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    default La définition classique d'un kharijite est approximative

    le Sam 30 Juil - 12:20
    http://mizab.over-blog.com/2016/07/la-definition-classique-d-un-kharijite-est-approximative.html


    Voir : http://www.mizab.org/#!le-kharijisme/c5lg

    Qu’est-ce qu’un kharijite ?


    Pour el Barbahârî, un kharijite est toute personne qui se révolte (kharaja) contre une autorité musulmane en place, et qui se démarque des (ou qui divise les) rangs, tout en allant à l’encontre des textes.[1] E-Sharistânî a des paroles qui vont dans ce sens.[2] El Âjurrî va plus loin en ajoutant qu’en plus de cela, il autorise impunément à verser le sang des musulmans.[3]

    Sheïkh el Islam ibn Taïmiya souligne à cet effet : « C’est pourquoi, il faut prendre garde à ne pas taxer les musulmans d’apostasie à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés, car c’est la première innovation apparue dans l’Islam. Ces adeptes ont exclu les musulmans de la religion et ils se sont légitimés leurs biens et leur sang. »[4]

    Ailleurs, il explique que les kharijites se distinguent par deux caractéristiques :

    1. Ils s’insurgent contre les textes et la sunna en inversant les valeurs ; leur père spirituel Dhû el Khuwaïsira e-Tamîmî en est le meilleur exemple, lui qui interpella le meilleur des hommes en ces termes : « Sois juste ! Tu n’as pas été juste.


    • Malheur à toi, lui lança-t-il, qui peut se vanter d’être juste si je ne le suis pas. »[5]



    1. Ils sortent dans un premier temps, les musulmans de l’Islam à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés. Puis, ils légitiment leurs biens et leur sang, et considèrent qu’ils ne vivent pas en terre d’Islam.[6]


    Ibn Hajar affirme, pour sa part, qu’ils doivent leur nom à deux caractéristiques :

    1. Ils sortent (khurûj) de la religion.
    2. Ils sortent (khurûj) contre les gouverneurs musulmans.[7]


    Il fait remarquer également qu’ils reprochèrent à ‘Alî d’avoir soumis son jugement à des hommes. C’est ce qui les poussa à se désolidariser de lui et de sa descendance, en prenant les armes contre eux. Ils s’étaient déjà désolidarisés du Khalife avant lui, ‘Uthmân. Les ultras parmi eux vont jusqu’à les sortir de la religion.[8]

    Or, en réalité, pour être plus précis, il incombe de dire qu’il existe deux sortes d’insurgés.

    Les kharijites proprement dit : que le Prophète décrit en ces termes : « … ils sortiront plus vite de la religion que la flèche transperce sa proie. »[9] Ces derniers sortent contre les sultans en étant motivés, dans un élan de zèle, par des raisons religieuses et pour rétablir la morale. Autrement dit, la croyance selon laquelle les péchés font sortir de la religion. Et, en règle générale, tous les innovateurs qui s’insurgent contre la sunna au profit de leurs passions. E-Dhahhâq précise sur ce point : « … les révoltés de Nahrawân ont interprété certains Versets du Coran à l’encontre des adeptes de l’Islam, bien qu’ils concernaient les « gens du Livre ». Ce savoir leur ayant échappé, ils ont alors versé le sang des musulmans, ils se sont emparés de leurs biens, et ils ont témoigné que nous étions égarés. »[10] Sheïkh el Islam explique : « Les Kharijites ont interprété certains Versets du Coran en fonction de leur croyance et ont considéré mécréante toute personne s’opposant à celle-ci. »[11]
    Ailleurs, il souligne également : « Bon nombre d’innovateurs à l’instar des Kharijites, rafidhîtes, qadarites, jahmites, mumaththilites (assimilateurs ndt.) ont des croyances erronées qu’ils s’imaginent correspondre à la vérité, tout en considérant comme mécréant quiconque s’oppose à celles-ci. »[12]

    Les bughât qui prennent les armes contre les sultans pour des raisons profanes. Ils aspirent au pouvoir sans revendiquer particulièrement qu’ils agissent au nom de la religion. Par extrapolation, ibn Taïmiya range dans cette catégorie ceux qui participèrent aux batailles d’el Jumal, Siffîn, el Hurra, el Jamâjim, etc. Ces derniers pensaient que la guerre était la meilleure solution. Ils ne voyaient pas dès lors les inconvénients énormes qu’elle allait engendrer. D’ailleurs, ils le regrettèrent après coup, et surent par l’expérience ce dont les textes mettaient en garde depuis le début. En résumé, nous pouvons recenser quatre raisons à travers l’Histoire ayant poussé les savants à l’erreur dans ce domaine.

    • Certains d’entre eux n’avaient tout bonnement pas eu accès aux textes.
    • D’autres remettaient en question leur authenticité.
    • D’autres, à l’image d’ibn Hazm, pensaient qu’ils étaient abrogés.
    • D’autres les interprétaient à leur façon, comme tout mujtahid.[13]


    Ibn Hajar rejoint exactement ce discours, et met dans la première catégorie les insurgés qui prirent les armes contre ‘Alî, et leurs héritiers à l’instar des azâriqa.
    Il subdivise la seconde catégorie en deux ensembles. Dans le premier, il insère les partisans de la vérité qui combattirent l’injustice et la tyrannie des émirs. Dans ce camp, il compte el Hasan ibn ‘Alî, les insurgés d’el Harra, et les opposants à el Hujjâj ibn Yûsaf. Dans le second, il fourre tous les coups d’État qui sont motivés par la prise de pouvoir, indépendamment de savoir s’ils sont appuyés par des arguments légitimes ou non. C’est de ce dernier ensemble qu’il s’agit lorsqu’on parle de bughât.[14]

    Il est vrai qu’on leur donne le nom de kharijites, mais c’est uniquement dans la mesure où ils se révoltent, au lieu de suivre les prescriptions prophétiques les enjoignant à veiller à l’union des musulmans et à patienter face à la tyrannie des sultans tant qu’ils n’affichent pas une mécréance claire et insoupçonnable. Ils ne sont donc pas aussi blâmables que les kharijites attitrés, et ne méritent pas d’être confondus aux « chiens de l’enfer ».

    Il n’en demeure pas moins des innovateurs aux yeux de certains anciens, même s’ils ne sortent pas les musulmans de la religion, comme nous l’avons vu plus haut avec notamment la référence à el Barbahârî. L’Imam Ahmed a des paroles claires à ce sujet. Il affirme en effet : « Il n’est permis à personne de combattre le sultan ni de se rebeller contre lui, sous peine de devenir un innovateur ayant dévié de la sunna et de la bonne voie. »[15]

    Ainsi, sortir les musulmans de la religion n’est pas une condition pour rejoindre les kharijites qui furent les premiers à ouvrir cette mauvaise voie. Un hadîth est sans appel : « Celui qui meurt en s’étant écarté du groupe d’un empan connaitra une mort païenne. »[16]

    El Qurtubî impute à la majorité des savants l’opinion selon laquelle il vaut mieux endurer le mal des sultans que de répandre le sang, de semer l’anarchie et le désordre sur terre. L’autre opinion, à ses yeux, est celle des kharijites et de certaines tendances mu’tazilites qui ne voient pas d’inconvénient à brandir l’épée contre les gouverneurs injustes.[17]

    La différence entre les bughât et les vrais kharijites

    Certains savants ont kaffar les kharijites. Bien que l’ensemble des Compagnons ne concèdent pas ce statut, l’essentiel est de savoir que personne parmi les savants de référence, n’a voué les bughât à l’apostasie.

    Il existe un autre point de différence entre ces deux catégories d’individus, et qui est la raison qui motive les expéditions punitives lancées contre eux. Les kharijites commettent deux crimes ; d’une part, ils sortent [des enseignements] de la religion, et d’autre part, ils s’insurgent contre les musulmans. Tandis que les bughât se contentent de se rebeller contre l’autorité de tel gouverneur. C’est la raison pour laquelle, les lois du combat ne seront pas les mêmes en fonction du statut des insurgés (kharijites ou bughât) ; achever les blessés, poursuivre les fuyards, etc.

    Comme à son accoutumé, ibn Taïmiya se lance dans une analyse extraordinaire dans laquelle il dessine le portrait des « chiens de l’Enfer ». En voici un passage : « Il n’est pas pertinent qu’il fut légiféré de les combattre, juste parce qu’ils tuent les gens, comme on repousse des agresseurs (bandits de grand chemin, etc.), ou de simples insurgés (bughât). Le but, en effet en combattant les seconds, c’est d’éradiquer leur mal, de disloquer leur groupe, et de les ramener à l’ordre. Il n’est donc pas légiféré de les tuer où qu’ils se trouvent, ni de les exterminer jusqu'au dernier comme le peuple de Hâd ; ils ne sont pas non plus les pires des hommes qui sont sous la voûte céleste, et il ne fut pas légiférer de les combattre sans condition, mais en dernière instance. Il y a donc une autre raison qui se cache derrière l’obligation de combattre les kharjites. Ils sont en effet les plus prompts à sortir de la religion à cause de l’excès qu’ils font, comme nous l’informe le hadîth d’Alî : « Mais, ils sortiront plus vite de la religion que la flèche transperce sa proie. Où que vous les trouviez, tuez-les. »[18] Si on les tue, c’est parce qu’ils sortent de la religion…

    (…) Ainsi, nous les tuons en raison de leur caractéristique qui est de sortir de la religion (et qui est présente aussi bien chez l’un que chez un grand nombre d’entre eux), non parce qu’ils s’insurgent et prennent les armes contre les musulmans.

    S’il est vrai qu’Alî (t) ne les a pas combattu dès leur émergence, mais c’est uniquement, car il ne savait pas à qui il avait à faire. Il a fallu qu’ils mettent un terme à la vie d’ibn Khubbâb, et qu’ils sèment le pillage pour qu’il comprenne qu’il s’agissait de ceux dont fait allusion le hadîth : « Ils tuent les adeptes de l’Islam et épargnent les païens. »[19] Il a sur dès lors qu’ils étaient les fameux kharijites.
    L’autre raison qui l’a empêché de les tuer, avant qu’ils ne fassent couler le sang, c’est que leurs tribus auraient pu, par chauvinisme, quitter les rangs d’Alî (t)… »[20]

    Dans son harangue guerrière qui visait à convaincre ses concitoyens de monter une armée contre l’envahisseur tatar, il fustige : « Ces gens-là, aux yeux des grands spécialistes, ne sont pas à mettre au même rang que les insurgés (bughât) que se rebellent contre l’Imam en place, ou qui sortent de son obéissance, comme ce fut le cas des habitants du Shâm qui sortirent de l’autorité d’Alî ibn Abî Tâlib (t) ; non, les bughât se contentent de se rebeller contre l’autorité de tel gouverneur, voire de le renverser. Quant aux tatars, ils sont sortis de l’Islam, à la manière des rebelles qui refusent de verser la zakât, et des kharijites qu’Alî réprima. Ce dernier n’avait pas la même approche en fonction de l’armée qu’il avait en face de lui ; sur un front, il avait pour adversaire l’armée du Shâm et de Basra et sur l’autre front, les révoltés de Nahrawân. Avec les premiers, ils se comportaient comme un frère qui s’était disputé avec son frère, mais il avait un autre comportement avec les kharijites. »[21] Il explique ensuite que conformément aux textes prophétiques, les Compagnons s’entendirent finalement à l’unanimité à combattre sous les ordres d’Abû Bakr, les rebelles à la zakât, et, plus tard, les kharijites. En revanche, bien que les textes en parlent, la querelle qui opposa le troisième khalife à la Syrie ne fit pas consensus chez les Compagnons et leurs successeurs.[22]

    Le critère pour définir un kharijite

    Abû el Hasan el Ash’arî établit : « Les kharijites sont unanimes à « excommunier » ‘Alî ibn Abî Tâlib (t) pour s’être tourné vers le jugement des hommes. Ils divergent toutefois sur la question de savoir si son apostasie porte sur l’association ou non. Quoi qu’il en soit, ils sont unanimes à dire que tout grand péché est un acte de mécréance à l’exception des najdât qui n’adhèrent pas à cette opinion. »[23] Selon certains grands hérésiographes, les kharijites excluent de la religion à l’unanimité ‘Alî, ‘Uthmân, tous ceux qui ont participé à la bataille du Chameau, les deux arbitres entre les armées d‘Alî et de Mu’âwiya, tous ceux qui consentent à cet arbitrage, et qui donnent raison à ces auteurs ou à l’un des deux. ils assument par ailleurs qu’il est tout à fait légitime de s’insurger contre les autorités en place.[24]

    Certains émettent la condition pour devenir kharijite de kaffar les Compagnons, ce qui en soit n’est pas propre aux kharijites ; nous avons vu que les râfidhîtes notamment les rejoignent en tout ou en partie sur ce point.[25] Sans compter que cela reviendrait à confiner les kharijites dans les derniers bastions ibadhites qui sont dispersés à travers le monde (Algérie, Tunisie, Lybie, Oman, etc.).

    Sheïkh el Fawzân est plus précis : « quiconque adhère, et appelle à la pensée kharijite qu’il est possible de résumer en trois points, compte parmi eux :
    Primo : sortir de la religion les musulmans qui commettent des grands péchés en dehors de l’association est propre à la tendance kharijite.
    Secundo : se rebeller contre les autorités musulmanes en place et trahir le pacte d’obéissance qui les lie à ces dernières.
    Tercio : s’autoriser moralement (istihlâl) le sang des musulmans, comme l’informe le Prophète (r) : « Ils tuent les adeptes de l’Islam et épargnent les païens. »[26]

    Or, la chose est peut-être un peu plus complexe, et il incombe de nuancer quelque peu en proposant un critère beaucoup plus cohérent, soit :

    Un kharijite est toute personne qui s’arroge le droit de faire le takfîr non fondé des musulmans, et qui, à la suite de quoi, se rebelle contre les autorités en place, et verse impunément le sang des musulmans.[27]

    Explication

    « le takfîr non fondé » : nous enseigne deux choses :
    La première : il est plus vaste que le takfîr des péchés, étant donné qu’Alî et Muwâya avaient cherché une solution pacifique au conflit, ce qui en soi est louable (toléré, voire recommandé par la religion, et même obligatoire s’il s’agit de préserver la vie des musulmans). Pourtant, cela ne les empêcha pas de subir la vindicte des premiers kharijites.
    La seconde : il englobe tout ceux qui kaffar les gens ne serait-ce que pour une seule chose. Il est connu que la plupart des kharijites font sortir de l’Islam les auteurs des grands péchés (le takfîr bi el kabîra). C’est pourquoi, et cela est d’une importance essentielle, il est faux de dire que la condition pour être un kharijite, c’est de kaffar bi el kabîra.

    En voici la preuve :

    1- Les premiers kharijites n’ont pas fait le takfîr bi el kabîra (adultère, boisson enivrante, etc.), mais en raison du tahkim qui déboucha sur la réconciliation des musulmans.[28]

    Ce sont les kharijites ultra (ghulât) qui ont innové le takfîr bi el kabîra. Abû Bakr ibn el ‘Arabî distingue deux sortes :

    • Ceux qui kaffar ‘Uthmân, ‘Alî, et tous ceux qui ont participé à la bataille du chameau.
    • Ceux qui vouent à l’Enfer éternel les adeptes de la communauté mohammadienne pour les péchés qu’ils ont commis.[29]


    Sheïkh ‘Abd e-Latîf ibn ‘Abd e-Rahmân entre un peu plus dans les détails en disant : « Voici en résumé leur histoire. Vous connaissez désormais leurs arguments ambigus qui leur donnèrent la certitude que ‘Alî, Mu’âwiya et les fidèles des deux côtés sont des mécréants. Après l’événement, leur tendance se dispersa avec les fuyards qui restèrent en vie. Les ghulât parmi eux se mirent à sortir les musulmans de la religion à cause des péchés (takfîr bi e-dhunûb). Puis, ils réussirent à se réorganiser et fondèrent un État. El Muhallib ibn Abî Sufra se chargea de les combattre ; el Hujjâj ibn Yûsaf prit ensuite la relève, mais avant cela, ibn e-Zubaïr les passa au fil de l’épée à l’époque de son frère ‘Abd Allah. Ils furent connus par la suite pour le takfîr bi e-dhunûb, c’est-à-dire tous les péchés en dehors de l’association. »[30]

    Ibn Hajar y va de son explication : « Les kharijites sont ceux qui reprochèrent à ‘Alî le tahkîm, qui se désolidarisèrent de lui et qu’ils combattirent, mais aussi de ‘Uthmân et de sa descendance. Ce sont les Les ghulât parmi eux qui ajoutent à cela leur takfîr. »[31]

    2- Tous les hadîth qui décrivent les kharijites ne font nullement cette restriction du takfîr bi el kabîra. Une chose est sûre, c’est qu’ils se caractérisent pour dénigrer les émirs et les savants, pour interpréter le Coran à leur façon, faire le takfîr non fondé des musulmans, à la suite de quoi, de se rebeller contre les autorités en place, et de verser impunément le sang des musulmans, et de violer leur honneur et leurs biens. Ainsi, une menace terrible plane sur ceux qui les imitent.[32] Shâtibî va plus loin en reprochant qu’on accole les hadîth sur les kharijites à un groupe en particulier, alors que les savants les utilisent pour condamner tous les innovateurs sans exception.[33]

    3- Nous avons vu avec la citation d’Abû el Hasan el Ash’arî que les kharijites ne sont pas unanimes à sortir de la religion les auteurs des grands péchés. Les najdâtes en effet n’adhèrent pas à ce principe, ce qui conforte d’autant plus la thèse que nous soutenons.


    [1] Sharh e-sunna (p. 76).
    [2] El milal wa e-nihal (1/105).
    [3] E-sharî’a (p. 24).
    [4] Majmû’ el fatâwâ (13/31, 3/279, 7/481), voir également : sharh el asfahâniya (p. 225).
    [5] Rapporté par el Bukhârî (5057) et Muslim (1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
    [6] Majmû’ el fatâwâ (19/72).
    [7] Fath el Bârî (12/296).
    [8] Hadî e-sârî (p. 459).
    [9] Rapporté par el Bukhârî (5057) et Muslim (1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
    [10] Tafsîr el Baghawî (1/256-257).
    [11] Majmû’ el fatâwâ (20/164), voir également : Dar ta’ârudh el ‘aql wa e-naql (1/276).
    [12] Majmû’ el fatâwâ (13/466, 467).
    [13] Minhâj e-sunna (4/538).
    [14] Fath el Bârî (12/298).
    [15] Sharh usûl el i’tiqâd (1/161) d’e-Lalakâî
    [16] Rapporté par el Bukhârî (7054) et Muslim (1849), selon ibn ‘Abbâs – qu’Allah les agrée son père et lui –.
    [17] Tafsîr el Qurtubî (2/109).
    [18] Rapporté par el Bukhârî (5057) et Muslim (1066), selon ‘Alî ibn Abî Tâlib (t).
    [19] Rapporté par el Bukhârî (3344) et Muslim (1064), selon Abû Sa’îd el Khudrî (t)
    [20] E-sârim el maslûl (2/347).
    [21] Majmû’ el fatâwâ (28/503).
    [22] Idem. Cette dernière partie est un peu obscure, ce qui rend la traduction quelque peu aléatoire.
    [23] Maqâlât el Islâmiyîn (1/167).
    [24] Voir : el farq baïna el firaq (p. 73), e-tabsîr fî e-dîn d’el Isfarânî (p. 45).
    [25] Voir : el khawârij (p. 51) de Sulaïmân el Ghusn.
    [26] Rapporté par el Bukhârî (3344) et Muslim (1064), selon Abû Sa’îd (t).
    [27] Haqîqa el khawârij (p. 34-38) de Faïsal el Jâsim
    [28] Voir : ‘âridh el ahwadhî (9/38) d’Abû Bakr ibn el ‘Arabî
    [29] Idem.
    [30] E-durar e-saniya (9/229).
    [31] Hadî e-sârî (p. 483).
    [32] El i’tisâm de Shâtibî (2/726).
    [33] Idem.
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    default Re: La définition classique d'un kharijite est approximative

    le Sam 30 Juil - 12:48
    Daesh sont des kharijites pour quatre raisons :

    Voir : http://mizab.over-blog.com/2016/07/la-definition-classique-d-un-kharijite-est-approximative.html


    1. Ils jettent le discrédit sur les savants ;
    2. Ils innovent une idée et l’imposent au reste de la communauté (ils sortent des enseignements de la religion) ;
    3. Ils réservent des punitions sévères à tous ceux qui s’opposent à leur crédo allant de la mise en quarantaine jusqu’au meurtre en passant par la prison (ils sortent les musulmans de la religion), et par rapport à cela ;
    4. Ils s’autorisent impunément à verser le sang de leurs coreligionnaires.



    Explication

    Jeter le discrédit sur les héritiers du Prophète

    • ‘Alî ibn Abî Talib a dit : « La terre ne sera jamais dépourvue d’individus qui établissent la preuve céleste, pour ne donner aucune excuse aux hommes. »[1]

    • Selon un hadîth : « Il y aura toujours une partie de ma communauté maintenue sur la vérité… »[2]







    Or, il est caractéristique aux innovateurs de dénigrer les savants dans le but de prendre leur place, et, en général, de sortir tous leurs opposants de la religion.

    Dans son livre Talbîs Iblîs, ibn el Jawzî évoque de quelle manière Satan a rusé avec les kharijites. Après avoir relaté certains épisodes de leur histoire, il a fait le constat suivant : « Notre intention est de porter l’attention sur les astuces et les malices qu’Iblis utilise afin d’égarer ce genre d’imbéciles, qui se sont aventurés dans ce genre d’impasse. Ils se mirent à croire dans un premier temps qu‘Alî ibn Abî Tâlib – qu'Allah honore son visage –[6] était dans l’erreur en comptant tous les muhâjirîns et les ansârs qui se trouvaient avec lui. En pensant qu’ils étaient sur la vérité, ils s’autorisèrent ensuite à verser le sang des enfants et à manger des fruits sans en donner le prix. »[7]

    Sheïkh el Islam ibn Taïmiya affirme : « Bon nombre d’innovateurs à l’instar des kharijites, râfidhîtes, qadarites, jahmites, mumaththilites (assimilateurs) ont des croyances erronées qu’ils s’imaginent correspondre à la vérité, tout en considérant comme mécréant quiconque s’opposent à celles-ci. »[8] Il a dit également : « Les « hérétiques » ont la particularité d’innover des tendances qu’ils considèrent comme les obligations de la religion, voir comme faisant partie intégrante de la foi ; ils taxent de mécréance et légitiment le sang de toute personne qui n’y adhère pas comme c’est le cas pour les kharijites, les jahmites, les râfidhîtes, les mu’tazilites, etc. À l’inverse, les traditionalistes n’innovent pas de nouvelles idées et ne condamnent pas d’apostasie ceux qui commettent une erreur d’interprétation ou qui sont en désaccord avec eux, bien qu’eux-mêmes se permettent de les condamner d’apostasie et de légitimer leur sang. Les Compagnons n’ont pas sorti les kharijites de la religion bien que ces derniers ont taxé d’apostasie ‘Uthmân, ‘Ali et tous ceux qui ont reconnu leur autorité (ou qui s’en font les alliés ndt.), et bien qu’ils aient légitimé de verser le sang des musulmans. »[9]

    « L’une des pratiques les plus ignobles, c’est de voir les ignorants taxer les savants musulmans d’apostats. Une telle pratique vient à l’origine des kharijites et des râfidhîtes qui condamnaient les responsables musulmans d’apostats. »[10] Ce n’est pas étonnant que l’Imam ibn Bâz n’ait pas échappé à leur vindicte, bien que ce soit plutôt une bonne nouvelle, car, comme le souligne ibn Abî Hâtim : « Les signes distinctifs d’ahl el bida’ (les innovateurs ndt.), c’est de dire du mal d’ahl el athar (les traditionalistes ndt.). »[11]

    Au cours des lignes où il réfute el Bakrî, Sheïkh el Islam ibn Taïmiya fait le constat suivant : « La voie empruntée par cet homme et tous ceux qui lui ressemblent, est celle des innovateurs qui sont imprégnés à la fois de l’ignorance et de l’injustice. Dans un premier temps, ils innovent une chose allant à l’encontre des Textes du Coran, de la sunna, et du consensus. Ensuite, ils traitent d’apostats tous ceux qui s’opposent à leur innovation.
    Quant aux traditionalistes, imprégnés par la foi et la connaissance, ils sont motivés par la science, la justice, et la compassion à l’égard des autres. Ils connaissent la vérité qui leur permet de se conformer au Coran et à la sunna et de les préserver de la bid’a, mais ils sont justes à l’encontre de leurs opposants et ils ne font nullement preuve d’injustice à leur égard. »[12]

    « Les kharijites kaffar la jamâ’a (les traditionalistes ou les musulmans, ou peut-être les Compagnons ndt.), comme les mu’atazilites et les râfidhites kaffar leurs opposants : au meilleur des cas, ils les considèrent comme des pervers (tafsîq). Ainsi, les gens des passions innovent une tendance et vouent à l’apostasie tous ceux qui s’y opposent. Quant aux traditionalistes, ils suivent la vérité de leur Seigneur qui leur est venu du Messager (r). Ils ne kaffar par leurs opposants ; ils sont les plus savants des hommes, et sont les plus cléments envers les hommes. »[13]

    Ibn el ‘Abbâs l’avait bien compris, lui qui fit remarquer aux insurgés de Nahrawân qu’il n’y avait aucun Compagnon dans leurs rangs ![14]

    ‘Amr ibn ‘Ubaïd et Wâsil ibn ‘Atâ se moquaient d’el Hasan el Basrî et d’ibn Sirîn en résumant leur savoir dans un tissu de menstrues à jeter. Un grand leader hérétique, qui préférait le kalâm au figh assurait sans vergogne que toute la science de Shâfi’î et d’Abû Hanîfa ne dépassait pas le pantalon des femmes.[15]

    Cette caractéristique est propre aux râfidhites et aux innovateurs en général

    Sheïkh el Islam ibn Taïmiya nous fait le constat suivant : « Les râfidhîtes taxent de mécréance Abû Bakr, ‘Omar, ‘Uthmân, la majeure partie des muhâjirins (émigrés mecquois) et des ansârs (auxiliaires médinois), et leurs fidèles successeurs, alors qu’Allah les agrée et qu’à leur tour ils L’agréent. Ils ont ainsi sorti de la religion la plupart des adeptes de la communauté de Mohammed parmi les premières et les dernières générations. Ils considèrent comme non musulmane toute personne convaincue qu’Abû Bakr, ‘Omar, les muhâjirins et les ansârs sont crédibles et justes, qui les agréent comme Allah les a agréés, ou qui leur implore le pardon d’Allah comme Lui-même a demandé de le faire. ainsi, ils « excommunient » les grandes autorités de la religion musulmane à l’exemple de Sa’îd ibn el Musaïb, Abû Muslim el Khawlânî, Uwaïs el Qurnî, ‘Ata ibn Abî Rabâh, et Ibrahim e-Nakha’î. Il en est de même concernant Mâlik, el Awzâ’î, Abû Hanîfa, Hammâd ibn Zaïd, Hammâd ibn Salama, e-Thawrî, e-Shâfi’î, Ahmed ibn Hanbal, Fudhaïl ibn ‘Iyâdh, e-Sulaïmân e-Dârânî, Ma’rûf el Karkhî, el Junaïd ibn Mohammed, Sahl ibn ‘Abd Allah e-Tusturî, etc.
    Ils estiment notamment que ces gens-là sont plus mécréants que les juifs et les chrétiens, car il est plus grave d’avoir renoncé à sa religion que de n’y être jamais entré ; à l’unanimité des savants en effet l’apostat est plus condamnable que le mécréant d’origine. »[16]

    Tous les innovateurs voient l’épée

    La prochaine étape consiste à verser le sang des musulmans.

    Abû Qilâba est l’auteur de paroles extraordinaires : « Tout groupe qui innove une innovation voit obligatoirement l’épée. »[17]

    Sheïkh el Islam ibn Taïmiya établit à ce sujet : « À l’origine de leur égarement, nous pouvons constater que, dans un premier temps, ils sont convaincus que les grandes références de la religion et la communauté musulmane ne sont plus crédibles en raison de leur injustice. Ils les voient comme des égarés. Cette vision est caractéristique à tous les opposants à la sunna, parmi notamment les râfidhites. La deuxième étape consiste à faire passer ce qu’ils voient être de l’injustice pour de la mécréance. Puis, par rapport à ce statut, ils mettent en pratique certains principes qu’ils ont innovés. Voici les trois étapes par lesquelles passent ceux qui sortent de la religion (mâriqîn) parmi les harûrites et les râfidhites. »[18]



    [1] Rapporté par Abû Na’îm dans el huliya (1/80).
    [2] Rapporté par Muslim (1920).
    [3] Hadîth rapporté par Ahmed (21715), Abû Dâwûd (3641), ibn Mâja (2234), et e-Tirmidhî (2682), selon Abû Dardâ (t).
    [4] Hadîth rapporté par Ahmed (12600), selon Anas (t).
    [5] Rapporté par el Bukhârî (100) et Muslim (2673), selon ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn el ‘Âs.
    [6] Cette formule héritée des shiites et employée à chaque fois que le nom du Khalife ‘Ali –qu'Allah lui fasse miséricorde – est évoqué est contestable pour deux raisons ; la première est qu’ils revendiquent que ce noble compagnon, dont le visage ne s’est jamais prosterné devant une idole, mérite tous les honneurs. Nous leur concevons certes cette particularité, mais il n’est pas le seul à s’en être doté. Bien que cela n’enlève rien à son mérite, des personnes plus prestigieuses que lui à l’image d’Abû Bakr et de ‘Uthmân, ne l’ont jamais fait non plus. La deuxième raison, c’est qu’ils évoquent cette formule lorsqu’ils entendent son nom uniquement. Pour la raison que nous avons déjà évoquée, nous ne pouvons leur concéder cette particularité, surtout si nous considérons, et cela pourrait servir de troisième raison, que les anciens n’ont jamais eu recours à ce genre de formule ni pour ‘Ali ni pour quiconque ! (N. du T.)
    [7] Talbîs Iblîs (p. 131).
    [8] Majmû’ el fatâwâ (13/466, 467).
    [9] Minhâj e-sunna (5/95), voir certains passages importants des paroles de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya allant dans ce sens, dans Majmû’ el Fatâwâ (19/73-75), Minhâj e-Sunna (5/158 et 239, 240), e-Rad ‘ala el Bakrî (2/487-490).
    [10] Majmû’ el fatâwa (35/100).
    [11] Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna d’e-Lâlakâî (1/179). Quand bien même ibn Bâz se serait trompé sur certaines de ses opinions, la bonne marche à suivre consiste à montrer les erreurs sans forcément condamner d’apostat leur auteur.
    [12] E-rad ‘alâ el Bakrî (2/487-490).
    [13] Minhâj e-sunna (5/158).
    [14] Rapporté par el Hâkim dans el mustadrak (2/150), et el Baïhaqî dans el kubrâ (8/309).
    [15] El i’tisâm de Shâtibî (2/726).
    [16] Majmû’ el fatâwâ (28/477, 478).
    [17] Rapporté par ‘Abd e-Razzâq dans el musannif (10/151), et e-Lâlakâî Sharh usûl i’tiqâd ahl e-sunna (1/134).
    [18] Majmû’ el fatâwâ (28/497).
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