victimes. Ils partent du principe que les gouverneurs sont des apostats, et certains d’entre eux n’appliquent probablement pas ce statut à leurs citoyens, mais à tous les fonctionnaires politiques (ministres, députés, etc.) et de l’armée. Plus modérés, ils restent tout de même une passerelle au takfîr généralisé des sociétés, et il était important d’apporter cette précision.


S’ils en sont arrivés à cette forme de lutte, c’est plus par défaut qu’autre chose. Tout le monde voulait porter l’étendard du djihâd, mais quand il s’agit de passer à l’action et d’affronter les armées en face, on ne voyait plus aucun candidat ! Ils se placent dans une optique de force majeure, et revendiquent que la seule façon d’atteindre leurs cibles est de faire des victimes chez les civils musulmans à qui ils offrent le statut de « bouclier humain ».


Leurs actions sont plus à mettre au compte de la fitna que du djihâd, en témoigne le hadîth d’Abû Huraïra, rapporté par Muslim, et dont voici les termes : « En prenant les armes contre ma communauté, sans faire de distinction entre les bons et les mauvais, ni épargner les croyants, ni respecter les pactes de non-agression, on ne fait pas partie des miens. »[1]


Par ailleurs, en regard des grands principes de la religion, il est condamnable de manière générale de semer le désordre sur terre, et plus particulièrement de faire payer à un innocent un crime qu’il n’a pas commis : [Chacun est responsable de ses fautes, et nul ne porte le fardeau d’un autre].[2]


D’après el Bukhârî et Muslim également, selon ibn ‘Omar, une femme fut retrouvée morte sur le champ de bataille, et le Messager d’Allah (r), présent ce jour-là, condamna fermement le meurtre des femmes et des enfants.[3] On comprend de sa réaction qu’elle n’était pas venue dans l’intention de participer aux hostilités, et que rien ne justifiait de lui arracher la vie.


D’après Abû Dâwûd, selon Rabâh ibn Rabî’, nous étions sortis en expédition sous les ordres du Messager d’Allah (r), qui s’interrogea sur le regroupement anormal de soldats. Il envoya un homme s’enquérir des nouvelles. Quand il revint, il lui annonça qu’une femme avait été retrouvée morte au milieu des cadavres. Il s’écria alors : « Elle n’allait pas faire partie des combattants ! » Il envoya ensuite, continua Rabâh, à Khâlid ibn el Walîd qui se trouvait en tête des troupes, un émissaire porteur du message : « Dis à Khâlid de ne tuer ni femme ni serviteur ! »[4]  


Un Verset montre le chemin à suivre quand des innocents se trouvent au milieu de criminels que les armées régulières veulent prendre pour cible : [Ce sont ces impies qui vous ont interdit l’accès à la sainte mosquée et qui ont empêché les bêtes réservées à l’offrande de parvenir à destination ; si ce n’était la présence au milieu d’eux d’hommes et de femmes croyants qu’il vous est impossible de reconnaitre et que vous risquez de prendre malencontreusement pour cible, en vous rendant ainsi coupable à votre insu, d’un vilain crime, Nous les aurions offerts à vos épées ; mais Allah donne à qui Il veut l’occasion d’entrer sous Sa Miséricorde ; si donc les croyants avaient été séparés des impies, Nous aurions infligé à ces derniers par vos mains, un châtiment terrible].[5]


Les païens s’étaient interposés entre les partisans de la foi – qui comptaient le meilleur des hommes (r) –  et la sainte mosquée, et les empêchaient de retourner chez eux. Malgré cela, le Très-Haut ne leur donna pas le feu vert pour des représailles, car trop dangereux pour les musulmans restés sur place, de quoi donner à réfléchir !


Il n’y a aucune comparaison à faire entre les attentats aveugles et la technique du bouclier humain, qui, de nos jours, est pratiquement impossible (sous la forme qu’on veut nous représenter). On s’imagine mal les occidentaux au cours d'un conflit armé asymétrique prendre des musulmans en otage pour se protéger des tirs extérieurs. L’usage des boucliers humains dont parlent les légistes consiste le plus souvent à se barricader derrière des places fortes et à conduire les prisonniers en des lieux jugés stratégiques pour former une muraille humaine face aux assiégeants. Ils placent les assaillants devant un dilemme de taille, car d’un côté, les otages seront les premières victimes de leurs tirs ; et d’un autre côté, s’ils renoncent à l’attaque, ils risquent de subir un assaut des assiégés et d’y rester jusqu’au dernier. Les prisonniers n’y gagnent rien, car une fois le travail finit, ce sera à leur tour d’y passer.


Il va sans dire qu’il vaut mieux attaquer et sacrifier les prisonniers, car c’est un moindre mal et un cas de force majeure. De toute façon, dans tous les cas, leur sort est quasi scellé. Nous sommes loin des lâches exécutants d’un massacre de civils qui restent tapis dans l’ombre après leur macabre forfait.


Traduit par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/




[1] Rapporté par Muslim (4816).

[2] Le bétail ; 164

[3] Rapporté par el Bukhârî (3014) et Muslim (4568).

[4] Rapporté par Abû Dâwûd (2669), et authentifié par el Albânî.

[5] La grande conquête ; 25
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le Dim 22 Nov - 10:00


Le bouclier humain pour justifier les attentats de la terreur

(Partie 2)


Voir : Attentat-suicide ; Crime ou martyre du Sheïkh Abd el Mâlik Ramadhânî


En règle générale, il est interdit de s’attaquer à un groupe de mécréants mélangés à des musulmans pour éviter toute bavure. En exégèse du Verset cité plus haut, ibn Kathîr souligne : « [si ce n’était la présence au milieu d’eux d’hommes et de femmes croyants] : Il s’agit des mecquois qui cachaient leur foi à leurs concitoyens par peur des représailles ; si ce n’était leur présence au milieu des païens, Allah vous aurait rendu maitre des lieux et aurait livré les païens à vos épées pour que vous les exterminiez jusqu’au dernier. Néanmoins, vous n’êtes pas en mesure de distinguer entre les bons et les mauvais et vos coups risquent de toucher des innocents : [qu’il vous est impossible de reconnaitre et que vous risquez de prendre malencontreusement pour cible, en vous rendant ainsi coupable à votre insu, d’un vilain crime] ; vous vous rendriez coupable d’un homicide et devriez supporter le prix du sang ; [Nous les aurions offerts à vos épées ; mais Allah donne à qui Il veut l’occasion d’entrer sous Sa Miséricorde] : Il va retarder la punition le temps que les musulmans soient en lieu sûr. Il offre ainsi l’occasion à beaucoup d’impies de se remettre en question et d’embrasser enfin l’Islam ; [si donc les croyants avaient été séparés des impies] : s’il avait été possible de distinguer les croyants qui vivent au milieu des païens ; [Nous aurions infligé à ces derniers par vos mains, un châtiment terrible] ; Il vous aurait livré les païens pour que vous les passiez au fil de l’épée. »


Dans son tafsîr, Qurtubî discute autour de ce Verset en s’appuyant notamment sur une parole de l’Imâm Mâlik interdisant de prendre pour cible des musulmans pris en otages par les païens. Puis, il relativise son discours en disant : « Il y a des cas où il est permis de viser indistinctement tous ceux qui se trouvent dans le camp ennemi, et je ne pense pas qu’il y ait de désaccord sur ce point, in shâ Allah ; à condition qu’il s’agisse d’un cas de nécessité supérieure sans qu’il n’y ait la moindre contestation possible sur la chose.


Nous parlons de « nécessité » quand il n’y a pas d’autre façon d’atteindre l’ennemi que de viser les otages.

Et nous parlons de « supérieure » quand c’est l’intérêt supérieur des musulmans qui est en jeu, dans le sens où leur sécurité est mise à mal et que c’est le seul moyen, aussi extrême soit-il, de repousser une invasion.

« sans qu’il n’y ait la moindre contestation possible sur la chose » : sur les objectifs à atteindre en cas d’attaque de la cible, que l’intérêt soit palpable, et que la moindre éventualité d’échec soit évacuée.


En tenant compte de tous ces paramètres, aux yeux des savants, il ne convient pas d’hésiter une seconde à lancer l’assaut. Morts pour morts, les otages ne seront pas sacrifiés pour rien, car de toute façon, leurs geôliers ne comptent pas leur laisser la vie sauve, et leur mort aura servi à épargner les musulmans d’une invasion massive.

Elle aura servi également à la débâcle de l’ennemi ; il y a donc un double intérêt à les viser. Il serait insensé, dans ces conditions, d’hésiter, car le danger ne plane pas seulement sur les otages, mais sur la religion et tous ses adeptes.

Il est vrai que cette initiative n’est pas sans inconvénient. C’est pourquoi, elle répugne au premier abord, mais en y réfléchissant bien, ses inconvénients ne sont rien ou presque en regard des avantages escomptés, wa Allah a’lam ! »


La question qui se pose d’elle-même : où il y a nécessité aujourd’hui ? Où est l’intérêt supérieur de la nation ? Un intérêt qui serait incontestable et à l’avantage de tous les musulmans. Nos amis ne sont même pas capables d’être utiles à eux-mêmes, alors comment pourraient-ils l’être à tous leurs frères, alors qu’ils sont terrés comme des renards frileux au fond d’un trou ? Pire, leur tapage rend un grand service à leur ennemi, dont les pouvoirs s’étendent jour après jour et qui assure de mieux en mieux ses arrières !


Ils prennent un clandestin pour chef, le chaos pour étendard, et leurs frères pour les premières cibles de leurs méfaits ! Il faut distinguer entre le noble djihâd et une témérité insensée…


Un autre argument vient encore plus réduire l’usage du bouclier humain. Il s’agit de l’histoire qui relate l’assassinat d’Abû Râfi’ ‘Abd Allah ibn el Huqaïyiq, le juif qui ennuyait le Messager (r) ; il le dénigrait sans arrêt et appelait à son meurtre. Dans son recueil e-sahîh, el Bukhârî immortalise l’évènement. On peut y lire ‘Abd Allah ibn ‘Atîq (t), le tueur volontaire, reconstituer les faits dans leurs moindres détails : « J’entrai dans la maison où il faisait très sombre. Je ne savais pas où il se trouvait, et il était entouré de sa famille. Je criais : « Hé, Abû Râfi’ !

qui est là, cria-t-il apeuré ? »

Je me dirigeais en direction de la voix et assenai, perplexe, un grand coup d’épée dans le noir, sans savoir qui je visais réellement. Il cria. Je sortis sur-le-champ, et me tenais non loin de la maison. J’attendis un instant et entrai à nouveau : « Quel est ce bruit Abû Râfi’, hurlais-je ?

Maudite soit ta mère, lança-t-il d’une voix fulminante ! Il y a un homme dans la maison qui vient à l’instant de me donner un coup d’épée. »

[Après avoir repéré la voix,] poursuit-il, je lui infligeai une nouvelle blessure, mais sans parvenir à l’achever. Je lui pointais alors mon épée sur le ventre et la fit ressortir de l’autre côté. Là, je sus qu’il était mort. »[1]


Une autre version du hadîth donne de plus amples précisions sur les circonstances de la mise à mort. Selon ‘Abd Allah ibn Ka’b ibn Mâlik, les protagonistes grimpèrent dans l’une des chambres où il se trouvait. Sa femme, qui les avait sentis, signala leur présence en poussant un cri. Ils avaient reçu pour consigne par le sceau des Prophètes (r) de ne tuer ni femme ni enfant. Un homme du groupe voulut la frapper de son glaive, mais retint son bras quand il se rappela les consignes. Ils se jetèrent comme un seul homme sur la cible qu’ils transpercèrent de leurs lames. ‘Abd Allah ibn Unaïs lui donna le coup de grâce en lui enfonçant de tout son poids son épée en plein ventre.[2]


Sheïkh el Islâm commente : « Je me suis appuyé sur cette histoire pour dissiper l’allégation erronée selon laquelle l’interdiction du meurtre de femmes viendrait abroger la loi qui aurait été en vigueur avant la conquête de La Mecque. Il va sans dire qu’aux yeux des savants, une telle pratique n’a jamais été autorisée. Si on regarde la chronologie et la teneur des textes sur la guerre, nous nous rendrons compte de la véracité de ce propos.

Aucun assaillant n’eut en tête de prendre pour esclave les membres du sexe opposé qui se trouvaient cette nuit-là derrière l’enceinte d’ibn el Huqaïyiq. Elles jouissaient encore de tous leurs droits sous la protection des habitants de Khaïbar bien avant la prise des lieux saints. Sans compter qu’au cours de l’opération, l’une des occupantes poussa un cri qui risquait de tout faire échouer. Pourtant, personne ne lui posa la main dessus, car trop tétanisée par la peur, elle était hors d’état de nuire. »[3]


Le point qui nous intéresse ici est que le Compagnon prit toutes les précautions du monde pour éviter toute bavure. Pourtant, la famille du défunt était tout autant que lui des Hébreux, et il faisait tellement sombre qu’il était impossible de le distinguer des autres membres de la pièce. Autant de précautions portaient préjudices, car elles faisaient perdre un temps précieux ; il dut s’y prendre en plusieurs fois, et rata sa cible à deux reprises ; il était en territoire hostile et du renfort aurait pu débarquer en surnombre d’un moment à l’autre ; la femme chercha à donner l’alerte, mais sa détermination d’épargner des innocents resta intacte. Nous sommes à des années lumières des attentats terroristes actuels.


Ibn Hajar énumère les leçons à tirer de cette anecdote, dont : « Mâlik et Awzâ’î stipulent qu’il n’est en aucun cas permis d’attaquer des femmes et des enfants, quand bien même l’ennemi s’en servirait comme bouclier humain, ou qu’ils se cacheraient au milieu d’eux dans une forteresse ou un navire. Cela ne justifie ni de les prendre pour cible ni de tout faire brûler. »[4]


Nos amis terroristes devraient prendre exemple sur cette page extraordinaire de l’Histoire, et se remémorer les injonctions prophétiques qui résonnèrent dans la tête de ce guerrier à un moment crucial de l’opération. Ce n’était pourtant pas le courage qui lui manquait, mais sa fidélité à toute épreuve devrait inspirer nos amis qui, eux, manquent cruellement de loyauté envers leur modèle (r).


Ainsi, nous nous rendons compte que le fameux bouclier humain s’inscrit dans un cadre extrêmement réduit, et qu’il ne peut justifier les attentats terroristes, outre le fait que son usage à notre époque relève plus de l’utopie et de l’illusion qu’autre chose, wa Allah el musta’ân !


Les pro-attentats utilisent enfin l’épisode où les habitants de Tâif essuyèrent une pluie de catapultes. Je réfute l’argument dans mon ouvrage talkhîs el ‘ibâd min wahshiya Abî Qatâd (p. 261 de la 6ème éd.). J’y démontre notamment, en m’appuyant sur l’avis des spécialistes, qu’il est inauthentique d’un point de vue historique.


Traduit par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

[1] Rapporté par el Bukhârî (4039).

[2] Rapporté par el Wâqidî dans el maghâzî (1/292-294), ibn Hishâm dans e-sîra (2/275), el Baïhaqî dans dalâil e-nubuwwa (4/34), avec une chaine narrative jugée « bonne ».

[3] E-sârim el maslûl (2/258).

[4] Fath el Bârî (6/147).
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