Murjites Vs kharijites

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Message par Citizenkan le Lun 2 Mai - 17:50




Murjites Vs kharijites
(Partie 1)

On évoqua à ibn ‘Abbâs la piété des kharijites qui redoublaient d’efforts dans la lecture du Coran, et voici quelle fut sa réponse : « Ils ne redoublent pas plus d’effort que les juifs et les chrétiens, et cela ne les as pas empêché de s’égarer du droit chemin. »[1]

Louange à Allah le Seigneur de l’Univers ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur ses proches et tous ses Compagnons !

Je fus agréablement surpris ces dernières années par l’émergence ici et là de sites consacrés à la réfutation de la secte ash’arite, bien que certains points restent perfectibles, ce qui somme toute, est tout à fait normal. Il m’arrive de lire leur publication sur leur page Facebook, mais ô combien fut ma surprise lorsque, récemment, l’une d’entre elles, qui se veut pourtant sérieuse – et que je tais volontairement le nom en espérant notamment, que ses administrateurs se remettent en question et qu’ils reviennent à la raison – posta ce message pour le moins saugrenu :

Il ne faut pas confondre la voie des traditionalistes (ahl al-athar/al-hanâbila/ahl as-sounna wa al-jamâ'a) avec celle des mourjites. De nos jours, il existe effectivement une secte qui plait aux rois et aux gouverneurs et qui se réclame faussement du tradionalisme. Cette secte en question prône l'immobilisme intellectuel et pratique une théologie politique et pratique par conséquent le takfîr (le fait d'excommunier) et le tabdî' (le fait de taxer une personne d'innovatrice) en fonction des choix, des désirs et des passions des souverains. Cette secte en question est sûrement pire que le kharijisme. Il faut savoir en effet que les kharijites pratiquaient le takfîr par conviction religieuse et non pas par choix politique et mondain. D'ailleurs, les Anciens (salaf) ont déclaré que le mal des mourjites est pire que celui des azaqrites (une des fractions du kharijisme la plus extrémiste et la plus sanguinaire).

Je les ai contactés pour leur demander des explications au cas où j’aurais mal compris son contenu, ou, pour, tout au moins, dissiper l’amalgame qu’il véhicule au prime abord. Étant resté sans réponse, l’idée m’est venue de faire un article sur le sujet dans l’espoir de leur en faire profiter, ainsi qu’à la communauté francophone, en implorant Allah de nous montrer la vérité à tous, et de nous corriger nos erreurs !

La réponse se présente sous forme de points en vue de rester le plus concis possible, wa Allah el musta’ân !

Celle-ci a pour support le passage d’un vieil article qui porte justement sur le kharijisme : http://www.mizab.org/#!le-kharijisme/c5lg

Introduction

Il est vrai que, selon l’expression d’un ancien, les murjites sont les juifs de la qibla. Il s’agit de Sa’îd ibn Jubaïr, comme le rapportent certains recueils de sunna (mais cela ne veut pas dire qu’il faille l’imputer à tous les anciens). Il est vrai également que les détracteurs des pseudos-salafis murjito-jahmite, font tourner cette annale dans les forums, mais sans connaitre réellement de quoi il en retourne, wa bidûn tahqîq !

Ensuite, il est possible de deviner ses intentions, ou pour le moins d’essayer d’en dessiner les contours, en cherchant du côté de la caractéristique des murjites, ou des implications de leurs croyances ; cette tendance ouvre en effet la porte au libertinage et à la zandaqa, peut-être un peu à la manière de Paul le juif qui introduisit l’irja dans la religion chrétienne et qui la corrompit de fond en comble en amenuisant les commandements célestes et en axant son discours sur le pardon divin aux dépens des actes ; ou bien, plus vraisemblablement, fait-il référence au v. 80 de la s. la vache disant : [Le feu ne nous touchera que quelques jours, et ensuite, tout sera fini],[2] voire à ses deux passages : [Ils disent : personne en dehors des Juifs et des chrétiens n’entrera au Paradis, exprimant ainsi leur propre désir. Répond-leur : apportez-en la preuve si vous êtes vraiment sincère • C’est plutôt celui qui soumet son visage à Allah, tout en faisant le bien qui aura sa récompense et qui n’éprouvera ni crainte ni affliction • Les Juifs disent : les chrétiens ne tiennent sur rien, et les chrétiens disent : les Juifs ne tiennent sur rien, et pourtant tous lisent le Livre. Ainsi, les ignorants ont prétendu la même chose. Le Jour de la Résurrection, Allah tranchera entre leurs divergences][3] ; (Les Juifs et les chrétiens disent : nous sommes les fils de Dieu et ses favoris. Dis-leur alors pourquoi vous châtie-t-Il en raison de vos péchés ? Vous n’êtes que de simples mortels qui comptent parmi ses créatures ; Il pardonne à qui Il veut comme Il châtie qui Il veut ; c’est à Lui qu’appartient le royaume des cieux et de la terre et tout ce qui se trouve entre eux ; et c’est vers Lui que se fera votre retour).[4]

Mais apparemment, cette caractéristique est plus à mettre sur le compte de jahm, que des murjiya proprement dits, comme nous allons l’expliquer…

D’ores et déjà, il faut savoir qu’il existe d’autres expressions des anciens sur les murjites, qui, elles, sont plus répandues. Certaines d’entre elles vont jusqu’à dire qu’ils représentaient un plus grand mal pour la communauté que les khawarij azâriqa (l’une des sectes kharijites les plus extrémistes).
Cette parole est imputée à Ibrahim e-Nakha’î, mais il y en a d’autres comme celles de Zuhrî, Yahya ibn Abî Kathîr, Qatâda, Shuraïk el Qâdhî, et Sufiân e-Thawrî.

Cependant, ibn Taïmiya relativise ce discours ; comprendre qu’il faut replacer les choses dans leurs contextes, et que la plupart des savants qui condamnaient l’irja venaient de Kufa, là où la secte prit son envol. Il était donc impératif de lui porter un grand coup afin de la tuer dans l’œuf.[5] Voici sous forme de points des indices permettant de relativiser le discours de Sa’îd ibn Jubaïr, et, par là même, de réfuter l’allégation ci-dessus. Si certains d’entre eux méritent de plus amples explications, voire qui sont contestables, ils n’en demeurent pas moins cohérents en les replaçant dans un ensemble plus vaste.

1- Au début, les savants utilisaient le terme irja pour parler des murjiya el fuqaha, qui est un irja khafîf, non, contre toute attente, des jahmites. Les anciens n’ont pas kaffar cette tendance.[6] Ibn Taïmiya explique que celui qui croit le contraire, c’est gravement trompé.[7] Il va plus loin en disant que les divergences avec eux portent plus sur la forme que sur le fond. Nous sommes donc loin de l’allégation selon laquelle les pseudos salafis sont des murjites ultras (ghulât), car, au pire des cas, ils seraient comparables au fuqaha-murjites.

2- Notons que e-Shihristânî dresse une liste de savants qui furent accusés d’irjâ, dont : Talq ibn Habîb, ‘Omar ibn Murra, Muhârib ibn Ziyâd, Moqâtil ibn Sulaïmân, Dharr el Hamadânî, ‘Amr ibn Dharr, Hammâd ibn Sulaïmân, Abû Hanîfa, Abû Yûsaf, Mohammed ibn el Hasan, Qadîd ibn Ja’far, et… Sa’îd ibn Jubaïr.[8]

3- L’expression « Juifs de la qibla » n’est pas pire que : « chiens de l’Enfer », bien au contraire ! C’est donc la parole d’un savant contre celle du meilleur des hommes.[9]

4- Ibn Taïmiya explique que de grandes sommités connues pour leur piété, comme le leur concèdent les traditionalistes, furent entachées d’irjâ. Les anciens n’ont pas kaffar cette tendance.[10] Ils considéraient que leur innovation était plus sur la forme que sur le fond, et qu’elle ne touchait pas au dogme ! Il leur était reproché, en fait, de manquer de fidélité au vocabulaire coranique, et qu’ils ouvraient grande la porte aux mutakallimîns et aux murjites proprement dits.[11] Sans compter qu’ils donnaient des idées aux libertins qui pouvaient désormais, sous leur couvert, s’adonner à tous les plaisirs. Les anciens l’avaient bien compris, alors ils voulurent fermer la porte avec autorité à tous les débordements dans le but de préserver la religion.[12]

5- En revanche, Ahmed a kaffar les jahmites qui confinaient la foi dans la connaissance.[13] Selon certains chercheurs, les anciens faisaient une distinction entre les murjites et les jahmites dont la croyance était beaucoup plus grave. C’est avec la venue des hérésiographes qu’on commença à compter les jahmites dans le cercle des murjites, en sachant qu’ils n’ont jamais été influencés dans la mise en place de leur crédo par les murjiya el fugaha (ce qui est constatable). Ces derniers étaient même connus pour être des grands pourfendeurs des jahmites.[14]

6- À l’inverse des murjiya el fugaha, ibn Taïmiya affirme que les anciens étaient divisés sur le takfîr des kharijites. Si, selon l’opinion la plus probable et à laquelle adhère ibn Taïmiya, ils restent des musulmans, il n’en demeure pas moins que les anciens sont unanimes à dire qu’il faut les combattre coûte que coûte.[15]

7- Ibn Taïmiya va plus loin en disant qu’il incombe de les combattre, même s’ils ne prennent pas les armes. Selon lui, il suffit pour leur crime qu’ils fassent de l’excès les faisant sortir de la religion, ce qui est passible de la peine de mort. Voici le passage en question : « Il n’est pas pertinent de dire qu’il fut légiféré de les combattre, juste parce qu’ils tuent les gens, comme on repousse des agresseurs (bandits de grand chemin, etc.), ou de simples insurgés (bughât). Le but, en effet en combattant les seconds, c’est d’éradiquer leur mal, de disloquer leur groupe, et de les ramener à l’ordre. Il n’est donc pas légiféré de les tuer où qu’ils se trouvent, ni de les exterminer jusqu'au dernier comme le peuple de Hâd ; ils ne sont pas non plus les pires des hommes qui se trouvent sous la voûte céleste, et il ne fut pas légiférer de les combattre sans condition, mais en dernière instance. Il y a donc une autre raison qui se cache derrière l’obligation de combattre les kharjites. Ils sont en effet les plus prompts à sortir de la religion à cause de l’excès qu’ils font, comme nous l’informe le hadîth d’Alî : « Mais, ils sortiront plus vite de la religion que la flèche transperce sa proie. Où que vous les trouviez, tuez-les. »[16] Ainsi, si on les tue, c’est parce qu’ils sortent de la religion…

(…) Ainsi, nous les tuons en raison de leur caractéristique qui est de sortir de la religion (et qui est présente aussi bien chez un seul que chez un grand nombre d’entre eux) non parce qu’ils s’insurgent et prennent les armes contre les musulmans.

Il est vrai qu’Alî (t) ne les a pas combattu dès leur émergence, mais c’est uniquement dans la mesure où il ne savait pas à qui il avait à faire. Il a fallu qu’ils mettent un terme à la vie d’ibn Khubbâb, et qu’ils sèment le pillage pour qu’il comprenne qu’il s’agissait de ceux dont faisait allusion le hadîth : « Ils tuent les adeptes de l’Islam et épargnent les païens. »[17] Il a sur dès lors qu’ils étaient les fameux kharijites.
L’autre raison qui l’a empêché de les combattre, avant qu’ils ne fassent couler le sang, c’est que leurs tribus auraient pu, par chauvinisme, quitter les rangs d’Alî (t)… »[18]

À suivre…

Par : Karim Zentici




[1] Voir : e-sharî’a d’el Ajurrî (p. 27, 28).
[2] Voir : Firaq mu’âsira de Ghâlib ‘Awâjî (2/276).
[3] La vache ; 111-113 Ailleurs, ibn Taïmiya signale que les gens du Livre ont pour usage de renier les bonnes opinions de leurs coreligionnaires. Voir : Iqtidâ e-sirât el mustaqîm (1/91).
[4] Le repas céleste ; 18
[5] Majmû’ el Fatâwâ (7/311).
[6] Voir : el imân (p. 377) et majmû’ el fatâwa (7/394) tout deux d’ibn Taïmiya.
[7] Majmû’ el fatâwa d’ibn Taïmiya (7/507, 3/351-352, et 23/348)
[8] El milal wa e-nihal (1/139-146).
[9] Certaines annales remontant au Prophète utilisent l’expression : « « Juifs de la communauté », mais celles-ci sont toute aussi faibles les unes que les autres.
[10] Voir : el imân (p. 377) et majmû’ el fatâwa (7/394) tout deux d’ibn Taïmiya.
[11] Voir : http://www.mizab.org/#!les-variations-de-la-foi/c143
http://www.mizab.org/#!le-murjisme/c1gyu
[12] Majmû’ el fatâwa (7/394-395).
[13] Majmû’ el fatâwa (7/507-508).
[14] Voir : maqâlât el jahm ibn Safwân (1/201-213), qui à l’origine est une thèse ès magistère de Yâsir Qâdhî.
[15] Majmû’ el fatâwa (28/512-513, et 13/356).
[16] Rapporté par el Bukhârî (n° 5057) et Muslim (n° 1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
[17] Rapporté par el Bukhârî (n° 3344) et Muslim (n° 1064), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t)
[18] E-sârim el maslûl (2/347).
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Message par Citizenkan le Mar 3 Mai - 14:09

Murjites Vs kharijites
(Partie 2)

8- Ce qui conforte le point précédent, c’est que les murjites ne se distinguent pas des kharijites sur leur prise de position face aux gouverneurs en place, comme en témoignent un certain nombre d’annales.

• Selon ibn Shâhîn, Sufiân e-Thawrî a dit : « Craignez toutes ces « passions » égarées. » Quand on lui demanda des explications, ce dernier répondit : « Les murjites disent….Puis, il évoqua certaines de leurs opinions avant d’enchaîner : Ils voient l’épée contre les adeptes de la qibla. »[1]

• Selon ibn Shâhîn, on demanda à ibn el Mubârak : « Est-ce que tu adhères à la pensée murjite ?

  • Comment pourrais-je être un murjite, a-t-il répondu, alors que je ne vois pas l’épée ! »[2]


• Selon Ibrâhîm ibn Shammâs, un jour, devant ibn el Mubârak dans l’assemblée duquel nous nous trouvions, un homme accusa Abû Hanîfa de murjite, partisan de l’épée contre le gouverneur en place, sans que cela ne fasse réagir notre érudit,[3] ce qui a valeur de consentement.

• Ce même ibn el Mubârak dresse certains articles du crédo officiel : « Quand on voit la prière sous la direction d’un imam qu’il soit bon ou mauvais, le djihad sous l’autorité de n’importe quel khalife, et qu’on n’adhère pas à la révolte armée contre le sultan en place à qui on réserve des invocations afin qu’Allah le réforme, on s’émancipe de la pensée kharijite de fond en comble. »[4]

• D’après Abû Ishâq el Fuzârî, j’ai entendu dire Sufiân et el Awzâ’î : « Le discours des murjites aboutit à l’épée ! »[5]

• D’après e-Sâbûnî, avec une chaîne narrative authentique qui fait dire à Ahmed ibn Sa’îd e-Ribâtî, ‘Abd Allah ibn Tâhir m’a dit : « Ahmed ! Vous, vous ne savez pas pourquoi vous détestez ces gens-là – en parlant des murjitesalors que moi, je sais pourquoi je les déteste. Je les déteste parce que ; premièrement : ils ne voient pas l’obéissance au sultan… »[6] 

Nous allons voir que l’avènement des murjites s’inscrit en réaction à la révolte d’ibn el Ash’ath. Nous comprenons mieux désormais pourquoi Ibrâhim e-Nakha’î disait qu’ils représentaient un plus grand mal pour la communauté que les khawârij azâriqa,[7] et que ces derniers étaient plus excusables,[8] étant donné qu’ils prenaient les armes contre les autorités qu’ils assimilaient à des apostats, alors que les murjites s’arrogeaient le droit de se révolter contre des gouverneurs désobéissants. Ce même Ibrahim disait que les murjites avaient rendu la religion plus légère que l’habit de Sâbirî.[9] Ibn Jubaïr les comparait aux sabéens,[10] et e-Zuhrî considérait que leur hérésie était la plus dangereuse pour les musulmans.[11]

9- Shihristânî classe les murjites en quatre catégories :


  1. Murijya el khawârij ;
  2. Murijya el qadariya ;
  3. Murijya el jabariya ;
  4. Les murijya proprement dits.[12]


10- Mieux, l’esprit de révolte n’est pas propre aux kharijites ni aux… murjites, mais à tous les innovateurs. Abû Qilâba est l’auteur des paroles extraordinaires : « Tout groupe qui innove une innovation voit obligatoirement l’épée. »[13] Il établit également qu’aussi diverses soient-elles, les innovations aboutissent forcément à l’épée ; l’épée est donc leur point commun à toute. Ayyûb e-Sikhtiyânî le rejoint sur ce point, en précisant que les hérétiques sont tous des kharijites, bien qu’ils portent des noms différents.[14]

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne : « À l’origine de leur égarement, nous pouvons constater que, dans un premier temps, ils sont convaincus que les grandes références de la religion et de la communauté musulmane ne sont plus crédibles en raison de leur injustice. Ils les voient comme des égarés. Cette vision est caractéristique à tous les opposants à la sunna, parmi notamment les râfidhites. La deuxième étape consiste à faire passer ce qu’ils voient être de l’injustice pour de la mécréance. Puis, par rapport à ce statut, ils mettent en pratique certains principes qu’ils ont innovés. Voici les trois étapes par lesquelles passent ceux qui sortent de la religion (mâriqîn) parmi les harûrites et les râfidhites. »[15]

Il a dit également : « Les hérétiques ont la particularité d’innover des tendances qu’ils considèrent comme les obligations de la religion, voir comme faisant partie intégrante de la foi ; ils taxent de mécréance et légitiment le sang de  toute personne qui n’y adhère pas comme c’est le cas des kharijites, des jahmites, des râfidhîtes, des mu’tazilites, etc. À l’inverse, les traditionalistes n’innovent pas de nouvelles idées et ne condamnent pas à l’apostasie ceux qui commettent une erreur d’interprétation ou qui sont en désaccord avec eux, bien qu’eux-mêmes se permettent de les taxer d’apostats et de légitimer leur sang. Les Compagnons n’ont pas sorti les kharijites de la religion bien que ces derniers ont kaffar ‘Uthmân, ‘Ali et tous ceux qui ont reconnu leur autorité (ou qui s’en font les alliés ndt.), et bien qu’ils aient légitimé de verser le sang des musulmans. »[16]

Les kharijites se caractérisent pour dénigrer les émirs et les savants, pour interpréter le Coran à leur façon, faire le takfîr non fondé des musulmans, à la suite de quoi, se rebeller contre les autorités en place, de verser impunément le sang des musulmans, et de violer leur honneur et leurs biens. Ainsi, une menace terrible plane sur ceux qui les imitent.[17] Shâtibî va plus loin en reprochant qu’on accole les hadîth sur les kharijites à un groupe en particulier, alors que les savants les utilisent pour condamner tous les innovateurs sans exception.[18]

11- C’est ce qui explique l’adage de Sahl e-Tusturî : « Cette nation se divise en soixante-treize sectes ; soixante-douze d’entre elles sont vouées à la perdition, toutes haïssent le sultan ; la secte sauvée est la seule qui est avec le sultan. »[19]
 Ce dernier dit également : « Les gens vivront bien tant qu’ils encenseront les sultans et les savants. En faisant cela, Allah leur améliorera leur vie religieuse et leur vie matérielle. Cependant, en les dénigrant, ils mettront à mal leur vie présente et leur vie future. »[20]

Le Prophète (r) dit : « Vos meilleurs émirs sont ceux qui vous aiment et que vous aimez ; ils prient sur vous et vous priez sur eux. Et vos pires émirs sont ceux qui vous détestent et que vous détestez ; ils vous maudissent et vous les maudissez.

  • Messager d’Allah ! Ne devons-nous prendre l’épée contre eux, lui demanda-t-on ?
  • Non, tant qu’ils font la prière. Si vous voyez en l’un d’entre eux quelque chose qui vous déplait, vous devez détester son acte, mais sans sortir de son autorité. »[21]


En commentaire à ce hadîth, Ishâq affirme : « Cet usage, qui est en vigueur dans les milieux orthodoxes, fustige les murjites ! »[22]

Ce principe s’est vite inscrit dans le crédo traditionaliste. El Barbahârî affirme pour l’établir : « Si tu vois un homme invoquer Dieu contre le sultan, alors sache qu’il est un innovateur, et si tu vois un homme invoquer Dieu pour le sultan, alors sache qu’il est un traditionaliste. »[23]

El fudhaïl ibn ‘Iyâdh, pour sa part, est l’auteur des paroles : « Si je savais que l’une de mes invocations était exaucée, je la réserverais en faveur du sultan. »[24] Quand on lui demanda de s’expliquer sur ce point, ce dernier répondit : « si je me corrige moi-même, je serais le seul à en profiter avec mon entourage. Tandis que si le gouverneur se corrige, c’est tout le monde qui va en profiter. Il nous est demandé d’invoquer en leur faveur, non d’invoquer contre eux, même s’ils répandent l’injustice et la tyrannie. Leurs injustices jouent contre eux-mêmes, tandis que leur réforme rapporte à tous les musulmans, pas seulement à eux. »[25] L’Imâm Ahmed – qu’Allah lui fasse miséricorde – a des paroles de ce genre.

Voir : http://www.mizab.org/#!la-condamnation-publique-du-gouverneur/c1h2o
http://www.mizab.org/#!les-savants-et-les-mirs-/c2wy

À suivre…

Par : Karim Zentici




[1] Voir : el kitâb e-latîf (n° 15), e-sharî’a d’el Ajurrî (n° 2062), et sharh usûl el i’tiqâd d’e-Lalakâî (n° 1834).
[2] Voir : el kitâb e-latîf (n° 17).
[3] Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (1/181, 182) avec une chaîne narrative authentique.
[4] Maqâlât el islâmiyîn d’el Ash’arî (p. 87). Ibn el Mubârak est également l’auteur de la citation suivante : « Celui qui dit que la foi se compose des paroles et des actes, et qu’elle monte et qu’elle descend, sort de l’irjâ par toutes ses portes sans exception. » Rapporté par ibn Batta dans el ibâna el kubrâ (n° 278).
Mais encore : Ibn Shaïbân ibn Farrûkh demanda à ‘Abd Allah ibn el Mubârak à la fin de sa vie : « Que dis-tu de celui qui commet l’adultère et qui boit de l’alcool, etc. ? Est-il musulman ?

  • Je ne le sors pas de la foi.
  • Serais-tu devenu murjite à ton âge ?
  • Abû ‘Abd Allah ! Les murjites ne m’acceptent pas ; moi, je dis que la foi monte contrairement à eux. » Voir : musnad ishâq (3/670).

[5] Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (n° 363) avec une chaîne narrative authentique.
[6] Voir : ‘aqîda e-salaf wa ashâb el hadîth (p. 109).
[7] Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (n° 623)
[8] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (n° 963).
[9] Rapporté par Abû Sa’d dans e-tabaqât (n° 7985).
[10] Rapporté par ‘Abd Allah ibn Ahmed dans e-sunna (n° 482).
[11] Voir : e-sharî’a d’el Ajjurî (2/677).
[12] Voir : el milal wa e-nihal (1/162).
[13] Rapporté par ‘Abd e-Razzâq dans el musannif (10/151), et e-Lâlakâî dans Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna (1/143).
[14] Rapporté e-Lâlakâî dans Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna (1/143).
[15] Majmû’ el fatâwâ (28/497).
[16] Minhâj e-sunna (5/95), voir certains passages importants des paroles de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya allant dans ce sens, dans Majmû’ el fatâwâ (19/73-75), Minhâj e-sunna (5/158 et 239, 240), e-radd ‘alâ el Bakrî (2/487-490).
[17] El i’tisâm de Shâtibî (2/726).
[18] Idem.
[19] Voir : qût el qulûb (2/242) d’abû Tâlib el Makkî.
[20] Tafsîr el Qurtubî (5/260).
[21] Rapporté par Muslim (n°1855), selon ‘Awf ibn Mâlik (t).
[22] Mustakhraj Abî ‘Awâna (n° 5774).
[23] Sharh e-sunna (p. 113).
[24] Cette annale est rapportée par e-Lalakâî dans sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna wa el jamâ’a (1/172-173).
[25] Cette annale est également rapportée par el Khallâl dans e-sunna (n° 9), et Abû Nu’aïm dans el huliya (8/91) avec une chaine narrative authentique.
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Message par Citizenkan le Mer 4 Mai - 14:49


Murjites Vs kharijites
(Partie 3)

12- D’ailleurs ce dernier entérine ce principe sans ambages. Selon Abû Bakr el Marwazî, j’ai entendu dire Abû ‘abd Allah (Ahmed) en parlant du Khalife el Mutawakkil : « J’implore Allah de le réformer et de le préserver. S’il lui arrive quoi que ce soit, poursuivit-il, vous verrez le mal que l’Islam subira. »[1] Ailleurs, il signe : « J’implore Allah jour et nuit de l’assister et de lui concéder la rectitude et la réussite. Je vois que c’est un devoir pour moi. »[2]

À l’époque d’Ahmed, le caractère créé du Coran fut imposé comme crédo officiel par les sultans successifs. L’épreuve battait à son plein. Accompagnés d’un groupe de savants, les élèves de l’Imâm vinrent le visiter à Bagdad pour se plaindre de la situation. « Abû ‘Abd Allah, lui cria-t-on, la chose a pris de grandes proportions, et nous voulons que tu nous donnes des consignes afin que nous sortions de cette fitna. 

  • Vous devez obéir, patienter, et garder votre calme jusqu’au jour où, débarrassé de l’oppresseur, le croyant sera en paix. »


Nous sommes toujours avec l’Imam : « Gloire à Allah ! Pas de sang, pas de sang ! Je n’en veux pas et je n’appelle pas à cela ! Il vaut mieux endurer ce qui nous arrive que de sombrer dans les troubles qui laisse libre court à l’effusion de sang, le vol et le viol (l’atteinte à la vie, les richesses et l’honneur ndt.). As-tu oublié l’époque de la fitna ?

  • Mais, Abû ‘Abd Allah, nous sommes en plein dedans.
  • Si c’est le cas, celle-ci est limitée, mais avec les guerres intestines, tout le monde est touché, et les voies sont coupées (l’insécurité s’installe ndt.). Il vaut mieux pour toi de patienter et préserver ta religion. »[3]


Selon el Marwazî, Abû ‘Abd Allah interdisait de faire couler le sang et condamnait fermement les révoltes.[4] Ailleurs, Ahmed précise : « La fitna, c’est de ne pas avoir d’imam à la tête des affaires du peuple. »[5] Un adage qui était sur toutes les langues à l’époque des anciens est plus qu’éloquent : « Soixante ans sous l’autorité d’un tyran valent mieux qu’une seule nuit sans sultan. »[6]

13- Avec le temps, les traditionalistes en firent un crédo qu’ils véhiculent de génération en génération. E-Tahâwî – qu’Allah ait son âme – établit : « Nous ne voyons pas la révolte contre les gouverneurs en place, même quand ils sont des tyrans ; ne n’invoquons pas contre eux, et nous ne contestons pas leur autorité ; nous considérons que leur obéissance, qui relève de l’obéissance d’Allah (U), est un devoir tant qu’ils n’appellent pas à désobéir à Allah ; nous invoquons le Seigneur de les réformer et de les préserver. »[7]
Ibn Taïmiya établit : « L’élite des musulmans interdisait de se rebeller et de prendre les armes en période de troubles. ‘Abd Allah ibn ‘Omar, Sa’îd ibn el Musaïb, ‘Alî ibn el Husaïn, etc. défendaient de sortir contre Yazîd, l’année d’el Harra. El Hasan el Basrî, Mujâhid, et tant d’autres défendaient de participer à la campagne (fitna) d’ibn el Ash’ath. Par la suite, un crédo se dessina chez les traditionalistes qui appelaient à ranger l’épée dans son étui en période de troubles. Ils se conformaient ainsi aux hadîth authentiques imputés de façon certifiée au Prophète. Ils prirent l’habitude de l’évoquer dans leur crédo, et incitaient à la patience face à la tyrannie des sultans, et à ne pas prendre les armes contre eux. »[8]

Ailleurs, il signe : « C’est pourquoi, l’un des principes traditionalistes invite à renoncer à prendre les armes contre les sultans, et à participer à des troubles, contrairement aux mu’tazilites, qui voient en cela, l’un des grands principes de leur religion. »[9] L’Imam Ahmed a des paroles claires à ce sujet. Il affirme en effet : « Il n’est permis à personne de combattre le sultan ni de se rebeller contre lui, sous peine de devenir un innovateur ayant dévié de la sunna et de la bonne voie. »[10]

En résumé, nous pouvons recenser quatre raisons à travers l’Histoire ayant poussé les savants à l’erreur dans ce domaine.

  • Certains d’entre eux n’avaient tout bonnement pas eu accès aux textes sur la question ;
  • D’autres remettaient en question leur authenticité ;
  • D’autres, à l’image d’ibn Hazm, pensaient qu’ils étaient abrogés ;
  • D’autres les interprétaient à leur façon, comme tout mujtahid.[11]     


14- Chronologiquement, les murjites sont venus après les kharijites, mais aussi après les qadarites, mais avant les jahmites. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya précise à ce sujet : « Puis, à la fin du siècle des Compagnons, les qadarites ont fait leur apparition. Leur incapacité à appréhender correctement le Destin d’Allah et la foi à Ses Commandements (obligations/interdictions) est à l’origine de leur innovation… Auparavant, les kharijites se sont initiés à la question du takfîr des auteurs des grands péchés de la communauté musulmane qu’ils vouent à l’Enfer éternel. La polémique a ensuite pris de l’ampleur pour s’étendre aux qadarites après la mort d’el Hasan el Basrî. ‘Amr ibn ‘Ubaïd et ses disciples assument qu’ils ne sont ni des musulmans ni des mécréants, mais qu’ils se trouvent à un état intermédiaire (manzila baïna el manzilataïn) ; ils méritent malgré tout de demeurer éternellement en Enfer. En cela, ils rejoignent la croyance des kharijites disant qu’ils demeurent à jamais dans la Géhenne, et qu’ils n’ont aucun lien avec l’Islam et la foi (Iman), bien qu’au même moment ils ne portent pas le nom de mécréants. »[12]

Or, les balbutiements de l’irjâ se firent ressentirent dans la deuxième partie du premier siècle, après la mort d’ibn el Ash’ath, en réaction au kharijisme, à la fin des années 70 plus exactement.[13] La plupart de ses premiers adeptes venaient de Kûfa, mais ils ne comptaient pas parmi les élèves d’ibn Mas’ûd ni de l’Imam Ibrahim e-Nakha’î.[14] Plus une innovation s’éloigne de l’époque des Compagnons plus celle-ci est grave.[15] Ibn Taïmiya explique que les premières innovations étaient plus en adéquation avec les religions juive et chrétienne, plus proches de l’Islam, que celles qui vinrent par la suite.[16] En sachant que ressembler aux Juifs n’est pas une annulation de l’Islam en soi. Notons que les murjites qui vinrent juste après les qadarites ont un point commun avec ces derniers ; tous deux en effet ouvrent une porte au laxisme.[17] Néanmoins, globalement, sans entrer dans les détails, les murjites sont mieux que les qadarites,[18] et c’est ce qui nous intéresse ici !

15- Les anciens n’en ont pas moins condamné les kharijites, comme nous l’avons vu plus haut ; notamment : d’après el Khallâl, l’Imam Ahmed affirme : « Les kharijites sont des gens mauvais ; je ne connais pas de gens plus mauvais qu’eux sur terre. Certains hadith authentifiés du Prophète (r) leur sont consacrés et ils les blâment selon dix aspects. »[19] Donc, la parole d’ibn Jubaïr ne fait pas plus autorité que celle de l’Imam Ahmed, c’est même le contraire qui serait plutôt vrai !

16- Néanmoins, il est possible de dire que sous un certain angle les murjites sont pires, car ouvrant de mauvaises portes, alors que les kharijites sont, eux, motivés dans leur zèle par la sauvegarde de la religion. Mais, vus sous un autre angle, les kharijites sont pires, car, pour reprendre la formule d’ibn Taïmiya « ils ne parvinrent ni à maintenir la religion ni à épargner le profane » malgré leurs bonnes intentions.
Il n’est donc pas tout à fait juste d’avancer que les murjites sont pires que les kharijites dans l’absolu, même si ce n’est pas tout à fait faut. Le détail s’impose, comme le prône ibn Taïmiya : les kharijites et mu’tazilites, en effet, sont en désaccord avec ahl e-sunna au niveau du nom et du statut du désobéissant, tandis que les jahmites et les murjites se distinguent avec eux au niveau du nom, non du statut. Ils conçoivent qu’il soit à la fois louable et condamnable, mais sans que sa foi puisse baisser.[20]

Ainsi, les premiers auxquels il faut ajouter les karrâmites sont plus proches de la vérité au niveau du nom que les seconds, qui, inversement, sont plus proches de la vérité au niveau du statut, ce qui est moins grave. Dire que les désobéissants sont voués à l’Enfer éternel est la pire opinion qui soit sur ce point. Néanmoins, dire qu’ils bénéficient d’une foi pleine est la pire opinion qui soit sur ce point, car allant à l’encontre de la religion, de la raison, et de la Langue arabe.[21]

Voir : http://www.mizab.org/#!lauteur-des-kabir-dans-la-pens-murji/ceoc
http://www.mizab.org/#!les-murjites-fondent-leur-foi-sur/c1ix5
17- Mieux, si les murjites se caractérisent pour saboter la Loi sur laquelle repose la bonne marche de la religion, les kharijites ne font pas mieux en s’attaquant aux porteurs de la religion, et en installant l’insécurité dans les rangs. Ce qui à terme conduit les gens au laxisme des murjites, car pataugeant, sans guide, dans les ténèbres de l’ignorance. Donc, en définitive, il n’y a pas de différence entre eux en regard des résultats, mais, toujours est-il que le Prophète (r) nous a ordonné de tuer les kharijites, wa Allah a’lam !

18- Ibn Taïmiya souligne que les traditionalistes se situent au juste milieu entre, d’un côté, les kharijites qui, mus par une culture religieuse très maigre, refusent, au nom d’un scrupule mal placé, d’accorder leur obéissance aux mauvais gouverneurs, et d’un autre côté, les murjites qui les obéissent à outrance quitte à enfreindre les limites imposées par la religion.[22] Plusieurs textes, en effet, ordonnent d’obéir dans les limites du convenable, notamment : « Obéissez, mais uniquement dans les limites du convenable. »[23] ; « Nulle obéissance à la créature qui réclame de désobéir au Créateur. »[24]

À suivre…

Par : Karim Zentici




[1] Rapportée par el Khallâl dans e-sunna (n° 16).
[2] Rapportée par el Khallâl dans e-sunna (n° 14).
[3] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (1/131).
[4] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (1/131).
[5] Rapporté par el Khallâl dans e-sunna (1/81).
[6] E-siyâsa e-shar’iya d’ibn Taïmiya (p. 176).
[7] El ‘aqîda e-tahâwîya (p. 47). Notons que Mohammed el Khamîs est l’auteur d’une thèse universitaire dans laquelle il se sert de cette citation de Tahâwî pour justifier qu’Abû Hanîfa aurait finalement renoncé à cautionner les révoltes armées contre les gouverneurs désobéissants. Voir : usûl e-dîn ‘inda el imâm Abî Hanîfa (p. 569).
[8] Minhâj e-sunna (12/297).
[9] Majmû’ el fatâwâ (28/503).
[10] Sharh usûl el i’tiqâd (1/161) d’e-Lalakâî
[11] Minhâj e-sunna (4/538).
[12] Majmû’ el fatâwâ (13/36, 37).
[13] Voir : ârâ el murjiya fî musannafât Sheïkh el Islâm ibn Taïmiya qui est une thèse ès Doctorat du D. ‘Abd Allah ibn Mohammed e-Sanad (p. 93-101).
[14] Majmû’ el fatâwa (13/38).
[15] E-radd ‘alâ el Akhnâî d’ibn Taïmiya (p. 213).
[16] Majmû’ el fatâwâ (8/458).
[17] Majmû’ el fatâwâ (8/450).
[18] Majmû’ el fatâwâ (16/242-243).
[19] E-sunna d’el Khallâl (1/145) ; selon l’auteur de la recension, sa chaîne narrative est authentique.
[20] Sharh el asbahâniya (2/586-587).
[21] Majmû’ el fatâwa (7/158-159).
[22] Majmû’ el fatâwâ (28/508).
[23] Rapporté par el Bukhârî (n° 7257), et Muslim (n° 1840), selon ‘Alî (t).
[24] Rapporté par Ahmed (n° 3889), selon ‘Alî ibn Abi Talib (t).
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Message par Citizenkan le Jeu 5 Mai - 14:33

Murjites Vs kharijites
(Partie 4)

19- Il est caractéristique aux innovateurs de donner des sobriquets aux traditionalistes, comme le souligne ibn Abî Hâtim : « Le signe distinctif d’ahl el bida’ est de dire du mal d’ahl el athar, ahl e-sunna ; celui des zindîq est de les traiter de grands parleurs (hashawiya) ; celui des qadarites est de les taxer de mujbira (déterministes ndt.) ; celui des murjites est de les accuser de mukhâlafa ou de nuqsâniya ; et enfin celui des râfidhites est de les assimiler à des siba. »[1]

 Les kharijites ne dérogent pas à la règle ; ces derniers taxent les salafis de murjites. Ibn Abî Ya’lâ témoigne à ce sujet : « J’ai remarqué que les adeptes de l’innovation, des passions et de la division donnent aux traditionalistes des sobriquets horribles en vue de les dénigrer, de les rabaisser, et de les stigmatiser aux yeux des simples d’esprit et des incrédules ; les murjites les traitent de « sceptiques », mais ce terme colle plus à la peau de ces vulgaires menteurs… Pour les kharijites, ils sont des murjites, mais ce sont plutôt ces menteurs les murjites, car ils s’arrogent la foi et la vérité aux dépens des autres, et considèrent comme mécréant quiconque n’est pas d’accord avec eux. »[2]

20- Ibn Taïmiya souligne que les sectateurs corrompus, à l’image de Dhû el Khuwaïsira, le père spirituel de la secte, ne pèsent jamais entre le pour et le contre, car ils voient en cela une marque de faiblesse. Les kharijites de la première époque avaient reproché à ‘Alî de se fier à des conciliateurs en vue d’entamer des pourparlers avec Mu’âwiya, etc.[3] Ils se caractérisaient également par deux choses :

  • Ils se démarquent du groupe, et des enseignements de la sunna ;
  • Ils inversent les valeurs en critiquant les bonnes initiatives et en cautionnant les mauvaises.[4]  

Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne à cet effet : « C’est pourquoi, il faut prendre garde à ne pas taxer les musulmans d’apostasie à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés, car c’est la première innovation apparue dans l’Islam. Ces adeptes ont exclu les musulmans de la religion et ils se sont légitimés leurs biens et leur sang. »[5]

Ailleurs, il explique que les kharijites se distinguent par deux caractéristiques :

  1. Ils s’insurgent contre les textes et la sunna en inversant les valeurs ; leur père spirituel Dhû el Khuwaïsira e-Tamîmî en est le meilleur exemple, lui qui interpella le meilleur des hommes en ces termes : « Sois juste ! Tu n’as pas été juste.


  • Malheur à toi, lui lança-t-il, qui peut se vanter d’être juste si je ne le suis pas ? »[6]



  1. Ils sortent dans un premier temps, les musulmans de l’Islam à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés. Puis, ils légitiment leurs biens et leur sang, et considèrent qu’ils ne vivent pas en terre d’Islam.[7]


Les premiers kharijites étaient également connus pour leur piété, et leur scrupule religieux ; ils étaient plus fervents à ce niveau que les Compagnons, mais c’est justement ce qui causa leur perte, car ils n’étaient pas conformes à la voie prophétique ; d’où l’adage, qui est imputé à ibn Mas’ûd et à Abû ibn Ka’b : « Il vaut mieux être modéré dans l’observance de la Tradition que de redoubler d’efforts dans la voie de l’innovation. »[8]

Voir : http://www.mizab.org/#!ibn-tamiya-et-les-kharijites/c1dwp

21- Nombreux sont les hanabilites qui ont pris leur distance, à travers les époques, avec l’orthodoxie officielle. Dhahabî énumère une liste de déviationnistes, avec notamment les mu’tazilites ultras, les ash’arites ultras, les murjites ultras, les jahmites ultras, les karrâmites ultras, mais aussi les hanbalites ultras.[9]

Ibn Taïmiya fait remarquer que beaucoup d’hérétiques affiliés aux quatre écoles canoniques de fiqh s’inscrivent à contre-courant de leur père fondateur dans le domaine du crédo.[10] Il évoque notamment ce phénomène dans les milieux hanbalites, bien qu’il considère qu’ils sont comparativement plus fidèles à la voie orthodoxe ; il dénote, malgré tout, des déviations dans le domaine des Noms et Attributs divins que certains d’entre eux reconnaissent à outrance.[11] Il leur arrive également de bannir de la religion à outrance tous leurs opposants. L’une des raisons pour lesquelles, ils se démarquent du fondateur éponyme de l’école est qu’ils appréhendent mal son discours.

Ce dernier explique à ce sujet : « Par ailleurs, certains savants de notre école parmi les nouvelles générations ont divergé sur la question de savoir si la personne ayant commis un acte de kufr, est vouée à l’Enfer éternel. La plupart estime que oui, comme le stipule un certain nombre d’anciens spécialistes en hadîth, à l’exemple d’Abû Hâtim, Abû Zur’â et de bien d’autres. D’autres désapprouvent ce jugement.

La raison à l’origine de cette divergence, c’est que les textes se « contredisent » à leurs yeux. Ils sont confrontés à des textes qui réclament de kaffar les auteurs de certaines paroles, mais au même moment, ils voient que certains d’entre eux avaient une foi telle, qu’ils n’étaient pas concernés par ce statut. Ainsi, les textes s’opposaient.
En réalité, ils avaient raison de prononcer un jugement absolu, comme l’ont fait ces fameux Imams avec les textes scripturaires ; ils disaient en effet que l’auteur de telle parole était un kâfir. À les entendre, ils donnaient l’impression à ces savants que ce jugement englobait tous les cas possibles. Cependant, ils ne se sont pas mis à l’esprit que le takfîr est soumis à des conditions à remplir et à des restrictions à exclure pour chaque cas particulier.
Ainsi, le takfîr el mutlaq (absolu) n’implique pas forcément le takfîr el mu’ayin (particulier), sauf dans la situation où toutes les conditions pour le faire soient remplies et où toute restriction obligeant à s’abstenir soit en même temps exclue. »[12]

Ailleurs, il est plus éloquent : « Certaines paroles attribuées à l’Imâm Ahmed laissent à penser qu’il a kaffar certains cas particuliers ; certains en concluent qu’il a deux opinions sur la question, ce qui est très contestable. Il est plus pertinent, en effet, d’entrer dans les détails ; soit, que tous les cas particuliers qu’il a sorti de la religion, c’est uniquement dans la mesure où toutes les conditions étaient réunies pour le faire, et où toutes les restrictions possibles étaient exclues. Quant aux cas sur lesquels il ne s’est pas prononcé, c’est uniquement dans la mesure où ces paramètres n’étaient pas réunis. Cependant, cela ne l’empêchait pas de considérer dans l’absolu que leur faute faisait sortir de la religion. »[13]

Cette mauvaise approche (consistant notamment à dire que le Législateur n’accorde aucune excuse dans les fondements de la religion), qu’ils empruntent aux innovateurs tels que les kharijites (il est possible que tout simplement ils rejoignent sur ce point), s’est répandue à toutes les écoles canoniques, comme le révèle ibn Taïmiya, l’auteur des paroles : « Celui qui fait une mauvaise interprétation des textes, mais dont les intentions sont de suivre scrupuleusement le Messager (r), il ne devient pas mécréant ni pervers, s’il se trompe à la suite d’un effort d’interprétation. Ce principe est notoire pour les questions pratiques (furû’ ndt.). Quant aux questions liées au dogme (usûl ndt.), bon nombre de gens ne donnent pas d’excuse à celui qui se trompe dans ce domaine. Or, cette tendance n’est connue par aucun Compagnon ni par leurs fidèles successeurs ni par les grandes références de l’Islam. Elle prend son origine chez les innovateurs qui innovent des principes et qui sortent de l’islam tous ceux qui ne veulent pas s’y soumettre, à l’image des kharijites, des mu’atazilites, et des jahmites. Bon nombre d’adeptes des quatre écoles l’ont adoptée, comme certains malikites, certains shafi’ites, certaines hanbalites, et d’autres. »[14]

Voir : http://www.mizab.org/#!ibn-tamiya--le-udhr-bi-el-jahl-dans/cqhr
http://www.mizab.org/#!le-takfr-le-tafsq-et-le-tabd-/c1ip5

22- De nombreux modernes hanbalites, à l’image d’ibn el Jawzî, ibn ‘Aqîl, Abû Ya’lâ, etc. sont, aux yeux d’ibn Taïmiya, plus éloignés des enseignements du fondateur éponyme de l’école qu’Abû el Hasan el Ash’arî.[15]

Il loue ce dernier notamment pour sa conformité au traditionalisme dans le domaine de l’obéissance au sultan en parlant de, – je cite – : « … ses positions orthodoxes qui touchent aux Attributs, au destin, à l’imâma, aux vertus (probablement des Compagnons ndt.), à l’intercession, au bassin, au pont jeté au-dessus de la Géhenne, à la Balance jouent en sa faveur. Tout comme ses réfutations aux autres sectes (mu’tazilites, qadarites, râfidhites, jahmites) qui mettent en lumière leurs contradictions. Il est indubitable qu’il se distingue d’eux et que nous devons lui reconnaitre le rang et le respect qu’il mérite : [Allah a fait toute chose avec mesure].

Il doit sa notoriété et sa célébrité (recrudescence d’adeptes ndt.) à sa fidélité au traditionalisme. Néanmoins, cette fidélité, grâce à laquelle il prend le pas sur ses opposants en pulvérisant leurs arguments, l’élève au rang de mujâhid victorieux. »[16]

Voir : http://www.mizab.org/#!la-hirarchie-des-savants/ctua


Par : Karim Zentici



[1] Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna d’e-Lâlakâî (1/179). 
[2] Tabaqât el hanâbila (1/34-36).
[3] Majmû’ el Fatâwâ (28/291).
[4] Majmû’ el Fatâwâ (4/189).
[5] Majmû’ el fatâwâ (13/31, 3/279, 7/481), voir également : sharh el asfahâniya (p. 225).
[6] Rapporté par el Bukhârî (5057) et Muslim (1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
[7] Majmû’ el fatâwâ (19/72).
[8] El istiqâma (1/258).
[9] Siar a’lâm e-nubalâ (20/45-46).
[10] Voir : e-dalîl ‘alâ butlân e-tahlîl.
[11] Majmû’ el fatâwâ (20/186). Ibn Taïmiya établit qu’il est moins grave de reconnaitre à outrance les Attributs divins que de carrément les renier. C’est pourquoi les Écritures mettent plus l’accent sur la réfutation des négateurs et s’étendent avec amples détails sur les Attributs parfaits d’Allah. Résultat : bien qu’erronés, les arguments des anthropomorphistes sont bien plus solides que ceux des négateurs, car ayant une origine textuelle. Dar-u ta’ârudh el ‘aql wa e-naql (6/348).
Voir : http://www.mizab.org/#!lanthropomorphisme/c53r
[12] Mujmû’ el fatâwâ (12/487-488).
[13] majmû’ el fatâwâ (12/489).
[14] Voir : minhâj e-sunna (5/240).
[15] Voir : el ‘aqîda el asbahâniya (p. 518).
[16] Majmû’ el fatâwâ (4/11-14).
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Message par Citizenkan le Jeu 5 Mai - 20:25

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Message par Abou Bilal le Ven 6 Mai - 18:10

En deux mots stp
c'est quoi kharijite , c'est quoi mourjite, def si possible claire simple concise
puis qui representent ces deux firak de nos jours(je ne parle pas des ibadites)  , les  noms de leur savants .
Merci
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Message par Citizenkan le Sam 7 Mai - 19:36

@Abou Bilal a écrit:En deux mots stp
c'est quoi kharijite , c'est quoi mourjite, def si possible claire simple concise
puis qui representent ces deux firak de nos jours(je ne parle pas des ibadites)  , les  noms de leur savants .
Merci


La chose est complexe, car il faut l'aborder en fonction des caractéristiques de chacun : il y a des caractéristiques qui sont communes à tous les innovateurs ou à un ensemble d'innovateurs,

Par exemple, la révolte contre les gouverneurs est caractéristiques à tous les innovateurs ou presque, comme expliqué dans l'article !

Ensuite, sans n'entrer dans les détails, Daesh, el qaida représentent les kharijites (en plus des ibadites qui n'ont de kharijites que le nom apparemment)..

En regard de la définition de la foi, les maturidites et les ash'arites sont des murjites

En regard du libertinage, et du laxisme nous avons les soufis panthéistes, monistes, les batinites, les duodécimains...

En regard du manque de wala wa el bara et de el amr bi el ma'ruf, nous avons les ikhwans et les tabligh...

Je disais dans un article :

http://www.mizab.org/#!le-tashr/cxjj


Le problème chez nos activistes harakî, c’est qu’ils maitrisent mal le dogme traditionaliste. En plus de cela, ils font en sorte, d’une façon ou d’une autre, de cacher aux gens tous les enseignements traditionalistes qui vont à leur encontre. Ils ne portent pas en affection ceux qui stigmatisent leurs symboles. Malheur à celui qui ose toucher à leur groupe ou à l’un des leurs. Ils se sentent trahis et répondent de façon disproportionnée. Ils arborent une chose qui s’appelle « critique », car cela divise et fait du mal à la jamâ’a… leur jamâ’a. Pourtant, comme le souligne ibn Taïmiya, l’attitude qu’ils adoptent est propre aux… murjites, chez qui les notions de morale (amr bi el ma’rûf) et de bons conseils sont faibles,[url=#_ftn1][1][/url] sauf bien sûr lorsque cela touche au sujet qu’ils affectionnent, le gouverneur. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui, le tamyî’.


[url=#_ftnref1][1][/url] Voir : majmû’ el fatâwa (12/467) et (20/111). Pour un exemple où Safar fait preuve de tamyî’ envers ahl el bida’, voir : Zhâhirat el irjâ (p. 85).




Je disais également dans un article à l'état de brouillon :







E-Tamyî’
 
Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a dit dans Majmû’ el Fatâwâ (156/4) : « Il est complètement erroné de prétendre que l’affiliation à la tendance des anciens est un signe distinctif des innovateurs. Ce n’est pas possible, sauf dans la situation où l’ignorance prend le pas sur le savoir qui se fait rare. »
 
Sheïkh ‘Abd e-Salâm ibn Sâlim e-Suhaïmî  a dit : « À notre époque, certains revendiquent leur affiliation à la tendance des anciens alors qu’il n’en est rien. Certains s’aventurent même à donner aux mouvements hisbistes contemporains, dont certains adhèrent à la pensée kharijite, le nom de mouvement salafî. Ils prétendent que la salafiya est le lien commun entre ses mouvements. Tel est le résultat lorsque l’ignorance prend le pas sur le savoir qui se fait rare comme l’a judicieusement fait remarquer Sheïkh el Islam ibn Taïmiya dans Majmû’ el fatâwâ. L’autre raison consiste à dire qu’ils veulent simplement diluer, noyer, dissoudre, faire fondre (tamyî’) la da’wa salafiya fondée sur le Coran et la sunna conformément à la compréhension des pieux Prédécesseurs. Le but c’est de faire entrer certaines tendances égarées dans le cercle des traditionalistes. »    
[url=#_ftn1][1][/url]     
 
La définition du tamyî’ si ce terme accepte de ce faire définir, c’est donc : de faire entrer certaines tendances égarées dans le cercle des traditionalistes. Comme le dit Sheïkh Rabî’, le mot tamyî’ n’est pas un terme technique dans le sens propre du terme, c’est plutôt un comportement, une caractéristique. Depuis l’apparition des hérésies, aucune secte dont les mumayyi’ûn seraient les partisans, ne porte ce nom, même s’il est vrai qu’à travers les époques les sectes quelque peu laxistes comme les murjites (si on considère ce terme comme un terme générique), ont toujours œuvré pour amenuiser le rigorisme à leur yeux de la tendance traditionaliste. Les traditionalistes en effet se caractérisent pour dénoncer et lutter contre toute forme d’hérésie. La meilleure façon pour les conspirateurs innovateurs d’échapper à leur jugement, c’est de se les concilier, d’où l’un des sens du terme tamyî’. Mais c’est peine perdue d’avance !
 
Pour comprendre ce phénomène qui s’est développé au sein des mouvements hisbistes contemporains, il faut comme bien souvent revenir quelque peu en arrière. Sans parler dans un cercle plus large des murjites dont les ach’arites et les mâturîdites portent le flambeau à notre époque et des sûfis (les têtes de files du tamyî’ bien qu’ils soient intransigeants envers les salafis), les précurseurs du tamyî’ s’incarnent dans les deux grands mouvements hérétiques qui ont traversé le vingtième siècle, j’entends par–là, le mouvement tablîgh et la confrérie des Frères Musulmans. Sans entrer dans les détails, ces mouvements ne sont réformateurs que dans la mesure où ils innovent des voies dissidentes à la voie orthodoxe. Le premier sous influence mâturîdites et dans un cercle plus large murjites est en théorie apolitique. Son message est plus branché sur le mysticisme des Sûfis bien que la voie ascète à gagner indépendamment les deux mouvements. Le deuxième mouvement quant à lui est un mouvement politique. Sous obédience ach’arites et dans une plus large mesure également murjites, ils ont la prétention d’entrer dans la mêlée de la course au pouvoir avec les outils modernes que leur offrent les occidentaux (parlement, coups d’état, manifestations, attentats terroristes, grève de la faim, boycotte, etc.) basée sur le principe machiavélique : La fin justifie les moyens.



[url=#_ftnref1][1][/url] Kun Salafiyan ‘ala el Jadda de Sheïkh ‘Abd e-Salâm e-Sahaïmî.
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