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    Citizenkan
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    default La légende de Jésus de Nazareth (Partie 1)

    le Dim 12 Mar - 11:23


    ​​​​​​​
    La légende de Jésus de Nazareth

    (Partie 1)



    L'homme est fait pour adorer et obéir : mais si vous ne le commandez pas, si vous ne lui donnez rien à adorer, il façonnera ses propres divinités, et trouvera un chef pour ses propres passions.

    – Benjamin Disraeli, Coningsby



    La nature a horreur du vide !



    Joel Carmichael : « L'idée de cette nouvelle religion, avec lui-même comme sa déité, était une chose dont il [Jésus Christ] n'aurait jamais pu avoir la moindre idée. Comme Charles Guignebert l'exprime, ‘’Cela ne lui est jamais même venu à l'esprit.’’ »[1] Le théologien allemand Heinz Zahrnt a construit un tel argument, avant de conclure : « Une fois que l’histoire biblique a été dévêtue du dogme, le Christ proclamé par l’Église a semblé entrer dans un conflit inévitable avec Jésus lui-même. Il y avait une contradiction manifeste entre ce qui a été découvert, lors d’investigations historiques, concernant Jésus de Nazareth et ce que l’Église a dit de lui lors de ses enseignements ; entre ce que Jésus lui-même a proclamé à l’origine et a fait et ce que l’Église par la suite a fait de lui. »[2]



    C’est la raison pour laquelle les historiographes ne sont jamais parvenus à résoudre cette énigme, et ce n’est pas la volonté qui leur a manqué ! Comment peut-on combler les écarts ? Au pire des cas, avec des clichés et, au mieux, avec des fantaisies historiques… L’image du Jésus historique qui était alors présentée n’était pas tout simplement tirée de sources historiques. Elle était en grande partie dominée par les présupposés que les scribes et érudits nourrissaient en eux.[3]



    Un autre théologien allemand Martin Kähler entérine cette idée : « Le Jésus [de la  Bible] n’est rien d’autre qu’une variation moderne des produits de l’art inventif humain, pas mieux que le Christ dogmatique discrédité de la Christologie Byzantine ; les deux sont également très éloignés du vrai Christ. »[4]



    La discontinuité entre le Jésus historique et le Christ de l’Église fut si grande qu’il devint presque impossible de reconnaître aucun lien unissant les deux personnages.[5]



    Maudire un figuier pour ne pas produire de fruits (Matthieu 21 : 19, Marc 11 : 20-21) ; comparer les Gentils à des chiens (Matthieu 15 : 26, Marc 7 : 27) ou à des porcs (Matthieu 7 : 6), et repousser sa propre mère (Matthieu 12 : 48-50, Marc 3:31– 35, Luc 8 : 20-21) ;

    Isaïe 44 : 6, qui cite avec une clarté éblouissante, « Ainsi parle le Seigneur ….'C'est moi le premier, c'est moi le dernier, en dehors de moi, pas de dieu. » Isaïe 43 : 11 rapporte, « C'est moi, c'est moi qui suis le SEIGNEUR, en dehors de moi, pas de Sauveur. »

    Luc 4 : 8 rapporte Jésus disant, « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et c'est à lui seul que tu rendras ton culte. »



    Contrairement à une lecture paulienne de la Bible, Jésus n’est pas venu pour racheter les péchés de l’humanité. Son message était confiné aux brebis perdues d’Israël qu’il ne manquait pas de vilipender : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà allumé ? Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu'il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division. »[6] Dans leur ivresse, ils ne se rendaient pourtant pas compte que leur destin était scellé : « Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. »[7]



    Il n’était pas tendre avec les scribes et les Pharisiens qu’il traita d’hypocrites, de guides aveugles, d’ignorants, de serpents et de vipères.[8] Il avait le verbe acerbe : « N’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais bien le glaive. »[9]



    « Quant à mes ennemis, ceux qui n'ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi. » (Luc 19 : 27) ; « et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une » (Luc 22 : 37) ;



    Pour David Fitzgerald, auteur et historien Américain, ces quelques arguments mènent même à une conclusion nette : « La figure du Jésus est une construction du Christianisme, pas sa cause. Paul et la première génération de Chrétiens ont utilisé la version grecque Septuagint enrichie de la bible hébraïque pour créer une nouvelle foi en y ajoutant des rituels païens, des termes gnostiques, un Dieu sauveur capable de rivaliser avec ceux des Égyptiens, des Perses, des Grecs et des Romains. Nous ne saurons peut-être jamais ce qui a été le déclencheur de la propagation du christianisme. »

    https://cortecs.org/wp-content/uploads/2016/01/CorteX_s21_5_Jesus_Nazareth_Arnold_Chardon_Leclerq_Taieb.pdf



    En 2009, Bart Ehrman, dans un ouvrage publié en anglais et traduit ensuite en français, en se fondant sur une lecture attentive de la littérature apocryphe, cherche à comprendre pourquoi l’information sur les débuts du christianisme est si lacunaire : pour ce faire, il repère et s’efforce d’éclairer ce qu’il appelle les antinomies du texte biblique.
    Dans l’avant-dernier chapitre, qui s’intitule « Qui a inventé le christianisme ? », il affirme : « Ce que nous appelons le christianisme n’est pas tombé du ciel, tout constitué et développé, peu de temps après le ministère de Jésus. Il n’est pas né non plus directement et simplement de ses enseignements. Par beaucoup d’aspects, ce qui est devenu le christianisme s’écarte même de façon significative des enseignements de Jésus. Le christianisme, comme l’a admis depuis longtemps la critique historique, est une religion qui s’inspire de Jésus, pas la religion de Jésus. »[10]

    En 2007 et en 2008, les livres de Paul Veyne et de Marie-Françoise Baslez ont entamé un débat qui a porté notamment sur le rôle de l’empereur Constantin dans l’affirmation du christianisme comme religion dominante, puis unique, de l’empire romain : pour P. Veyne, c’est Constantin qui est à l’origine de tout ; pour M.‑F. Baslez, il n’est pas à l’origine de tout et il convient de remonter aux ier-iie siècles. L’un et l’autre ont raison, car il s’agit de savoir de quoi l’on parle : si c’est de la religion chrétienne, P. Veyne a raison mais si c’est du mouvement chrétien, M.-F. Baslez a raison.

    En 2010, Daniel Marguerat et Eric Junod, afin d’écarter l’anachronisme sous-jacent à la question – les premiers chrétiens ne savent pas qu’ils sont chrétiens au sens où on l’entend aujourd’hui –, s’en sont tenus à la restitution de la perception que les contemporains de Jésus et de ses disciples ont eue de l’émergence de la nouvelle croyance en la messianité de Jésus.[11] Sur ce plan, D. Marguerat et E. Junod se trouvent en parfait accord avec G. Gaeta, lequel estime que : « […] bien avant de se jeter, armés chacun de sa méthode, dans la tentative d’écrire sur Jésus, il serait plus fructueux de s’intéresser à ce que nous connaissons le mieux, c’est-à-dire les réactions que son histoire a provoquées chez les témoins directs et à la manière dont ces réactions se sont transmises, modifiées et repensées, au sein du mouvement qui s’est inspiré de lui. »


    Pour D. Marguerat et E. Junod, Jésus est le « fondement » : « Il n’a pas institué une religion nouvelle au sein du judaïsme et moins encore à côté de lui. En revanche, il est bien à l’origine d’un mouvement religieux qui se développera au sein du judaïsme et s’en séparera peu à peu pour devenir une religion distincte qui porte son nom. »



    Ainsi, pour ces deux auteurs, le christianisme apparaît comme une religion sans fondateur au singulier : les « bâtisseurs » du christianisme sont bien plutôt ces hommes et ces femmes anonymes qui, au fil des décennies, voire des siècles qui ont suivi la mort de Jésus, ont forgé une religion nouvelle – et sur eux, on est peu ou mal informés.



    Toutes ces recherches proposent finalement de manière commune une mise à distance du personnage Jésus par rapport à ce qui deviendra le christianisme : il s’agit là d’un paramètre éminemment théologique ou idéologique, protégeant Jésus de tout ce qui se passera ensuite dans le mouvement puis la religion qui se réfère à lui, le mettant ainsi à l’abri de toutes les récriminations historiques que l’on peut porter à l’égard de l’Église et de son comportement durant des siècles. Une manière de dire que Jésus est au-dessus du temps passé et qu’il n’a pas participé aux dérèglements postérieurs qui sont l’œuvre des hommes et nullement du plan divin.



    Les travaux d’Adriana Destre et de Mauro Pesce, conjuguant un point de vue anthropologique et un point de vue historico-critique vont dans ce sens et débouchent sur la thèse que l’Église n’a pas été fondée par Jésus mais bien après lui – ce faisant, ils laissent de côté son rôle dans la constitution de la communauté de Jérusalem.[12]

    Voir : http://asr.revues.org/1064#bodyftn9



    Le fondateur non éponyme du christianisme



    Actes 9 : 3-9 justifie l’autorité de Paul grâce à une lumière venue du ciel, une voix, un message convaincant. Cependant, dans 2 Corinthiens 11 : 14-15, même Paul admet que : « Satan lui-même se camoufle en ange de lumière. C'est donc peu de chose pour ses serviteurs de se camoufler en serviteurs de la justice … »



    Jérémie 23 : 32 – « Je vais m’en prendre aux prophètes qui ont des songes fallacieux – oracle du SEIGNEUR ; qui les racontent et qui, par leurs faussetés et leurs balivernes, égarent mon peuple ; moi, je ne les ai pas envoyés et je ne leur ai rien demandé ; ils ne sont d’aucune utilité pour le peuple – oracle du SEIGNEUR. »



    Selon Bart D. Ehrman, « En particulier, (les Adoptianistes) considéraient Paul, l'un des plus proéminents auteurs de notre Nouveau Testament, comme étant un archi-hérétique plutôt qu'un apôtre. »[13]



    La contribution la plus concluante à cet argument se trouve peut-être dans les Rouleaux de la Mer Morte, vu que plusieurs érudits sont convaincus qu'ils condamnent Paul pour son abandon de la Loi de l'Ancien Testament et sa rébellion contre les enseignements de Jésus et les premiers leaders chrétiens. La fin du « Document de Damas », en particulier, semble documenter la malédiction et l'excommunication de Paul par la communauté chrétienne des premiers temps.[14] Eisenman nous informe que les Ebionites – les descendants de la Communauté Chrétienne de Jacques à Jérusalem – considéraient Paul comme « un apostat de la Loi. »



    À propos des Ebionites, il écrit : « Ils sont certainement la communauté qui tient la mémoire de Jacques dans la plus haute estime, tandis qu'ils considéraient Paul comme "l'Ennemi" ou l'Antéchrist … Une telle position n'est pas sans parallèle dans des passages cruciaux de la lettre au nom de Jacques dans le Nouveau Testament. Nous avons déjà démontré que cette lettre, en répondant à un quelconque adversaire qui croyait qu'Abraham était justifié seulement par la foi, dit qu'en se faisant lui-même "un ami de l'homme," cet adversaire s'est transformé en "l'Ennemi de Dieu." La terminologie "Ennemi" est aussi connue dans la "parabole de l'ivraie" de Matthieu 13 : 25-40, peut-être la seule parabole anti-pauline dans les Évangiles, où un "Ennemi" sème "l'ivraie" parmi les bonnes graines. À la "récolte" l'ivraie sera déracinée et jetée dans le feu. »[15]



    Johannes Lehmann écrit : « Ce que Paul proclamait comme "Chrétienté" était pure hérésie qui ne pouvait être basée ni sur la foi juive ou Essène, ni sur l'enseignement du Rabbin Jésus. Mais comme Schonfield le dit : "L'hérésie pauline devint les fondations de l'orthodoxie chrétienne et l'Église légitime fut désavouée et considérée comme hérétique." »[16]



    Puis, il enchaine : « Paul a fait quelque chose que Rabbin Jésus n'a jamais fait et a refusé de faire. Il a étendu la promesse de Salut de Dieu aux Gentils ; il a aboli la loi de Moïse, et il a empêché l'accès direct à Dieu en introduisant un intermédiaire. »[17]



    À suivre…

                         

    Par : Karim Zentici

    http://mizab.over-blog.com/




    [1] Carmichael, Joel. p. 203.

    [2] Zahrnt, Heinz. 1817. The Historical Jesus. (Traduit de l’allemand par J. S. Bowden). New York: Harper and Row. p. 43.

    [3] Ibid., pp. 47–48.

    [4] Kähler, Martin. 1953. Der sogemnante historische Jesus und der geschichtliche, biblische Christus. Munich: New edition by Ernst Wolf. p. 16, as quoted by H. Zahrnt.

    [5] Zahrnt, Heinz. p. 61.

    [6] Luc ; 12.49-51

    [7] Luc ; 13.5

    [8] Voir : Mathieu ; 23.13-37 et Luc ; 11.37-53.

    [9] Mathieu ; 10. 34

    [10] B. Ehrman, Jesus, Interrupted. Revealing the Hidden Contradictions in the Bible (and Why we Dont’t Know About Them), New York 2009 ( = La construction de Jésus. Aux sources de la religion chrétienne, Béziers 2010).

    [11] D. Marguerat, E. Junod, Qui a fondé le christianisme ?, Paris-Genève 2010.

    [12] A. Destro, M. Pesce, L’Uomo Gesù. Giorni, luoghi, incontri di una vita, Milan 2008 ( = Encounters (...)

    [13] Ehrman, Bart D. The New Testament: A Historical Introduction to the Early Christian Writings. 2004. Oxford University Press. p. 3.

    [14] Eisenman, Robert and Michael Wise. The Dead Sea Scrolls Uncovered. 1993. Penguin Books. pp. 163, 184, 212–8.

    [15] Ibid., p. 234.

    [16] Lehmann, Johannes. p. 128.

    [17] Ibid., p. 134.
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    Citizenkan
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    default Re: La légende de Jésus de Nazareth (Partie 1)

    le Lun 13 Mar - 9:37



    La légende de Jésus de Nazareth

    (Partie 2)



    Bart D. Ehrman, auteur de The New Testament : A Historical Introduction to the Early Christian Writings, et peut-être la voix contemporaine la plus compétente en la matière nous rappelle que « Le point de vue de Paul n'était pas universellement accepté ou, pourrait-on dire, n'était pas même largement accepté, » et qu'il y avait des leaders chrétiens proéminents, y compris le plus proche disciple de Jésus, Pierre, « Qui l'ont contredit avec véhémence à ce sujet et qui considéraient les idées de Paul comme une corruption du message véritable du Christ. »[1]



    Commentant les opinions de quelques premiers Chrétiens dans la littérature Pseudo Clémentine, Ehrman écrit, « Pierre, et non Paul, est l'autorité véritable pour comprendre le message de Jésus. Paul a corrompu la vraie foi sur base d'une brève vision, qu'il a sans doute mal interprétée. Paul est ainsi l'ennemi des apôtres, non leur chef. Il est en dehors de la vraie foi, un hérétique qui doit être banni, non un apôtre à suivre. »[2]



    D'autres élèvent Paul à la sainteté. Joel Carmichael s’oppose clairement à eux : « nous sommes dans un univers loin de Jésus. Si Jésus est venu "seulement pour accomplir" la Loi et les Prophètes ; s'il pensait que "pas un iota, pas un point" ne "passerait hors de la Loi," que le commandement cardinal était "Écoutez, Ô Israël, le Seigneur Notre Dieu, le Seigneur est un," et que "Nul n'est bon sauf Dieu" … Qu'aurait-il pensé du travail effectué par la main de Paul ? Le triomphe de Paul signifiait l'oblitération finale du Jésus historique ; il nous arrive embaumé dans le Christianisme comme une mouche dans l'ambre ! »[3]



    Plusieurs auteurs ont souligné la disparité entre les enseignements de Paul et de Jésus, mais le meilleur d'entre eux, pour éviter tout commentaire inopiné, s'est contenté d’exposer les différences. Dr. Wrede commente en effet : « Chez Paul, le point central est un acte divin, dans l'histoire, mais transcendant l'histoire, ou une pluralité d’actes, qui octroie à toute l'humanité un salut tout prêt. Toute personne qui croit en ces actes divins – l'incarnation, la mort, et la résurrection d'un être céleste, reçoit le salut. Et ceci, qui pour Paul représente la somme de la religion, est le squelette de l'édifice de sa piété, sans lequel elle s'effondrerait – A-t-on affaire à une continuation ou à un remodelage de l'évangile de Jésus ? Où peut-on y trouver cet évangile-là que Paul dit avoir compris ? De ce qui est tout pour Paul, combien Jésus lui-même en sait-il ? Rien du tout. »[4]



    Et à Dr. Johannes Weiss de renchérir : « Ainsi la foi en Christ telle que maintenue par les églises primitives et par Paul était quelque chose de nouveau en comparaison de ce que Jésus a prêché ; c'était un nouveau type de religion. »[5]

    Baigent et Leigh résument nettement la situation : « Dans toutes les vicissitudes qui suivent on doit souligner que Paul est, en fait, le premier hérétique "chrétien", et que ses enseignements – qui sont devenus les fondations du Christianisme ultérieur – sont une flagrante déviation de la forme "originale" ou "pure" louée par l'avant-garde …

    Eisenman a démontré que Jacques émerge comme le conservateur du tronc original des enseignements, le défenseur de la pureté doctrinale et de l'adhérence rigoureuse à la Loi. La dernière chose qu'il aurait pu avoir en tête aurait été de fonder une "nouvelle religion". Mais c’était précisément ce que Paul était en train de faire…

    Cependant, comme les choses avaient transpiré, la tendance générale du nouveau mouvement s'est graduellement agglutinée durant les trois siècles suivants autour de Paul et de ses enseignements. Ainsi, à l'horreur posthume indubitable de Jacques et de ses associés, une religion entièrement nouvelle était née de fait – une religion qui devait peu à peu s’éloigner des fondations originelles. »[6]



    Jacques, le frère cadet de Jésus et chef de la nouvelle Église, réprimande Paul et ses enseignements blasphématoires : « Or, ils sont au courant de bruits qui courent à ton sujet : ton enseignement pousserait tous les Juifs qui vivent parmi les païens à abandonner Moïse ; tu leur dirais de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les règles. » (Actes 21 : 21). Ensuite, il avertit Paul de la réunion de l'assemblée pour décider sa punition : « Que faire ? Ils vont sans doute apprendre que tu es là. » (Actes 21 : 22). Ainsi il lui enjoint de se repentir, de se purifier du sacrilège, et dorénavant de se conformer « à l'observance de la loi. » (Actes 21 : 23-24).



    Jésus avait prévenu : « Mes bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu ; car beaucoup de prophètes de mensonges se sont répandus dans le monde… »[7] ;

    « Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur un buisson d’épines, ou des figues sur des charbons ? Ainsi, tout arbre produit de bons fruits, mais l’arbre malade produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et on le jette au feu. Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »[8]



    La crucifixion et la résurrection



    On rapporte que Jésus a enseigné le message d'Osée 6 : 6, « Je désire la miséricorde, et non le sacrifice. »



    Joel Carmichael, auteur de The Death of Jesus (La mort de Jésus), « Qui auraient pu être les témoins ? … non seulement (les disciples) ‘’tous abandonnent’’ Jésus et prennent la fuite ; encore plus surprenant, ils ne réapparaissent pas durant le procès de Jésus, ni ne sont présents à son exécution, ni ne sont ceux qui l'enterrent. »[9]

    La New Catholic Encyclopedia admet, « Les quatre évangélistes diffèrent peu dans les mots décrivant l'inscription (au sommet de la croix), ce qui montre qu'ils étaient en train de citer par mémoire et par évidence de ouï-dire. »[10]



    Les disciples ont tous déserté Jésus au jardin de Gethsemane, comme enregistré par Marc 14 : 50 : « Et tous l'abandonnèrent et prirent la fuite. » la "Pierre" (sur laquelle Jésus a promis de bâtir son église - Matthieu 16: 18-19) trois fois renia avoir connu Jésus. Jésus a-t-il dit "pierre" ? Peut–être ce qu'il voulait vraiment dire était "Satan" et "une offense," comme il l'a déclaré à peine cinq versets plus loin (cette réflexion du Dr. Laurence B. Brown n’engage que lui). En tous les cas, Pierre n'était pas l'un des auteurs des évangiles. Alors où étaient-ils ? Matthieu 27 : 55 et Luc 23 : 49 nous disent que les "observateurs" n'étaient pas présents à la crucifixion, alors nous ne pouvons que deviner ! Concernant la prétendue résurrection, les quatre évangiles (Matthieu 28, Marc 16, Luc 24, et Jean 20) ne sont pas d'accord sur ce qui est arrivé après la crucifixion.



    Plusieurs Chrétiens du second et troisième siècles croyaient que Jésus n'était pas mort.[11] Et pour ceux qui l’ont vu : « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » (Luc 24 : 16). Marie-Madeleine n'a pas réussi à reconnaître Jésus hors du tombeau, « croyant avoir affaire au gardien du jardin … » (Jean 20 : 15).



    Parmi les Chrétiens des premiers temps, les Corinthiens, les Basilidiens, les Pauliciens, les Cathares et les Carpocratiens tous croyaient que la vie de Jésus avait été épargnée. Les Basilidiens croyaient que Simon de Cyrène a été crucifié à sa place, ce qui n'est peut-être pas une suggestion déraisonnable, vu que Simon portait la croix de Jésus (voir : Matthieu 27 : 32, Marc 15 : 21 et Luc 23 : 26). Typiquement, toutes les sectes dissidentes susmentionnées ont été jugées comme ayant été des Gnostiques et/ou des hérétiques par l'Église. L’Histoire, comme on le dit si bien, est écrite par les vainqueurs. En l’occurrence, note Ehrman, « les vainqueurs dans les luttes pour établir l'orthodoxie chrétienne non seulement ont gagné leurs batailles théologiques, mais ils ont aussi réécrit l'histoire du conflit ... »[12]



    Le concept de Jésus Christ mourant pour les péchés de l’humanité se trouve dans les épîtres de Paul (eg., Romains 5 : 8-11 et 6 : 8-9), et nulle part ailleurs.

    « Mais maintenant morts [i.e., ayant souffert] à ce qui nous tenait captifs, nous avons été affranchis de la loi, de sorte que nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit, et non sous le régime périmé de la lettre. » (Romains 7 : 6).



    Jacques a enseigné que la foi seule n’était pas suffisante pour le salut. Dans le passage parfois intitulé "Sans œuvres, la foi est morte" (Jacques 2 : 20), l’auteur condamne d’une façon sarcastique ceux qui reposent uniquement sur la foi pour obtenir le salut : « Tu crois que Dieu est un ? Tu fais bien. Les démons le croient, eux aussi, et ils frissonnent » (Jacques 2 : 19). Le Dr. Laurence B. Brown paraphrase très bien cette notion dans un langage moderne : « Tu crois en Dieu ? Et alors ? Satan aussi croit en Dieu. En quoi serais-tu différent de lui ? » Jacques clarifie que « l’on doit sa justice aux œuvres et pas seulement à la foi » (Jacques 2 : 24). Pourquoi ? Parce que « de même que, sans souffle, le corps est mort, de même aussi, sans œuvres, la foi est morte » (Jacques 2 : 26).



    « Si tu veux entrer dans la vie éternelle [c’est-à-dire le salut], garde les commandements. » (Matthieu 19 : 17).



    Le péché originel et la rédemption



    « Laissez faire ces enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux » (Matthieu 19 : 14).



    Au sujet de l’Alliance de l’Ancien Testament, Encyclopedia Judaica explique que : « La relation du pacte définie de cette manière porte en elle ses responsabilités, de la même façon que les individus élus sont responsables de certaines tâches et sont appelés à assumer des rôles particuliers… Israël est tenue par ce choix d’honorer « pourvu qu’ils gardent Ses décrets, et qu’ils observent Ses lois » (Ps. 105 : 45). »[13]



    Or, comme le souligne Suzanne La Follette : « Il n’y a rien de plus humainement inné que la tendance à transgresser ce qui est devenu coutumier en ce qui a été divinement ordonné. »[14]



    Si cela est clair, nous trouvons cette notion de salut acquis non par les actes, mais grâce à un statut chauvin, intrinsèque (être membre du peuple élu) ou à une croyance précise qui ne réclame aucun effort (donner foi au rachat des péchés par la crucifixion, aux douze imams, etc.) ; crédo qui place ses adeptes dans une situation favorable, privilégiée, les poussant à se reposer sur leurs lauriers, et par voie de conséquence, à un certains laxisme ; la forme extrême étant l’ésotérisme (voire le gnosticisme) qui est commun aux trois religions, en passant par l’ascétisme (le soufisme ultra chez les musulmans adeptes du monisme panthéisme) et qui prône une émancipation de la Loi vers un libertinage perçu comme une relation spéciale avec le divin.  



    La déstabilisation de la religion naissante par une cinquième colonne toucha également la religion musulmane


    Du côté des juifs, ‘Abd Allah ibn Saba était l’homme de la situation. Afin de semer la discorde sous le Khalifat de ‘Uthmân, il propagea très vite au sein des musulmans qu‘Ali était en fait l’héritier légitime de Mohammed (r) de la même manière que Josué fut l’héritier de Moïse dans les anciennes écritures. Il insuffla notamment le concept de la ruj’a (le retour) : selon lui, le Prophète de l’Islam (ou ‘Ali) est plus à même de revenir sur terre à la fin des temps que Jésus. Originaire du Yémen et de confession juive, il s’est converti hypocritement à l’Islam dans le but de corrompre cette religion naissante et ses adeptes de la même façon que Paul le juif à corrompu la religion chrétienne. L’historiographe el Maqrîzî souligne qu’ibn Saba a innové à l’époque du troisième Khalife, le concept de la wasiya (élire un héritier) de la part du Prophète envers son cousin ‘Ali, et celui de la ruj’a.[15]



    C'est pourquoi un orientaliste allemand en arrive à la conclusion suivante : « La tendance shiite, celle que l’on affilie à ‘Abd Allah ibn Saba puise plus ses origines chez les  juifs que chez les Iraniens. »[16] Un autre orientaliste constate que la ruj’a est directement influencée par les croyances juives et chrétiennes empruntées au paganisme, et avec lesquelles les sabéites ont cherché à pervertir une nation naissante dont la croyance était saine.[17] Ibn Saba lui-même comme nous l’apprend l’hérésiographe el Baghdâdî avoue, selon e-Sha’bî (m 104/736), s’être inspiré de la Thora pour donner crédit à la wasiya.[18]

    Des siècles plus tard ibn Taïmiya dira : « Les savants mentionnent qu‘Abd Allah ibn Saba le zindîq (libre-penseur ndt.) est à l’origine du râfidhisme. Il s’est converti en apparence, mais il cachait au fond de lui ses convictions juives dans le but de pervertir l’Islam de la même façon que Paul le chrétien d’origine juive a perverti la religion chrétienne. »[19]



    Il parle de Paul de Tarse contre lequel le Messie a mis en garde ses disciples. Paul qui innova des enseignements contraires à la Thora qu’il abrogea sans scrupules, à l’encontre des attentes de Jésus, et de ses enseignements ; Paul qui prétendit être l’auteur de miracles ; Paul qui attribua, à contre-courant du message de Jésus lui-même et de toute la prophétie, la divinité au Christ ; Paul qui dans un élan laxiste, innova le principe de rédemption et du rachat des péchés des hommes ; Paul qui revivifia avec force le paganisme avec le dogme de la Trinité en gestation.[20]



    Voir : http://mizab.over-blog.com/article-les-sept-preuves-de-la-prophetie-66678231.html



    À suivre…

                         

    Par : Karim Zentici

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    [1] Ehrman, Bart D. Lost Christianities. pp. 97–98.

    [2] Ibid., p. 184.

    [3] Carmichael, Joel. p. 270.

    [4] Wrede, William. 1962. Paul. Translated by Edward Lummis. Lexington, Kentucky: American Theological Library Association Committee on Reprinting. p 163.

    [5] Weiss, Johannes. 1909. Paul and Jesus. (Translated by Rev. H. J. Chaytor). London and New York: Harper and Brothers. p. 130.

    [6] Baigent, Michael and Richard Leigh. 1993. The Dead Sea Scrolls Deception. Simon & Schuster. pp. 181– 187.

    [7] Première Épître de Jean ; 4.1

    [8] Mathieu ; 7.15-20

    [9] Carmichael, Joel. pp. 202–206.

    [10] New Catholic Encyclopedia. Vol 4, p. 486.

    [11] Ehrman, Bart D. Lost Christianities. p. 2.

    [12] Ehrman, Bart D. 2003. Lost Scriptures: Books that Did Not Make It into the New Testament. Oxford University Press. p. 2.

    Quels points de vue alternatifs ont été brûlés en cendres dans la destruction d'un nombre estimé de 250 à 2000 actes, épîtres, et évangiles que le concile de Nicée a exclus de la canonisation, et pourquoi la prétendue crucifixion fut-elle débattue par les Chrétiens du premier siècle. En d'autres mots, qu'est-ce qu'ils savaient que nous ne connaissons pas ?

    [13] Encyclopaedia Judaica. Vol 5, p. 499 (under “Chosen People”).

    [14] LaFollette, Suzanne. 1926. Concerning Women. “The Beginnings of Emancipation.”

    [15] El khutat d’el Maqrîzî (2/356, 357).

    [16] Voir : Les kharijites et les shiites (p. 170, 171).

    [17] Voir : el ‘aqîda wa e-sharî’a fî el islâm (205).

    [18] El farq baïna el firaq (235).

    [19] Majmû’ el fatâwa (28/483).

    [20] Voir : Tabâshîr e-tawrât wa el injîl bi el islâm wa rasûlihi Mohammed du D. Nasr Allah ‘Abd ‘Ahmân Abû Tâlib (357-359).
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    default Re: La légende de Jésus de Nazareth (Partie 1)

    le Mar 14 Mar - 9:54



    La légende de Jésus de Nazareth

    (Partie 3)



    Les juifs de la qibla



    Selon l’expression de Sa’îd ibn Jubaïr, les murjites, qui font passer les actes au second plan, sont les juifs de la qibla, comme le rapportent certains recueils de sunna. il est possible de deviner ses intentions, ou pour le moins d’essayer d’en dessiner les contours, en cherchant du côté de la caractéristique des murjites, ou des implications de leurs croyances ; cette tendance ouvre en effet la porte au libertinage et à la zandaqa, peut-être un peu à la manière de Paul qui introduisit l’irja (qui exclue les actes de la définition de la foi) dans la religion chrétienne et qui la corrompit de fond en comble en amenuisant les commandements divins et en axant son discours sur l’espoir et le pardon divin aux dépens des actes ; ou bien plus vraisemblablement, fait-il référence au v. 80 de la s. la vache et disant : [Le feu ne nous touchera que quelques jours, et ensuite, tout sera fini][1] ; voire à ses deux passages : [Ils disent : personne en dehors des Juifs et des chrétiens n’entrera au Paradis, exprimant ainsi leur propre désir. Répond-leur : apportez-en la preuve si vous êtes vraiment sincère • C’est plutôt celui qui soumet son visage à Allah, tout en faisant le bien qui aura sa récompense et qui n’éprouvera ni crainte ni affliction • Les Juifs disent : les chrétiens ne tiennent sur rien, et les chrétiens disent : les Juifs ne tiennent sur rien, et pourtant tous lisent le Livre. Ainsi, les ignorants ont prétendu la même chose. Le Jour de la Résurrection, Allah tranchera entre leurs divergences][2] ; (Les Juifs et les chrétiens disent : nous sommes les fils de Dieu et ses favoris. Dis-leur alors pourquoi vous châtie-t-Il en raison de vos péchés ? Vous n’êtes que de simples mortels qui comptent parmi ses créatures ; Il pardonne à qui Il veut comme Il châtie qui Il veut ; c’est à Lui qu’appartient le royaume des cieux et de la terre et tout ce qui se trouve entre eux ; et c’est vers Lui que se fera le retour).[3]



    Mais, apparemment, cette caractéristique est plus à mettre sur le compte de Jahm, que des murjiya proprement dits, les murjiya el fuqaha, comme nous l’avons expliqué dans un autre article. Jahm ibn Safwân emprunta ses enseignements sur la nature de Dieu à Ja’d ibn Ibn Dirham, selon Abân ibn Sam’ân, selon Tâlût. De confession Juive, ce dernier fut connu pour être un zindîq (penseur-libre), et le premier à écrire un ouvrage pour vanter le caractère créé de la Thora. L’oncle maternel de Tâlût qui était également son gendre, Labîd ibn el A’sam, était le premier élément de la chaine ténébreuse du ta’tîl (la négation des Noms et Attributs divins) lui, le fameux Juif qui fit un sortilège au Prophète (r). Dans la lignée des Juifs du Yémen dont il s’inspire, il voyait également le caractère créé de la Thora.[4] Retraçons la chaine pédagogique d’ibn Safwân :

    Jahm ibn Safwân, selon el Ja’d ibn Dirham, selon Jean Damascène, selon Cosmas qui l’emprunte à la philosophie grecque.



    Cette chaine narrative ne s’oppose nullement à celle, plus connue, qui passe par Abân ibn Sam’ân, selon Tâlût, selon Labîd ibn el A’sam.[5] La raison est qu’un seul individu peut avoir plusieurs sources à la fois. Ainsi, la chaine pédagogique des jahmites remonte à des juifs ou à des philosophes sabéens ou païens.[6]



    Voir : http://mizab.over-blog.com/jahm-ibn-safw%C3%A2n-partie-1



    L’arcane paulienne ou la taqiya affichée de Paul de Tarse

    Ibn Taïmiya : « … Il est dit que certains savants musulmans et des gens du livre se livraient à ce genre de choses [se prosterner devant des idoles en se tournant vers Dieu ndt.], avec des païens, qui se convertirent. Ils les appelèrent à la religion, sans afficher, au début, leur désaccord. »[7]


    « Car, bien que je sois libre à l'égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi quoique je ne sois pas moi-même sous la loi, afin de gagner ceux qui sont sous la loi ; avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ, afin de gagner ceux qui sont sans loi. J'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. » (1 Corinthiens 9, 19-22)
    « Mais si notre injustice établit la justice de Dieu, que dirons-nous ? Dieu est-il injuste quand il déchaîne sa colère ? (Je parle à la manière des hommes.) Loin de là ! Autrement, comment Dieu jugerait-il le monde ? »
    « Et si, par mon mensonge, la vérité de Dieu éclate davantage pour sa gloire, pourquoi suis-je moi-même encore jugé comme pécheur ? Et pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu'il en arrive du bien, comme quelques-uns, qui nous calomnient, prétendent que nous le disons ? La condamnation de ces gens est juste. » (Romains 3, 5-8)

    Voir : http://blog.decouvrirlislam.net/Home/christianisme/bible/la-taqiyya-dans-la-bible
    http://islampaix.blog4ever.xyz/la-tromperie-ou-la-taqqiya-dans-la-bible


    Selon l’enseignement de Paul en 2 Timothée 3, 16 qui déclare que: « Toute Écriture (sacrée) est inspirée de Dieu »
    Le livre de l’Apocalypse chapitre 22, 18 : « Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. »


    La Trinité, une hérésie avouée : l’Occident moderne donne raison à ibn Taïmiya[8]



    http://monepeelabible.centerblog.net/5084700-Comment-la-doctrine-de-la-Trinite-s-est-elle-developpee



    Dans L’Église primitive (angl.), Henry Chadwick dit du premier Empereur chrétien : « Comme son père, Constantin adorait le Soleil invaincu ; (...) on ne doit pas voir dans sa conversion un effet de la grâce (...), mais le calcul d’un chef militaire. Sa compréhension de la doctrine chrétienne ne fut jamais très claire. Néanmoins, il était sûr d’une chose : la victoire au combat était un don du Dieu des chrétiens. »

    L’Encyclopédie britannique nous fait un contre-rendu du concile de Nicée : « Ce fut Constantin qui présida. Il dirigea activement les discussions, et ce fut lui qui proposa (...) la formule capitale qui allait exprimer la relation du Christ à Dieu dans le Credo adopté par le concile, ‘de même substance que le Père’ (...). Intimidés par l’empereur, les évêques, à l’exception de deux, signèrent le Credo, ce que beaucoup firent contre leur gré. »



    Une brève histoire de la doctrine chrétienne (angl.) nous raconte que, « Constantin n’avait pour ainsi dire aucune compréhension des questions que posait la théologie grecque ».



    Au demeurant, les évêques réunis à Nicée ne mirent pas véritablement en place le dogme de la Trinité. Ils statuèrent sur la nature de Jésus, mais non sur le rôle de l’esprit saint. Si la Trinité était une claire vérité biblique, les évêques ne l’auraient-ils pas énoncée à cette époque ? Après Nicée, les discussions se poursuivirent pendant des dizaines d’années. Ceux qui ne voyaient pas en Jésus l’égal de Dieu reprirent même le dessus pendant un certain temps. Cependant, l’empereur Théodose finit par régler la question à leur détriment. Il imposa le Credo du concile de Nicée dans son royaume et, en 381, réunit le concile de Constantinople pour en clarifier la formule. Ce concile plaça l’Esprit saint sur le même plan que Dieu et le Christ. La Trinité, telle qu’elle est enseignée par la chrétienté, faisait son apparition.



    Selon la Nouvelle Encyclopédie britannique : « L’Église d’Orient n’a pas eu connaissance du symbole avant le XIIe siècle. Depuis le XVIIe siècle, les biblistes admettent que ce symbole n’est pas dû à Athanase (mort en 373), mais qu’il a probablement été rédigé au Ve siècle dans le sud de la France. (...) L’influence du symbole semble d’abord s’être fait sentir, aux VIe et VIIe siècles, dans le sud de la France et en Espagne. L’Église de Germanie au IXe siècle, et un peu plus tard celle de Rome, l’intégrèrent à leur liturgie. »



    L’Encyclopédie américaine fait remarquer : « L’idée trinitaire atteignit son plein développement au Moyen Âge, en Occident, lorsque la scolastique en entreprit l’explication par la philosophie et la psychologie. »



    Dans Origine et évolution de la religion (angl.), E. Hopkins note : « La définition orthodoxe de la Trinité qui finit par l’emporter fut essentiellement le résultat des préoccupations politiques de l’Église. »



    L’apôtre Paul a dit que ce “jour” ne viendrait pas “à moins que d’abord ne vienne l’apostasie et que ne se révèle l’homme qui méprise la loi”. (2 Thessaloniciens 2 : 3, 7.) Il a plus tard déclaré : « Après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui ne ménageront pas le troupeau, et (...) du milieu même de vous se lèveront des hommes tenant des discours pervers dans le but d’entraîner les disciples à leur suite. » (Actes 20 : 29, 30, Jé). D’autres disciples de Jésus ont parlé de cette apostasie et du clergé qui “méprise la loi”. — Voir, par exemple, 2 Pierre 2 : 1 ; 1 Jean 4 : 1-3 ; Jude 3, 4.



    Paul a aussi écrit : « Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. » — 2 Timothée 4 : 3, 4,



    Jésus lui-même a indiqué la raison pour laquelle le culte véritable serait abandonné. Alors qu’il avait semé de la bonne semence dans son champ, l’ennemi, Satan, allait semer de la mauvaise herbe par-dessus. C’est pourquoi, lorsque les premières tiges de blé commenceraient à pousser, la mauvaise herbe apparaîtrait aussi. On devait donc s’attendre que le pur christianisme subisse une déviation qui allait persister jusqu’à l’époque de la moisson, époque où le Christ remettrait les choses en ordre (Matthieu 13 : 24-43). L’Encyclopédie américaine dit à ce propos : « La doctrine trinitaire du IVe siècle ne donnait pas une idée exacte des croyances des premiers chrétiens sur la nature de Dieu ; elle en constituait au contraire une déviation. » La question se pose alors : qu’est-ce qui a provoqué cette déviation ? — 1 Timothée 1 : 6.



    L’historien Will Durant fait remarquer à cet égard : « Le christianisme n’a pas détruit le paganisme ; il l’a adopté. (...) D’Égypte vinrent les idées de trinité divine. » Quant à Siegfried Morenz, il déclare dans La religion égyptienne : « [On] faisait de la trinité à la fois une possibilité et un devoir pour les théologiens (...). On réunit donc trois dieux en un seul dont on peut parler au singulier. Mais de cette manière le courant d’influence égyptienne est mis en contact direct avec la théologie chrétienne. »



    À la fin du IIIe et au IVe siècle, en Égypte, des ecclésiastiques d’Alexandrie, tel Athanase, transmirent cette influence par les idées qu’ils formulèrent et qui conduisirent à la Trinité. Ces hommes acquirent eux-mêmes une grande notoriété, si bien que Morenz considère « la théologie alexandrine comme l’intermédiaire entre l’héritage religieux égyptien et le christianisme. »



    Selon le Dictionnaire de la connaissance religieuse (angl.), beaucoup de gens disent que la Trinité « est un enseignement corrompu, emprunté des religions païennes et greffé sur la foi chrétienne ». Pour l’ouvrage Survivances païennes dans le monde chrétien, la Trinité est “d’origine entièrement païenne”.



    Voilà pourquoi James Hastings déclare, dans l’Encyclopédie de la religion et de l’éthique (angl.) : « Dans la religion indienne, par exemple, nous rencontrons la trinité Brahmâ, Siva, et Viṣṇu ; dans la religion égyptienne, la triade Osiris, Isis et Horus (...). Ce n’est pas seulement dans les religions historiques que nous trouvons l’idée d’une trinité. Signalons particulièrement la conception néo-platonicienne de la “Réalité suprême ou ultime” qui est représentée sous une forme triadique ».



    Le Nouveau Dictionnaire universel de Maurice Lachâtre dit de l’influence exercée par Platon : « La trinité platonique [platonicienne], qui ne fut elle-même au fond qu’une sorte d’arrangement, de disposition nouvelle, des trinités plus anciennes des peuples qui avaient précédé, nous paraît bien être la trinité philosophique, rationnelle, c’est-à-dire la trinité d’attributs qui a donné naissance à la triplicité d’hypostases ou de personnes divines des Églises chrétiennes (...). Cette conception de la Trinité divine du philosophe grec (...) se trouve partout dans les anciennes religions [païennes]. »



    La Nouvelle Encyclopédie de la connaissance religieuse (angl.), de Schaff-Herzog, décrit l’influence de la philosophie grecque : « Les doctrines du Logos et de la Trinité ont reçu leur forme à partir des Pères grecs, qui (...) étaient, directement ou indirectement, grandement influencés par la philosophie platonicienne (...). Il est indéniable que cette philosophie a constitué pour l’Église une source d’erreur et de corruption. »



    On lit dans L’Église des trois premiers siècles : « La doctrine de la Trinité est apparue progressivement et relativement tard ; (...) son origine est totalement étrangère aux Écritures juives et chrétiennes ; (...) elle s’est développée et a été introduite dans le christianisme avec le concours des Pères platoniciens. »

    Comme le dit Adolf Harnack dans son Précis de l’histoire des dogmes, la doctrine de l’Église se trouvait « rivée par des chaînes au sol de l’hellénisme [la pensée grecque païenne]. (...) Elle devint ainsi un mystère pour la très grande majorité des chrétiens ».



    L’Église prétendait que ses nouvelles doctrines étaient fondées sur les Écritures ; mais voici ce que dit Adolf Harnack à ce sujet : « En réalité, l’Église reconnut pour légitime la présence dans son sein de la spéculation hellénique des idées et des usages superstitieux des mystères païens. » Dans Une déclaration de raisons (angl.), Andrews Norton dit de la Trinité : « Nous pouvons retracer l’histoire de cette doctrine et découvrir son origine, non dans la révélation chrétienne, mais dans la philosophie platonicienne (...). La Trinité n’est pas une doctrine enseignée par le Christ et ses Apôtres, mais une fiction due à l’école des platoniciens tardifs. »



    Actes 17 : 18 cite : « Quelques philosophes épicuriens et stoïciens se mirent à parler avec lui [Paul]. Et les uns disaient : Que veut dire ce discoureur ? D'autres, l'entendant annoncer Jésus et la résurrection, disaient : Il semble qu'il annonce des divinités étrangères. »



    À suivre…

                         

    Par : Karim Zentici

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    [1] La famille d’Imrân ; 24 voir : Firaq mu’âsira Ghâlib ‘Awâjî (2/276).

    [2] La vache ; 111-113 Ailleurs, ibn Taïmiya signale que les gens du Livre ont pour usage de renier les bonnes opinions de leurs coreligionnaires. Voir : Iqtidâ e-sirât el mustaqîm (1/91).

    [3] Le repas céleste ; 18

    [4] El hamawiya d’ibn Taïmiya (p. 243).

    [5] El hamawiya d’ibn Taïmiya (p. 243).

    [6] Voir : el hamawiya (p. 25), majmû’ el fatâwâ (5/22), et e-rasâil el kubrâ (1/435-436).

    [7] Voir : majmû’ el fatâwâ (14/120).

    [8] Voir :  http://mizab.over-blog.com/2017/01/un-vent-paien-souffle-sur-la-trinite-partie-1.html

    À la limite, quand bien même, la thèse taïmiyenne serait approximative sur l’origine constantine et nicéenne de la Trinité, l'essentiel est de savoir que des exégètes occidentaux l’entérinent, et qu’elle n’est pas le fruit de la propagande musulmane.
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    default Re: La légende de Jésus de Nazareth (Partie 1)

    le Mer 15 Mar - 9:22



    La légende de Jésus de Nazareth

    (Partie 4)



    La Trinité, un lent processus…



    « La théologie de l’incarnation apparait plus de soixante-dix ans après la mort de Jésus, et la théologie trinitaire prend son essor au cours du IIe siècle. » – Frédéric Lenoir



    Le cardinal John Newman révéla (dans son livre Essays and Sketches) l’origine d’une bonne part de l’enseignement de son Église : « Le phénomène admis par tous est le suivant : on doit chercher une grande partie de ce qui est généralement reçu comme la vérité chrétienne, dans ses notions essentielles et dans ses différentes parties, dans les philosophies et les religions païennes. Par exemple, on retrouve à l’est comme à l’ouest la croyance en une trinité, la cérémonie du lavage des pieds, le rite du sacrifice. La doctrine de la Parole divine est platonicienne ; celle de l’Incarnation est indienne. »



    De nombreux biblistes, y compris des trinitaires, reconnaissent que la Bible ne contient pas de doctrine formelle de la Trinité. Voici, par exemple, ce qu’on lit dans L’Encyclopédie des Religions : « Aujourd’hui, exégètes et théologiens s’accordent à reconnaître que la Bible hébraïque ne renferme pas de doctrine de la Trinité. (...) Bien que la Bible hébraïque appelle Dieu le père d’Israël et qu’elle personnifie Dieu en employant des termes tels que Parole (davar), Esprit (rouah), Sagesse (hokhmah) et Présence (shekhinah), ce serait forcer l’intention et l’esprit de l’Ancien Testament que de lier ces notions à la doctrine de la Trinité apparue plus tard.

    « En outre, exégètes et théologiens admettent que le Nouveau Testament ne contient pas non plus de doctrine explicite de la Trinité.

    Dieu le Père est source de tout ce qui est (Pantokrator), ainsi que le père de Jésus Christ ; ‘Père’ n’est pas un titre donné à la première personne de la Trinité, mais un synonyme de Dieu. (...)

    « Dans le Nouveau Testament, il n’y a pas de conscience réflexive de la nature métaphysique de Dieu (la ‘trinité immanente’) ; on n’y trouve pas non plus le langage technique dans lequel cette doctrine a été par la suite exposée (hupostasis, ousia, substantia, subsistentia, prosôpon, persona). (...) Il est incontestable que cette doctrine ne peut être prouvée par le seul appui des Écritures. »



    Relativement à l’historique de cette doctrine, voici ce qu’on peut lire dans la Nouvelle Encyclopédie britannique : « Le mot Trinité ne figure pas dans le Nouveau Testament. La doctrine qu’il désigne n’y est jamais énoncée explicitement. (...)

    « Cette doctrine a pris forme progressivement, sur plusieurs siècles et à travers bien des controverses. (...)

    « Ce n’est pas avant la fin du IVe siècle que la distinction entre les trois et leur unité ont été rassemblées dans une même doctrine orthodoxe d’une seule essence et de trois personnes. »



    On lit à peu près la même chose dans la Nouvelle Encyclopédie catholique (angl.) sur l’origine de la Trinité: « Les exégètes et les théologiens, y compris un nombre sans cesse croissant de catholiques, reconnaissent qu’il ne convient pas de parler de la doctrine trinitaire dans le Nouveau Testament sans faire d’importantes réserves.

    Les spécialistes de l’histoire des dogmes et les théologiens systématiques reconnaissent, chacun de leur côté, que lorsqu’on parle d’une doctrine trinitaire achevée, on passe de la période des origines du christianisme à celle, disons, du dernier quart du IVe siècle.

    C’est seulement à ce moment que ce que l’on pourrait appeler le dogme définitif de la Trinité, ‘un seul Dieu en trois personnes’, est devenu partie intégrante de la vie et de la pensée chrétiennes. (...)

    « La formule elle-même ne reflète pas la conscience immédiate qu’on en avait à l’époque des origines ; elle est le produit de trois siècles de formation doctrinale. »



    De l’aveu même d’une encyclopédie catholique, le dogme de la trinité chrétienne est un ajout tardif : « La formulation « un Dieu en trois personnes » n’a pas été solidement établie ni sans doute pleinement intégrée à la vie chrétienne et à sa profession de foi avant la fin du IVe siècle. Pourtant, c’est précisément cette formulation qui a prétendu la première au titre de dogme de la Trinité. Chez les Pères apostoliques, on ne trouve rien qui rappellerait même de loin ce point de vue. »[1]



    Le premier à mentionner quelque chose qui se rapproche de la « trinité » est Théophile d’Antioche, dans ses discours à Autolyque, vers l’an 180. Il utilisa le mot « Τριας / Trias », qui signifie « trois », pour désigner Dieu lui-même. Mais c’est Tertullien qui, plus tard, va utiliser le mot « trinité » pour la première fois et développer pleinement le concept de « trois personnes divines ».
    C’est cependant au 4ème siècle, sous l’empereur romain Constantin, que le dogme de la trinité fut fixé, aux Conciles de Nicée en 325, et de Constantinople en 381. Il faut savoir que Constantin était un adorateur de Mithra, un dérivé des cultes babyloniens, égyptiens, etc. déjà cités. En déclarant le christianisme (catholique romain) religion de l’empire, il a fait un syncrétisme des religions païennes et de la foi chrétienne.

    Voir : http://www.michelledastier.com/dieu-nest-pas-une-trinite-par-nicolas-k/


    Mea culpa



    Comme George Bernard Shaw l’a affirmé dans la préface de sa pièce de théâtre, Saint Joan : « Les Églises doivent apprendre l’humilité aussi bien qu’elles l’enseignent. »[2]



    L’auteur de ces lignes impute à Ed­ward Gibbon une citation qui, en réalité fut écrite par son éditeur Peter Hecler en préface à son fameux ouvrage l’Histoire du christianisme, et que nous reproduisons ici : « S'il est vrai que le christianisme a triomphé du paganisme, il n'en demeure pas moins que le paganisme a réussi à corrompre le christianisme. L'église de Rome a remplacé le déisme pur des premiers chrétiens, par l'incompréhensible dogme de la Trinité. Pareillement, de nombreuses doctrines païennes inventées par les Égyptiens et idéalisées par Platon ont été adoptées parce que considérées comme dignes de foi. »[3]



    La faute à un site chrétien datant de 1998 qui allait induire en erreur tout un auditoire qui, pour sa défense, pouvait difficilement vérifier une citation traduite de l’Anglais. Bien sûr, cette erreur est inintentionnelle, et surtout, elle n’a aucune incidence sur la pensée de Gibbon, bien que, d’un point de vue purement éthique, il faille rendre à César…



    http://www.heraldmag.org/bookstore/booklet_doctrine.htm



    D’autres passages du même ouvrage qui sont bien, cette fois, de la plume de Gibbon, entérine cette idée, ce qui somme toute est naturel étant donné que la préface est sensé résumer, reprendre les idées de l’ouvrage qu’elle présente ; et, quand elle n’est pas d’accord avec l’auteur, elle le précise en principe.



    Quoi qu’il en soit, lorsque Gibbon résume ces querelles intra religieux, il montre le rôle déterminant des contingences temporelles ; et, par ce moyen il montre que ce sont des raisons purement humaines qui ont fixé l'orthodoxie de la foi chrétienne, et non pas la révélation divine : « Tels furent la naissance, les progrès et les révolutions des disputes théologiques qui troublèrent la paix de la chrétienté sous les règnes de Constantin et de ses fils. Mais comme ces princes prétendaient étendre leur despotisme sur les opinions comme sur la fortune et sur la vie de leurs sujets, le poids de leur suffrage entraînait souvent la balance ecclésiastique et les prérogatives du roi du ciel étaient fixées, changées ou modifiées dans le cabinet d'un roi de la terre. » (DC, p. 578)



    Après les miracles, c'est le culte des saints et des reliques qui attire les foudres de Gibbon : « Dans la longue période de douze cents ans qui s'écoula entre le règne de Constantin et la réformation de Luther, le culte des saints et des reliques corrompit la simplicité pure et parfaite de la religion chrétienne, et on peut observer déjà quelques symptômes de dépravation chez les premières générations qui adoptèrent et consacrèrent cette pernicieuse innovation. » (DC, p. 847)



    Gibbon, formé aux modèles classiques de l'historiographie, cherche souvent ses causes dans la psychologie. Il attribue, par exemple, à la cupidité le culte des reliques : « Le clergé, instruit par l'expérience que les reliques des saints avaient plus de valeur que l'or et les pierres précieuses, s'efforça d'augmenter les trésors de l'Église. » (DC, p. 847)



    Ainsi que Gibbon avait vu dans le paganisme de Julien un culte déjà transformé par rapport au vieux paganisme, et cela à cause de la force du fait chrétien, il voit, dans le succès du culte des saints, un reflux du polythéisme : « On ne peut disconvenir que les ministres de la religion catholique n'aient imité le modèle profane qu'ils étaient impatients de détruire. Les plus respectables prélats s'étaient persuadés que des paysans grossiers renonceraient plus facilement au paganisme s'ils trouvaient quelque ressemblance, quelque compensation dans les cérémonies du christianisme. La religion de Constantin acheva en moins d'un siècle la conquête de tout l'empire romain ; mais elle se laissa bientôt corrompre par les artifices de ceux qu’elle avait voulu convertir (en bas de note, il parle ouvertement d’imitation du paganisme). »[4] (DC, p. 850)



    Gibbon situe les origines du phénomène : « L'Egypte, mère féconde de toutes les superstitions, donna l'exemple de la vie monastique. » (DC, p. 1081)



    L'analyse des derniers troubles religieux permet encore à Gibbon d'élaborer deux reproches majeurs au christianisme : « Si l'équité avait pu se faire entendre, les catholiques auraient été forcés de condamner leur propre conduite passée ou d'approuver la sévérité dont ils étaient les victimes ; mais ils persistaient à refuser aux autres l'indulgence qu'ils réclamaient pour eux-mêmes. Au même moment où ils tremblaient sous la verge de la persécution, ils vantaient la louable sévérité avec laquelle Hunneric faisait brûler vifs ou bannissait (...) » (DC, p. 1100) Il reproche donc au christianisme son absence de ce qu'on appelle aujourd'hui le pluralisme. Il est intéressant de noter que cette impasse dans les rapports entre religion et démocratie alimente encore de nos jours le débat.

    Le second reproche majeur suggéré dans le récit de Gibbon, c'est qu'il y aurait dans le christianisme une pulsion innée à la violence : « (...) mais le crime et la punition disparurent peu à peu chez les peuples chrétiens ; une heureuse ignorance suspendit les querelles théologiques, et l'esprit d'intolérance, ne trouvant plus d'hérétiques ou d'idolâtres à persécuter, fut réduit à s'exercer contre les juifs. » (DC,p. 1108)



    Voir : http://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_2009_ant_1135_1_2717



    Selon Gibbon, l’Église primitive était viscéralement iconoclaste



    Jésus a-t-il prédit la persécution des unitariens ? « On vous exclura des synagogues. Bien plus, l'heure vient où celui qui vous fera périr croira présenter un sacrifice à Dieu. Ils agiront ainsi pour n'avoir connu ni le Père ni moi » (Jean 16:2-3).



    Notre historien souligne : « Le texte mémorable, qui affirme l'unité des Trois qui rendent témoignage au ciel, est condamné par le silence universel des pères orthodoxes, les anciennes versions, et les manuscrits authentiques… Une interprétation allégorique, dans la forme, peut-être, d'une note marginale, a envahi le texte des bibles latines, qui ont été renouvelées et corrigées au cours d'une obscure période de dix siècles. Après l'invention de l'imprimerie, les éditeurs du Testament Grec ont cédé à leurs propres préjugés, ou à ceux de leurs temps, et la fraude pieuse, qui a été embrassée avec un zèle égal à Rome et à Genève, a été infiniment multipliée dans chaque pays et en chaque langue de l'Europe moderne. »[5]



    À ses yeux, les premiers chrétiens étaient possédés d’une incomparable répugnance envers l’utilisation et l’abus de l’utilisation des images, et cette aversion peut être attribuée à leur origine juive, et leur hostilité envers les Grecs. La Loi de Moïse avait proscrit toutes représentations de la Déité ; et ce précepte était fermement établi dans les principes et les pratiques du peuple élu. L’intelligence des apologistes chrétiens était braquée contre les idolâtres stupides, qui se prosternaient devant l’œuvre fabriquée de leurs propres mains, les images de cuivre jaune et de marbre, qui, si elles avaient été douées de sens et de mouvement, auraient dû plutôt commencer du haut de leur piédestal par adorer les puissances créatives de leurs artistes.[6]



    Le citoyen de la Couronne britannique enchaine : « Au début, l’expérience fut exécutée avec prudence et scrupule ; et les images vénérables étaient discrètement permises pour instruire les ignorants, ranimer les indifférents, et gratifier les préjugés des prosélytes païens. Au moyen d’une procession lente mais inévitable, les honneurs de l’original ont été transférés à la copie ; les chrétiens dévots priaient devant l’image d’un saint ; les rites païens de génuflexion, de luminaires et d’encens, s’infiltrèrent de nouveau à l’intérieur de l’Église catholique. »[7]



    « Avec le temps, poursuit l’écrivain londonien, L’adoration des images s’était infiltrée à l’intérieur de l’Église par degrés imperceptibles, et chaque pas insignifiant donnait du plaisir à l’esprit superstitieux, en tant que producteur de confort et innocent du péché. Mais au début du huitième siècle, dans la pleine magnitude de l’abus, les Grecs plus timorés furent réveillés par une appréhension, que, sous le masque du Christianisme, ils avaient restauré la religion de leurs pères ; ils entendirent, avec peine et impatience, le nom d’idolâtres ; l’accusation incessante des juifs et des Mahométans, qui dérivaient de la loi et du Coran une haine immortelle aux images gravées et à toute adoration y étant reliée. »[8]



    L’Église catholique a répondu au Synode de Constantinople de 754 EC qui bannissait les images en convoquant un second Concile de Nicée en 787 EC. Ce concile a rétabli l’adoration des images sur la base que « l’adoration des images est acceptable à l’Écriture et la raison, aux pères et aux conciles de l’Église… »[9] Les communautés religieuses qui ont objecté à l’adoration des idoles chrétienne ont été « purifiées » par les armées catholiques. Commençant par le massacre des Chrétiens Unitariens au milieu du neuvième siècle, l’Impératrice Théodora gagna la douteuse distinction d’être la personne « qui a restauré les images à l’Église Orientale [i.e., Orthodoxe de l’Est]. »[10]



    Conclusion de Gibbon



    « Tu ne te feras pas d'idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre... » (Exode 20: 4-5)



    « Les Mahométans ont uniformément résisté à la tentation de réduire l’objet de leur foi et de leur dévotion au même niveau des sens et de l’imagination des hommes. « Je crois au Seul Dieu, Allah, et à Mohammed, le messager d’Allah, » est la simple et invariable profession de l’islam. L’image intellectuelle de la Déité n’a jamais été dégradée par aucune idole visible ; les honneurs du prophète n’ont jamais transgressé la mesure de la vertu humaine ; et ses préceptes vivants ont contenu la gratitude de ses disciples à l’intérieur des frontières de la raison et de la religion. »[11]



    … Les lignes conduisent du tout premier christianisme juif jusqu’au septième siècle, en fait à l’islam… Les analogies entre l’image coranique de Jésus et une Christologie avec un cachet juif-chrétien, sont étonnantes. Ces parallèles sont irréfutables et invitent à une réflexion historique et systématique plus intensive.

    – Hans King, Islam, Past, Present and Future (2007, One World Publications pp 37, 44).

                         

    Par : Karim Zentici

    http://mizab.over-blog.com/






    [1] New Catholic Encyclopedia (1967), tome XIV, p. 299.

    [2] Shaw, George Bernard. 1924. Saint Joan. Preface.

    [3] https://archive.org/stream/historyofchristi00gibb#page/n23/mode/2up

    Voir : http://www.bible.ca/trinity/trinity-Gibbon.htm

    [4] Autre traduction : « … mais les vainqueurs se laissèrent bientôt subjuguer par les artifices de ceux qu’ils avaient assujettis »

    [5] Gibbon, Edward, Esq. Vol. 4, Chapter XXXVII, pp. 146–7.

    [6] Gibbon, Edward, Esq. Vol. 5, Chapter XLIX, p. 359.

    [7] Gibbon, Edward, Esq. Vol. 5, Chapter XLIX, p. 361.

    [8] Ibid., p. 365.

    [9] Gibbon, Edward, Esq. Vol. 5, Chapter XLIX, p. 397.

    [10]

    [11] Gibbon, Edward, Esq. Vol. 5, Chapter L, p. 533.
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