Ibn Taïmiya et l’istihlâl

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Message par Citizenkan le Dim 14 Déc - 20:24



Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Ibn Taïmiya et l’istihlâl

(Partie 1)

Il y a deux passages d’Ibn Taïmiya dont se sert l’adversaire pour justifier le takfîr pour la question du tashrî’. Voyons ce qu’il en est réellement en regard de l’analyse. Voici tout d’abord ces deux passages en question :

• « Nul doute que quiconque n’est pas convaincu qu’il incombe d’appliquer les Lois qu’Allah a révélées à Son Messager est un mécréant. Quiconque autorise moralement (istahalla) à régner sur les hommes selon ce qu’il croit être juste, sans se conformer aux Lois d’Allah est un mécréant.

Toute nation en effet aspire à faire régner la justice qui peut être appréciée, dans certaines éthiques, par l’élite. Bon nombre de communautés affiliées à l’Islam se permettent elles-mêmes de se référer à leurs coutumes qui n’ont aucun lien avec la Révélation, comme les coutumes bédouines ou celles qui sont sous l’autorité d’un chef ; celles-ci pensent qu’il convient de suivre ces conventions aux dépens du Coran et de la sunna. La mécréance correspond exactement à cela. Beaucoup de gens qui se convertissent à l’Islam ne se soumettent pourtant qu’à leurs traditions en usage.

Dans la mesure où ces derniers savent pertinemment qu’il n’est pas permis de mettre de côté les Lois d’Allah, s’ils n’y adhèrent pas (iltazama), ou si au contraire ils autorisent moralement (istahallû) à appliquer des lois contraires, ils sont de vulgaires mécréants... »[1]

• « Allah a ordonné aux musulmans de soulever leurs litiges éventuels à Allah et au Messager à travers le Verset : [Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du Jugement dernier ; cela vaut mieux pour vous et aura de meilleures conséquences],[2] [Non, par Allah ! Ils ne peuvent prétendre à la foi tant qu’ils ne te soumettent pas leurs litiges, et qu’ensuite, ils ne soient pas infligés par ton jugement en s’y soumettant totalement].[3]

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans, n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans. »[4]

Intéressons-nous d’abord au premier texte :

1- Il faut savoir qu’ib Taïmiya adhère à la conception des anciens et des savants de aimmat e-da’wa sur la question du kufr dûn kufr dans divers passages de ses ouvrages, dont : « Si, comme le disent les anciens, un individu peut déceler en même temps des signes de la foi et de l’hypocrisie, ou encore comme ils l’établissent également, des signes de la foi et de la mécréance ; il faut savoir qu’il ne s’agit pas de la mécréance qui fait sortir de la religion, comme le révèle ibn ‘Abbâs et ses élèves au sujet du Verset : [Ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah sont eux les mécréants].[5] Selon ces derniers en effet, ils commettent de la mécréance qui ne fait pas sortir de la religion. L’Imam Ahmed ibn Hanbal et d’autres grandes références les ont rejoints dans ce principe. »[6]

2- Il reconnait le principe de l’istihlâl à la façon des anciens et des savants de aimmat e-da’wa. Pour lui, l’istihlâl émane du cœur, comme il le stipule explicitement dans son fameux e-sârim el maslûl, sur lequel je reviendrais in shâ Allah. Il en donne la définition suivante : « … l’istihlâl, c’est de croire (i’tiqâd) qu’Allah ne les a pas interdites. »[7] Dans la même page, il explique qu’à l’unanimité des savants, celui qui commet un péché tout en l’autorisant moralement devient mécréant.[8]

3- C’est de cette façon qu’il faut comprendre les passages dans lesquels il en parle. Nous avons notamment : « À partir du moment où quelqu’un autorise une loi qui est licite à l’unanimité des savants, ou bien une autre qui est illicite à l’unanimité des savants, ou encore qui remplace une loi (tabdîl e-shar’) qui est frappée également d’un consensus est un mécréant apostat à l’unanimité des légistes. C’est pour ce cas que, selon l’une des opinions, le Verset fut révélé : [Ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah sont eux les mécréants]. Cela, étant donné qu’il autorise moralement (istahalla) à ne pas appliquer les lois d’Allah. »[9] Dans un autre passage, il souligne : « En explication à cela, nous disons que celui qui commet des péchés tout en les autorisant moralement (mustahill) est un mécréant à l’unanimité. Celui qui autorise moralement les interdictions venues dans le Coran ne peut prétendre à la foi. »[10]

Il dit également : « Nul doute que quiconque n’est pas convaincu qu’il incombe d’appliquer les Lois qu’Allah a révélées à Son Messager est un mécréant. Quiconque autorise moralement (istahalla) à régner sur les hommes selon ce qu’il croit être juste, sans se conformer aux Lois d’Allah est un mécréant. »[11]

4- Dans le premier texte du point précédent, Sheïkh el Islam utilise le terme tabdîl e-shar’, qui peut porter à confusion. Cependant, tout devient plus clair en revenant à un autre passage de ses ouvrages où il met en lumière ses intentions. Il explique en effet que le terme législation (sharî’a, shar’) revêt trois sens dans l’usage :

La Loi révélée (shar’ munazzal) : qui correspond aux enseignements du Prophète (r) auxquels il incombe de se conformer et de punir celui qui les transgresse.
La loi interprétée (shar’ muawwal) : qui correspond aux opinions des savants mujtahidîn, comme les fondateurs des quatre écoles ou autre. Il est toléré de suivre ces opinions sans que cela ne prenne un caractère obligatoire ni interdit. il n’est permis à personne d’imposer ou d’interdire aux gens de suivre l’une de ces tendances.
La loi changée (shar’ mobaddal) : c’est le fameux tabdîl qui consiste à mentir sur Allah, sur Son Messager, et sur les hommes à travers les faux témoignages, l’injustice éclatante, etc. Quiconque attribue ces choses à la Législation divine devient mécréant, sans contestation possible. C’est le cas de celui qui prétend que le sang et la viande morte sont licites.[12]

5- Qu’entend-t-il par iltazama ou iltizâm dans les deux passages cités en introduction. Le terme iltizâm revient beaucoup dans le vocabulaire des savants. On entend souvent dans le discours d’ibn Taïmiya notamment que toute personne n’adhérant (iltazama) pas à telle chose devient apostate. Certains en ont compris, à l’image de Safar el Hawarî, qu’il s’agissait de délaisser une obligation ou de transgresser un interdit de façon permanente. En parlant d’un fautif éventuel, ils disent qu’il n’est pas multazim. Or, cette conception erronée rejoint exactement celle des premiers kharijites concernant l’auteur d’un grand péché. Nous nous proposons donc de rectifier le tir à travers un certain nombre de points :

A- Dire de quelqu’un qu’il n’est pas multazim ne signifie nullement qu’il délaisse une obligation de façon permanente, contrairement aux idées reçues. Ibn Taïmiya parle de cette réalité au sujet de celui qui ne fait pas la prière. Il explique que l’opinion la plus répandue chez les anciens en commençant par les Compagnons et leurs successeurs, c’est qu’il sort de l’Islam. Or, la divergence porte sur celui qui certes la délaisse, mais qui reconnait son aspect obligatoire, et de surcroit, qui adhère (iltazama) à la faire, bien qu’il soit négligent.[13]

Ainsi, adhérer à une chose ne signifie pas qu’il faille la faire de façon permanente. On peut y adhérer sans pour autant la faire. L’iltizâm est en relation avec le cœur et la croyance non avec les actes. Celui qui n’adhère pas à telle loi avec le cœur devient en effet apostat. C’est ce qui pousse ibn Taïmiya a précisé qu’il existe un iltizâm des actes, bien qu’en lui-même il ne soit pas un paramètre dans la question du takfîr. Juste après le passage précédemment cité, il souligne qu’indépendamment du fait que le fautif ne renie pas le caractère obligatoire (le fameux juhûd) de la prière, il refuse d’adhérer à la faire en étant motivé soit par l’orgueil, soit par la jalousie, soit par la haine d’Allah et de Son Messager. Il reconnait qu’Allah l’a imposée aux musulmans, et que le Messager dit la vérité dans sa transmission du message, mais il refuse (imtana’a) de la faire soit par orgueil, soit par jalousie envers le Messager, soit par chauvinisme envers sa religion, ou soit encore par répulsion envers les enseignements du Messager. Cela relève également de la mécréance à l’unanimité des savants.

Iblîs en effet, n’a pas refusé de se prosterner, car il reniait l’aspect obligatoire de l’ordre qu’il avait reçu ; Allah en effet s’était adressé à lui directement. Cependant, il fut motivé par l’orgueil et l’obstination et rejoignit ainsi les rangs des mécréants.[14]

Il ne s’agit donc pas de ne pas adhérer à une chose dans les actes, mais il faut être motivé en cela par une croyance qui fait sortir de la religion ; soit, l’orgueil, la jalousie, la haine d’Allah et de Son Messager. Ainsi, il devient clair que la mécréance porte sur l’iltizâm du cœur, non sur l’iltizâm des actes.

Or, la question qui se pose d’elle-même ici : quelle est la définition de l’iltizâm ?

Nous pouvons donner en réponse celle que propose l’encyclopédie des légistes, et disant : « L’iltizâm dans l’usage des savants et le vocabulaire des légistes signifie : s’imposer une chose et s’y soumettre. »[15]

À suivre…

Par : Karim Zentici

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[1] Manhaj e-sunna e-nabawiya (5/130).

[2] Les femmes ; 59

[3] Les femmes ; 65

[4] Manhâj e-sunna (5/131).

[5] Le repas céleste ; 44

[6]Majmû’ el fatâwa (7/312) ; ibn Rajab a également un discours qui va dans ce sens dans son fameux fath el Bârî (1/126).

[7] E-sârim el maslûl (3/971). Ibn el Qaïyim a des paroles de ce genre [voir : ighâthat e-lahfân (1/372)].

[8] E-sârim el maslûl (3/971).

[9] Majmû’ el fatâwâ (3/267).

[10] E-sârim el maslûl (2/971).

[11] Manhaj e-sunna e-nabawiya (5/130).

[12] Majmû’ el fatâwa (3/268).

[13] Majmû’ el fatâwâ (20/97).

[14] Majmû’ el fatâwâ (20/97).

[15] Mu’ajam lughat el fugahâ (p. 86).
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Message par Citizenkan le Lun 15 Déc - 16:18



Je corrige une erreur qu'on m'a signalée, en sachant qu'on me l'avait déjà montrée par le passé, mais qu'apparemment, je n'avais pas corrigé...

Heureusement qu'elle est passé entre les mailles de ceux qui pêchent en eau trouble, sinon j'aurais passé un mauvais quart d'heure :

L'article dit :

3- C’est de cette façon qu’il faut comprendre les passages dans lesquels il en parle. Nous avons notamment : « À partir du moment où quelqu’un autorise une loi qui est licite à l’unanimité des savants, ou bien une autre qui est illicite à l’unanimité des savants

Alors que la bonne traduction est :

À partir du moment où quelqu’un autorise une loi qui est illicite à l’unanimité des savants, ou bien qui interdit une loi considérée licite à l’unanimité des savants

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Message par Citizenkan le Lun 15 Déc - 17:27





Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Ibn Taïmiya et l’istihlâl

(Partie 2)

Remarque :

Il est possible de s’imposer une chose et de ne pas la faire par orgueil et obstination, comme l’a fait remarquer ibn Taïmiya plus haut. C’est ce qu’on appelle ‘adam el iltizâm, qui en soi est la marque du kufr.
Il ne faut pas confondre imtana’a (refuser de faire) et taraka (délaisser ou ne pas faire). Or, selon l’une des tendances des savants, ne pas faire la prière fait sortir de la religion, quand bien même on y adhérerait avec le cœur. La prière fait donc exception, wa Allah a’lam !

B- Dire que l’iltizâm consiste à faire une chose de façon permanente engendre de fausses implications. Cela vaudrait dire en effet qu’il suffit de persister à faire une faute (soit en délaissant une obligation soit en commettant une interdiction à plusieurs reprises) pour sortir de l’Islam. Or, le dogme traditionaliste établit qu’il n’est pas permis de kaffar un adepte de l’Islam pour une faute qu’il a commise, en dehors des annulations de l’Islam, dans la mesure où il ne l’autorise pas moralement. Nous en revenons à l’istihlâl. Selon, ibn ‘Abbâs, il n’y a pas de petit péché avec récidive ni de grand péché avec repentir.[1] Nous avons vu plus haut que selon l’une des opinions des savants, cette règle ne concerne pas la prière.

Nous sommes donc loin de la croyance kharijite qui voue à la mécréance les musulmans auteurs des grands péchés. Je reviendrais sur ces notions, in shâ Allah !

C- Aucun texte du Coran et de la sunna ne vient appuyer l’idée que les fautifs récidivistes sont des apostats. Certains textes, comme le hadîth de la « carte », vont même dans le sens contraire. Le takfîr est un droit réservé à Allah et à Son Messager (r). Les passions et l’excès de zèle n’ont pas leur place dans ce domaine.

6- À la fin du premier texte, une indication de taille a été supprimée. Il s’agit du passage dans lequel il fait allusion au Négus et aux gouverneurs de son genre pour lesquels il consacre une longue analyse dans les pages précédentes. Voici le passage en question : « ou sinon, de simples ignorants. » Mohammed Qutb est probablement l’un des premiers à l’avoir enlevé.[2] Il fut malheureusement imité par la plupart des auteurs de sa tendance qui l’ont suivi.

Voici ce que le passage en entier nous donne :

« Nul doute que quiconque n’est pas convaincu qu’il incombe d’appliquer les Lois qu’Allah a révélées à Son Messager est un mécréant. Quiconque autorise moralement (istahalla) à régner sur les hommes selon ce qu’il croit être juste, sans se conformer aux Lois d’Allah est un mécréant.

Toute nation en effet aspire à faire régner la justice qui peut être appréciée, dans certaines éthiques, par l’élite. Bon nombre de communautés affiliées à l’Islam se permettent elles-mêmes de se référer à leurs coutumes qui n’ont aucun lien avec la Révélation, comme les coutumes bédouines ou celles qui sont sous l’autorité d’un chef ; celles-ci pensent qu’il convient de suivre ces conventions aux dépens du Coran et de la sunna. La mécréance correspond exactement à cela. Beaucoup de gens qui se convertissent à l’Islam ne se soumettent pourtant qu’à leurs traditions en usage.

Dans la mesure où ces derniers savent pertinemment qu’il n’est pas permis de mettre de côté les Lois d’Allah, s’ils n’y adhèrent pas (iltazama), ou si au contraire ils autorisent moralement (istahallû) à appliquer des lois contraires, ils sont de vulgaires mécréants, [ou sinon, de simples ignorants]. »[3]

En nous penchant sur l’autre texte proposé en introduction, nous pouvons constater que la main humaine est également intervenue pour nous cacher quelque chose. Texte que je remets ici :

« Allah a ordonné aux musulmans de soulever leurs litiges éventuels à Allah et au Messager à travers le Verset : [Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du jugement dernier ; cela vaut mieux pour vous et aura de meilleures conséquences],[4] [Non, par Allah ! Ils ne peuvent prétendre à la foi tant qu’ils ne te soumettent pas leurs litiges, et qu’ensuite, ils ne soient pas infligés par ton jugement en s’y soumettant totalement].[5]

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans. »[6]

Tout d’abord, les deux Versets qu’ibn Taïmiya utilise ne sont pas propres aux gouverneurs. En outre, comme le souligne ibn Taïmiya lui-même, la négation de la foi dont parle le deuxième Verset porte dans ce genre de textes sur kamâl el îmân el wâjib (la foi parfaite imposée).[7] Or, aux yeux des kharijites, elle porte sur asl el îmân (l’essence de la foi).

La preuve, c’est que le passage qui vient juste après et qu’on a peut-être voulu nous cacher nous apprend : « C’est ce genre de Versets que les kharijites utilisent pour kaffar les gouverneurs qui n’appliquent pas les Lois d’Allah. Puis, ils prétendent que leur croyance est conforme à la Loi d’Allah… »[8]

Voici ce que donne le passage en entier :

« Allah a ordonné aux musulmans de soulever leurs litiges éventuels à Allah et au Messager à travers le Verset : [Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du jugement dernier ; cela vaut mieux pour vous et aura de meilleures conséquences],[9] [Non, par Allah ! Ils ne peuvent prétendre à la foi tant qu’ils ne te soumettent pas leurs litiges, et qu’ensuite, ils ne soient pas infligés par ton jugement en s’y soumettant totalement].[10]

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans. [C’est ce genre de Versets que les kharijites utilisent pour kaffar les gouverneurs qui n’appliquent pas les Lois d’Allah. Puis, ils prétendent que leur croyance est conforme à la Loi d’Allah…] »[11]

Le plus étonnant, c’est que ce passage vient directement à la suite du premier dont nous avons parlé dans l’introduction.

Voici ce que donne le passage en entier :

« Nul doute que quiconque n’est pas convaincu qu’il incombe d’appliquer les Lois qu’Allah a révélées à Son Messager est un mécréant. Quiconque autorise moralement (istahalla) à régner sur les hommes selon ce qu’il croit être juste, sans se conformer aux Lois d’Allah est un mécréant.

Toute nation en effet aspire à faire régner la justice qui peut être appréciée, dans certaines éthiques, par l’élite. Bon nombre de communautés affiliées à l’Islam se permettent elles-mêmes de se référer à leurs coutumes qui n’ont aucun lien avec la Révélation, comme les coutumes bédouines ou celles qui sont sous l’autorité d’un chef ; celles-ci pensent qu’il convient de suivre ces conventions aux dépens du Coran et de la sunna. La mécréance correspond exactement à cela. Beaucoup de gens qui se convertissent à l’Islam ne se soumettent pourtant qu’à leurs traditions en usage.

Dans la mesure où ces derniers savent pertinemment qu’il n’est pas permis de mettre de côté les Lois d’Allah, s’ils n’y adhèrent pas (iltazama), ou si au contraire ils autorisent moralement (istahallû) à appliquer des lois contraires, ils sont de vulgaires mécréants, [ou sinon, de simples ignorants].



Allah a ordonné aux musulmans de soulever leurs litiges éventuels à Allah et au Messager à travers le Verset : [Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du jugement dernier ; cela vaut mieux pour vous et aura de meilleures conséquences],[12] [Non, par Allah ! Ils ne peuvent prétendre à la foi tant qu’ils ne te soumettent pas leurs litiges, et qu’ensuite, ils ne soient pas infligés par ton jugement en s’y soumettant totalement].[13]

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans. [C’est ce genre de Versets que les kharijites utilisent pour kaffar les gouverneurs qui n’appliquent pas les Lois d’Allah. Puis, ils prétendent que leur croyance est conforme à la Loi d’Allah…] »[14]

Wa Allah el musta’ân !

À suivre…

Par : Karim Zentici

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[1] Rapporté par ibn Abî Hâtim et ibn Jarîr dans leur tafsîr.

[2] Voir : wâqi’unâ el mu’âsir (p. 330) ; en réalité, avant certains savants de aimmat e-da’wa, comme Hamad ibn ‘Atîq (voir : majmû’ e-tawhîd 413) et Sulaïmân ibn Sahmân (durar e-saniya 10/504) ne l’avaient pas mentionné avant lui.

[3] Manhaj e-sunna e-nabawiya (5/130).

[4] Les femmes ; 59

[5] Les femmes ; 65

[6] Manhâj e-sunna (5/131).

[7] Voir : majmû’ el fatâwâ (7/37) et (22/530) ; voir également : el qawâ’id e-nûrâniya (p. 61).

[8] Manhâj e-sunna (5/131).

[9] Les femmes ; 59

[10] Les femmes ; 65

[11] Manhâj e-sunna (5/131).

[12] Les femmes ; 59

[13] Les femmes ; 65

[14] Manhâj e-sunna (5/130-131).
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Message par Invité le Lun 15 Déc - 23:58

C'est intéressant merci même si c'est un sujet super complexe et que y'a de l'ambiguïté parfois dans cet article notamment sur la mécréance ou non des gouverneurs qui ne jugent pas selon la loi d'Allah...



« Et Allah a ordonné à tous les musulmans de reporter leurs désaccords à Allah et Son messager, comme Allah le dit « Ô vous qui avez cru obéissez à Allah, obéissez à son messager et à ceux qui détiennent l’autorité parmi vous , puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement). » (Sourate4 Verset 59), Et Allah dit « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] » (sourate 4 verset 65.) Quiconque ne s’engage pas à prendre pour juge Allah et Son messager dans leurs disputes, Allah a juré par Lui-même qu’Il n’a pas de Foi. Par contre, celui qui adopte la loi d’Allah et du messager intérieurement et extérieurement, mais désobéit et suit sa passion, c’est celui là qui est à classé avec ses semblables parmi les pécheurs. Et ce verset est l’un des arguments des khawârij pour juger mécréant les dirigeants qui ne jugent pas selon ce qu’Allah a révélé, et prétendent que leur dogme est le jugement d’Allah. Il serait vraiment long de mentionner ce que les gens ont dit à ce sujet, et ce que j’ai relaté est prouvé par le contexte du verset. Ce que l’on veut dire : C’est que le faite de juger avec justice est une obligation absolue, en tout lieu à toute époque, pour tout le monde et envers tout le monde. De même, juger par la loi qu’Allah a révélé à Son messager est la justice spécifique, et la plus parfaite forme de justice et la meilleure. Juger par elle est obligatoire pour le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam ainsi que pour tout ceux qui le suivent, quant à celui qui n’adopte pas le jugement d’Allah et de son messager c’est un mécréant. » Fin de citation.

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans. [C’est ce genre de Versets que les kharijites utilisent pour kaffar les gouverneurs qui n’appliquent pas les Lois d’Allah. Puis, ils prétendent que leur croyance est conforme à la Loi d’Allah…] »[14]

L'exemple concret c'est un dirigeant d'un pays dont je ne citerais pas le nom qui dit être musulman qui dit que l'islam est la religion du pays mais qui dit que l'islam ne doit pas gérer la politique qu'elle doit rester dans le cadre privé dans ce cas précis ce gouverneur accepte en apparence par le coeur l'islam mais rejette extérieurement les lois d'Allah et sachant que la foi c'est la foi dans le coeur et dans les actes et que l'un et l'autre sont liés alors ce dirigeant est considéré comme mécréant non car il n'adhère pas extérieurement au fait que l'Islam les lois d'Allah gouvernent le pays  J'ai pas envie de me faire encore traité d'illuminé takfiriste lol ^^

Par contre le dirigeant qui adhère intérieurement à l'islam mais aussi extérieurement à l'islam en disant que c'est les lois d'Allah qui doivent gouverner le pays mais qui pratique est pour installe un régime démocratique socialiste capitaliste nationaliste communiste ou autre celui là peut on le considérer comme mécréant.

Dans le premier cas cette personne est mécréante car elle désavoue publiquement que les lois d'Allah ne peuvent gouverner le pays en séparant le temporel et le spirituel la politique et la religion donc reniement abandon extérieur de l'Islam sachant que la foi c'est les actes de la foi c'est les actes intérieurs et extérieurs qui sont étroitement liés donc d'après ibn taymiyya ce gouverneur est mécréant.

Par contre le cas numéro deux je crois pas enfin j'en sais rien si ce gouverneur est considéré comme mécréant c'est super complexe et dans le doute je m'abstiendrais donc il est musulman je vais dire.Ce gouverneur adhérant intérieurement et extérieurement à l'Islam en disant que l'Islam les lois d'Allah doivent diriger le pays mais ce dirigeant n'appliquant pas les lois d'Allah et mettant en place un système régime démocratique laïc nationaliste socialiste capitaliste et non la charia ce dirigeant musulman serait donc considéré comme musulman.


Enfin, j'ai lu un peu sur ce sujet je suis pas un savant mais ibn taymiyya sur les tatars je crois qu'ils les a pas rendu mécréants mais a appelé à faire le djihad contre eux car ils ne jugeaient qu'avec une partie des lois d'Allah comme omar et abou bakr ont fait la guerre contre une tribu arabe devenu musulmane mais qui ne voulait pas appliquait la zakat et donc reniait une partie de l'Islam.Ils n'étaient avec mes faibles connaissance et souvenir pas considérés comme mécréants mais ils avaient désobéis renié une partie de l'Islam et c'est pour cela que omar abou bakr leur ont fait le djihad et pour le cas des Tatars c'est le même cas ils étaient devenus musulmans mais ils suivaient leur passions jugeaient avec une partie de lois d'Allah et une partie autre que Allah Ibn Taymiyya a dit que c'était une obligation de faire djihad contre eux mais ne les a pas considéré comme mécréant.

Donc en résumé selon ma logique, le gouverneur qui intérieurement adhère à l'islam  mais extérieurement rejette l'Islam en disant qu'il faut séparer le politique et le religieux est un mécréant car extérieurement il rejette l'Islam car il est contre que les lois d'Allah s'appliquent dirigent son pays et la foi c'est à la foi l'adhésion intérieur et extérieur par les actes.  Par contre le gouverneur qui intérieurement adhère à l'Islam et est pour que l'Islam les lois d'Allah soient appliqués pour diriger le pays donc acceptation à la fois intérieur et extérieur de l'Islam est considéré comme musulman même si il applique un système régime politique  autre que la charia autre que l'application des lois d'Allah.

Me faire rectificatif avec preuve argument,si je dis une bêtise si mon raisonnement ou une partie de mon raisonnement est faux!  Et merci pour le sujet super intéressant qui m'a  fait découvrir certaine chose!Continue!
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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 9:47

hbnoppto a écrit:C'est intéressant merci même si c'est un sujet super complexe et que y'a de l'ambiguïté parfois dans cet article notamment sur la mécréance ou non des gouverneurs qui ne jugent pas selon la loi d'Allah...



« Et Allah a ordonné à tous les musulmans de reporter leurs désaccords à Allah et Son messager, comme Allah le dit « Ô vous qui avez cru obéissez à Allah, obéissez à son messager et à ceux qui détiennent l’autorité parmi vous , puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement). » (Sourate4 Verset 59), Et Allah dit « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] » (sourate 4 verset 65.) Quiconque ne s’engage pas à prendre pour juge Allah et Son messager dans leurs disputes, Allah a juré par Lui-même qu’Il n’a pas de Foi. Par contre, celui qui adopte la loi d’Allah et du messager intérieurement et extérieurement, mais désobéit et suit sa passion, c’est celui là qui est à classé avec ses semblables parmi les pécheurs. Et ce verset est l’un des arguments des khawârij pour juger mécréant les dirigeants qui ne jugent pas selon ce qu’Allah a révélé, et prétendent que leur dogme est le jugement d’Allah. Il serait vraiment long de mentionner ce que les gens ont dit à ce sujet, et ce que j’ai relaté est prouvé par le contexte du verset. Ce que l’on veut dire : C’est que le faite de juger avec justice est une obligation absolue, en tout lieu à toute époque, pour tout le monde et envers tout le monde. De même, juger par la loi qu’Allah a révélé à Son messager est la justice spécifique, et la plus parfaite forme de justice et la meilleure. Juger par elle est obligatoire pour le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam ainsi que pour tout ceux qui le suivent, quant à celui qui n’adopte pas le jugement d’Allah et de son messager c’est un mécréant. » Fin de citation.

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans. [C’est ce genre de Versets que les kharijites utilisent pour kaffar les gouverneurs qui n’appliquent pas les Lois d’Allah. Puis, ils prétendent que leur croyance est conforme à la Loi d’Allah…] »[14]

L'exemple concret c'est un dirigeant d'un pays dont je ne citerais pas le nom qui dit être musulman qui dit que l'islam est la religion du pays mais qui dit que l'islam ne doit pas gérer la politique qu'elle doit rester dans le cadre privé dans ce cas précis ce gouverneur accepte en apparence par le coeur l'islam mais rejette extérieurement les lois d'Allah et sachant que la foi c'est la foi dans le coeur et dans les actes et que l'un et l'autre sont liés alors ce dirigeant est considéré comme mécréant non car il n'adhère pas extérieurement au fait que l'Islam les lois d'Allah gouvernent le pays  J'ai pas envie de me faire encore traité d'illuminé takfiriste lol ^^

Par contre le dirigeant qui adhère intérieurement à l'islam mais aussi extérieurement à l'islam en disant que c'est les lois d'Allah qui doivent gouverner le pays mais qui pratique est pour installe un régime démocratique socialiste capitaliste nationaliste communiste ou autre celui là peut on le considérer comme mécréant.

Dans le premier cas cette personne est mécréante car elle désavoue publiquement que les lois d'Allah ne peuvent gouverner le pays en séparant le temporel et le spirituel la politique et la religion donc reniement abandon extérieur de l'Islam sachant que la foi c'est les actes de la foi c'est les actes intérieurs et extérieurs qui sont étroitement liés donc d'après ibn taymiyya ce gouverneur est mécréant.

Par contre le cas numéro deux je crois pas enfin j'en sais rien si ce gouverneur est considéré comme mécréant c'est super complexe et dans le doute je m'abstiendrais donc il est musulman je vais dire.Ce gouverneur adhérant intérieurement et extérieurement à l'Islam en disant que l'Islam les lois d'Allah doivent diriger le pays mais ce dirigeant n'appliquant pas les lois d'Allah et mettant en place un système régime démocratique laïc nationaliste socialiste capitaliste et non la charia ce dirigeant musulman serait donc considéré comme musulman.


Enfin, j'ai lu un peu sur ce sujet je suis pas un savant mais ibn taymiyya sur les tatars je crois qu'ils les a pas rendu mécréants mais a appelé à faire le djihad contre eux car ils ne jugeaient qu'avec une partie des lois d'Allah comme omar et abou bakr ont fait la guerre contre une tribu arabe devenu musulmane mais qui ne voulait pas appliquait la zakat et donc reniait une partie de l'Islam.Ils n'étaient avec mes faibles connaissance et souvenir pas considérés comme mécréants mais ils avaient désobéis renié une partie de l'Islam et c'est pour cela que omar abou bakr leur ont fait le djihad et pour le cas des Tatars c'est le même cas ils étaient devenus musulmans mais ils suivaient leur passions jugeaient avec une partie de lois d'Allah et une partie autre que Allah Ibn Taymiyya a dit que c'était une obligation de faire djihad contre eux mais ne les a pas considéré comme mécréant.

Donc en résumé selon ma logique, le gouverneur qui intérieurement adhère à l'islam  mais extérieurement rejette l'Islam en disant qu'il faut séparer le politique et le religieux est un mécréant car extérieurement il rejette l'Islam car il est contre que les lois d'Allah s'appliquent dirigent son pays et la foi c'est à la foi l'adhésion intérieur et extérieur par les actes.  Par contre le gouverneur qui intérieurement adhère à l'Islam et est pour que l'Islam les lois d'Allah soient appliqués pour diriger le pays donc acceptation à la fois intérieur et extérieur de l'Islam est considéré comme musulman même si il applique un système régime politique  autre que la charia autre que l'application des lois d'Allah.

Me faire rectificatif avec preuve argument,si je dis une bêtise si mon raisonnement ou une partie de mon raisonnement est faux!  Et merci pour le sujet super intéressant qui m'a  fait découvrir certaine chose!Continue!


C'est un très bon raisonnement, et justement j'en parlais à l'instant par email de la notion intérieurement et extérieurement

On m'a posé la question :

à la fin de l'article 2 il y a marqué : quand à celui qui adhère intérieurement et extérieurement !
L'extérieur c'est les actes ?

J'ai répondu :

oui, mais ce n'est pas une condition de la foi, quand on parle d'un acte en particulier, non de tous les actes !


Ensuite, il faut distinguer entre el 'iradh el kulli et el juhud el mutlaq qui sont des annulations de l'Islam en eux-mêmes et le tark el mujarrad qui n'est pas du kufr sauf pour la prière avec la divergence qui existe sur la chose !

L'article en parle, tu verras !


Ensuite, le dhabit e-shirki du hukm bi ghaïr ma anzala Allah est l'istihlal et le juhûd (et tous les nawâqîdh de même nature), qui est un paramètre imparable, en dehors de la prière, car qu'est-ce que cela veut dire ne pas faire l'iltizam des actes, et à partir de quel moment en est-on concerné, en sachant qu'il y a divergence sur le fait de considérer ou non le tark el kulli comme paramètre sur la question !

Déjà, il peut certes être la preuve du kufr, mais la chose reste hypothétique, et peut vouloir dire autre chose, donc, dans le doute s'abstenir, voici pour les textes qui démontrent mon raisonnement :

• « Il viendra une époque où personne ne connaitra ni prière ni jeûne ni pèlerinage ni ‘umra en dehors du vieil homme et de la vieille femme qui diront : « À l’époque de nos parents, les gens disaient : la ilâh illa Allah ! » On demanda à Hudhaïfa ibn e-Nu’mân () : « Cela pourra-t-il leur servir ?
- Cela va les sauver de l’Enfer, répondit-il. » »

• « À l’avenir, les liens de l’Islam vont se délier un à un. Toutes les fois qu’un lien sera délié, les hommes s’agripperont au suivant. Le hukm est le premier qui sera délié, et le dernier sera la prière. »

• Selon Hudhaïfa () : « Les gens interrogeaient le Prophète () sur le bien, tandis que moi, je le questionnais sur le mal pour éviter qu’il m’atteigne. Je lui demandai : Messager d’Allah, nous étions dans le paganisme et le mal avant qu’Allah nous ramène le bien. Mais est-ce qu’après ce bien, il y aura un mal ?
- Oui, me répondit-il.
- Est-ce qu’après ce mal, le bien reviendra à nouveau ?
- Oui, mais il y aura de la fumée.
- Quelle sera cette fumée ?
- Des gens qui suivront une autre tradition que la mienne, et une autre voie que la mienne. Ils feront des choses que vous apprécierez en d’autres que vous apprécierez moins.
- Après le retour de ce bien, est-ce que le mal reviendra ?
- Oui, des troubles aveugles ! des prêcheurs aux portes de la Géhenne ; ils y propulseront ceux qui répondront à leur appel.
- Messager d’Allah ! Décris-les-moi.
- Ils feront parties des nôtres et parleront notre langue.
- Que m’ordonnes-tu de faire si je parviens à cette époque ?
- Reste avec le groupe et son imam.
- Et s’il n’y a ni groupe ni imam ?
- Écarte-toi de tous les groupes existants, lui répondit-il, même si tu devais t’agripper à la racine d’un arbre, et rester ainsi jusqu’à la mort. »

• Selon une version : « Après moi, il y aura des émirs qui ne suivront pas ma voie et qui ne seront pas fidèles à ma tradition. Il y en aura parmi eux qui auront des cœurs de démon dans une carapace humaine.
- Que dois-je faire, Messager d’Allah, si je parviens à cette époque ?
- Obéis à l’émir, même s’il te frappe le dos et s’il prend ton argent, fais-lui obéissance. »

• Le Prophète () dit : « Vos meilleurs émirs sont ceux qui vous aiment et que vous aimez ; ils prient sur vous et vous priez sur eux. Et vos pires émirs sont ceux qui vous détestent et que vous détestez ; ils vous maudissent et vous les maudissez.
- Messager d’Allah ! Ne devons-nous prendre l’épée contre eux, lui demanda-t-on ?
- Non, tant qu’ils font la prière. »

• « … Sauf si vous constatez une mécréance qui est claire et limpide. »
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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 9:50



Plusieurs savants anciens font allusion à ce paramètre, qu'ibn el Qaïyim se charge de réfuter, comme il le sera démontré dans le prochaine article :

E-Sam’ânî : « Ibn ‘Abbâs a dit : « Le Verset concerne les croyants, en parlant du kufr dûn kufr. » Sache que les kharijites l’utilisent pour sortir de l’Islam, selon leurs dires, ceux qui n’appliquent pas la Loi d’Allah. Quant aux traditionalistes, ils ne kaffar pas ceux qui la délaissent (tark).
Le Verset renferme deux interprétations possibles :
- L’une concerne ceux qui n’appliquent pas la Loi d’Allah en la rejetant, et en la reniant ; ceux-là sont les mécréants.
- L’autre concerne ceux qui n’appliquent pas la Loi d’Allah en totalité ; ceux-là sont les mécréants, car seuls ces derniers peuvent la délaisser en entière, non le musulman. »

‘Abd el ‘Azîz ibn Yahyâ el Kinânî fut questionné au sujet des trois Versets qui font tant polémiques. Voici quelle fut sa réponse : « Ceux-ci concernent tout ce qu’Allah a révélé, non une partie. Ainsi, celui qui n’applique pas les Lois d’Allah est un kâfir, un zhâlim, et un fâsiq. Quant à celui qui applique les Lois d’Allah dans le domaine du tawhîd et qui délaisse (tark) l’association, puis qui n’applique pas toutes les Lois d’Allah dans le domaine de la Législation, il n’est pas concerné par le statut de ces fameux Versets. »

Nous avons vu le passage d’ibn el Qaïyim : « Pour d’autres, le Verset parle de ceux qui délaissent les Lois d’Allah en totalité. Ils font entrer dans cette conception le tawhîd, et l’Islam ; cette interprétation est celle d‘Abd el ‘Azîz ibn Yahyâ el Kinânî ; mais elle aussi invraisemblable que la précédente, étant donné que la menace plane sur la non application de la Loi d’Allah, que ce soit totalement ou partiellement. »

Plus loin, il conclut « Or, en réalité, le hukm bi ghaïr mâ anzala Allah englobe les deux formes de mécréance : majeure et mineure. C’est en fonction de la situation du fautif (hâkim) ; si ce dernier est convaincu qu’il incombe d’appliquer la Loi d’Allah (autre traduction possible : de juger selon la Loi d’Allah ndt.) pour ce cas en particulier, mais l’ayant délaissé par désobéissance, tout en reconnaissant qu’il mérite d’être châtié, dans ce cas c’est de la mécréance mineure.
Néanmoins, s’il est convaincu qu’il n’est pas obligé de l’appliquer, et que la chose est laissé à son initiative, tout en ayant conscience qu’elle est bien d’Allah ; dans ce cas, c’est de la mécréance majeure.
Mais, s’il se trompe ou s’il ignore quelle est la Loi d’Allah pour cette question, il a droit au même statut que ceux qui commettent des simples erreurs. »
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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 9:54




Enfin, dans la suite de l'article, il y a passage d'ibn Taïmiya qui fut malheureusement également tronqué et dans lequel il explique le raisonnement de 'adam el iltizam et qui est l'imtina', el iba, ma'a el kurh wa el kibr !

la suite de l'article parle des tatars également !

Avant de mettre le passage, je tiens à louer ta réaction très positive et respectueuse, car beaucoup de ceux qui parlent de ce sujet n'ont aucune lucidité, et répondent avec beaucoup d'agressivité, sans n'oublier de faire des procès d'intention dans chaque ligne !

Voici le texte d'ibn Taïmiya :

« [Si l’individu commet un péché en étant convaincu (i’tiqâd) qu’Allah le lui a interdit, et en étant convaincu qu’il doit se soumettre aux obligations et aux interdictions d’Allah, il ne devient pas un mécréant. En revanche, en étant convaincu qu’Allah ne le lui a pas interdit, ou que, bien qu’Il reconnaisse cette interdiction, il refuse (imtinâ’) de l’accepter et n’accepte pas (ibâ) de se soumettre à Allah (idh’ân/inqiyâd), il est dans ce cas soit un renieur (jâhid) soit un obstiné (mu’ânid).»

C’est la raison pour laquelle, selon les savants, celui qui désobéit à Allah par orgueil, comme Iblis est un mécréant, à l’unanimité. Et celui qui Lui désobéit en ayant succombé à ses passions ne devient pas mécréant pour les traditionalistes. Ce sont les kharijites qui considèrent qu’il est mécréant. Le désobéissant orgueilleux qui reconnait (tasdîq) qu’Allah est Son Seigneur, mais qui ensuite, s’obstine et s’oppose à lui, il remet littéralement en cause son tasdîq.]

En explication à cela, nous disons que celui qui commet des péchés tout en les autorisant moralement (mustahill) est un mécréant à l’unanimité. Celui qui autorise moralement les interdictions venues dans le Coran ne peut prétendre à la foi. Même chose pour celui qui les autorisent sans que cela se traduise dans la pratique (min ghaïr fi’l). L’istihlâl, c’est, parfois, de croire (i’tiqâd) qu’Allah ne les a pas interdites, et parfois, c’est de ne pas croire qu’Il les a interdites. Le fautif accuse une défaillance au niveau de la foi de la Seigneurie divine (imân bi e-ribûbiya), mais aussi de la mission prophétique (imân bi e-risâla). Dans ce cas, c’est un reniement (jahd) pur, sans n’être basé sur aucune prémisse. D’autres fois, il sait qu’Allah les a interdites et il sait que le Messager interdit uniquement ce qu’Il interdit, mais il refuse d’adhérer (imtinâ’ ‘an iltizâm) à cette interdiction, et renie (‘inâd) l’interdiction en question. Cette forme de mécréance est pire que la précédente. Il peut très bien être convaincu qu’en n’adhérant pas à cette interdiction, il est passible de la punition divine.

En outre, ce refus et cette inacceptation (imtinâ’ wa ibâ) proviennent soit d’une défaillance au niveau de la croyance qui touche à la Sagesse et à la Puissance divine, ce qui revient à démentir (‘adam e-tasdîq) l’un des Attributs d’Allah. Soit, le fautif est motivé, malgré qu’il ne dément aucune chose de la religion, par un esprit de rébellion ou par la recherche d’un intérêt personnel. En réalité, cela relève de la mécréance. [Il reconnait en effet et donne foi à tous les enseignements d’Allah et de Son Messager à la manière des croyants. Cependant, il déteste et arbore ces enseignements, juste parce qu’ils ne vont pas dans le sens de ses passions et ses ambitions. Il dit : je ne les reconnais pas (iqrâr) et je n’y adhère pas (iltizâm). Je déteste leur vérité qui me repousse.]

Cette forme de mécréance est différente de la première. Celle-ci est reconnue de façon élémentaire par les musulmans. De nombreux passages du Coran condamnent un tel individu à la mécréance et soulignent que son châtiment est pire que le premier. [Il est dit dans ce registre : « Le Jour de la résurrection, l’homme le plus châtié sera un savant dont le savoir ne lui aura pas été utile. »

Il s’agit d’Iblis et de tous ceux qui suivent ses pas. Ainsi, on peut facilement distinguer entre ce cas et le désobéissant, qui est convaincu de devoir faire telle obligation, mais qui succombe à ses passions et à sa mauvaise volonté (nufra). C’est ce qui le pousse à ne pas s’y plier. Sa foi renferme le tasdîq, le khudhû’ et l’inqiyâd, qui relève du qawl et du ‘amal, mais sans parfaire le ‘amal.] »


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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 17:39



Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Ibn Taïmiya et l’istihlâl

(Partie 3)

• L’auteur du fameux raf’ e-lâima ‘an fatwâ e-Lajna e-dâima, Mohammed ibn Sâlim e-Dawsârî explique pour sa part, qu’il existe deux sortes d’istihlâl : 1- Ce que j’appelle autoriser moralement un interdit ou rendre licite un interdit, qui consiste à croire qu’un interdit est licite et inversement. 2- Ne pas adhérer (‘adam el iltizâm) à cet interdit.

Pour appuyer son idée, il se réfère à un texte d’ibn Taïmiya que nous reproduisons ici :

« En explication à cela, nous disons que celui qui commet des péchés tout en les autorisant moralement (mustahill) est un mécréant à l’unanimité. Celui qui autorise moralement les interdictions venues dans le Coran ne peut prétendre à la foi. Même chose pour celui qui les autorisent sans que cela se traduise dans la pratique (min ghaïr fi’l). L’istihlâl, c’est, parfois, de croire (i’tiqâd) qu’Allah ne les a pas interdites, et parfois, c’est de ne pas croire qu’Il les a interdites. Le fautif accuse une défaillance au niveau de la foi de la Seigneurie divine (imân bi e-ribûbiya), mais aussi de la mission prophétique (imân bi e-risâla). Dans ce cas, c’est un reniement (jahd) pur, sans n’être basé sur aucune prémisse. D’autres fois, il sait qu’Allah les a interdites et il sait que le Messager interdit uniquement ce qu’Il interdit, mais il refuse d’adhérer (imtinâ’ ‘an iltizâm) à cette interdiction, et renie (‘inâd) l’interdiction en question. Cette forme de mécréance est pire que la précédente. Il peut très bien être convaincu qu’en n’adhérant pas à cette interdiction, il est passible de la punition divine.

En outre, ce refus et cette inacceptation (imtinâ’ wa ibâ) proviennent soit d’une défaillance au niveau de la croyance qui touche à la Sagesse et à la Puissance divine, ce qui revient à démentir (‘adam e-tasdîq) l’un des Attributs d’Allah. Soit, le fautif est motivé, malgré qu’il ne dément aucune chose de la religion, par un esprit de rébellion ou par la recherche d’un intérêt personnel. En réalité, cela relève de la mécréance (…)

Cette forme de mécréance est différente de la première. Celle-ci est reconnue de façon élémentaire par les musulmans. De nombreux passages du Coran condamnent un tel individu à la mécréance et soulignent que son châtiment est pire que le premier. »[1]

Or, ce discours mérite de plus amples explications :

1- Il est vrai qu’ibn Taïmiya conteste aux murjites de confiner le kufr dans le tasdîq ou qawl el qalb, c’est pourquoi, il parle des deux formes de kufr émanant du cœur, soit le juhûd et le ‘inâd. Il suffit de se pencher juste un peu avant le passage précédent pour s’en rendre compte : « Si l’individu commet un péché en étant convaincu (i’tiqâd) qu’Allah le lui a interdit, et en étant convaincu qu’il doit se soumettre aux obligations et aux interdictions d’Allah, il ne devient pas un mécréant. En revanche, en étant convaincu qu’Allah ne le lui a pas interdit, ou que, bien qu’Il reconnaisse cette interdiction, il refuse (imtinâ’) de l’accepter et n’accepte pas (ibâ) de se soumettre à Allah (idh’ân/inqiyâd), il est dans ce cas soit un renieur (jâhid) soit un obstiné (mu’ânid). »

2- Selon certains chercheurs, la différence entre le juhûd, le takdhîb, l’istihlâl, et l’inkâr, est très subtile. C’est la raison pour laquelle, certains savants peuvent utiliser l’un de ces termes pour en désigner un autre. L’essentiel, c’est de savoir que toutes ces formes de kufr touchent au qawl el qalb. Le juhûd est souvent accompagné du ‘inâd qui en fait en est la motivation.[2] Selon ibn Taïmiya, les légistes qui parlent de renier (juhûd) le caractère obligatoire des piliers de l’Islam, font allusion à la fois au takdhîb (en démentant son caractère obligatoire) qui touche au qawl el qalb, et à l’imtinâ’ (refuser) de les reconnaitre et d’y adhérer (iltizâm), et qui touche au ‘amal el qalb.[3] C’est la raison pour laquelle, aux yeux d’ibn Taïmiya, on peut avoir un tasdîq correct, et en même temps être un mécréant, ce que ne conçoivent pas les murjites.

3- Pour mieux comprendre, il serait intéressant de revenir à la définition de la foi au niveau de la Langue. Dans kitab el imân, ibn Taïmiya part dans une longue démonstration pour prouver que la foi n’était pas synonyme de tasdîq, et que le terme lui convenant le mieux était « iqrâr ».

La différence entre l’iman et le tasdîq, c’est que le deuxième touche uniquement au domaine des informations ou des enseignements (khabar), tandis que le premier réclame, en plus de cela, de se soumettre à cet enseignement (inshâ), et qui touche au domaine des commandements (amr). C’est ce qu’on appelle l’iltizâm qui consiste à y adhérer avec le cœur, dans le sens où le cœur s’apaise et se réconforte à l’écoute de cet enseignement (tu-manîna, amn).

La deuxième étape consiste à s’engager (iltazâm) à obéir. On parle pour quelqu’un qui se contente de croire sans s’engager à obéir de tasdîq qui est l’antonyme de takdhîb non d’îmân qui est l’antonyme du kufr au niveau de la Langue.

C'est pourquoi il est plus adéquat de définir la foi par le terme iqrâr qui réclame deux étapes :

Le khabar, dans ce sens, il est synonyme du tasdîq et de la shahâda.
Insha el iltizâm qui touche au domaine du amr.

Ainsi, la foi touche aux deux domaines : le khabar et l’amr. La foi s’est donc l’iqrâr qui ne se confine pas dans le tasdîq, mais elle renferme le qawl el qalb (tasdîq) et le ‘amal el qalb (el inqiyâd).[4]

4- Nous venons de voir que l’origine de la foi, c’est le tasdîq et l’inqiyâd. En parallèle, l’origine du kufr touche à ses deux domaines, soit au qawl el qalb/’amal el qalb, contrairement à la pensée des murjites, comme le signale à juste titre e-Dawsarî.

Dans le passage qu’il reprend, ibn Taïmiya explique que l’istihlâl au sens strict provient du cœur, et plus exactement du qawl el qalb.

Qu’en est-il alors pour l’iltizâm. Il se charge lui-même d’y répondre un peu avant ce passage, à travers des paroles extraordinaires que voici : « La Parole d’Allah est composée des enseignements (khabar) et des commandements (amr). Les enseignements réclame de croire (tasdîq) aux paroles de l’interlocuteur, et les commandements réclame de s’y soumettre (el inqiyâd et l’istislâm), qui correspond aux actes du cœur (‘amal el qalb), renfermant la soumission totale (khudu’ et inqiyad) aux commandements, même sans les mettre en pratique (in lam yaf’al el ma-mur bihi). En répondant à l’enseignement par le tasdîq et au commandement par l’inqiyâd, on obtient l’origine de la foi dans le cœur, qui n’est autre que l’apaisement (tu-manîna) et l’iqrâr. »[5]

Il explique la page suivante : « La foi est composée des paroles et des actes – je veux dire à l’origine – des paroles du cœur (qawl el qalb) et des actes du cœur (‘amal el qalb). La foi, conformément aux Paroles d’Allah et à Sa Révélation renferme Ses enseignements et Ses commandements. L’individu croit aux enseignements (tasdîq), ce qui va engendrer un état dans le cœur dont l’intensité sera en fonction de l’enseignement. Le tasdîq est une forme de savoir et de qawl. Puis, il se soumet au commandement ; c’est l’inqiyâd et l’istislâm qui est une forme de volonté et d’acte (irâda wa ‘amal). Il ne peut être croyant sans fournir les deux en même temps. En délaissant (taraka) l’inqiyâd, il devient un orgueilleux et compte ainsi parmi les mécréants, quand bien même il fournirait le tasdîq. »[6]

5- Ainsi, on peut adhérer à un enseignement avec le cœur et le délaisser dans les actes. Nous avons vu dans la première partie de l’article qu’Iblîs, n’a pas refusé de se prosterner, car il reniait l’aspect obligatoire de l’ordre qu’il avait reçu ; Allah en effet s’était adressé à lui directement. Cependant, il fut motivé par l’orgueil et l’obstination et rejoignit ainsi les rangs des mécréants.[7] Juste après le passage que Dawsarî utilise, ibn Taïmiya donne plus de précision en disant : « Ainsi, on peut facilement distinguer entre ce cas et le désobéissant, qui est convaincu de devoir faire telle obligation, mais qui succombe à ses passions et à sa mauvaise volonté (nufra). C’est ce qui le pousse à ne pas s’y plier. Sa foi renferme le tasdîq, le khudhû’ et l’inqiyâd, qui relève du qawl et du ‘amal, mais sans parfaire le ‘amal. » Il parle pour le premier ‘amal, du ‘amal el qalb, et pour le second, du ‘amal el jawârih.

6- « C’est la raison pour laquelle, explique ibn Taïmiya, juste avant le passage qu’utilise e-Dawsarî, selon les savants, celui qui désobéit à Allah par orgueil, comme Iblis est un mécréant, à l’unanimité. Et celui qui Lui désobéit en ayant succombé à ses passions ne devient pas mécréant pour les traditionalistes. Ce sont les kharijites qui considèrent qu’il est mécréant. Le désobéissant orgueilleux qui reconnait (tasdîq) qu’Allah est Son Seigneur, mais qui ensuite, s’obstine et s’oppose à lui, il remet littéralement en cause son tasdîq. »

7- Nous avons vu également que ‘adam el iltizâm ne consiste pas à persister à faire une faute (soit en délaissant une obligation soit en commettant une interdiction à plusieurs reprises), contrairement à la pensée kharijite.

Ibn Abî Zamanaïn explique à ce sujet : « Tout musulman qui meurt sans s’être repenti de son péché est laissé à l’initiative et à la Volonté du Créateur ; il ne convient à personne de s’ingérer dans les mystères d’Allah et de renier Son destin en prétendant qu’Allah refuse de pardonner à la personne qui persévère dans sa faute de la même façon qu’Il ne châtie pas les repentants ! (Il ne nous appartient pas de nous initier dans cela, gloire à Toi ! Quelle énorme calomnie !)[8] »[9]

Les premiers à considérer que la récidive est synonyme de mécréance, c’est la secte Najdât affiliée aux Kharijites.[10] Ibn Hazm fait la différence entre celui qui s’obstine à ne pas suivre la vérité, après que la preuve céleste soit établie contre lui (iqâma el hujja), sans chercher à s’opposer à Allah et à Son Messager (mu’âridh), en taxant ce dernier de pervers ; et celui qui le fait par opposition. Dans ce dernier cas, c’est un mécréant apostat.[11]

À suivre…

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

http://www.mizab.org/

[1] E-sârim el maslûl (p. 521-522).

[2] Voir : nawâqidh el îmân el i’tiqâdiya qui est une thèse universitaire du D. Mohamed el Wuhaïbî (2/57).

[3] Voir : majmû’ el fatâwa (20/97-98).

[4] Voir : majmû’ el fatâwa (7/638)

[5] E-sârim el maslûl (p. 521).

[6] E-sârim el maslûl (p. 522).

[7] Majmû’ el fatâwâ (20/97).

[8] La lumière ; 16

[9] Usûl e-Sunna (p. 257).

[10] Voir Maqalât el Islâmiyîn d’Abû el Hasan el Ash’arî (1/175).

[11] El fisal d’ibn Hazm (3/302).
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default Re: Ibn Taïmiya et l’istihlâl

Message par Invité le Mar 16 Déc - 19:39

Je reviens sur ma position sur le cas numéro 2.Toute personne musulmane gouverneur ou simple citoyen qui adhère par le coeur et la langue à l'islam à se soumettre au loi d'Allah mais qui rend licite ce qui est illicite ou qui rend illicite le licite est un mécréant c'est pas possible qu'il soit encore musulman...
Un gouverneur ou simple citoyen qui se dit musulman par le coeur et la langue acte interne externe et qui soutient la mise en place ou consolide un système politique économique social autre que la charia ne peut pas être considéré comme musulman car il rend licite l'illicite et illicite le licite et donc mécroit en Allah...

Très bon article qui explique cela et ibn taymiyya n'a jamais dit qu'une personne restait musulmane en acceptant que le licite devient illicite et l'illicite licite... :

Al Iltizam

Al iltizam désigne l'acceptation d'une chose donnée en acceptant toute forme de responsabilité de la part de l'objet de cet iltizam et ce quel qu’il soit et quelques soit le domaine. Ainsi l'iltizam de l'obéissance du messager   désigne le fait d'accepter ses ordres et interdits et ce quel qu’ils soient sans manifester la moindre opposition et de lui reconnaitre donc ce droit d'être obéis quelques soit ses ordres. Comme dit Allah dans le Qor'an " Et la parole des croyants lorsqu'ils sont appelés a ce qu'Allah et Son Messager jugent entre eux n'est autre que de dire " nous avons entendu et obéis ". C'est à dire quelques soient les ordres d'Allah nous seront convaincu de leur véracité et bienfait et nous les acceptons. Ainsi celui qui reconnait cela a Allah et Son Messager   aura été croyant en Allah et Son Messager  et cette reconnaissance est l'une des formes d'adoration les plus manifestes et les plus importantes, et de ce fait celui qui reconnait ce droit a une tiers personne ou quoique ce soit d'autres crus en cet être et lui aura manifesté l'une des formes de croyance les plus manifestes et l'aura respectés comme on respecte Allah et Sa Législation et ses Messagers.

Certains disent : Lorsqu’un homme est « Moultazim », c'est-à-dire qu’il adopte dans son cœur la Loi d’Allah, il est musulman même si, physiquement, il désigne un autre qu’Allah comme source de Loi à laquelle il faut obéir, ou qu’il fait serment de ne jamais désobéir à la loi du Tâghoût et à la constitution forgée ; ou qu’il invalide tous les verdicts rendus par des juges musulmans basés sur la Loi d’Allah et impose de ne se référer qu’à la loi du Tâghoût, et considère que seul ce que la Loi du Tâghoût dénonce comme un crime sera considéré comme un crime, que seul ce que la Loi du Tâghoût interdit de commettre sera interdit, et que seul ce qu’exige la loi du Tâghoût sera exigé.

Sache, qu’Allah te fasse miséricorde, qu’Allah s’est adressé aux hommes et au Djinn par le biais de ses messagers, qu’Il envoya avec un discours incluant deux choses :

Des renseignements.

Des commandements.

Et l’homme n’a pas de Foi tant qu’il n’a pas cru en tous les renseignements qui lui parviennent comme venant du messager d’Allah, et qu’il ne s’est pas engagé à obéir à tous les commandements qui lui parviennent comme venant du messager d’Allah.

Ibn Taymiya dit dans Sârim Al Masloûl page 519 :

« La Foi, bien qu’elle soit composée de la confession, ce n’est pourtant pas le simple fait de confesser la vérité, c’est aussi l’acceptation et la sérénité. Ceci car la confession est en rapport avec les renseignements uniquement, alors que les commandements, eux, ne sont pas concerné par la confession vu qu’il s’agit de commandement. Et la parole d’Allah est composée de renseignements et de commandements : on répond aux renseignements par la confession, et on répond aux commandements par la docilité et la soumission qui sont l’acte du cœur : c’est l’assemblement de la soumission et la docilité aux commandements. Et même si on ne pratique pas physiquement ce commandement ; à partir du moment où les renseignements sont acceptés par confession et que les ordres sont acceptés par soumission : la base de la Foi est alors établis dans le cœur, qui est la sérénité et l’acceptation. » Fin de citation.

Donc, avoir Foi en la Loi d’Allah, ce n’est pas le simple fait d’avouer que cette Loi vient d’Allah, et d’avouer que c’est la meilleure des lois ; et d’avouer qu’il est interdit de l’abandonner… Rien de tout ceci ne fait naitre la Foi dans le cœur, tant que ce n’est pas accompagné de la soumission et à la docilité du cœur : Il faut s’engager à obéir, même s’il arrive de ne pas accomplir ce vœu d’obéissance ; par incapacité physique ; tant que la volonté d’obéir et l’amour des commandements sont encrés dans le cœur.
Ceci est un fondement authentique, qui est que la racine de la Foi se trouve dans le cœur et non sur le corps. Mais les hérétiques jouent sur cela et prétendent que cette Foi du cœur n’a pas forcément d’effet sur le corps, et que donc il est possible qu’un homme ait Foi dans son cœur même s’il ne pratique rien du tout de son corps. Pire encore, ils disent que même lorsqu’on adhère à une autre Loi que celle d’Allah et qu’on s’engage à s’y soumettre et à ne pas y désobéir, cela ne contredis pas la soumission à la Loi d’Allah dans le cœur ; et qu’il est possible de s’engager à la fois à la Loi d’Allah et à la loi du Tâghoût !

Et leur argument pour dire cela, c’est le passage précité où Ibn Taymiya a dit :

« Et même si on ne pratique pas physiquement ce commandement ; à partir du moment où les renseignements sont accepté par confession et que les ordres sont accepté par soumission : la base de la Foi est alors établis dans le cœur, qui est la sérénité et l’acceptation. »

Ils font donc croire que, selon Ibn Taymiya, il est possible d’avoir la racine de la Foi dans le cœur, tout en ne pratiquant rien de son corps, et pire encore : même si physiquement on s’engage à obéir à un autre qu’Allah et qu’on décrète l’obligation d’obéir à la Loi du Tâghoût et l’interdiction d’y désobéir !

Et quel mensonge à l’encontre d’Ibn Taymiya !

Ibn Taymiya déduit que la Foi du cœur et la pratique du corps sont indissociables chez tout être physiquement capable de pratiquer.

Voici les citations où Ibn Taymiya confirme ce principe :

Majmou’ fatawa 7/188

« La volonté totale réunie avec la capacité physique ne peuvent être séparés de l’action : Il est en effet impossible qu’un homme aime Allah et Son messager, et désir ce qu’Allah et Son messager aiment -d’une volonté ferme, en étant capable de l’accomplir-  puis ne le fait pas. Lorsque l’homme ne déclare pas sa Foi alors qu’il en est capable, cela prouve qu’il n’y a pas, dans son cœur, cette Foi obligatoire qu’Allah a exigé de lui. » Fin de citation.

Majmoû‘ Fatâwâ 7/221 :

« Et le Coran expose que la Foi du cœur est relativement inséparable de la pratique du corps ; comme dans le verset où Allah dit « 47] Et ils disent: "Nous croyons en Allah et au messager et nous obéissons". Puis après cela, une partie d'entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants.  [48] Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d'entre eux s'éloignent.  [49] Mais s'ils ont le droit en leur faveur, ils viennent à lui, soumis. » Jusqu’à ce qu’Allah dise « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est: "Nous avons entendu et nous avons obéi". Et voilà ceux qui réussissent. » Allah a donc nié la Foi de quiconque renonce à l’obéissance envers le messager, et annonça que lorsque les croyants sont incité au recours à Allah et Son messager pour trancher de leur litige, ils écoutent et obéissent, et Il exposa que ceci est l’effet provoqué par la Foi. »

Regarde comme ici, Ibn Taymiya considéra que se soumettre de son corps au jugement d’Allah et de Son messager est inséparable de la Foi. Et il parle bien de l’acte du corps et non l’acte du cœur, car l’acte du cœur n’est pas un effet de la Foi mais bien un composant de la base de la Foi ; ce sont les actes du corps qui en sont l’effet inséparable.

Majmoû‘ Fatâwâ 7/526 :

« Quiconque admet que le Messager dit la vérité, mais le déteste, fait rupture avec lui de son cœur et de son corps, il est catégoriquement et forcément mécréant. Et s’ils [les Mourji’a] incluent les actes du cœur dans la Foi [sans les actes extérieurs] alors ils se trompent également, car il est impossible que la foi s’établisse dans le cœur sans mouvement du corps. »

Majmoû‘ Fatâwâ 7/582 :

« Lorsque la pratique des actes obligatoires extérieurs diminue, c’est à cause d’une diminution de Foi dans le cœur. En effet, on ne peut imaginer que la Foi obligatoire du cœur soit parfaite alors que les actes obligatoires extérieurs sont absents. Au contraire, lorsque l’un est parfait, cela cause la perfection de l’autre. De même, la diminution de l’un a pour effet la diminution de l’autre, vu que considérer une Foi valable dans le cœur sans parole ni acte extérieur, c’est comme considérer une cause valable sans effet, ou une cause valable sans conséquence, et c’est impossible…»

Majmoû‘ Fatâwâ  7/611 :

« Et il est impossible qu’un homme ait une Foi affirmée dans son cœur qu’Allah lui a imposé là prière, la Zakât, le jeûne et le Hajj, et qu’il vive son existence sans se prosterner du tout, ni jeûner un Ramadan, ni donner une seul Zakât, ni faire un seul pèlerinage, ceci est impossible et ne provient qu’avec l’hypocrisie du cœur et la perfidie (Zandaqa) et non pas avec un Foi valable, ce pourquoi Allah soubhânah a décrit ceux qui refusent de se prosterner parmi les mécréants « Le jour où un tibia sera découvert et qu’on les invitera à se prosterner, mais ils ne le pourront pas… » Sourate 68 versets 42, 43. » »

Majmoû‘ Fatâwâ  7/615, 616 :

« Il est normalement inimaginable qu’un homme ait Foi, dans son cœur, qu’Allah exige de lui d’accomplir la prière, d’admettre cela et d’adopter la Loi du prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, ainsi que ses enseignements, puis qu’ensuite le détenteur d’autorité lui ordonne de prier, et qu’il refuse d’obéir jusqu’à ce qu’il soit exécuté ; tout en ayant en même temps la Foi dans le cœur ?! Une telle personne ne peut être que mécréante ! Et s’il dit « J’admet qu’elle est obligatoire, sauf que je ne la fait pas » cette prétention ainsi dite, n’est autre qu’un mensonge de sa part ; tout comme lorsque quelqu’un prend un Coran et le jette dans les ordures puis il prétend « Je suis témoins que ce qui s’y trouve est la parole d’Allah » ou qu’il tue un prophète puis dit « Je suis témoins que cet homme est le messager d’Allah » et  les actes comme ça, qui invalident la Foi du cœur. Lorsqu’un homme dit « J’ai la Foi dans mon cœur » dans ces situations semblables ; c’est un menteur de part ce qu’il a exprimé comme propos.

Ce sujet, il convient d’y réfléchir : celui qui connait ce lien qu’il existe entre le corps et le cœur, alors toutes les ambigüités à ce sujet cesseront, et il saura alors que les juristes qui furent d’avis que celui qui avoue l’obligation [de la prière] et refuse de la pratiquer ne doit pas être condamné à mort, ou alors qu’il doit l’être mais en tant que musulman et [non en tant qu’apostat ;] ces juristes là sont imprégnés des mêmes ambigüités que les Mourji’a et les Jahmiya, et des mêmes ambiguïtés que ceux qui disent que la volonté ferme accompagnée de la capacité totale ne cause aucun acte. C’est pour ça que les juristes qui refusent de le condamner à mort ont basé leur avis sur leur tendance, concernant la question de la Foi, qui est que les actes ne font pas partie de la Foi. Et comme nous l’avons déjà dit : La « race » des actes est inséparable de la Foi du cœur. Or, une Foi valide dans le cœur sans actes apparents sur le corps est une chose impossible ;  même si on dit que les actes apparents sont un effet de la Foi ou une partie de la Foi ; c’est la même chose ; comme nous l’avons expliqué précédemment. »

Majmoû‘ Al Fatâwâ 22/49 :

« Celui qui l’abandonne [la prière] constamment jusqu’à ce qu’il meurt sans se prosterner du tout pour Allah ; celui-là ne peut en aucun cas être un musulman qui admet qu’elle est obligatoire. Car avoir conviction de l’obligation, et avoir conviction que celui qui l’abandonne mérite la peine de mort : ceci motivera parfaitement à l’accomplir ; et la motivation réunie à la capacité physique implique la présence de ce qu’on est capable de faire. S’il est capable de la faire, et ne la fait pas du tout : on saura alors qu’il n’a aucune motivation. Et la conviction totale que celui qui abandonne la prière sera châtié pousse à la pratiquer. Cela dit, il se peut que, parfois, certaines choses lui font obstacle, ce qui l’amène à la retarder et à abandonner certaines obligations dans la prière, ou de l’abandonner de temps en temps. Mais pour ce qui est de celui qui l’abandonne constamment et ne prie pas du tout, et meurt ainsi, celui-là n’est pas musulman. »

Après ces citations, (et il y a encore d’autres passages qui confirment ce fondement) nous apprenons qu’Ibn Taymiya considère impossible d’avoir une Foi correcte dans le cœur sans qu’il n’y ait de suivit du corps, par la pratique extérieure, lorsqu’on a la capacité physique de le faire. Ceci car il considère la Foi du cœur comme une cause provoquant la pratique ; et, par conséquent, considère que la Foi du cœur et la pratique du corps sont indissociables. De même, celui qui ne pratique rien de son corps alors qu’il en est capable, n’a forcément aucune Foi dans le cœur.

Et regarde dans la 6ième citation ! Comme il considéra même que les juristes qui sont d’avis qu’un homme qui refuse de prier jusqu’à ce qu’il soit condamné à mort à cause de cela, reste musulman et sera traité comme un musulman après son exécution : ils sont imprégnés de l’hérésie des Jahmiya !  Ibn Taymiya considère donc bel et bien que ; lorsqu’un homme s’engage à pratiquer la prière, il est impossible qu’il refuse de prier physiquement même lorsqu’on l’y force ! Et il ne dit pas ceci uniquement pour la prière, mais même pour la Zakât, le jeûne, et le Hajj comme nous l’avons vu, ainsi que l’obéissance physique au jugement du messager d’Allah lors des litiges !

Alors comment dire qu’Ibn Taymiya juge musulman celui qui refuse d’obéir à la Loi d’Allah extérieurement, et qu’il puisse se soumettre à Sa Loi dans le cœur ?!

Quant à ceux qui prétendent que la Foi du cœur peut exister sans provoquer la pratique du corps même lorsqu’on est capable de pratiquer ; ils sont mécréants, comme l’ont noté plusieurs salafs, comme l’Imam Ahmad, l’imam Al Houmaydî, et Ibn Jarrâh ; qu’Allah les agrée ; Ibn Taymiya dit dans Majmoû‘ Fatâwâ volume 7/209 :

« Hanbal a dit : Al Houmayyidî nous a raconté : J’ai appris qu’il y a des gens qui disent : Celui qui reconnait la prière, la Zakât, le jeûne, le pèlerinage puis ne pratique rien de cela jusqu’à sa mort, ou bien prie dos à la Qibla toute sa vie jusqu’à sa mort, c’est un croyant qui a une faible Foi tant qu’il ne renie pas et qu’il sait que sa foi réside dans l’abandons de cela, et qu’il reconnait les obligation et la prière vers la Qibla ! Je dis : ceci est la mécréance évidente, et cela contredit livre d’Allah, la sounna de Son messager et les savants musulmans. Allah a dit « Et on ne leur a ordonné que d’adorer Allah, en Lui vouant la religion pure… » Et Hanbal dit « J’ai entendu Abou ‘Abdilleh Ahmad Ibn Hanbal dire « Celui qui a dit ça a mécru en Allah, a rejeté son commandement et l’enseignement du messager. »

On voit ici qu’Ibn Taymiya n’applique pas ce principe uniquement pour la question de la prière, mais bien sur toute ordre de l’Islam ou tout acte annulant catégoriquement la mécréance du cœur. Et ainsi, celui qui dit « Je témoigne que le Coran est la vérité et que Sa Loi est la plus juste, et j’accepte d’y obéir et je m’y engage, mais je ne l’applique pas, seul ma loi prime dans mon pays, le jugement d’Allah n’est pas reconnu dans mes tribunaux et seul les sentences données selon ma lois sont valables, et seul ce que ma loi interdit sera un crime » : celui qui prétend pouvoir stipuler ces choses là tout en étant croyant dans son cœur, c’est un menteur.
La Race des actes (Jins Al A’mâl) est une expression qui désigne le minimum de l’acte pour pouvoir concrétiser la Foi en Allah et Son messager. Comme vous pouvez le constater : ce n’est pas Safar Al Hawalî qui a inventé cette expression ; comme le prétendent les pseudo salafis !
Ici, Ibn Taymiya déduit une règle générale qui n’est pas valable uniquement pour la question de la prière, mais pour toute chose dans l’Islam, et c’est cette règle générale qui lui sert d‘argument sur la question de la prière, et la preuve que cette règle n’est pas exclusive à la prière, c’est qu’Ibn Taymiya l’a utilisé aussi concernant le fait de prononcer l’attestation de la Foi 7/188 et le fait d’obéir physiquement au jugement du messager lors des litiges 7/221.

Et ainsi, nous savons que, lorsqu’Ibn Taymiya disait :

« Et même si on ne pratique pas physiquement ce commandement ; à partir du moment où les renseignements sont accepté par confession et que les ordres sont accepté par soumission : la base de la Foi est alors établis dans le cœur, qui est la sérénité et l’acceptation. »

Il parle de celui qui n’a pas la capacité physique d’agir : celui-ci possède la Foi à partir du moment où, dans son cœur, il désir obéir à Allah et s’y engage.

Et ce fondement,  Ibn Taymiya l’applique également sur le principe de l’Islam qui est de prendre Allah et Son messager pour seul référence législative, et judiciaire lors des litiges :

Ibn Taymiya dit dans Minhaj Sounnat An-Nabawiyya 5 /130, 131 :

« Et Allah a ordonné à tous les musulmans de reporter leurs désaccords à Allah et Son messager, comme Allah le dit « Ô vous qui avez cru obéissez à Allah, obéissez à son messager et à ceux qui détiennent l’autorité parmi vous , puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement). » (Sourate4 Verset 59), Et Allah dit « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] » (sourate 4 verset 65.) Quiconque ne s’engage pas à prendre pour juge Allah et Son messager dans leurs disputes, Allah a juré par Lui-même qu’Il n’a pas de Foi. Par contre, celui qui adopte la loi d’Allah et du messager intérieurement et extérieurement, mais désobéit et suit sa passion, c’est celui là qui est à classé avec ses semblables parmi les pécheurs. Et ce verset est l’un des arguments des khawârij pour juger mécréant les dirigeants qui ne jugent pas selon ce qu’Allah a révélé, et prétendent que leur dogme est le jugement d’Allah. Il serait vraiment long de mentionner ce que les gens ont dit à ce sujet, et ce que j’ai relaté est prouvé par le contexte du verset. Ce que l’on veut dire : C’est que le faite de juger avec justice est une obligation absolue, en tout lieu à toute époque, pour tout le monde et envers tout le monde. De même, juger par la loi qu’Allah a révélé à Son messager est la justice spécifique, et la plus parfaite forme de justice et la meilleure. Juger par elle est obligatoire pour le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam ainsi que pour tout ceux qui le suivent, quant à celui qui n’adopte pas le jugement d’Allah et de son messager c’est un mécréant. » Fin de citation.

Alors, est ce qu’Ibn Taymiya considère qu’il est suffisant d’accepter dans le cœur, que seul Allah et Son messager doivent être la référence du jugement, même sans pratique extérieure ? Ou bien a-t-il dit : intérieurement et extérieurement ?

Est-ce qu’Ibn Taymiya entend par l’Iltizâm le simple fait d’admettre l’obligation des rites dans son cœur ?

Voici une citation d’Ibn Taymiya, où il nous explique ce qu’il entend par « L’iltizâm » mais que nos opposants utilisent à leur avantage dans Majmoû’ Al Fatâwâ 28/502, 503 :

« Louange à Allah, tous groupe refusant d’adopter un seul rite des rites de l’Islam évidents et avérés, que ce soit ce peuple [des Tatars] ou quelque peuple que ce soit : il est obligatoire de les combattre jusqu’à ce qu’ils adoptent les rites de l’Islam ; même s’ils prononcent les deux attestations et qu’ils adoptes certains rites. C’est comme ça que fit Abou Bakr le véridique, et les compagnons qu’Allah les agrée, avec ceux qui refusèrent de donner la Zakât. Ainsi, les juristes se sont ensuite unanimement entendu sur cela, après le débat qu’il y eu à ce sujet entre ‘Omar et Abou Bakr, qu’Allah les agrée. Les compagnons –qu’Allah les agrée- se sont tous entendu de lutter pour les droits de l’Islam, se conforment ainsi à l’enseignement du Coran et de la Sounna. Ainsi le confirme le Hadîth du prophète sur les Khawârij, sous  dix aspects ; il les y décrivit comme étant les pires créatures de toute la création ; malgré qu’il le décrit en disant  « Vous serez impressionné par leurs prières et leurs jeûnes, au point d’avoir honte de vos prières et vos jeûnes. » Nous savons à partir de là que le simple fait de se réfugier derrière l’Islam sans adopter ses rites ne met pas fin à leur combat. Les combattre reste obligatoire jusqu’à ce que l’obéissance ne soit vouée qu’à Allah uniquement et que le fléau [de la mécréance] soit évincé. Or, à partir du moment où l’obéissance est vouée à un autre qu’Allah ; alors il devient obligatoire de combattre contre cela. Dès lors, quelque soit le groupe qui refuse de célébrer certaines prières obligatoires, ou le jeûne, ou le pèlerinage, ou refuse d’adopter l’interdiction du sang, des biens sacrés des gens, du vin, de la fornication, des jeux de hasard, ou du mariage des femmes qu’il est illicite d’épouser, ou refuse d’adopter la lutte contre les impies, et de leur extirpé la dime aux juifs et aux chrétiens, ou autres exigences ou interdictions religieuses ; pour lesquels il n’existe nul excuse de les rejeter ou de les abandonner, ces rites dont quiconque en conteste le caractère obligatoire devient mécréant. Certes, le groupe qui refuse de s’y soumettre doit être combattu pour cela même s’il  admet qu’il s’agit d’obligation religieuse. Et je ne connais aucune divergence entre les savants à ce sujet. »

Ici, Ibn Taymiya juge clairement mécréant quiconque refuse d’adopter une seule loi de l’Islam ; mais nos opposants disent que ce dont parle Ibn Taymiya ici, c’est : « adopter dans son cœur » même si on n’en pratique rien de son corps.

Voici quelques citations d’Ibn Taymiya ; qui élucideront son avis :

Il dit dans Majmoû‘ Al Fatâwâ 28/544, 545 :

« Louange à Allah, le Seigneur des mondes. Combattre les Tatars qui sont arrivé dans les pays du Châm est une obligation prescrite par le Coran et la Sounna. Allah a dit dans le Coran « Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de trouble et que le Dîn soit totalement à Allah. » Or, le Dîn est l’obéissance ; et lorsqu’une partie de l’obéissance est pour Allah et qu’une autre partie est pour un autre qu’Allah ; il est obligatoire de combattre jusqu’à ce que l’obéissance soit totalement à Allah. C’est pour ça qu’Allah a dit « Ô vous qui avez la Foi ; laissez ce qu’il reste de l’usure si vous avez vraiment la Foi ! Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son messager.» Ce verset fut révélé lorsque les habitants de Tâ’if se convertirent à l’Islam, et qu’ils adoptèrent la prière et le jeûne ; mais ils renoncèrent à abandonner l’usure. Allah déclara alors qu’ils sont en guerre contre Allah et Son messager, et qu’il est obligatoire de leur faire la guerre. Alors, que dire de celui qui abandonne beaucoup de rites de l’Islam ; ou la majorité d’entre eux –comme le font les Tatars- ! Et tous les savants musulmans sont d’accord pour dire que le groupe rebelle qui renonce à certaines obligations de l’Islam évidentes et avérées, il est obligatoire de le combattre, si ceux de ce groupe prononcent les deux attestations de la foi mais renoncent à la prière et la Zakât, ou au jeûne du mois de Ramadan ou au Hajj, ou à juger entre eux d’après le Livre d’Allah et la Sounna, ou renonce à l’interdiction des turpitudes ou de l’alcool ou du mariage avec les femmes qu’il est interdit d’épouser ; ou permettent de s’emparer des vies et des biens des gens sans aucun droit, ou l’usure, ou les jeux de hasard, ou la lutte contre les mécréants ou d’extirper la dime aux juifs et chrétiens, ou autre rites de l’Islam : ils doivent être combattu jusqu’à ce que l’obéissance soit totalement pour Allah. »

Et il dit 22/51 :

« Oui, certes, les Tatars prononcent les deux attestations de la Foi. Mais malgré ça, il est obligatoire de livrer batail à l’unanimité de tous les musulmans. Et il en est ainsi pour tout groupe renonçant à un seul rite des rites de l’Islam que ce soit des pratiques du corps ou du cœur, qui sont connues, eh bien il est obligatoire de les combattre. S’ils disent : Nous attestons mais nous ne prions pas : il faut les combattre jusqu’à ce qu’ils prient. S’ils disent « Nous prions mais ne donnons pas la Zakât ; il faut les combattre jusqu’à ce qu’ils donnent la Zakât. S’ils disent : Nous faisons la prière, nous donnons la Zakât, mais nous ne faisons pas le Hajj : ils doivent être combattu jusqu’à ce qu’il jeûne le Ramadan et célèbrent le Hajj. Et s’ils disent « Nous faisons tout ça, mais nous n’abandonnons pas l’usure, ni la consommation d’alcool, ni les turpitudes, et nous ne luttons pas dans le sentier d’Allah, et nous n’extirpons pas la dime aux juifs et aux chrétiens, et les choses comme ça ; ils doivent être combattu jusqu’à ce qu’ils fassent cela ; comme le dit Allah « Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de trouble et que le Dîn soit totalement à Allah. » »

Alors, à partir de quand Ibn Taymiya voit il que le combat cesse ? Lorsque ces groupes rebelles « adoptent dans leur cœur même s’ils ne le pratique pas de leurs corps » ? Ou bien « Jusqu’à ce qu’il : Fassent la prière, qu’ils donnent la Zakât, qu’ils fassent le jeûne, qu’ils fassent le pèlerinage et qu’ils cessent les turpitudes et l’usure ?! »

Et penses-tu que si les Tatars avaient dit « Bon, d’accord, nous acceptons la prière, le jeûne, le Hajj et on s’engage à pratiquer tout cela, mais nous ne pratiquerons rien de tout ça de notre corps ! » Tu penses qu’Ibn Taymiya les aurait alors jugé musulman et aurait cessé de les combattre ?!

Penses tu que s’ils avaient dit « Bon ! D’accord ! On accepte l’interdiction de l’usure et de l’alcool, on s’engage à cesser de le faire, mais on ne cessera pas de le faire de notre corps et d’ailleurs on obligera quiconque à des dettes d’intérêts de les payer, et on interdira de s’en prendre aux fabriquant d’alcool » Ibn Taymiya les aurait considéré musulman et aurait cessé de les combattre ?!

Ibn Taymiya a clairement noté que ces gens doivent être combattus jusqu’à ce qu’ils pratiquent ces rites, et il n’a pas dit « Jusqu’à ce qu’ils les acceptent dans leur cœur. » Et il n’a pas dit ça uniquement pour la prière et les piliers de l’Islam, mais même pour l’usure et l’alcool ! Et bien que l’usure est un grand péché, et que le simple fait de le commettre n’est pas une grande mécréance ; Ibn Jarîr At-Tabarî rapporte le récit suivant :

« Selon Ibn ‘Abbâs, concernant le verset « Ô vous qui avez la Foi ; laissez ce qu’il reste de l’usure si vous avez vraiment la Foi ! Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son messager. » Quiconque demeure sur l’usure et ne la quitte pas, il est du droit de l’Imâm de lui ordonner de se repentir, et s’il ne la quitte pas : il doit être décapité. »

Voit comme Ibn ‘Abbâs considérait que le fait de refuser d’abandonner l’usure mérite la peine d’apostasie de l’Islam !

Alors, penses tu qu’Ibn Taymiya aurait jugé musulman celui qui dit « Nous avouons qu’Allah Est le meilleurs des juges, et qu’il est interdit de délaisser Sa Loi, et nous adoptons Sa Loi dans nos cœur et nous nous engageons à Lui obéir, mais nous ne nous référerons pas à Lui pour nos lois, nos lois seront choisies par le peuple et légiférée par le parlement ; ce que le parlement décidera sera la loi qu’il est obligatoire de suivre et qu’il est interdit de quitter, et aucune autre lois ne primera sur nos lois, même celle d’Allah » ! ?

Et Allah est plus savant


Source: Extrait de "la victoire des gens de la foi" et introduction du frère Abou Salmane.
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Message par Invité le Mar 16 Déc - 19:45

Autre preuve:


Ibn Taymiyya a dit :

« Lorsqu’un homme rend permis une chose unanimement interdite, ou au contraire interdit une chose unanimement permise, ou remplace la Loi unanimement reconnue, il est un mécréant à l’unanimité des savants »
(Source : Madjmou al-Fatawa, volume 3, page 267)

donc le gouverneur ou le musulman qui suit ses passions en rendant licite l'illicite ou illicite le licite comme le fait de mettre en place un système politique économique et social autre que la charia, ibn taymiyya dit bien qu'il est mécréant!

Ibn Taymiyya a dit :

« Celui qui gouverne sans se référer au Livre Saint est un Tâghoût »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 28/201)


Ibn Taymiyya a dit :

« La Loi descendue de la part d’Allâh est le Coran et la Sounna avec laquelle Allâh envoya Son Messager, sallaaLlaahu ‘alayhi wa sallam. Cette Loi personne n’a le droit de la quitter, seul un mécréant la quitte »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 11/262)


Ibn Taymiyya a dit :

« Il ne fait aucun doute que celui qui ne croit pas en l’obligation de juger par ce qu’Allâh a révélé à Son Messager, sallaaLlaahu ’alayhi wa sallam, est un mécréant … »
(Source : al-Minhadj)


Ibn Taymiyya a dit :

« Il est fondamentalement connu dans la Religion des musulmans, et il y a unanimité pour tous les musulmans, que quiconque accepte de suivre une autre religion que l’Islam, ou de suivre une autre loi que la Loi de Muhammad, sallaaLlaahou ‘alayhi wa sallam, c’est un mécréant. Sa mécréance est la même que celui qui croit en une partie du Coran et mécroit en une autre, comme Allâh l’a dit : « Certes, ceux qui mécroient en Allâh et Son Messager, et veulent faire une distinction entre Allâh et Ses Messagers, et disent : « Nous croyons en certains et ne croyons pas en d’autres » - et veulent prendre une voie intermédiaire à cela, ceux-là sont les véritables mécréants, et Nous avons préparé un terrible châtiment pour les mécréants » »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 28/524)


Ibn Taymiyya a dit :

« Il est connu que quiconque annule les ordres et les interdits avec lesquels Allâh a envoyé Ses Messagers, est un mécréant à l’unanimité des musulmans, des juifs et de ceux qui se disent chrétiens »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 1/106)


Ibn Taymiyya a dit :

« Et c'est pourquoi toute personne chez qui les gens vont dans le but de chercher un autre jugement que le Coran et la Sounna est appelée un Tâghoût »
(Source : Madjmu' al-Fatawa, page 20)


Ibn Taymiyya a dit :

« Allâh -subhaanahu wa ta'aalaa- a dit: « Auraient-ils des associés qui leur ont légiféré des règles à suivre qu’Allâh n’a jamais voulu? -Alors, quiconque rend obligatoire avec sa parole ou son acte, quelque chose qu’Allâh n’a pas légiféré – il a légiféré ce qu’Allâh n’a pas voulu. Et celui qui le suit dedans, il l’a pris pour un associé à Allâh qui lui a légiféré ce qu’Allâh n’a pas permis »
(Source : Iqtida’ as-Siratil-Moustaqîm, page 267)


Ibn Taymiyya a dit dans Madjmou’ al-Fatawa, 35/365 :

« Celui qui change la Loi du Messager et met à la place une autre loi, sa loi est fausse et il n’est pas permis de le suivre, comme a dit Allâh : « Auraient-ils des associés qui leur ont légiféré des règles à suivre qu’Allâh n’a jamais voulu? »


Ibn Taymiyya a dit :

« Il est fatalement connu dans la Loi des musulmans, et tous les musulmans s’entendent pour affirmer que celui qui permet de suivre une autre loi que l’Islam, ou une autre législation que Celle de Muhammad, sallaaLlaahu 'alayhi wa sallam, est un mécréant, et sa mécréance est comme celle de celui qui croit en une partie du Livre et mécroit en une autre … »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 28/524) - See more at: http://lanse-solide.at.ua/load/fatawa/gouverneur/les_gouverneurs_d_39_apres_ibn_taymiyya_rahimahullah/37-1-0-48#sthash.OjPTsuNK.dpuf
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default Re: Ibn Taïmiya et l’istihlâl

Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 20:09

hbnoppto a écrit:Je reviens sur ma position sur le cas numéro 2.Toute personne musulmane gouverneur ou simple citoyen qui adhère par le coeur et la langue à l'islam à se soumettre au loi d'Allah mais qui rend licite ce qui est illicite ou qui rend illicite le licite est un mécréant c'est pas possible qu'il soit encore musulman...
Un gouverneur ou simple citoyen qui se dit musulman par le coeur et la langue acte interne externe et qui soutient la mise en place ou consolide un système politique économique social autre que la charia ne peut pas être considéré comme musulman car il rend licite l'illicite et illicite le licite et donc mécroit en Allah...

Très bon article qui explique cela et ibn taymiyya n'a jamais dit qu'une personne restait musulmane en acceptant que le licite devient illicite et l'illicite licite... :

Al Iltizam

Al iltizam désigne l'acceptation d'une chose donnée en acceptant toute forme de responsabilité de la part de l'objet de cet iltizam et ce quel qu’il soit et quelques soit le domaine. Ainsi l'iltizam de l'obéissance du messager   désigne le fait d'accepter ses ordres et interdits et ce quel qu’ils soient sans manifester la moindre opposition et de lui reconnaitre donc ce droit d'être obéis quelques soit ses ordres. Comme dit Allah dans le Qor'an " Et la parole des croyants lorsqu'ils sont appelés a ce qu'Allah et Son Messager jugent entre eux n'est autre que de dire " nous avons entendu et obéis ". C'est à dire quelques soient les ordres d'Allah nous seront convaincu de leur véracité et bienfait et nous les acceptons. Ainsi celui qui reconnait cela a Allah et Son Messager   aura été croyant en Allah et Son Messager  et cette reconnaissance est l'une des formes d'adoration les plus manifestes et les plus importantes, et de ce fait celui qui reconnait ce droit a une tiers personne ou quoique ce soit d'autres crus en cet être et lui aura manifesté l'une des formes de croyance les plus manifestes et l'aura respectés comme on respecte Allah et Sa Législation et ses Messagers.

Certains disent : Lorsqu’un homme est « Moultazim », c'est-à-dire qu’il adopte dans son cœur la Loi d’Allah, il est musulman même si, physiquement, il désigne un autre qu’Allah comme source de Loi à laquelle il faut obéir, ou qu’il fait serment de ne jamais désobéir à la loi du Tâghoût et à la constitution forgée ; ou qu’il invalide tous les verdicts rendus par des juges musulmans basés sur la Loi d’Allah et impose de ne se référer qu’à la loi du Tâghoût, et considère que seul ce que la Loi du Tâghoût dénonce comme un crime sera considéré comme un crime, que seul ce que la Loi du Tâghoût interdit de commettre sera interdit, et que seul ce qu’exige la loi du Tâghoût sera exigé.

Sache, qu’Allah te fasse miséricorde, qu’Allah s’est adressé aux hommes et au Djinn par le biais de ses messagers, qu’Il envoya avec un discours incluant deux choses :

Des renseignements.

Des commandements.

Et l’homme n’a pas de Foi tant qu’il n’a pas cru en tous les renseignements qui lui parviennent comme venant du messager d’Allah, et qu’il ne s’est pas engagé à obéir à tous les commandements qui lui parviennent comme venant du messager d’Allah.

Ibn Taymiya dit dans Sârim Al Masloûl page 519 :

« La Foi, bien qu’elle soit composée de la confession, ce n’est pourtant pas le simple fait de confesser la vérité, c’est aussi l’acceptation et la sérénité. Ceci car la confession est en rapport avec les renseignements uniquement, alors que les commandements, eux, ne sont pas concerné par la confession vu qu’il s’agit de commandement. Et la parole d’Allah est composée de renseignements et de commandements : on répond aux renseignements par la confession, et on répond aux commandements par la docilité et la soumission qui sont l’acte du cœur : c’est l’assemblement de la soumission et la docilité aux commandements. Et même si on ne pratique pas physiquement ce commandement ; à partir du moment où les renseignements sont acceptés par confession et que les ordres sont acceptés par soumission : la base de la Foi est alors établis dans le cœur, qui est la sérénité et l’acceptation. » Fin de citation.

Donc, avoir Foi en la Loi d’Allah, ce n’est pas le simple fait d’avouer que cette Loi vient d’Allah, et d’avouer que c’est la meilleure des lois ; et d’avouer qu’il est interdit de l’abandonner… Rien de tout ceci ne fait naitre la Foi dans le cœur, tant que ce n’est pas accompagné de la soumission et à la docilité du cœur : Il faut s’engager à obéir, même s’il arrive de ne pas accomplir ce vœu d’obéissance ; par incapacité physique ; tant que la volonté d’obéir et l’amour des commandements sont encrés dans le cœur.
Ceci est un fondement authentique, qui est que la racine de la Foi se trouve dans le cœur et non sur le corps. Mais les hérétiques jouent sur cela et prétendent que cette Foi du cœur n’a pas forcément d’effet sur le corps, et que donc il est possible qu’un homme ait Foi dans son cœur même s’il ne pratique rien du tout de son corps. Pire encore, ils disent que même lorsqu’on adhère à une autre Loi que celle d’Allah et qu’on s’engage à s’y soumettre et à ne pas y désobéir, cela ne contredis pas la soumission à la Loi d’Allah dans le cœur ; et qu’il est possible de s’engager à la fois à la Loi d’Allah et à la loi du Tâghoût !

Et leur argument pour dire cela, c’est le passage précité où Ibn Taymiya a dit :

« Et même si on ne pratique pas physiquement ce commandement ; à partir du moment où les renseignements sont accepté par confession et que les ordres sont accepté par soumission : la base de la Foi est alors établis dans le cœur, qui est la sérénité et l’acceptation. »

Ils font donc croire que, selon Ibn Taymiya, il est possible d’avoir la racine de la Foi dans le cœur, tout en ne pratiquant rien de son corps, et pire encore : même si physiquement on s’engage à obéir à un autre qu’Allah et qu’on décrète l’obligation d’obéir à la Loi du Tâghoût et l’interdiction d’y désobéir !

Et quel mensonge à l’encontre d’Ibn Taymiya !

Ibn Taymiya déduit que la Foi du cœur et la pratique du corps sont indissociables chez tout être physiquement capable de pratiquer.

Voici les citations où Ibn Taymiya confirme ce principe :

Majmou’ fatawa 7/188

« La volonté totale réunie avec la capacité physique ne peuvent être séparés de l’action : Il est en effet impossible qu’un homme aime Allah et Son messager, et désir ce qu’Allah et Son messager aiment -d’une volonté ferme, en étant capable de l’accomplir-  puis ne le fait pas. Lorsque l’homme ne déclare pas sa Foi alors qu’il en est capable, cela prouve qu’il n’y a pas, dans son cœur, cette Foi obligatoire qu’Allah a exigé de lui. » Fin de citation.

Majmoû‘ Fatâwâ 7/221 :

« Et le Coran expose que la Foi du cœur est relativement inséparable de la pratique du corps ; comme dans le verset où Allah dit « 47] Et ils disent: "Nous croyons en Allah et au messager et nous obéissons". Puis après cela, une partie d'entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants.  [48] Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d'entre eux s'éloignent.  [49] Mais s'ils ont le droit en leur faveur, ils viennent à lui, soumis. » Jusqu’à ce qu’Allah dise « La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est: "Nous avons entendu et nous avons obéi". Et voilà ceux qui réussissent. » Allah a donc nié la Foi de quiconque renonce à l’obéissance envers le messager, et annonça que lorsque les croyants sont incité au recours à Allah et Son messager pour trancher de leur litige, ils écoutent et obéissent, et Il exposa que ceci est l’effet provoqué par la Foi. »

Regarde comme ici, Ibn Taymiya considéra que se soumettre de son corps au jugement d’Allah et de Son messager est inséparable de la Foi. Et il parle bien de l’acte du corps et non l’acte du cœur, car l’acte du cœur n’est pas un effet de la Foi mais bien un composant de la base de la Foi ; ce sont les actes du corps qui en sont l’effet inséparable.

Majmoû‘ Fatâwâ 7/526 :

« Quiconque admet que le Messager dit la vérité, mais le déteste, fait rupture avec lui de son cœur et de son corps, il est catégoriquement et forcément mécréant. Et s’ils [les Mourji’a] incluent les actes du cœur dans la Foi [sans les actes extérieurs] alors ils se trompent également, car il est impossible que la foi s’établisse dans le cœur sans mouvement du corps. »

Majmoû‘ Fatâwâ 7/582 :

« Lorsque la pratique des actes obligatoires extérieurs diminue, c’est à cause d’une diminution de Foi dans le cœur. En effet, on ne peut imaginer que la Foi obligatoire du cœur soit parfaite alors que les actes obligatoires extérieurs sont absents. Au contraire, lorsque l’un est parfait, cela cause la perfection de l’autre. De même, la diminution de l’un a pour effet la diminution de l’autre, vu que considérer une Foi valable dans le cœur sans parole ni acte extérieur, c’est comme considérer une cause valable sans effet, ou une cause valable sans conséquence, et c’est impossible…»

Majmoû‘ Fatâwâ  7/611 :

« Et il est impossible qu’un homme ait une Foi affirmée dans son cœur qu’Allah lui a imposé là prière, la Zakât, le jeûne et le Hajj, et qu’il vive son existence sans se prosterner du tout, ni jeûner un Ramadan, ni donner une seul Zakât, ni faire un seul pèlerinage, ceci est impossible et ne provient qu’avec l’hypocrisie du cœur et la perfidie (Zandaqa) et non pas avec un Foi valable, ce pourquoi Allah soubhânah a décrit ceux qui refusent de se prosterner parmi les mécréants « Le jour où un tibia sera découvert et qu’on les invitera à se prosterner, mais ils ne le pourront pas… » Sourate 68 versets 42, 43. » »

Majmoû‘ Fatâwâ  7/615, 616 :

« Il est normalement inimaginable qu’un homme ait Foi, dans son cœur, qu’Allah exige de lui d’accomplir la prière, d’admettre cela et d’adopter la Loi du prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, ainsi que ses enseignements, puis qu’ensuite le détenteur d’autorité lui ordonne de prier, et qu’il refuse d’obéir jusqu’à ce qu’il soit exécuté ; tout en ayant en même temps la Foi dans le cœur ?! Une telle personne ne peut être que mécréante ! Et s’il dit « J’admet qu’elle est obligatoire, sauf que je ne la fait pas » cette prétention ainsi dite, n’est autre qu’un mensonge de sa part ; tout comme lorsque quelqu’un prend un Coran et le jette dans les ordures puis il prétend « Je suis témoins que ce qui s’y trouve est la parole d’Allah » ou qu’il tue un prophète puis dit « Je suis témoins que cet homme est le messager d’Allah » et  les actes comme ça, qui invalident la Foi du cœur. Lorsqu’un homme dit « J’ai la Foi dans mon cœur » dans ces situations semblables ; c’est un menteur de part ce qu’il a exprimé comme propos.

Ce sujet, il convient d’y réfléchir : celui qui connait ce lien qu’il existe entre le corps et le cœur, alors toutes les ambigüités à ce sujet cesseront, et il saura alors que les juristes qui furent d’avis que celui qui avoue l’obligation [de la prière] et refuse de la pratiquer ne doit pas être condamné à mort, ou alors qu’il doit l’être mais en tant que musulman et [non en tant qu’apostat ;] ces juristes là sont imprégnés des mêmes ambigüités que les Mourji’a et les Jahmiya, et des mêmes ambiguïtés que ceux qui disent que la volonté ferme accompagnée de la capacité totale ne cause aucun acte. C’est pour ça que les juristes qui refusent de le condamner à mort ont basé leur avis sur leur tendance, concernant la question de la Foi, qui est que les actes ne font pas partie de la Foi. Et comme nous l’avons déjà dit : La « race » des actes est inséparable de la Foi du cœur. Or, une Foi valide dans le cœur sans actes apparents sur le corps est une chose impossible ;  même si on dit que les actes apparents sont un effet de la Foi ou une partie de la Foi ; c’est la même chose ; comme nous l’avons expliqué précédemment. »

Majmoû‘ Al Fatâwâ 22/49 :

« Celui qui l’abandonne [la prière] constamment jusqu’à ce qu’il meurt sans se prosterner du tout pour Allah ; celui-là ne peut en aucun cas être un musulman qui admet qu’elle est obligatoire. Car avoir conviction de l’obligation, et avoir conviction que celui qui l’abandonne mérite la peine de mort : ceci motivera parfaitement à l’accomplir ; et la motivation réunie à la capacité physique implique la présence de ce qu’on est capable de faire. S’il est capable de la faire, et ne la fait pas du tout : on saura alors qu’il n’a aucune motivation. Et la conviction totale que celui qui abandonne la prière sera châtié pousse à la pratiquer. Cela dit, il se peut que, parfois, certaines choses lui font obstacle, ce qui l’amène à la retarder et à abandonner certaines obligations dans la prière, ou de l’abandonner de temps en temps. Mais pour ce qui est de celui qui l’abandonne constamment et ne prie pas du tout, et meurt ainsi, celui-là n’est pas musulman. »

Après ces citations, (et il y a encore d’autres passages qui confirment ce fondement) nous apprenons qu’Ibn Taymiya considère impossible d’avoir une Foi correcte dans le cœur sans qu’il n’y ait de suivit du corps, par la pratique extérieure, lorsqu’on a la capacité physique de le faire. Ceci car il considère la Foi du cœur comme une cause provoquant la pratique ; et, par conséquent, considère que la Foi du cœur et la pratique du corps sont indissociables. De même, celui qui ne pratique rien de son corps alors qu’il en est capable, n’a forcément aucune Foi dans le cœur.

Et regarde dans la 6ième citation ! Comme il considéra même que les juristes qui sont d’avis qu’un homme qui refuse de prier jusqu’à ce qu’il soit condamné à mort à cause de cela, reste musulman et sera traité comme un musulman après son exécution : ils sont imprégnés de l’hérésie des Jahmiya !  Ibn Taymiya considère donc bel et bien que ; lorsqu’un homme s’engage à pratiquer la prière, il est impossible qu’il refuse de prier physiquement même lorsqu’on l’y force ! Et il ne dit pas ceci uniquement pour la prière, mais même pour la Zakât, le jeûne, et le Hajj comme nous l’avons vu, ainsi que l’obéissance physique au jugement du messager d’Allah lors des litiges !

Alors comment dire qu’Ibn Taymiya juge musulman celui qui refuse d’obéir à la Loi d’Allah extérieurement, et qu’il puisse se soumettre à Sa Loi dans le cœur ?!

Quant à ceux qui prétendent que la Foi du cœur peut exister sans provoquer la pratique du corps même lorsqu’on est capable de pratiquer ; ils sont mécréants, comme l’ont noté plusieurs salafs, comme l’Imam Ahmad, l’imam Al Houmaydî, et Ibn Jarrâh ; qu’Allah les agrée ; Ibn Taymiya dit dans Majmoû‘ Fatâwâ volume 7/209 :

« Hanbal a dit : Al Houmayyidî nous a raconté : J’ai appris qu’il y a des gens qui disent : Celui qui reconnait la prière, la Zakât, le jeûne, le pèlerinage puis ne pratique rien de cela jusqu’à sa mort, ou bien prie dos à la Qibla toute sa vie jusqu’à sa mort, c’est un croyant qui a une faible Foi tant qu’il ne renie pas et qu’il sait que sa foi réside dans l’abandons de cela, et qu’il reconnait les obligation et la prière vers la Qibla ! Je dis : ceci est la mécréance évidente, et cela contredit livre d’Allah, la sounna de Son messager et les savants musulmans. Allah a dit « Et on ne leur a ordonné que d’adorer Allah, en Lui vouant la religion pure… » Et Hanbal dit « J’ai entendu Abou ‘Abdilleh Ahmad Ibn Hanbal dire « Celui qui a dit ça a mécru en Allah, a rejeté son commandement et l’enseignement du messager. »

On voit ici qu’Ibn Taymiya n’applique pas ce principe uniquement pour la question de la prière, mais bien sur toute ordre de l’Islam ou tout acte annulant catégoriquement la mécréance du cœur. Et ainsi, celui qui dit « Je témoigne que le Coran est la vérité et que Sa Loi est la plus juste, et j’accepte d’y obéir et je m’y engage, mais je ne l’applique pas, seul ma loi prime dans mon pays, le jugement d’Allah n’est pas reconnu dans mes tribunaux et seul les sentences données selon ma lois sont valables, et seul ce que ma loi interdit sera un crime » : celui qui prétend pouvoir stipuler ces choses là tout en étant croyant dans son cœur, c’est un menteur.
La Race des actes (Jins Al A’mâl) est une expression qui désigne le minimum de l’acte pour pouvoir concrétiser la Foi en Allah et Son messager. Comme vous pouvez le constater : ce n’est pas Safar Al Hawalî qui a inventé cette expression ; comme le prétendent les pseudo salafis !
Ici, Ibn Taymiya déduit une règle générale qui n’est pas valable uniquement pour la question de la prière, mais pour toute chose dans l’Islam, et c’est cette règle générale qui lui sert d‘argument sur la question de la prière, et la preuve que cette règle n’est pas exclusive à la prière, c’est qu’Ibn Taymiya l’a utilisé aussi concernant le fait de prononcer l’attestation de la Foi 7/188 et le fait d’obéir physiquement au jugement du messager lors des litiges 7/221.

Et ainsi, nous savons que, lorsqu’Ibn Taymiya disait :

« Et même si on ne pratique pas physiquement ce commandement ; à partir du moment où les renseignements sont accepté par confession et que les ordres sont accepté par soumission : la base de la Foi est alors établis dans le cœur, qui est la sérénité et l’acceptation. »

Il parle de celui qui n’a pas la capacité physique d’agir : celui-ci possède la Foi à partir du moment où, dans son cœur, il désir obéir à Allah et s’y engage.

Et ce fondement,  Ibn Taymiya l’applique également sur le principe de l’Islam qui est de prendre Allah et Son messager pour seul référence législative, et judiciaire lors des litiges :

Ibn Taymiya dit dans Minhaj Sounnat An-Nabawiyya 5 /130, 131 :

« Et Allah a ordonné à tous les musulmans de reporter leurs désaccords à Allah et Son messager, comme Allah le dit « Ô vous qui avez cru obéissez à Allah, obéissez à son messager et à ceux qui détiennent l’autorité parmi vous , puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement). » (Sourate4 Verset 59), Et Allah dit « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] » (sourate 4 verset 65.) Quiconque ne s’engage pas à prendre pour juge Allah et Son messager dans leurs disputes, Allah a juré par Lui-même qu’Il n’a pas de Foi. Par contre, celui qui adopte la loi d’Allah et du messager intérieurement et extérieurement, mais désobéit et suit sa passion, c’est celui là qui est à classé avec ses semblables parmi les pécheurs. Et ce verset est l’un des arguments des khawârij pour juger mécréant les dirigeants qui ne jugent pas selon ce qu’Allah a révélé, et prétendent que leur dogme est le jugement d’Allah. Il serait vraiment long de mentionner ce que les gens ont dit à ce sujet, et ce que j’ai relaté est prouvé par le contexte du verset. Ce que l’on veut dire : C’est que le faite de juger avec justice est une obligation absolue, en tout lieu à toute époque, pour tout le monde et envers tout le monde. De même, juger par la loi qu’Allah a révélé à Son messager est la justice spécifique, et la plus parfaite forme de justice et la meilleure. Juger par elle est obligatoire pour le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam ainsi que pour tout ceux qui le suivent, quant à celui qui n’adopte pas le jugement d’Allah et de son messager c’est un mécréant. » Fin de citation.

Alors, est ce qu’Ibn Taymiya considère qu’il est suffisant d’accepter dans le cœur, que seul Allah et Son messager doivent être la référence du jugement, même sans pratique extérieure ? Ou bien a-t-il dit : intérieurement et extérieurement ?

Est-ce qu’Ibn Taymiya entend par l’Iltizâm le simple fait d’admettre l’obligation des rites dans son cœur ?

Voici une citation d’Ibn Taymiya, où il nous explique ce qu’il entend par « L’iltizâm » mais que nos opposants utilisent à leur avantage dans Majmoû’ Al Fatâwâ 28/502, 503 :

« Louange à Allah, tous groupe refusant d’adopter un seul rite des rites de l’Islam évidents et avérés, que ce soit ce peuple [des Tatars] ou quelque peuple que ce soit : il est obligatoire de les combattre jusqu’à ce qu’ils adoptent les rites de l’Islam ; même s’ils prononcent les deux attestations et qu’ils adoptes certains rites. C’est comme ça que fit Abou Bakr le véridique, et les compagnons qu’Allah les agrée, avec ceux qui refusèrent de donner la Zakât. Ainsi, les juristes se sont ensuite unanimement entendu sur cela, après le débat qu’il y eu à ce sujet entre ‘Omar et Abou Bakr, qu’Allah les agrée. Les compagnons –qu’Allah les agrée- se sont tous entendu de lutter pour les droits de l’Islam, se conforment ainsi à l’enseignement du Coran et de la Sounna. Ainsi le confirme le Hadîth du prophète sur les Khawârij, sous  dix aspects ; il les y décrivit comme étant les pires créatures de toute la création ; malgré qu’il le décrit en disant  « Vous serez impressionné par leurs prières et leurs jeûnes, au point d’avoir honte de vos prières et vos jeûnes. » Nous savons à partir de là que le simple fait de se réfugier derrière l’Islam sans adopter ses rites ne met pas fin à leur combat. Les combattre reste obligatoire jusqu’à ce que l’obéissance ne soit vouée qu’à Allah uniquement et que le fléau [de la mécréance] soit évincé. Or, à partir du moment où l’obéissance est vouée à un autre qu’Allah ; alors il devient obligatoire de combattre contre cela. Dès lors, quelque soit le groupe qui refuse de célébrer certaines prières obligatoires, ou le jeûne, ou le pèlerinage, ou refuse d’adopter l’interdiction du sang, des biens sacrés des gens, du vin, de la fornication, des jeux de hasard, ou du mariage des femmes qu’il est illicite d’épouser, ou refuse d’adopter la lutte contre les impies, et de leur extirpé la dime aux juifs et aux chrétiens, ou autres exigences ou interdictions religieuses ; pour lesquels il n’existe nul excuse de les rejeter ou de les abandonner, ces rites dont quiconque en conteste le caractère obligatoire devient mécréant. Certes, le groupe qui refuse de s’y soumettre doit être combattu pour cela même s’il  admet qu’il s’agit d’obligation religieuse. Et je ne connais aucune divergence entre les savants à ce sujet. »

Ici, Ibn Taymiya juge clairement mécréant quiconque refuse d’adopter une seule loi de l’Islam ; mais nos opposants disent que ce dont parle Ibn Taymiya ici, c’est : « adopter dans son cœur » même si on n’en pratique rien de son corps.

Voici quelques citations d’Ibn Taymiya ; qui élucideront son avis :

Il dit dans Majmoû‘ Al Fatâwâ 28/544, 545 :

« Louange à Allah, le Seigneur des mondes. Combattre les Tatars qui sont arrivé dans les pays du Châm est une obligation prescrite par le Coran et la Sounna. Allah a dit dans le Coran « Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de trouble et que le Dîn soit totalement à Allah. » Or, le Dîn est l’obéissance ; et lorsqu’une partie de l’obéissance est pour Allah et qu’une autre partie est pour un autre qu’Allah ; il est obligatoire de combattre jusqu’à ce que l’obéissance soit totalement à Allah. C’est pour ça qu’Allah a dit « Ô vous qui avez la Foi ; laissez ce qu’il reste de l’usure si vous avez vraiment la Foi ! Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son messager.» Ce verset fut révélé lorsque les habitants de Tâ’if se convertirent à l’Islam, et qu’ils adoptèrent la prière et le jeûne ; mais ils renoncèrent à abandonner l’usure. Allah déclara alors qu’ils sont en guerre contre Allah et Son messager, et qu’il est obligatoire de leur faire la guerre. Alors, que dire de celui qui abandonne beaucoup de rites de l’Islam ; ou la majorité d’entre eux –comme le font les Tatars- ! Et tous les savants musulmans sont d’accord pour dire que le groupe rebelle qui renonce à certaines obligations de l’Islam évidentes et avérées, il est obligatoire de le combattre, si ceux de ce groupe prononcent les deux attestations de la foi mais renoncent à la prière et la Zakât, ou au jeûne du mois de Ramadan ou au Hajj, ou à juger entre eux d’après le Livre d’Allah et la Sounna, ou renonce à l’interdiction des turpitudes ou de l’alcool ou du mariage avec les femmes qu’il est interdit d’épouser ; ou permettent de s’emparer des vies et des biens des gens sans aucun droit, ou l’usure, ou les jeux de hasard, ou la lutte contre les mécréants ou d’extirper la dime aux juifs et chrétiens, ou autre rites de l’Islam : ils doivent être combattu jusqu’à ce que l’obéissance soit totalement pour Allah. »

Et il dit 22/51 :

« Oui, certes, les Tatars prononcent les deux attestations de la Foi. Mais malgré ça, il est obligatoire de livrer batail à l’unanimité de tous les musulmans. Et il en est ainsi pour tout groupe renonçant à un seul rite des rites de l’Islam que ce soit des pratiques du corps ou du cœur, qui sont connues, eh bien il est obligatoire de les combattre. S’ils disent : Nous attestons mais nous ne prions pas : il faut les combattre jusqu’à ce qu’ils prient. S’ils disent « Nous prions mais ne donnons pas la Zakât ; il faut les combattre jusqu’à ce qu’ils donnent la Zakât. S’ils disent : Nous faisons la prière, nous donnons la Zakât, mais nous ne faisons pas le Hajj : ils doivent être combattu jusqu’à ce qu’il jeûne le Ramadan et célèbrent le Hajj. Et s’ils disent « Nous faisons tout ça, mais nous n’abandonnons pas l’usure, ni la consommation d’alcool, ni les turpitudes, et nous ne luttons pas dans le sentier d’Allah, et nous n’extirpons pas la dime aux juifs et aux chrétiens, et les choses comme ça ; ils doivent être combattu jusqu’à ce qu’ils fassent cela ; comme le dit Allah « Combattez les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de trouble et que le Dîn soit totalement à Allah. » »

Alors, à partir de quand Ibn Taymiya voit il que le combat cesse ? Lorsque ces groupes rebelles « adoptent dans leur cœur même s’ils ne le pratique pas de leurs corps » ? Ou bien « Jusqu’à ce qu’il : Fassent la prière, qu’ils donnent la Zakât, qu’ils fassent le jeûne, qu’ils fassent le pèlerinage et qu’ils cessent les turpitudes et l’usure ?! »

Et penses-tu que si les Tatars avaient dit « Bon, d’accord, nous acceptons la prière, le jeûne, le Hajj et on s’engage à pratiquer tout cela, mais nous ne pratiquerons rien de tout ça de notre corps ! » Tu penses qu’Ibn Taymiya les aurait alors jugé musulman et aurait cessé de les combattre ?!

Penses tu que s’ils avaient dit « Bon ! D’accord ! On accepte l’interdiction de l’usure et de l’alcool, on s’engage à cesser de le faire, mais on ne cessera pas de le faire de notre corps et d’ailleurs on obligera quiconque à des dettes d’intérêts de les payer, et on interdira de s’en prendre aux fabriquant d’alcool » Ibn Taymiya les aurait considéré musulman et aurait cessé de les combattre ?!

Ibn Taymiya a clairement noté que ces gens doivent être combattus jusqu’à ce qu’ils pratiquent ces rites, et il n’a pas dit « Jusqu’à ce qu’ils les acceptent dans leur cœur. » Et il n’a pas dit ça uniquement pour la prière et les piliers de l’Islam, mais même pour l’usure et l’alcool ! Et bien que l’usure est un grand péché, et que le simple fait de le commettre n’est pas une grande mécréance ; Ibn Jarîr At-Tabarî rapporte le récit suivant :

« Selon Ibn ‘Abbâs, concernant le verset « Ô vous qui avez la Foi ; laissez ce qu’il reste de l’usure si vous avez vraiment la Foi ! Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son messager. » Quiconque demeure sur l’usure et ne la quitte pas, il est du droit de l’Imâm de lui ordonner de se repentir, et s’il ne la quitte pas : il doit être décapité. »

Voit comme Ibn ‘Abbâs considérait que le fait de refuser d’abandonner l’usure mérite la peine d’apostasie de l’Islam !

Alors, penses tu qu’Ibn Taymiya aurait jugé musulman celui qui dit « Nous avouons qu’Allah Est le meilleurs des juges, et qu’il est interdit de délaisser Sa Loi, et nous adoptons Sa Loi dans nos cœur et nous nous engageons à Lui obéir, mais nous ne nous référerons pas à Lui pour nos lois, nos lois seront choisies par le peuple et légiférée par le parlement ; ce que le parlement décidera sera la loi qu’il est obligatoire de suivre et qu’il est interdit de quitter, et aucune autre lois ne primera sur nos lois, même celle d’Allah » ! ?

Et Allah est plus savant


Source: Extrait de "la victoire des gens de la foi" et introduction du frère Abou Salmane.

Grâce à Dieu, j'ai répondu à tous ces arguments maintes et maintes fois, et déjà dans l'intervention précédente où j'ai bien fait de préciser la distinguer entre délaisser un acte en particulier, et délaisser tous les actes, ce sont deux choses différentes, et je t'ai ramené un long texte d'ibn Taïmiya qui le démontre !

Je t'ai ramené également son explication de l'iltizam, en donnant l'exemple de la prière, alors pour les sceptiques, je la reposte ici :


Le terme iltizâm revient beaucoup dans le vocabulaire des savants. On entend souvent dans le discours d’ibn Taïmiya notamment que toute personne n’adhérant (iltazama) pas à telle chose devient apostate. Certains en ont compris qu’il s’agissait de délaisser une obligation ou de transgresser un interdit de façon permanente. En parlant d’un fautif éventuel, ils disent qu’il n’est pas multazim. Or, cette conception erronée rejoint exactement celle des premiers kharijites concernant l’auteur d’un grand péché. Nous nous proposons donc de rectifier le tir à travers un certain nombre de points :

1- Dire de quelqu’un qu’il n’est pas multazim ne signifie nullement qu’il délaisse une obligation de façon permanente, contrairement aux idées reçues. Ibn Taïmiya parle de cette réalité au sujet de celui qui ne fait pas la prière. Il explique que l’opinion la plus répandue chez les anciens en commençant par les Compagnons et leurs successeurs, c’est qu’il sort de l’Islam. Or, la divergence porte sur celui qui certes la délaisse, mais qui reconnait son aspect obligatoire, et de surcroit, qui adhère (iltazama) à la faire, bien qu’il soit négligent.

Ainsi, adhérer à une chose ne signifie pas qu’il faille la faire de façon permanente. On peut y adhérer sans pour autant la faire. L’iltizâm est en relation avec le cœur et la croyance non avec les actes. Celui qui n’adhère pas à telle loi avec le cœur devient en effet apostat. C’est ce qui pousse ibn Taïmiya a précisé qu’il existe un iltizâm des actes, bien qu’en lui-même il ne soit pas un paramètre dans la question du takfîr. Juste après le passage précédemment cité, il souligne qu’indépendamment du fait que le fautif ne renie pas le caractère obligatoire (le fameux juhûd) de la prière, il refuse d’adhérer à la faire en étant motivé soit par l’orgueil, soit par la jalousie, soit par la haine d’Allah et de Son Messager. Il reconnait qu’Allah l’a imposée aux musulmans, et que le Messager dit la vérité dans sa transmission du message, mais il refuse (imtana’a) de la faire soit par orgueil, soit par jalousie envers le Messager, soit par chauvinisme envers sa religion, ou soit encore par répulsion envers les enseignements du Messager. Cela relève également de la mécréance à l’unanimité des savants.

Iblîs en effet, n’a pas refusé de se prosterner, car il reniait l’aspect obligatoire de l’ordre qu’il avait reçu ; Allah en effet s’était adressé à lui directement. Cependant, il fut motivé par l’orgueil et l’obstination et rejoignit ainsi les rangs des mécréants.

Il ne s’agit donc pas de ne pas adhérer à une chose dans les actes, mais il faut être motivé en cela par une croyance qui fait sortir de la religion ; soit, l’orgueil, la jalousie, la haine d’Allah et de Son Messager. Ainsi, il devient clair que la mécréance porte sur l’iltizâm du cœur, non sur l’iltizâm des actes.

Or, la question qui se pose d’elle-même ici : quelle est la définition de l’iltizâm ?

Nous pouvons donner en réponse celle que propose l’encyclopédie des légistes, et disant : « L’iltizâm dans l’usage des savants et le vocabulaire des légistes signifie : s’imposer une chose et s’y soumettre. »

Remarque :
- Il est possible de s’imposer une chose et de ne pas la faire par orgueil et obstination, comme l’a fait remarquer ibn Taïmiya plus haut. C’est ce qu’on appelle ‘adam el iltizâm, qui en soit est la marque du kufr.
- Il ne faut pas confondre imtana’a (refuser de faire) et taraka (délaisser ou ne pas faire). or, selon l’une des tendances des savants, ne pas faire la prière fait sortir de la religion, quand bien même on y adhérerait avec le cœur. La prière fait donc exception, wa Allah a’lam !
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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 20:16




Ensuite, L’interaction entre le cœur et les actes est un autre sujet que j'ai développé à plusieurs reprises selon la position d'ibn Taïmiya, notamment dans cet article :

http://mizab.over-blog.com/article-l-interaction-entre-le-coeur-et-les-actes-partie-1-116518598.html

Si j'ai le temps, je répondrais en détail à cet article, en sachant que je ne suis pas forcément en désaccord avec son raisonnement, sauf peut-être avec la conclusion !

En plus le passage où ibn Taïmiya parle de l'iltizam zhahiran wa batinan est souvent utilisé tronqué, comme expliqué dans cet article que je te demande de lire avec attention, regarde :

« Allah a ordonné aux musulmans de soulever leurs litiges éventuels à Allah et au Messager à travers le Verset : Si vous avez le moindre litige, alors ramenez-le à Allah et au Messager, si vraiment vous croyez en Allah et au Jour du jugement dernier ; cela vaut mieux pour vous et aura de meilleures conséquences, Non, par Allah ! Ils ne peuvent prétendre à la foi tant qu’ils ne te soumettent pas leurs litiges, et qu’ensuite, ils ne soient pas infligés par ton jugement en s’y soumettant totalement.

Allah jure par Lui-même que celui qui n’adhère pas (iltazama) au jugement d’Allah et de Son Messager pour les litiges qui opposent les musulmans n’a pas la foi. Quant à celui qui adhère intérieurement et extérieurement au jugement d’Allah, mais qui, dans un élan de désobéissance, obéit à ses passions, est considéré comme les autres désobéissants musulmans.


mais, ils oublient la suite où il dit directement après :

[C’est ce genre de Versets que les kharijites utilisent pour kaffar les gouverneurs qui n’appliquent pas les Lois d’Allah. Puis, ils prétendent que leur croyance est conforme à la Loi d’Allah…]


Juste avant ce passage ibn Taimiya est encore plus explicite, regarde :

« Nul doute que quiconque n’est pas convaincu qu’il incombe d’appliquer les Lois qu’Allah a révélées à Son Messager est un mécréant. Quiconque autorise moralement (istahalla) à régner sur les hommes selon ce qu’il croit être juste, sans se conformer aux Lois d’Allah est un mécréant.
Toute nation en effet aspire à faire régner la justice qui peut être appréciée, dans certaines éthiques, par l’élite. Bon nombre de communautés affiliées à l’Islam se permettent elles-mêmes de se référer à leurs coutumes qui n’ont aucun lien avec la Révélation, comme les coutumes bédouines ou celles qui sont sous l’autorité d’un chef ; celles-ci pensent qu’il convient de suivre ces conventions aux dépens du Coran et de la sunna. La mécréance correspond exactement à cela. Beaucoup de gens qui se convertissent à l’Islam ne se soumettent pourtant qu’à leurs traditions en usage.

Dans la mesure où ces derniers savent pertinemment qu’il n’est pas permis de mettre de côté les Lois d’Allah, s’ils n’y adhèrent pas (iltazama), ou si au contraire ils autorisent moralement (istahallû) à appliquer des lois contraires, ils sont de vulgaires mécréants, [ou sinon, de simples ignorants].

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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 20:25

hbnoppto a écrit:Autre preuve:


Ibn Taymiyya a dit :

« Lorsqu’un homme rend permis une chose unanimement interdite, ou au contraire interdit une chose unanimement permise, ou remplace la Loi unanimement reconnue, il est un mécréant à l’unanimité des savants »
(Source : Madjmou al-Fatawa, volume 3, page 267)

donc le gouverneur ou le musulman qui suit ses passions en rendant licite l'illicite ou illicite le licite comme le fait de mettre en place un système politique économique et social autre que la charia, ibn taymiyya dit bien qu'il est mécréant!

Ibn Taymiyya a dit :

« Celui qui gouverne sans se référer au Livre Saint est un Tâghoût »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 28/201)


Ibn Taymiyya a dit :

« La Loi descendue de la part d’Allâh est le Coran et la Sounna avec laquelle Allâh envoya Son Messager, sallaaLlaahu ‘alayhi wa sallam. Cette Loi personne n’a le droit de la quitter, seul un mécréant la quitte »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 11/262)


Ibn Taymiyya a dit :

« Il ne fait aucun doute que celui qui ne croit pas en l’obligation de juger par ce qu’Allâh a révélé à Son Messager, sallaaLlaahu ’alayhi wa sallam, est un mécréant … »
(Source : al-Minhadj)


Ibn Taymiyya a dit :

« Il est fondamentalement connu dans la Religion des musulmans, et il y a unanimité pour tous les musulmans, que quiconque accepte de suivre une autre religion que l’Islam, ou de suivre une autre loi que la Loi de Muhammad, sallaaLlaahou ‘alayhi wa sallam, c’est un mécréant. Sa mécréance est la même que celui qui croit en une partie du Coran et mécroit en une autre, comme Allâh l’a dit : « Certes, ceux qui mécroient en Allâh et Son Messager, et veulent faire une distinction entre Allâh et Ses Messagers, et disent : « Nous croyons en certains et ne croyons pas en d’autres » - et veulent prendre une voie intermédiaire à cela, ceux-là sont les véritables mécréants, et Nous avons préparé un terrible châtiment pour les mécréants » »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 28/524)


Ibn Taymiyya a dit :

« Il est connu que quiconque annule les ordres et les interdits avec lesquels Allâh a envoyé Ses Messagers, est un mécréant à l’unanimité des musulmans, des juifs et de ceux qui se disent chrétiens »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 1/106)


Ibn Taymiyya a dit :

« Et c'est pourquoi toute personne chez qui les gens vont dans le but de chercher un autre jugement que le Coran et la Sounna est appelée un Tâghoût »
(Source : Madjmu' al-Fatawa, page 20)


Ibn Taymiyya a dit :

« Allâh -subhaanahu wa ta'aalaa- a dit: « Auraient-ils des associés qui leur ont légiféré des règles à suivre qu’Allâh n’a jamais voulu? -Alors, quiconque rend obligatoire avec sa parole ou son acte, quelque chose qu’Allâh n’a pas légiféré – il a légiféré ce qu’Allâh n’a pas voulu. Et celui qui le suit dedans, il l’a pris pour un associé à Allâh qui lui a légiféré ce qu’Allâh n’a pas permis »
(Source : Iqtida’ as-Siratil-Moustaqîm, page 267)


Ibn Taymiyya a dit dans Madjmou’ al-Fatawa, 35/365 :

« Celui qui change la Loi du Messager et met à la place une autre loi, sa loi est fausse et il n’est pas permis de le suivre, comme a dit Allâh : « Auraient-ils des associés qui leur ont légiféré des règles à suivre qu’Allâh n’a jamais voulu? »


Ibn Taymiyya a dit :

« Il est fatalement connu dans la Loi des musulmans, et tous les musulmans s’entendent pour affirmer que celui qui permet de suivre une autre loi que l’Islam, ou une autre législation que Celle de Muhammad, sallaaLlaahu 'alayhi wa sallam, est un mécréant, et sa mécréance est comme celle de celui qui croit en une partie du Livre et mécroit en une autre … »
(Source : Madjmou al-Fatawa, 28/524) - See more at: http://lanse-solide.at.ua/load/fatawa/gouverneur/les_gouverneurs_d_39_apres_ibn_taymiyya_rahimahullah/37-1-0-48#sthash.OjPTsuNK.dpuf

Grâce à Dieu, j'ai également un article qui répond à ce genre de texte, en m'inspirant exclusivement des paroles d'ibn Taïmiya, et à l'occasion, j'y répondrais en détail :

http://mizab.over-blog.com/2014/11/ibn-taimiya-et-le-hukm-bi-ghair-ma-anzala-allah-partie-1.html

Actuellement, je fais un article qui exposera en détail la position d'ibn el Qaïyim !

Ensuite, pour revenir au tatars, tu faisais certainement allusion à ce passage où ibn Taïmiya ordonne de les combattre, déjà, il s'agit d'un envahisseur et non d'un dissident, ou d'un émir en place...

En outre, cet envahisseur est un non musulman, comme le démontre ibn Taïmiya à maintes reprises :


Dans son harangue guerrière qui visait à convaincre ses concitoyens de monter une armée contre l’envahisseur tatar, il fustige : « Ces gens-là, aux yeux des grands spécialistes, ne sont pas à mettre au même rang que les insurgés (bughât) que se rebellent contre l’Imam en place, ou qui sortent de son obéissance, comme ce fut le cas des habitants du Shâm qui sortirent de l’autorité d’Alî ibn Abî Tâlib () ; non, les bughât se contentent de se rebeller contre l’autorité de tel gouverneur, voire de le renverser. Quant aux tatars, ils sont sortis de l’Islam, à la manière des rebelles qui refusent de verser la zakât, et des kharijites qu’Alî réprima. Ce dernier n’avait pas la même approche en fonction de l’armée qu’il avait en face de lui ; sur un front, il avait pour adversaire l’armée du Shâm et de Basra et sur l’autre front, les révoltés de Nahrawân. Avec les premiers, ils se comportaient comme un frère qui s’était disputé avec son frère, mais il avait un autre comportement avec les kharijites. »  Il explique ensuite que conformément aux textes prophétiques, les Compagnons s’entendirent finalement à l’unanimité à combattre sous les ordres d’Abû Bakr, les rebelles à la zakât, et, plus tard, les kharijites. En revanche, bien que les textes en parlent, la querelle qui opposa le troisième khalife à la Syrie ne fit pas consensus chez les Compagnons et leurs successeurs.

Pour la position d'Ibn Taïmiya sur les kharijites, je te renvoies à cet article :


http://mizab.over-blog.com/article-ibn-taimiya-et-les-kharijites-partie-1-77747704.html

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Message par Invité le Mar 16 Déc - 20:39

Donc celui qui qui dit accepter l'islam par le coeur et s'y soumettre mais adhère un système démocratique démo le peuple cratos le pouvoir le pouvoir aux peuples aux humains...Le considères tu encore comme musulman alors qu'il soutient la mise en place d'un système démocratique qui dit que c'est à l'homme de faire les lois à la place d'Allah donc rendre licite l'illicite et illicite le licite.Et cette personne continue à dire qu'elle accepte l'Islam par le coeur et s'y soumet comme Tariq ramadan ou Chalghoumi tout en voulant instaurer un système autre que la charia des lois autre que l'Islam!

C'est pas logique... ça va à l'encontre du bon sens...

Rappel: Ibn Taymiyya a dit :

« Lorsqu’un homme rend permis une chose unanimement interdite, ou au contraire interdit une chose unanimement permise, ou remplace la Loi unanimement reconnue, il est un mécréant à l’unanimité des savants »
(Source : Madjmou al-Fatawa, volume 3, page 267)
- See more at: http://lanse-solide.at.ua/load/fatawa/gouverneur/les_gouverneurs_d_39_apres_ibn_taymiyya_rahimahullah/37-1-0-48#sthash.iJ13vton.dpuf
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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 20:44

hbnoppto a écrit:Donc celui qui qui dit accepter l'islam par le coeur et s'y soumettre mais adhère un système démocratique démo le peuple cratos le pouvoir le pouvoir aux peuples aux humains...Le considères tu encore comme musulman alors qu'il soutient la mise en place d'un système démocratique qui dit que c'est à l'homme de faire les lois à la place d'Allah donc rendre licite l'illicite et illicite le licite.Et cette personne continue à dire qu'elle accepte l'Islam par le coeur et s'y soumet comme Tariq ramadan ou Chalghoumi tout en voulant instaurer un système autre que la charia des lois autre que l'Islam!

C'est pas logique... ça va à l'encontre du bon sens...

Rappel: Ibn Taymiyya a dit :

« Lorsqu’un homme rend permis une chose unanimement interdite, ou au contraire interdit une chose unanimement permise, ou remplace la Loi unanimement reconnue, il est un mécréant à l’unanimité des savants »
(Source : Madjmou al-Fatawa, volume 3, page 267)
- See more at: http://lanse-solide.at.ua/load/fatawa/gouverneur/les_gouverneurs_d_39_apres_ibn_taymiyya_rahimahullah/37-1-0-48#sthash.iJ13vton.dpuf


Akhi el karim !


Tu dois distinguer entre deux choses, entre le kufr et l'implication du kufr ; à l'unanimité, l'istihlal est du kufr et tahkim el qawanin ne fait pas l'unanimité, il désigne au mieux, les implications du kufr, comme l'article va l'expliquer, regarde :

la seule manière de reconnaitre l’istihlâl, c’est de l’entendre verbalement, comme nous l’apprend Sheïkh el ‘Uthaïmîn, et Ahmed e-Najmî. Sheïkh el Fawzân va plus loin en disant qu’il est possible également de le savoir par écrit, en disant par exemple qu’on autorise moralement telle interdiction. Sheïkh Sâlih Âl e-Sheïkh explique qu’il existe deux sortes d’istihlâl, c’est ce qu’il appelle istihlâl el fi’l (l’istihlâl des actes) et istihlâl el hukm (l’istihlâl du cœur).

Ainsi, la prononciation verbale de l’istihlâl est la seule cause légale sur laquelle règne un consensus des savants musulmans. Il existe certes certains indices extérieurs qui confirment l’istihlâl, comme refuser par exemple de prier sous la menace de l’épée ou de payer la zakât par la force, ou d’appliquer les Lois d’Allah sous la menace des armées du chef d’État, comme l’a expliqué Sheïkh ibn Bâz à Salmân el ‘Awda et consorts. Ces indices légaux sont approuvés à l’unanimité des savants. Certains savants contemporains comme Sheïkh Mohammed ibn Ibrahim semblent considérer que la législation des lois humaines (qawânîn el wadhiya) est un indice extérieur de l’istihlâl. Or, cette tendance ne fait pas l’unanimité des savants. Dans la même rencontre citée plus-haut, ibn Bâz explique que les implications d’une loi ne font pas loi (lâzim el hukm laïsa bi hukm).

Ainsi, pour une question aussi grave et aussi complexe, il incombe de mettre en avant le principe de précaution qui est chère aux anciens, et de condamner un coupable à l’apostasie uniquement pour les annulations légales qui ont reçu un consensus. Ibn Taïmiya explique à ce sujet : « Le takfîr ne peut s’avérer pour des choses où plusieurs hypothèses sont possibles. » L’Imam ibn ‘Abd el Wahhâb l’avait bien compris, quand il dit qu’il ne kaffar que pour les choses où règne le consensus, en parlant de l’attestation de foi. Il ne le faisait même pas pour le tarik e-salât par fainéantise, bien qu’il existe des textes sur la question, et que la tendance qui penche vers le takfîr est très forte.


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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 20:47

Ensuite, les remarques que tu fais sur les émirs sont valables pour les innovateurs qui fondent leur croyance sur la philosophie grecque, et la pensée d'Aristote, et font passer le 'aql avant le naql qui est une forme odieuse de tabdil, et pourtant, les savants ne font pas leur takfir, ou du moins, pas sans entrer dans les détails !

Regarde :
il est vrai que le père fondateur de la secte, était bien plus conforme aux textes, même si el kalâm avait une grande place dans ses principes. Notamment sur la question du qadar. Cependant, nous ne pouvons pas en dire autant des chefs fondateurs du néo-ash’arisme qui s’éloignent de plus en plus de la secte mère, pour rejoindre, dans le dogme, comble du paradoxe, son adversaire de toujours… les mu’tazilites ! La raison n’était plus un outil, elle s’est transformée en arbitre face aux textes scripturaires.

Bien qu’ils cherchent à noyer le poisson dans l’eau, el Ghazalî dans el iqtisâd fî el i’tiqâd (p. 27-28) et Abû el Ma’âlî el Juwaïnî dans el irshâd (p. 358-360) stipule clairement que la raison est à même de trancher dans les questions « théologiques ». Cela n’a pas échappé à ibn el Mibrad dans sa réfutation à ibn ‘Asâkir et ayant pour titre : jam’ el juyûsh wa e-dasâkir ‘alâ ibn ‘Asâkîr (p. 147, et 289) dans lequel il précise que le naql est la seule référence dans ce domaine. Quant au ‘aql, il n’est qu’un simple outil au service du naql. Ainsi, certains néo-ash’arites considèrent que prendre les textes dans le sens littéral est une forme d’égarement [Voir hâshiya e-Sawî el ashr’aî fî tafsîr el Jalâlân (3/10)]. Certains vont plus loin et prétendent que c’est l’un des fondements du kufr (mécréance) dans sharh el Kubra (p. 82-83) [voir : hawâsh ‘alâ sharh el Kubra de Sheïkh Ismâ’îl el Hâmidî]. L’auteur dit plus loin que de se référer aux sens apparents des textes compte parmi les six fondements du kufr. (idem. p. 380-383). Dans asâs e-taqdîs, Razî signe en disant que les textes du Coran et de la Sunna expriment la probabilité (zhanniya e-dalâla). Ses idées seront suivies par Taftâzânî dans sharh el ‘aqâid e-nasâfiya.

Même ceux parmi eux qui composent leurs ouvrages selon la méthode des traditionnistes comme el Baïhaqî dans el Asmâ wa e-Sifât, n’oublient pas de faire des commentaires selon les principes du kalâm et du ta-wîl.
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Message par Citizenkan le Mar 16 Déc - 20:51



à mon tour de te faire un rappel avec le même passage que tu utilises, mais en entier :


« À partir du moment où quelqu’un autorise une loi qui est illicite à l’unanimité des savants, ou bien qui interdit une loi considérée licite à l’unanimité des savants, ou encore qui remplace une loi (tabdîl e-shar’) qui est frappée également d’un consensus est un mécréant apostat à l’unanimité des légistes. C’est pour ce cas que, selon l’une des opinions, le Verset fut révélé : Ceux qui n’appliquent pas les Lois d’Allah sont eux les mécréants. Cela, étant donné qu’il autorise moralement (istahalla) à ne pas appliquer les lois d’Allah. »


Tout de suite après, Il explique en effet que le terme législation (sharî’a, shar’) revêt trois sens dans l’usage :
A- La Loi révélée (shar’ munazzal) : qui correspond aux enseignements du Prophète () auxquels il incombe de se conformer et de punir celui qui les transgresse.
B- La loi interprétée (shar’ muawwal) : qui correspond aux opinions des savants mujtahidîn, comme les fondateurs des quatre écoles ou autre. Il est toléré de suivre ces opinions sans que cela ne prenne un caractère obligatoire ni interdit. il n’est permis à personne d’imposer ou d’interdire aux gens de suivre l’une de ces tendances.
C- La loi changée (shar’ mobaddal) : c’est le fameux tabdîl qui consiste à mentir sur Allah, sur Son Messager, et sur les hommes à travers les faux témoignages, l’injustice éclatante, etc. Quiconque attribue ces choses à la Législation divine devient mécréant, sans contestation possible. C’est le cas de celui qui prétend que le sang et la viande morte sont licites.


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Message par Invité le Mar 16 Déc - 22:50

Tu n'as pas répondu à ma question et tu me sors des textes avec une part d'ambiguïtés où des non dits qui sont des horreurs selon moi  passent entre les lignes... Enfin bon,je me suis fait mon opinion merci pour le sujet.
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Message par Citizenkan le Mer 17 Déc - 10:35

hbnoppto a écrit:Tu n'as pas répondu à ma question et tu me sors des textes avec une part d'ambiguïtés où des non dits qui sont des horreurs selon moi  passent entre les lignes... Enfin bon,je me suis fait mon opinion merci pour le sujet.


En fait, j'ai répondu à ta question à la lumière d'une autre question, et qui est qu'on aborde le sujet des émirs comme on aborde le sujet des innovateurs, ce qui est valable pour la démocratie (qui nous vient des Grecs) l'est tout autant pour le kalam qui nous vient également des Grecs !

Regarde ce que dit ibn Taïmiya à ce sujet :


« Allah envoya aux hommes Mohammed () porteur de la bonne direction (hudâ) et de la vraie religion (dîn el haqq) qui devait dominer sur la religion entière ; et Allah suffit comme témoin ! Son message s’adresse à l’humanité entière : notamment à l’élite parmi les savants et les pieux, mais aussi parmi les émirs. Son Seigneur paracheva Sa religion pour lui et sa communauté ; Il leur eut parfait de Ses bienfaits, et leur agréa l’Islam comme religion.
La bonne direction englobe les sciences utiles et la vraie religion englobe les œuvres pieuses. Les anciens baignaient dans un climat de hudâ et de dîn el haqq, mais, par la suite, l’innovation et la perversité firent leur éclosion. Ainsi, la communauté se divisait désormais entre ceux qui étaient accrochés à la hudâ et à dîn el haqq, et ceux qui en avaient dévié…
Deux sortes d’égarés se dégageaient : l’innovateur dans la religion et le débauché dans le domaine du profane. Et, comme l’affirment el Hasan el Basrî, Sufiân e-Thawrî, et un grand nombre d’anciens, en étant préserver de la tentation de l’innovation et de celle de la vie terrestre, on s’en sort sain et sauf. L’innovation, étant certes plus aimée par Satan que les péchés. La première forme de tentation touche les savants et les religieux et la seconde, les émirs et les riches. C’est ce qui explique l’adage d’un ancien : « Il y a deux catégories d’individus qui, en se réformant, réforment la société : les savants et les émirs. »

Abû Mohammed e-Ramlî décrit l’Imam Ahmed – qu’Allah lui fasse miséricorde – en ces termes : « Qui ressemblait plus que lui aux anciens ? Et qui patientait plus que lui aux tentations de la vie ? Quand l’innovation frappa à sa porte, il la renvoya, et quand la richesse vint à son tour, il la refusa. »
Allah () révèle : Nombreux sont les prêtres et les moines qui mangent impunément l’argent des autres et qui détournent de la voie d’Allah ; quand à ceux qui amassent cupidement l’or et l’argent sans le dépenser sur le sentier d’Allah, annonce-leur un châtiment douloureux.

Ibn el Mubârak disait :

Qui d’autres que les rois ont-ils souillé le culte ?

Ainsi que les mauvais prêtres et les moines

Les gouverneurs parmi les rois et les intendants donnent le nom de politique à leurs méthodes et opposent la religion à la politique sous la devise « religion/politique » ; les savants du kalâm parlent de raisonnement et de scolastique et opposent la religion à la raison sous la devise « religion/raison » ; et les dévots qui mènent une vie austère et les soufis parlent de vérité spirituelle en opposition à la religion, sous la devise « vérité spirituelle/religion.

Chacun préfère au fond de lui son slogan (politique, raison, et vérité spirituelle) que le Livre d’Allah et la Tradition de Son Messager, soit dans les faits, soit dans les faits et la croyance.

À l’opposé, nous avons certains légistes, traditionnistes, des dévots et de nombreux gens simples qui se revendiquent du Coran et de la sunna (la religion), mais sans n’avoir une connaissance suffisante des domaines dont ils ont besoin. L’ignorance grossière dont ces derniers font preuve ou bien la confiance aveugle qu’ils vouent à leurs meneurs éloignent davantage les premiers des textes scripturaires de la religion et qui les prennent moins en considération à cause d’eux. Ainsi, la négligence des uns et l’hostilité des autres ont gravement contribué au déclin de la religion et à la recrudescence de l’innovation. Wa Allah a’lam ! »
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Message par Citizenkan le Mer 17 Déc - 13:34



Pour revenir à l'iltizam :

L'être humain est régi par des mécanismes complexes qu'on ne peut réduire dans des règles...

Ibn Taïmiya dit que la volonté et la capacité accompagne l'acte, mais que des obstacles peuvent entraver soit à la volonté soit à la capacité !

Certains de ces obtacles sont intrinsèques, et qui culpabilisent donc le concerné, mais d'autres sont extrinsèques, et qui donc ne sont pas le fait de sa volonté !

ces obstacles intrinsèques touchent à la volonté, comme le takdhib et le juhud et d'autres touchent à la capacité, comme el tawalii 'an e-ta'a wa el i'radh el kulli

mais, parmi les obstacles extrinsèques qui touchent à la volonté, il y a l'ignorance, ou plus précisément le non accès à la science, et les obstacles extrinsèques qui touchent à la capacité sont multiples, comme l'handicap physique, etc.

Alors, voyons ce que dit ibn Taïmiya :


Un cœur sain pour un corps sain

Ainsi, un cœur sain s’exprime inévitablement à travers les paroles et les œuvres pieuses. Et la perversité extérieure trahit une perversité intérieure. Un bon cœur fournit de bons actes et un mauvais cœur fournit de mauvais actes. Il est impossible de se revendiquer verbalement croyant sans en donner la preuve. Il n’y a pas de graine (la foi) sans fruits (les bonnes œuvres). Même l’hypocrite (ou le croyant qui cache sa foi) trahit ses apparences en privé, ou ne serait-ce que grâce aux expressions du visage et aux lapsus révélateurs. Ce qu’on cache dans son for intérieur s’exprime inévitablement d’une manière ou d’une autre. Tout obstacle à la concrétisation de la pensée n’est en réalité que ponctuel, non inhérent. En d’autres termes, à la moindre occasion, la flamme, qui restait cachée, surgit.

Nous pouvons dire la même chose pour la volonté. Est-il possible qu’associée à la capacité, elle ne donne aucun fruit ? Deux opinions s’opposent sur la chose ; il y a celle des traditionalistes et de la plupart des tendances musulmanes pour qui, la volonté ferme et la capacité d’agir s’extériorisent inévitablement dans les actes. L’absence d’acte est la preuve de l’absence de volonté ferme, sauf en cas d’incapacité, bien que les prémices restent tangibles.

L’autre opinion, qui fut reprise par les jahmites, et les pro-jahm dans le domaine de la foi à l’image d’el Qâdhî Abû Bakr, estime qu’il est tout à fait possible de renfermer une volonté ferme sans en montrer les signes.

Ainsi, les actes ne sont que le reflet (la preuve, le témoin, l’indice) des sentiments et l’absence d’acte est la preuve de l’absence ou de la faiblesse des sentiments. Ils sont l’un des éléments d’un ensemble plus vaste et qui représente la foi absolue, en sachant que le cœur en est l’essence

Il ne peut y avoir de foi sans actes en temps normal

Les anciens disaient que l’abandon des obligations religieuses dénotait l’absence de la foi imposée dans le cœur. Le problème ne vient pas forcément de l’absence de tasdîq, mais peut tout aussi bien venir des actes du cœur comme l’amour et la crainte révérencielle d’Allah. Les jahmites, quant à eux, ramènent ce phénomène à l’absence de tasdîq. Ils en arrivent au raisonnement sophiste que lorsqu’on ne croit pas en Dieu, c’est uniquement dans la mesure où on ne le connait pas.

Tout agent agissant (muaththar tamm) a obligatoirement des effets, sinon, c’est qu’il n’est pas agissant. Toute action qui rencontre un réceptacle compatible se concrétise indubitablement, sinon, c’est que le réceptacle n’est pas compatible.

En appliquant ce principe sur la foi, nous disons qu’une foi ferme réclame, en temps normal, l’attestation de foi, sinon c’est que la foi qui émane du cœur n’est pas tamm. Une foi tamm se marie obligatoirement avec les actes extérieurs dans la mesure du possible. Il est faux de concevoir qu’on peut avoir une foi valable sans fournir la moindre parole ni la moindre action.

Quand on décide d’obéir au Très-Haut, et qu’on a conscience qu’il en va de son intérêt, sauf empêchement, on se met à agir. La volonté ferme associée à la capacité entraine l’acte d’obéissance. Par rapport à cela, si, en remplissant les conditions, on ne fournit pas l’attestation de foi, c’est la preuve que la volonté est déficiente, ou, en d’autres termes, qu’on n’en a pas envie.

Les actes en tant qu’ensemble (jins el a’mâl) font partie des implications de la foi intérieure. Il est impossible d’avoir une foi tamm sans fournir le moindre acte extérieur.

L’une des plus grandes erreurs des murjites, c’est qu’ils s’imaginent que, sans les actes, on peut avoir une foi tamm. C’est ce qui les pousse à considérer les actes comme les fruits, les implications et les conséquences (muqtadhâ) de la foi, en établissant entre eux une relation de cause à effet, non que la foi exige, nécessite, requiert (lâzim/mustalzim) les actes. En réalité, une foi intérieure tamm nécessite les actes en fonction de son intensité, comme nous l’avons vu.

Il est impensable d’avoir une foi imposée dans le cœur sans fournir le moindre acte, mais nous disons plutôt que la faiblesse des actes s’explique par la faiblesse de la foi intérieure. La foi est donc le mariage de ses deux éléments, et cela ne s’oppose nullement au fait que son essence soit dans le cœur.
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