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    default L’inerrance coranique

    le Mer 8 Mar - 10:08




    L’inerrance coranique

    (Partie 1)



    Comme Margaret Nydell l’exprime, « Ils [i.e., Les musulmans arabes] sont en sécurité dans leur croyance concernant la nature globalement complète de l’islam, vu qu’il est accepté comme étant le troisième et dernier raffinement des deux religions révélées précédemment, le judaïsme et le christianisme. »

    Nydell, Margaret K. 2006. Understanding Arabs. Intercultural Press. p. 34.



    L’invention de l’Islam. Dans cet essai, Michel Orcel nous ramène aux sources de l’Islam afin de nous éclairer sur la naissance du dernier monothéisme : Dans quels contextes politique et religieux l’Islam est né ? Comment le Coran a-t-il été retranscrit après la mort du prophète Muḥammad en 632 ?



    Autant de question clés pour la compréhension de l’Islam aujourd’hui. Le livre se présente sous la forme d’une enquête sur l’Islam ce qui lui confère un certain dynamisme. Le lecteur est rapidement captivé par l’intrigue. Il convient de préciser que contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre, ce livre « démonte » certaines thèses islamophobes. Il a s’agit de confronter sereinement avec la plus stricte neutralité le corpus islamique à la science laïque contemporaine. Pour se faire, comme tout chercheur, Michel Orcel est retourné aux sources. Cependant, prenant en compte que l’essentiel des sources musulmanes est constitué de sources orales et que celles-ci ont été compilées par écrit tardivement, deux ou trois siècles après le prophète de l’Islam, Michel Orcel est allé chercher d’autres éléments, des éléments « parallèles », exogènes. Il a ainsi utilisé des sources grecques, arméniennes, syriaques, non musulmanes, ou encore des sources musulmanes secondaires, qui ont été souvent écartées par la tradition.



    Les énigmes du Coran



    Cette partie de l'enquête vise à élucider la constitution du Coran en vulgate et à vérifier que sa composition correspond bien à la version qui fut révélée au Prophète. L'auteur commence par narrer les circonstances de la découverte des manuscrits de Sanaa (du nom de la ville du Yémen où ils furent découverts) et des premières études qui portèrent sur ces derniers (pp.41-47). Composés de palimpsestes,[1] il s’agit quasiment des plus anciennes versions de Coran disponibles. Dans un premier temps, il fut annoncé que ces manuscrits contenaient des variations par rapport à la vulgate. Cependant, les études menées montrèrent qu’il s’agissait de copies ayant servi à l’apprentissage, expliquant ainsi ces différentes variantes relevées entre les textes inférieurs et les textes supérieurs des feuillets (p.47). L’auteur nous explique ensuite la constitution de la vulgate selon la Tradition musulmane (pp.49-52) et passe en revue les interrogations s’y rattachant (pp.53-55). Une fois encore, afin de répondre à ces interrogations, l’auteur tente de faire appel aux sources externes, chrétiennes en l’occurrence (pp.55-62), mais aussi aux historiens hétérodoxes arabes du IX siècle. De tous ces témoignages nulle certitude ne se dégage sur la véracité de la version canonique de la constitution de la vulgate, mais dans le même temps rien ne vient formellement la contredire.



    Quant au contenu proprement dit du Coran, nous sommes dans la même configuration. Comme l’indique la version « officielle », des variantes « non valides » du Coran ont pu cohabiter dans les premiers temps (comme le Codex d’Ibn Mas’ud) (p.65). Pour finir, la problématique des versets abrogés (Mansukh) et abrogeant (Nasikh) est abordée comme nouvelle pièce à conviction (p.67). L’auteur conclut : « On voit que même si le récit officiel de la fixation par écrit du Texte saint paraît aujourd’hui substantiellement fiable, les énigmes entourant la constitution du Coran ne sont pas peu nombreuses. » (p.68).[2]



    Pour plus d’informations sur les découvertes archéologiques récentes qui constituent de véritables pieds de nez à des chercheurs engagés comme Patricia Crone qui, devant l’évidence, a revu ses vues à la baisse avant de rendre l’âme, dont ses allégations sur le mythe de la Mecque,[3] voir :

    http://www.lefigaro.fr/international/2015/07/22/01003-20150722ARTFIG00367-de-fragments-tres-anciens-du-coran-decouverts-a-l-universite-de-birmingham.php

    http://www.canalacademie.com/ida10344-Graffiti-islamiques-du-debut-de-l-islam-nouvelles-decouvertes-en-Arabie-Saoudite.html



    Pour paraphraser J. Johns, l'absence d'une preuve n'est pas la preuve d'une absence



    Patricia Crone et Michael Cook défient le récit traditionnel selon lequel le Coran fut compilé du vivant de Mahomet quand ils écrivent « Aucune preuve de l'existence du Coran sous aucune forme n'existe avant la dernière décade du viie siècle de l'ère commune. » Ils soulèvent aussi le débat sur la précision de quelques-uns des récits « historiques » donnés par le Coran. On admet le plus souvent que le travail de Crone et Cook renouvelle l'approche dans sa reconstruction de l'histoire des origines de l'islam, mais leur récit alternatif de cet islam originel fut à l'origine quasi unanimement rejeté48. Josef van Ess récusa leur thèse disant « qu'une réfutation n'est peut-être pas nécessaire vu que les auteurs ne font aucun effort de démonstration dans le détail... Là où ils ne donnent qu'une nouvelle interprétation de faits bien connus, ils ne sont pas décisifs. Mais là où les faits acceptés sont consciemment mis sous le tapis, leur approche est désastreuse. »



    https://fr.wikipedia.org/wiki/Historicit%C3%A9_de_Mahomet#cite_ref-40

    Pour ce qui concerne les thèses révisionnistes, quant à la non-existence de Mahomet, elles sont, pour l'instant, dépassées. Elles ont toutefois eu un grand mérite : ouvrir de nouveaux paradigmes. Pour paraphraser J. Johns, l'absence d'une preuve n'est pas la preuve d'une absence



    L'approche historico-critique est bien entendu un dénominateur commun des orientalistes depuis les travaux de Ignaz Goldziher. Néanmoins, s'il est bien clair que l'histoire de Mahomet a été sacralisée à des fins de légitimation religieuse, dans un contexte marqué par la canonisation de la tradition islamique, on ne peut plus, pour autant, tomber dans les dérives ultra-critiques du courant « sceptique » représenté par Wansbrough et ses élèves (Gerald R. Hawting et Patricia Crone, entre autres). Certains d'entre eux, notamment Patricia Crone, sont revenus sur leurs thèses quant à l'historicité de Mahomet.

    L'idéalisation d'une figure religieuse est un fait « anthropologique » qui concerne toutes les religions. Pour le Coran, contrairement aux thèses révisionnistes, qui ont culminé avec Wansbrough, les manuscrits de Sanaa – malgré tous les obstacles qui nous empêchent encore d’en connaître l’ensemble – attestent que le Coran existait bien en tant que tel à peine un demi-siècle après la mort du Prophète. En revanche, le même corpus nous confirme qu’il existait des variantes textuelles (assez mineures, au fond) et que l’ordre des sourates n’était pas du tout l’ordre aujourd’hui canonique.[4]

    Des études philologiques entérinent la thèse de la pérennité de l’ordre des Versets


    Cette démonstration a été déjà faite par des chercheurs non musulmans par différentes analyses qui convergent vers ce constat de cohérence interne :

    L’analyse de la structure rythmique des sourates de Pierre Crapon de Caprona[5] ;
    L'analyse rhétorique faite par Michel Cuypers a permit de démontrer la cohérence interne du Coran en dépit de ses apparentes contradictions et ruptures thématiques ; Michel Cuypers s'est basé sur les règles d'appréhension de la rhétorique sémitique, mises en évidences par Robert Lowth au 18ième siècle et théorisées plus tard par Nils Wilhelm Lund sous forme de règles connues sous le nom "Lois de Lund" ;
    L’analyse de la méta-textualité, de la rhétorique, de la binarité et de l'auto-canonisation du Coran (Anne-sylvie Boiliveau) dans Le coran par lui-même Brill 2013.


    Ce thème de l’auto référentialité est également traité par Stefan Wild in “Self-referentiality in the Qur'ān” et par Daniel Madigan in "Quran self image". Ces dernières thèses mettent à mal les résultats de la méthode historico-critique en affirmant la cohérence interne du texte coranique et donc l’unicité de sa source.



    Fait qui subjugua de Crapona qui en arrive à la conclusion sans appel : « La complexité des structures exclut une composition consciente de Mahomet. C’est pourquoi nous sommes en faveur de ranger cette hymnologie dans une catégorie que nous définirions comme transpersonnelle. »[6]



    Voir : https://mideo.revues.org/384


    Analyse rhétorique et critique historique


    Selon le principe de philosophie analytique nommé « principe de charité » (Halbertal, 1997 : 27), plus on estime quelqu’un, plus on est indulgent, « charitable » envers lui. Or, l’apologie d’un fait historique par ses partisans, qui somme toute est naturelle, n’est discréditée, comme l’a démontré la science moderne avec l’approche apologétique chrétienne, que dans la mesure où des éléments concordants corroborent la suspicion de départ – qui est propre à tout chercheur – non d’emblée !



    Même si le discours coranique, surtout en version traduite, peut sembler à certains égards « décousu », « passant sans transition d’un sujet à l’autre », voire « incohérent » (Berque, 2002 : 722-723), « hétérogène et fragmenté » (De Prémare, 2004 : 30), il est en réalité logique et argumenté. De récentes études (Cuypers, 2007) sur l’agencement interne des sourates ont permis de saisir pourquoi des éléments a priori disparates se côtoient : l’agencement répond à des règles de figures concentriques souples s’emboîtant les unes dans les autres, les éléments correspondants se faisant face comme dans un miroir. Les correspondances semblent perdues lors d’une lecture linéaire et partielle, alors qu’elles apparaissent lors d’une lecture élargie. De plus, nombre de correspondances et de répétitions sur l’ensemble du corpus se révèlent davantage à l’oral. Le Coran utilise ces correspondances et ces structures concentriques pour argumenter, et aussi de nombreux autres procédés rhétoriques, logiques, ou implicites (Gwynne, 2004 ; Urvoy, 2002, 2007). Alfred-Louis de Prémare nuance son jugement en notant les « éléments rhétoriques de cohésion » du texte, « l’organisation de certaines compositions » ainsi que « des thèmes doctrinaux récurrents » (De Prémare, 2004 : 32-34).



    Le schéma présenté par le texte est simple : Muḥammad est un véritable prophète, il reçoit l’Écriture que Dieu lui révèle et la récite mot à mot. À cela s’ajoute une unité de rhétorique, qui traduit cette volonté de persuasion. La logique est simple afin d’être forte, claire, percutante ; les répétitions sont nombreuses, les sous-entendus sont relativement faciles à intégrer pour l’auditeur ou le lecteur, la subtilité résidant dans l’utilisation de ces éléments rhétoriques simples, comme le fait d’enfermer la pensée en deux solutions seulement, par exemple. A.-L. de Prémare a lui aussi noté la force rhétorique de cette opposition binaire (De Prémare, 2004 : 33). Il reconnaît aussi un certain nombre d’éléments d’unité : cohésion, organisation et récurrence de thèmes.



    Un autre argument en faveur de cette idée est qu’une lecture diachronique – qui suit les diverses hypothèses de développement chronologique du texte – donne les résultats suivants. Nous avons constaté une réelle progression de l’idée dans le texte : une période où les récitations de Muḥammad sont directement désignées comme les récitations dictées par Dieu, puis très vite une période où elles sont désignées comme un kitâb descendu sur un prophète, parallèlement à une définition de la prophétie. Et enfin, une dernière période, qui est celle de la confrontation avec la présence d’Écritures réelles aux mains des autres communautés (Boisliveau, 2010 : troisième partie). Il nous semble difficile de penser qu’une telle évolution, au moins en grande partie, ait eu lieu après la mort de Muḥammad.



    Si nous cherchons à situer le Coran au milieu des autres textes sacrés des religions, nous constatons qu’il présente une particularité assez rare : il se présente comme un texte ouvertement destiné à faire autorité pour la communauté et à la guider. La seule exception pré-coranique connue est semble-t-il celle des textes du prophète Mani (m. 277 ap. J.-C.), présentés par lui-même comme « Écritures » (Graham, 2006 : 560-561).



    Ainsi au contraire d’Écritures telles les Évangiles ou les Lettres de Paul, et avec une force et une prégnance bien supérieure au discours canonisant du Deutéronome, le Coran se définit lui-même comme Écriture révélée, descendue directement de Dieu. Une « auto-canonisation », en quelque sorte. Le Coran est Écriture sacrée avant tout parce qu’il l’affirme, et non parce qu’une communauté l’aurait désigné comme tel. Ceci, même si la communauté fondée sur cette idée l’a ensuite faite sienne. Déclaration de canonicité, causes de la canonisation, fixation du texte et fondement d’une communauté s’entremêlent. Ainsi, cette formulation textuelle du statut d’autorité du Coran au cœur du texte « brouille les pistes » qui remontent aux sources de son statut canonique.



    La rhétorique sémitique n’est pas de la poésie, avec des formes définies a priori (si elle l’était, on l’aurait découverte depuis longtemps !), mais un ensemble de procédés souples donnant lieu à des textes de formes variées, mais relevant cependant d’un système parfaitement codifiable.



    Sperl montre, dans son étude, que le genre prière, en Orient, est composé généralement de trois temps qu’il appelle « invocation – worship – petition » (correspondant aux trois morceaux de la Fātiḥa) et que la demande (petition) comporte à la fois demande de bienfait et demande de protection contre le mal. Il donne à l’appui l’exemple du Pater et d’une prière babylonienne, particulièrement évocatrice pour ses similitudes avec la finale de la Fātiḥa (sans qu’il y ait bien entendu la moindre influence directe de la première sur la seconde).



    Voir : https://remmm.revues.org/7141

    http://remmm.revues.org/7067



    À suivre…

                         

    Par : Karim Zentici

    http://mizab.over-blog.com/




    [1] Un palimpseste est un manuscrit constitué d’un parchemin déjà utilisé, dont on a fait disparaître les inscriptions pour pouvoir y écrire de nouveau.

    [2] http://www.lescahiersdelislam.fr/Michel-Orcel-L-invention-de-l-islam_a866.html

    [3] Patricia Crone est revenue en partie sur sa thèse notamment dans deux articles :
    - Le premier article a été publié en 2007 « Qurays and the Roman army: Making sense of the Meccan leather trade» publié dans le Bulletin of the School of Oriental and African Studies 70, n°1, 2007, pp 63-88

    - Le deuxième en 2008 : What do we actually know about Mohammed?
    En plus il faut noter que même son maître John Wansbrough ne l'a pas suivi, pourtant chef de file de l'école de la critique radicale de l'Islam.
    Depuis 2007, P.Crone admet l'existence d'un site préislamique, en effet, elle n’a plus vraiment le choix avec les découvertes archéologiques récentes, notamment les graffitis qui témoignant de l’existence des chemins de Pèlerinage à la Mecque.
    [4] Voir également : http://www.projet22.com/religions/islam/article/enigme-mathematique-dans-le-coran.html

    [5] Publication : Le Coran : aux sources des paroles oraculaires. Etude rythmique des sourates mecquoises au Publications Orientalistes de France, 1981.

    Dommage que cet auteur soit décédé avant d’achever l’analyse des sourates médinoises !



    [6] Pierre Crapon de Crapona, Le Coran : aux sources de la parole oraculaire, p. 557.
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    default Re: L’inerrance coranique

    le Jeu 9 Mar - 10:28



    L’inerrance coranique

    (Partie 2)



    L’auto-canonisation du Coran



    Voir : http://islamland.com/uploads/books/GOD%5C'ED%20IN%20FRENCH.pdf



    Le mot Coran ne fait pas référence à un livre, mais à une révélation. La tradition islamique maintient que cette révélation a été transmise verbalement au prophète Mohammed par l’ange de la révélation, Gabriel. Et qu’ainsi elle a été retenue – comme tradition orale préservée jusqu’à ce jour dans les cœurs et les esprits des dévoués hâfizh (ceux qui mémorisent ou « protègent » le Coran), dont le nombre actuel est estimé, d’une façon conservatrice, à pas moins de trente millions.

    Le Livre sacré des musulmans était aussi enregistré par les scribes, qui transcrivaient chaque élément de la révélation au moment même où ils l’entendaient. À l’encontre du Nouveau Testament, dont tous premiers livres étaient écrits plusieurs décennies après le ministère de Jésus, le Saint Coran est le seul livre scriptural enregistré au moment de sa révélation et préservé de façon intégrale jusqu’aujourd’hui. Les matériaux d’écriture étaient rares, ainsi le Saint Coran fut originalement inscrit sur des feuilles de palmiers, des lambeaux de cuir, l’os plat de l’épaule de grandes bêtes, et n’importe quoi d’autre immédiatement disponible. Ce registre volumineux et peu commode devait, par ordre d’Abou Bakr (le premier Calife),[1] être copié et rassemblé en un moushaf (livre) officiel, et ce deux ans environ après le décès de Mohammed.



    Ce projet était surveillé par Zaïd ibn Thâbet, un des scribes dévoués de Mohammed. Entre quatre et huit copies furent complétées durant le règne du Calife Othman, et chaque copie fut dédiée à l’un des territoires du monde islamique. Deux de ses livres existent toujours –  l’un à Tashkent, Ouzbékistan, et l’autre à Istanbul, en Turquie – et servent encore de gabarits. Chaque exemplaire du Coran, partout au monde, peut être authentifié par rapport à ces « originaux » pour démontrer l’intégrité et la préservation du livre sacré de l’islam. C’est cette préservation même que plusieurs considèrent comme preuve de la sainteté du Saint Coran. Dr. Laura Vaglieri ajoute cet élément d’authenticité à sa liste d’évidences : « Nous avons encore une autre évidence de l’origine divine du Coran dans le fait que son texte est demeuré pur et inaltéré à travers les siècles jusqu’à aujourd’hui… »[2]



    Arthur J. Arberry, Professeur d’arabe à l’Université de Cambridge de 1947 à 1969, souligne pour sa part : « À part certaines modifications orthographiques de la méthode d’écriture plutôt primitive originellement, visant à rendre facile et sans ambiguïté la tâche de la récitation, le Coran comme imprimé au vingtième siècle est identique à celui tel qu’autorisé par Othman plus de 1300 ans plus tôt. »[3]

    Sir William Muir, Orientaliste du dix-neuvième siècle et auteur d’une biographie de Mohammed, écrit : « La recension d’Othman nous a été transmise inaltérée… Il n’y a probablement dans le monde aucune autre œuvre qui soit demeurée douze siècles avec un texte aussi pur. »[4]



    Pour Adrien Brockett, La transmission du Coran après le décès de Mohammed était essentiellement statique, plutôt qu’organique. Il y avait un seul texte, et rien d’important, pas même une matière prétendument annulée, ne pouvait être omis et rien n’y pouvait être ajouté. Ceci s’applique même aux premiers califes… La transmission du Coran a toujours été orale, juste comme elle a toujours été écrite.[5]

    Des milliers de sahâba (Les musulmans qui ont vécu et interagi avec le prophète Mohammed) ont unanimement approuvé l’enregistrement écrit du Saint Coran. Tous ces Compagnons ont mémorisé des portions du Coran et plusieurs étaient des hâfizh, ayant mémorisé le Coran dans sa totalité. Lorsque la Parole d’Allah fut rassemblée en un livre, plusieurs d’entre eux possédaient des copies personnelles de leur propre enregistrement. Certaines de ces copies étaient incomplètes et d’autres (comme celles d’Abdullah ibn Massoud, Ubay ibn Ka’ab et Ibn Abbas), bien que correctes pour une certaine lecture, ne permettaient pas d’effectuer les multiples lectures qui constituent un des miracles du Coran. Par conséquent, ces enregistrements partiels ne furent pas reconnus, même par leurs propriétaires, comme ayant été complets ou faisant autorité.



    Le seul enregistrement écrit du Coran ayant été unanimement accepté fut le moushaf, rédigé par Zaïd ibn Thâbet par ordre d’Abou Bakr. Pour éviter la confusion et la possibilité de division au cours des générations futures, toutes les autres copies personnelles (ainsi que les fragments d’os, les peaux de bêtes, et les papyrus gravés de l’Écriture) furent volontairement remises aux autorités qui se chargèrent de les détruire. Si cela n’avait pas été accompli, les nouvelles générations auraient probablement été en proie à l’ignorance ou à la fierté, préférant l’un des ouvrages partiels, hérités dans une famille ou une tribu, à la révélation achevée et intégrale.



    La solidarité tribale et le schisme religieux en auraient potentiellement résulté. Les pieux prédécesseurs de la première époque semblent avoir reconnu et éliminé ce risque en préservant uniquement la révélation in extenso, rejetant les fragments et morceaux qui, éventuellement, seraient devenus sources de dispute. Les musulmans aiment souligner que pas un seul des contemporains de Mohammed n’a été en désaccord avec le texte du moushaf officiel. Pas un seul sahâbi (sing. de sahâba) n’a prétendu qu’un passage avait été omis ni qu’un passage non-Coranique avait été inséré.



    Notons également que les textes qui avaient été rassemblés et détruits étaient des rapports incomplets, non différents. Leurs propriétaires y ont volontairement renoncé, parce que le moushaf rédigé par Zaïd ibn Thâbet était entier, sans la moindre omission. En outre, comme susmentionné, le Coran a été primordialement préservé non par écrit, mais dans la mémoire des dévots. Ceux qui l’avaient mémorisé vérifiaient, confirmaient le modèle officiel, validaient sa précision et sa totalité. Pas un seul hâfizh n’était en désaccord, et ils étaient des milliers. L’existence de quelques individus ayant mémorisé le Coran après 1400 ans est extraordinaire, mais que dire de dizaines de millions ?



    Le Coran s’érige en norme linguistique



    Il y a de cela un siècle, F. F. Arbuthnot constatait que, d’un point de vue purement littéraire, le Coran est un spécimen de l’Arabe le plus épuré, avec son style mi vers mi prose. Les grammairiens auraient adapté plusieurs règles à certaines structures et expressions qui y sont employées. Par ailleurs, bien que plusieurs tentatives aient été entreprises pour produire une œuvre qui lui soit égale en termes d’éloquence rhétorique, nulle n’a encore réussi jusqu’à présent à relever un tel défi. Il est donc évident qu’un texte final et complet du Coran a été préparé au cours des vingt années suivant le décès (en 632 A.D.) de Mohammed, et que celui–ci est demeuré le même, sans aucun changement ni altération par les enthousiastes, les traducteurs, ou les interpolateurs, jusqu’au jour d’aujourd’hui. Il est regrettable qu’on ne puisse guère en dire autant d’aucun des livres des Ancien et Nouveau Testaments.[6]



    Le Saint Coran existe en une seule forme écrite mais en dix lectures ou récitations différentes (bien que complémentaires), et en sept dialectes différents. Une personne peut se demander comment ceci est possible. La réponse se trouve dans les subtilités de la langue arabe qui, à l’encontre des langages non-sémitiques, maintient une extraordinaire flexibilité due au fait que l’alphabet ne contient pas de voyelles courtes.



    Les voyelles courtes, les voyelles les plus communes en arabe, sont désignées par des marques diacritiques (signes distinctifs, tels qu’une barre oblique ou un cornet) placées au-dessus ou en-dessous des consonnes. Par exemple, la lettre arabe équivalente au B en français sera prononcée ba si une barre oblique est placée au-dessus de la lettre, mais bi si la barre est placée en-dessous.



    D’autres formulations peuvent rendre la lettre bou, baan, biin, bououn, baa, bii, bouou, bai, baou, etc. Lorsque les mots sont écrits avec leurs marques diacritiques, nous comprenons facilement leur prononciation correcte et leur sens. Cependant, lorsque l’arabe est écrit sans accent, nous devons compter sur le contexte pour déterminer le sens correct de chaque mot, car les mots ayant une orthographe identique peuvent avoir des sens différents selon la façon dont les voyelles sont formulées.



    Par exemple, dans la phrase « un grain de poussière est entré dans mon œil, » le mot arabe pour « œil » peut être formulé en voyelles pour signifier un espion, une personne importante ou un haut fonctionnaire, ou même aucune personne. En fait, ce seul mot peut avoir plus de trente sens, y compris des possibilités aussi diverses qu’un puits artésien ou un actif immobilisé. Mais en général, un seul sens est habituellement logique dans un contexte donné. Rarement, des sens multiples peuvent s’appliquer, mais il est extrêmement rare que tous les sens possibles puissent s’appliquer dans le contexte où un mot est écrit. Imaginez une phrase contenant un ou quelques mots qui ont de multiples sens similaires possibles, chacun ayant une articulation logique. Alors ça c’est une langue riche !



    Dix récitations et sept dialectes



    Il n’est pas étonnant que le Coran puisse exister en dix récitations officiellement reconnues de même qu’en sept dialectes. Pour accommoder cette diversité, le moushaf original du Coran est sans marques diacritiques, permettant des différences de prononciation et de sens selon les règles permettant de savoir comment assigner les accents aux voyelles, dans un texte dépourvu de voyelles. Ce qui est étonnant, cependant, c’est qu’en dépit des plusieurs possibilités linguistiques, toutes les récitations sont non seulement raisonnables, mais elles se complètent l’une l’autre. Nulle part ne se trouve une seule phrase, et encore moins un mot, d’une récitation qui contredit une autre.

    Par exemple, les mots arabes pour propriétaire et roi diffèrent par seulement l’accent d’une voyelle, et cependant les deux termes sont appropriés pour décrire Allah. Le résultat est qu’une récitation coranique, à une personne douée d’une connaissance détaillée de l’arabe, ne communique pas une seule leçon spécifique, mais plutôt évoque un kaléidoscope d’images et de compréhension.



    Les manuscrits originaux de l’Ancien Testament sont similairement dépourvus de voyelles. Selon Encyclopaedia Britannica : « Vu que les textes omettaient traditionnellement les voyelles en écriture, les Massorètes[7] ont introduit les signes voyelles pour garantir une prononciation correcte. Parmi les systèmes variés de vocalisation qui furent inventés, celui façonné dans la cité de Tibériade, en Galilée, éventuellement pris le dessus. En outre, des signes d’accentuation et de pause ont été ajoutés au texte pour faciliter la lecture publique des Écritures dans la synagogue. »[8]



    D’une façon similaire, les exemplaires modernes du Coran sont principalement rédigés selon la récitation de Hafs ‘an Aassim (Hafs d’après Aassim), devenue la plus populaire de la pluralité de récitations acceptées au sein des Musulmans. Une différence importante entre ces deux exemples est que le texte massorète de l’Ancien Testament « gagna de l’influence » de « parmi les systèmes variés de vocalisation qui furent inventés » (et faisons une pause devant le mot « inventés »), tandis que la récitation Hafs ‘an Aassim du Saint Coran est l’une des récitations « reconnues » à partir de l’original.



    La Préface de la Revised Standard Version of the Bible note, concernant l’Ancien Testament : « Les signes voyelles, qui ont été ajoutés par les Massorètes, sont aussi acceptés en principe, mais où une lecture plus probable et plus convaincante peut être obtenue en présumant de différentes voyelles, ceci a été effectué. »[9]



    La Préface de la RSV continue : « Parfois il est évident que le texte a souffert dans la transmission, mais aucune des versions ne fournit une restauration satisfaisante. Ici nous pouvons seulement suivre le meilleur jugement des érudits compétents concernant la reconstruction la plus probable du texte original. »[10]



    Le Coran a été maintenu inchangé jusqu’à ce jour, tandis que (pour donner de nouveau une citation de la Préface de la RSV) « pour le Nouveau Testament, nous avons un grand nombre de manuscrits grecs, préservant plusieurs formes disparates du texte. »[11]



    À suivre…

                         

    Par : Karim Zentici

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    [1] L’Islam n’a ni clergé ni un équivalent papal, mais il a certainement des officiers (i.e., juges, gouverneurs, etc.) qui servent à gouverner la nation islamique. Le calife est le plus haut de ces officiers, mais ceci ne lui donne pas de pouvoir sur la religion. Au contraire, ses décrets sont sujets à l’approbation des érudits religieux.

    [2] Vaglieri, Dr. Laura Veccia. Traduit de l’Italien par Dr. Aldo Caselli, Haverford College, Pennsylvania. Publié originalement en Italien sous le titre de Apologia dell’ Islamismo (Rome, A. F. Formiggini, 1925). 1980. An Interpretation of Islam. Zurich: Islamic Foundation. pp. 41–42.

    [3] Arberry, Arthur J. 1964. The Koran Interpreted. London: Oxford University Press. Introduction, p. ix.

    [4] Muir, Sir William. 1923. The Life of Mohammad. Edinburgh: John Grant. Introduction, pp. xxii–xxiii.

    [5] Rippin, Andrew (editor). 1988. Approaches to the History of the Interpretation of the Qur’an. Chapter: “Value of Hafs and Warsh Transmissions,” by Adrian Brockett. Oxford: Clarendon Press. pp. 44–45.

    [6] Arbuthnot, F. F. 1885. The Construction of the Bible and the Korân. London: Watts & Co. pp. 5–6.

    [7] Les scribes juifs du septième au onzième siècle qui ont conçu les marques diacritiques pour standardiser la prononciation, la division des versets, et la notation des voyelles dans l’Ancien Testament.

    [8] Encyclopaedia Britannica. CD-ROM.

    [9] The Bible, Revised Standard Version. Preface, p. iv.

    [10] The Bible, Revised Standard Version. Preface, pp. iv-v.

    [11] Ibid., Preface, p. iv.
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    default Re: L’inerrance coranique

    le Ven 10 Mar - 11:23



    L’inerrance coranique

    (Partie 3)



    Le génie littéraire de la langue Arabe



    La complexité de la langue arabe provient d’une profusion de dialectes qui, « pourraient diversifier les quatre-vingts noms du miel, les deux cents du serpent, les cinq cents du lion, les mille de l’épée, au temps où cet abondant dictionnaire était confié à la mémoire d’un peuple illettré. »[1]

     Tellement dévoués étaient les arabes à l’impact de la Langue parlée qu’ils tenaient des festivals annuels, que l’Histoire a immortalisé dans ses lignes intemporelles : Trente jours étaient employés dans l’échange, non seulement du maïs et du vin, mais de l’éloquence et de la poésie. Le prix était disputé par l’émulation généreuse des bardes ; la performance victorieuse était mise dans les archives des princes et émirs, et nous pouvons lire, dans notre propre langage, les sept poèmes originaux qui ont été inscrits en lettres d’or, et suspendus dans le temple de la Mecque.[2]



    R. Bosworth Smith explique que ce que les Jeux Olympiques ont fait pour la Grèce en maintenant le sentiment national, comme distinct de l’indépendance tribale, en donnant une brève cessation des hostilités, et en agissant comme centre littéraire, les foires annuelles à Okaz et Mujanna l’ont fait pour l’Arabie. Ici les tribus résolvaient leurs dissensions, échangeaient leurs prisonniers de guerre, et le plus important de tout, entraient en compétition l’une contre l’autre dans des concours poétiques impromptus. Même à « l’époque de l’ignorance, » chaque tribu produisait son propre poète-lauréat ; et le plus prêt et le meilleur voyait son poème inscrit en lettres d’or, ou suspendu sur le mur de l’entrée de la Kaaba, où il serait vu par chaque pèlerin qui visiterait la place la plus sacrée du pays.[3]



    Dans son essai, L’Islam : La religion incomprise, le romancier James A. Michener écrit : « Le Coran est probablement le livre le plus lu au monde, sûrement le plus mémorisé, et probablement le plus influent dans la vie quotidienne de ses adeptes. Pas aussi long que le Nouveau Testament, écrit dans un style exalté, il n’est ni poésie ni prose ordinaire, pourtant il possède la capacité d’exciter ses auditeurs jusqu’aux extases de la foi. »[4]



    Le Professeur A. J. Arberry mentionne : « Il est indéniable que le Coran jouit d’une excellente écriture qui parsème ses lignes et qui lui confère un style inhérent très personnel ; le langage est hautement idiomatique, cependant pour la plus grande partie illusoirement simple ; les rythmes et les rimes sont des aspects inséparables de son impressionnante éloquence, et ceux-ci sont en réalité inimitables. »[5]



    Aux yeux du Dr. Laura Vaglieri, le Miracle de l’islam par excellence est le Coran, à travers lequel une tradition constante et ininterrompue nous transmet des nouvelles d’une certitude absolue. Ceci est un livre qui ne peut être imité. Chacune de ses expressions est globale, et cependant elle est d’une mesure appropriée, ni trop longue ni trop courte. Son style est original. Il n’existe pas de modèle du genre dans la littérature arabe des temps qui l’ont précédé. L’effet qu’il produit sur l’âme humaine est obtenu sans aucune assistance à travers ses propres excellences inhérentes.



    Les versets sont éloquents tout au long du texte, même quand ils traitent de sujets tels que les commandements et les prohibitions, qui doivent nécessairement influencer son ton. Histoires des Prophètes, descriptions du début et de la fin du monde, énumérations et expositions des attributs divins sont répétées, mais d’une façon tellement impressionnante qu’elles n’en affaiblissent pas l’effet. Le texte passe d’un sujet à l’autre sans perdre sa puissance. Profondeur et charme, qualités qui ne vont généralement pas de pairs, se conjuguent ici où chaque image rhétorique trouve une parfaite illustration… Nous y trouvons de vastes réserves de connaissance qui dépassent la capacité des hommes les plus intelligents, des plus grands philosophes et des politiciens les plus aguerris.[6]



    Et A. Guillaume résume : « Le Coran est un des classiques mondiaux qui ne peut être traduit sans une grave perte. Il (Le Saint Coran) a un rythme d’une beauté singulière et une cadence qui charme l’oreille. Plusieurs chrétiens arabes parlent de son style avec une admiration chaleureuse, et la plupart des arabisants reconnaissent son excellence... En fait, on peut affirmer qu’au sein de la Littérature chez les arabes, vaste et féconde comme elle est, que ce soit en poésie ou en prose soutenue, il n’y a rien qui lui soit comparable. »[7]



    Cette merveille d’éloquence interpelle le Dr. Laura Vaglieri qui se demande : « Comment ce merveilleux livre peut-il être l’œuvre de Mohammed, un arabe illettré qui dans toute sa vie a composé seulement deux ou trois vers, dont aucun ne révèle la moindre qualité poétique : e.g. ‘Je suis le Prophète et je ne mens pas.

    Je suis le fils de Abd el – Muttaleb.’ ? »[8]



    Le Professeur A. J. Arberry pousse la réflexion sans cacher son admiration : « Nous savons très bien comment Mohammed parlait dans ses humeurs normales quotidiennes ; car ses obiter dicta ont été préservés en grande abondance. C’est simplement faux de prétendre, contrairement aux allégations de Margoliouth, qu’ « il serait difficile de trouver un autre cas où il existe une identité aussi complète entre l’œuvre littéraire et l’esprit de l’homme qui l’a produite. » Acceptant, comme nous avons de bonnes raisons de le faire, les dictons de Mohammed qui sont enregistrés dans les livres de Traditions comme substantiellement authentiques, et supposant, comme l’a supposé Margoliouth, que le Coran était la production consciente de Mohammed, il serait plus raisonnable de dire qu’il serait difficile de trouver un autre cas où l’expression littéraire d’un homme différait si fondamentalement de son discours ordinaire. »[9]



    Sur la même page de la citation précédente (i.e., p. 31), le Professeurr Arberry anticipe les réactions ahurissantes que pourrait susciter son propos, et tient donc à mettre les choses au clair : « En ce qui concerne les fidèles, je ne vais pas leur cacher ce qu’ils ne vont en aucun cas imaginer, que je ne suis pas un musulman, ni jamais ne pourrais l’être. »



    L’inimitabilité du Coran



    Dans la Préface de sa traduction du Saint Coran, le Professeur A. J. Arberry constate en des termes très objectifs : « J’ai suivi l’arrangement traditionnel malgré toutes ses perplexités notoires. Les sourates elles-mêmes sont en plusieurs cas – et ceci a été reconnu par les érudits musulmans dès les premiers temps – d’un caractère composé qui a été façonné par des fragments successifs que Mohammed ajoutait à des dates radicalement différentes… »[10] Tous ceux qui connaissent le Coran en langue arabe sont d’accord pour faire l’éloge de la beauté de ce livre religieux ; la majesté de la forme même du texte est tellement sublime qu’aucune traduction en aucune langue européenne ne peut nous permettre de l’apprécier à sa juste valeur.[11]



    Comme orientaliste et traducteur, Alfred Guillaume écrivit, ce qui constitue un message au nombrilisme non-arabophone occidental imbu de sa culture helléniste qui ignore le génie littéraire sémitique : « Le Coran est un des classiques mondiaux qui ne peut être traduit sans une grave perte. »[12] Cette opinion est partagée par A.J. Arberry, traducteur et auteur du livre : Le Coran Interprété (The Koran Interpreted) : « J’ai concédé à la pertinence du point de vue musulman orthodoxe ……. Le Coran est intraduisible. »[13]

    Dans sa robe arabe originale, le Livre sacré des musulmans a une beauté séduisante et un charme qui lui est particulier. Rédigé dans un style concis et exalté, ses phrases courtes et pleines de sens, souvent rimées, possèdent une force d’expression et une énergie explosive qui sont extrêmement difficiles à transmettre par une traduction littérale, en mot à mot.[14]



    Voici en conclusion à ce paragraphe, un témoignage éloquent : « En vérité, je ne peux trouver aucun auteur compréhensif qui conteste l’élégance du Alcoran, puisqu’il est généralement tenu en estime comme étant la norme de la langue arabe et de l’éloquence… »[15]



    Le Canon du Nouveau Testament



    Dans le Deutéronome, une formule dite « la formule du canon », qui consiste en ces paroles mises dans la bouche de Moïse : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous commande et vous n’en retrancherez rien, mais vous garderez les commandements de Yahweh votre Dieu » (4, 2 ; cf. 13, 1).

    Selon le Harper’s Bible Dictionary, « Le canon du Nouveau Testament a aussi une histoire irrégulière et complexe … aucune liste canonique n’apparaît avant 150 AD environ… »[16]



    Dans son œuvre Variety and Unity in New Testament Thought, John Reumann commente, « Le canon en tant que collection, devient plus problématique quand on voit combien variés sont les écrits qui y ont été inclus (et combien certains de ceux qui ont été exclus, ne sont d’aucune manière intrinsèquement inférieurs en style ou ultérieurs en date) ou combien les opinions ont différé concernant certains de ces écrits dans les siècles patristiques. »[17]



     Graham Stanton ajoute, « L’Église des premiers temps a retenu quatre évangiles malgré l’embarras régulier concernant les différences… »[18]



     Néanmoins, la New Catholic Encyclopedia prétend que : « Tous les livres dans le canon sont inspirés, mais le sujet de débat est s’il y a ou s’il pourrait y avoir un livre inspiré qui, à cause de sa perte, n’est pas dans le canon. L’Église n’a pas tranché la question. L’opinion plus générale est que certains livres inspirés ont probablement été perdus. »[19]



    Pourquoi ce doute subsistant que quelques-uns des livres ont été perdus ? Des indications biblique – 1 Corinthiens 5 : 9 et 2 Cor 2 : 3 - 9, 7 : 8-12 décrivent deux des lettres de Paul qui ont disparu.[20]

    Paul aussi parle de la lettre « qui viendra de Laodicée » dans Col 4 : 1 6 – où est-elle ? En outre, entre 1 Chroniques 29 : 29, 2 Chroniques 9 : 29, et 2 Chroniques 12 : 15 un total de six livres perdus est révélé dans l’Ancien Testament.[21]



    Ainsi des matières ont bien certainement été perdues. Combien ont été ajoutées d’une façon inappropriée est encore une autre question disputée.[22]



    Le Nouveau Testament a exclu un nombre estimé entre 250 et 2000 actes non- canonicaux, épîtres et évangiles (qui ont été relégués et brûlés avec seulement une poignée de survivants « apocryphes »).



    Selon l’Encyclopaedia Britannica, « L’histoire de l’usage du terme [apocrypha] indique qu’il faisait référence à une collection d’écrits ésotériques qui étaient au début appréciés, plus tard tolérés, et finalement exclus. » Il est intéressant à noter que l’apocryphe, bien qu’initialement « apprécié,» dégringola éventuellement à la situation d’être simplement toléré, et ultérieurement à celle d’être rejeté.



    L’affirmation que la même séquence de l’évolution religieuse a ultimement résulté dans la modification et/ou le rejet des enseignements de Jésus Christ n’est pas exactement éloignée. Et comment le peuvent-ils, quand l’histoire même du premier « Christianisme » est ombragée par le doute ? Pour citer Encyclopaedia Britannica encore une fois, Les auteurs des quatre évangiles inclus dans le Nouveau Testament témoignaient de vérités assurées que les fidèles devraient savoir, et aucune reconstruction convaincante des réalités historiques n’est possible de ces livres du Nouveau Testament. Le seul livre déclaré historique (i.e., dans le Nouveau Testament) est les Actes des Apôtres.



    Le Nouveau Testament, dans son ensemble, représente simplement une sélection des écrits chrétiens des premiers temps. Il inclut seulement ce qui était conforme à la doctrine de l’Église quand, plus tard, cette doctrine adhéra à une forme unique. Entre les Actes des Apôtres, datant probablement de la fin du premier siècle, et les écrits de Eusébius de Caesarea (décédé c. 340) et ses contemporains durant le premier quart du quatrième siècle, il y a une lacune presque complète dans l’historiographie chrétienne, nous explique Dr. Laurence B. Brown, un converti émérite. Et ainsi, nous devons nous demander, « Qu’est-ce que les premiers « Chrétiens » des premier, deuxième, et troisième siècles connaissaient que nous ne connaissons pas ? »



    À suivre…

                         

    Par : Karim Zentici

    http://mizab.over-blog.com/




    [1] Gibbon, Edward, Esq. 1854. The History of the Decline and Fall of the Roman Empire. London: Henry G. Bohn. Vol. 5, Chapter L, p. 452.

    [2] Ibid., Chapter L, p. 453.

    [3] Smith, R. Bosworth, M.A. 1986. Mohammad and Mohammadanism. London: Darf Publishers Ltd. pp. 64–65.

    [4] Michener, James A. May, 1955. “Islam: The Misunderstood Religion,” in Reader’s Digest (American Edition). p. 70.

    [5] Arberry, A. J. 1953. The Holy Koran: An Introduction with Selections. London: George Allen & Unwin Ltd. p. 28.

    [6] Vaglieri, Dr. Laura Veccia. pp. 40–41.

    [7] Guillaume, Alfred. pp. 73–74.

    [8] Vaglieri, Dr. Laura Veccia. pp. 40–41.

    [9] Arberry, A. J. The Holy Koran: An Introduction with Selections. pp. 31–32.

    [10] Arberry, A. J. 1996. The Koran Interpreted. A Touchstone Book: Simon & Schuster. Preface, p. 25.

    [11] Montet, Edward. 1929. Traduction Francaise du Couran. Paris. Introduction, p. 53.

    [12] Guillaume, Alfred. 1990. Islam. Penguin Books. pp. 73–74.

    [13] Arberry, A. J. 1996. The Koran Interpreted. A Touchstone book: Simon & Schuster. Preface, p. 24.

    [14] Naish, John, M.A. 1937. The Wisdom of the Qur’an. Oxford. Preface, p. viii.

    [15] Stubbe, Dr. Henry, M.A. 1975. An Account of the Rise and Progress of Mohomedanism, with the Life of Mahomet. Lahore: Oxford and Cambridge Press. p. 158.

    [16] Achtemeier, Paul J. p. 111.

    [17] Reumann, John. 1991. Variety and Unity in New Testament Thought. Oxford University Press. p. 281.

    [18] Stanton, Graham. p. 135.

    [19] New Catholic Encyclopedia. Vol 2, p. 386.

    [20] Ibid., p. 386.

    [21] Ibid., p. 386.

    [22] Ibid., p. 391.

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    le Sam 11 Mar - 10:01



    L’inerrance coranique

    (Partie 4)



    Les variantes bibliques ont-elles une incidence sur le crédo chrétien ?



    L’absurdité soutenue par le pouvoir ne sera jamais capable de tenir tête contre les efforts de la raison. – Joseph Priestley


    Il est absolument faux de dire que les variantes textuelles ne remettent pas en cause les dogmes chrétiens et qu’elles sont sans importance. À ce sujet, l’expert renommé du criticisme, le Professeur Bart Erhman  nous enseigne : « On m’a souvent objecté (surtout parmi les évangéliques conservateur) que toute doctrine chrétienne importante ne serait être affectée par quelque variante textuelle que ce soit. À cela je répondrais ce qui suit :
    a/ Il est tout simplement faux de prétendre que les doctrines importantes ne sont pas concernées. Exemple : Dans tous le Nouveau Testament, le seul passage ou l’on expose clairement la doctrine de la Trinité se trouve dans la traduction du Roi Jacques (1 Jean 5 : 7-8) ; On ne la trouve pas dans la majorité des manuscrits grecs du Nouveau Testament. Tout porte à croire pourtant que la Trinité est une doctrine chrétienne assez importante...

    c/ Mais surtout, certaines variantes textuelles sont effectivement très importantes, mais pour des raisons autres, qui ne concernent pas les ‘doctrines cardinales du christianisme’.
    Certaines variantes affectent la manière d’interpréter des livres entier du Nouveau Testament ;
    Certaines variantes (y compris celles dont on vient de parler) sont terriblement importantes pour savoir ce que l’on racontait sur Jésus du temps des premiers chrétiens.

    d/ Enfin, je dois avouer ne pas croire les chrétiens évangéliques conservateurs quand ils prétendent que les variantes textuelles dans le Nouveau Testament ne sont pas significatives. Si c’était le cas, pourquoi certains séminaires conservateurs comme celui de Dallas (dirigé par l’un des critiques les plus virulents en la matière) et le séminaire théologique baptiste de la Nouvelle Orléans financent-ils des projets de recherche de plusieurs millions de dollars pour analyser les manuscrits grecs du Nouveau Testament ? Si les variantes entre les manuscrits ne comptent pas, pourquoi les étudie-t-on ? Si elles sont totalement insignifiantes, pourquoi consacrer toute sa carrière à les examiner ? Si elles sont si négligeables, pourquoi dépenser des millions de dollar pour faire des recherches ? Quel sont les arguments de ces universitaires quand ils demandent des fonds pour leur projet : ‘‘Nous aimerions que vous investissiez 500 000 dollars pour nous permettre d’étudier certains manuscrits du Nouveau Testament parce que nous pensons qu’ils n’ont vraiment aucune importance’’ ?
    Il est évident, à mon avis, que les manuscrits sont effectivement importants. Ils influencent la manière d’interpréter le nouveau Testament ; Ils comptent pour connaître le Jésus historique ; ils comptent pour connaître l’histoire de l’Eglise chrétienne après la mort de jésus. Si on prétend le contraire, c’est sans doute qu’on veut se duper soit même ou essayer de rassurer ceux qui pourrait être troublés par les faits historiques. »[1]


    Bart Ehrman explique que ces énigmes liées à la rédaction de la Bible ne sont un mystère pour personne dans les milieux savants, et cela depuis longtemps bien qu’elles soient inconnues par la masse.[2] « … ces fait sont connus des spécialistes depuis presque un siècle, et on les enseigne partout dans les séminaires traditionnel et les écoles de théologie des Etats-Unis. Par conséquent, la majorité des pasteurs savent tout cela. Pour des raisons qui leur appartiennent, ils choisissent de n’en rien dire. Et donc bien des gens dans la rue et sur les bancs des églises considèrent qu’il s’agit là de faits nouveaux. »[3]



    « Les changements intentionnels de leur coté, ont tendance à être plus difficiles à identifier. Précisément parce que, étant réalisés de façon délibérée, ils peuvent paraître cohérents. Et vu qu’ils sont cohérents, il y aura toujours des critiques qui soutiennent qu’ils sont l’option la plus cohérente, c'est-à-dire qu’ils ne sont pas des modifications, mais bien les mots originaux. Ceci n’est pas un débat entre des chercheurs qui croient que le texte fut modifié et ceux qui croient qu’il ne le fut pas. Tous les experts savent que le texte a été modifié, la seule chose à débattre et de savoir quelle option constitue une modification et laquelle au contraire peut être considérée la forme la plus ancienne du texte à notre disposition. À cet égard, il y a des moments où les opinions des chercheurs ne coïncident pas. »[4]



    Les causes d’altération



    La vérité qui rend les hommes libres est en sa plus grande partie la vérité que les hommes préfèrent ne pas entendre.

    – Herbert Agar



    Falsification pour harmoniser : certains scribes ont falsifié certains passages du Nouveau Testament pour les harmoniser[5] ;
    Correction des erreurs et des difficultés historiques et géographiques[6] ;
    Amalgame des lectures[7] ;
    Falsifications pour des raisons théologiques.[8] Frédéric GODET donne un exemple avec l’épisode de la femme adultère,[9] tout comme Bruce Metzger, grand théologien protestant,[10] et le grand théologien catholique Raymond Brown, aux yeux de qui – je cite –, il : « … n’aurait pu y figurer qu’après un changement dans la répugnance de l’Eglise à pardonner l’adultère (Le Pasteur d’Hermas, Mandat 4,1)… »[11]

    Voir : http://blog.decouvrirlislam.net/Home/christianisme/bible/la-falsification-des-manuscrits-du-nouveau-testament/les-modifications-intentionnelles
    http://blog.decouvrirlislam.net/Home/christianisme/bible/la-falsification-des-manuscrits-du-nouveau-testament/partie3les-interpolations

    Le révérend Charles Anderson Scott dit pour sa part : « Il est fort probable qu’aucun des évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc) n’existait dans la forme que nous leur connaissons avant la mort de Paul. Si les documents [du Nouveau Testament] étaient disposés dans leur véritable ordre chronologique, les épîtres de Paul viendraient avant les évangiles synoptiques. »[12] Cette affirmation est confirmée par le professeur Brandon, qui dit : « Les écrits chrétiens les plus anciens qui aient été préservés sont les lettres de Paul. »[13]

    Dans la seconde moitié du deuxième siècle, Dionysius, l’archevêque de Corinthe, écrivait : « Comme les frères souhaitaient me voir écrire des épîtres, je me suis exécuté ; mais les apôtres du diable y ont introduit toutes sortes d’éléments indésirables, modifiant des mots et en ajoutant d’autres. Un malheur les attend. Il ne faut donc pas s’étonner de voir ces mêmes personnes tenter d’apporter des altérations de toutes sortes aux textes sacrés du Seigneur, puisqu’ils ont fait de même avec d’autres ouvrages qui ne sont même pas comparables. »

    Voir : http://www.islamreligion.com/fr/articles/592/les-erudits-chretiens-reconnaissent-les-contradictions-dans-la-bible-partie-3-de-7/

    Ce phénomène s’est perpétré à travers l’Histoire…



    Victor Tununensis, un évêque africain du sixième siècle, rapportait, dans sa Chronique (en l’an 566), que lorsque Messala était consul à Constantinople (en 506), il « censura et corrigea » les évangiles des Gentils rédigés par des personnes considérées comme illettrées par l’empereur Anastase. Ce qui signifie que ces textes furent modifiés dans le but de les rendre conformes au christianisme du sixième siècle qui différait du christianisme des époques précédentes.[14]

     

    Ces « corrections » ne se limitent absolument pas aux premiers siècles suivant la mort de Jésus. Sir Higging écrit : « Nous ne pouvons nier que les moines bénédictins de St-Maur étaient très versés en latin et en grec, en plus d’avoir un réel talent pour ces langues. En outre, ils étaient très nombreux. Dans l’ouvrage de Cleland intitulé « Life of Lanfranc, Archbishop of Canterbury », il écrit : « Lanfranc, un moine bénédictin et archevêque de Canterbury, ayant découvert que les Écritures avaient été passablement corrompues par des copistes, s’appliqua à les corriger lui-même et il fit de même avec les écrits des pères, de façon conforme à la foi orthodoxe, secundum fidem orthodoxam. »[15]



    En d’autres termes, les Écritures chrétiennes furent réécrites dans le but de les rendre conformes aux doctrines des onzième et douzième siècles, procédé auquel n’échappèrent pas les écrits des premiers pères de l’Église, afin que tout soit uniformisé. Sir Higgins continue : « Le même ecclésiaste protestant nous offre ce passage remarquable : « L’impartialité exige de moi cette confession : les orthodoxes ont bel et bien altéré certains passages des évangiles. »

    L’auteur poursuit en racontant comment fut entreprise une vaste campagne à Constantinople, à Rome, à Canterbury et dans le monde chrétien en général, visant à « corriger » les évangiles et à détruire tous les manuscrits datant d’avant cette période.



    Theodore Zahan a illustré les conflits amers au sein des églises établies dans ses « Articles of the Apostolic Creed » (articles de la foi apostolique). Il raconte comment les catholiques romains ont accusé les Grecs orthodoxes d’avoir remanié les Écritures par ajouts ou omissions, ce qui aurait été fait selon eux, à la fois de bonne et de mauvaise foi. Les Grecs orthodoxes, de leur côté, ont accusé les catholiques romains de s’être exagérément éloignés du texte original dans plusieurs passages. En dépit de leurs divergences, cependant, ils unissent leurs forces pour condamner les chrétiens non-conformistes qui « dévient de la vraie voie » et les accusent d’hérésie. Ces « hérétiques », de leur côté, condamnent les catholiques pour avoir « remanié la vérité de fond en comble comme des faussaires ». L’auteur conclut : « Les faits n’étayent-ils pas ces accusations ? »

    St-Augustin lui-même, homme reconnu et estimé à la fois par les protestants et les catholiques, a affirmé qu’il y avait des doctrines secrètes dans la religion chrétienne et que : « ... il y avait de nombreuses vérités dans la religion chrétienne qu’il n’était pas approprié que le commun des mortels sache, et certaines choses qui étaient carrément fausses mais pratique que le commun des mortels y croit. »
    Sir Higgins admet : « Il n’est pas injuste de supposer que ces vérités non divulguées recèlent une partie des mystères chrétiens modernes et je crois que nul ne peut nier que l’Église, dont les plus hautes autorités appuyaient de telles doctrines, n’hésiterait pas à remanier à nouveau les écrits sacrés. »[16]



    Même les épîtres attribuées à Paul n’ont pas tous été rédigés par lui. Après des années de recherches, les catholiques et les protestants ont convenu que des treize épîtres attribuées à Paul, seuls sept ont réellement été rédigés par lui. Ce sont : Romains, Corinthiens (1 et 2), Galates, Philippiens, Philémon et Thessaloniciens.



    diverses dénominations chrétiennes ne sont pas même arrivées à un accord sur la définition d’un livre « inspiré » par Dieu. On enseigne aux protestants qu’il y a 66 livres réellement « inspirés » dans la Bible, tandis qu’on enseigne aux catholiques qu’il y en a 73. Cela sans compter les nouvelles sectes chrétiennes et leurs livres plus « modernes », comme les Mormons, entre autres. Durant plusieurs générations, les tous premiers chrétiens ne suivaient ni les 66 livres des protestants ni les 73 livres des catholiques, mais croyaient en des livres qui furent, des années plus tard, reconnus comme des fabrications et des apocryphes.
    Voir : http://www.islamreligion.com/fr/articles/595/les-erudits-chretiens-reconnaissent-les-contradictions-dans-la-bible-partie-4-de-7/



    Alors, la Bible originale ?

    Aucun spécialiste de la Bible, en ce monde, n’affirmera jamais que c’est Jésus qui a rédigé cet ouvrage. Tous sont d’accord sur le fait que la plus grande partie de la Bible a été rédigée par ses fidèles, après son départ. Le docteur W. Graham Scroggie de la Moody Bible Institute, une prestigieuse mission évangélique située à Chicago, le confirme : « Oui, la Bible est d’origine humaine, bien que certains aient affirmé le contraire, plus par zèle que par érudition. Les livres qui composent la Bible ont été pensés par des hommes, rédigés dans le langage des hommes, écrits par la main des hommes et leur style est caractéristique de celui des hommes... C’est un livre humain, mais aussi divin. »[17]

    Un autre érudit chrétien, Kenneth Cragg, l’évêque anglican de Jérusalem, renchérit : « Dans le Nouveau Testament... [il y a des textes] condensés et révisés, des reproductions de choix et des témoignages. Les évangiles ont survécu à leurs auteurs et sont demeurés présents dans l’esprit de l’Église. Ils représentent à la fois l’expérience et l’histoire... »[18]

    « C’est un fait connu que l’Évangile original fut transmis oralement et que de cette tradition orale ont découlé toutes sortes de variantes. Il est également vrai que lorsque les faits historiques du christianisme furent mis par écrit, ils continuèrent, oralement, à être l’objet de variantes diverses, volontaires ou non, ce qui eut une influence sur les scribes et les rédacteurs. »[19]

    « En fait, chaque livre du Nouveau Testament, à l’exception des quatre épîtres de Paul, est, de nos jours, plus ou moins sujet à controverse et diverses insertions y sont maintenues. »[20]

    Le docteur Lobegott Friedrich Konstantin Von Tischendorf, un des plus inflexibles défenseurs chrétiens de la trinité, dut lui-même admettre : « Plusieurs passages [du Nouveau Testament] ont subi de si profondes modifications de sens qu’ils nous laissent dans une douloureuse incertitude sur ce que les apôtres avaient réellement écrit. »[21]

    Après avoir énuméré plusieurs exemples d’affirmations contradictoires dans la Bible, le docteur Frederic Kenyon déplore : « En plus des contradictions flagrantes comme celles [que je viens d’énumérer], il n’y a guère de versets dans lesquels nous ne retrouvons pas de variantes [dans les copies des anciens manuscrits à partir desquels la Bible a été assemblée]. Personne ne peut se dire indifférent à ces ajouts, omissions ou altérations. »[22]


    Voir: http://www.islamreligion.com/fr/articles/584/les-erudits-chretiens-reconnaissent-les-contradictions-dans-la-bible-partie-1-de-7/



    Selon Ehrman, Le Credo des Apôtres était dérivé de formules de croyance conçues au quatrième siècle.[23] Cet ancien évangéliste, « titulaire de la chaire des études religieuses » en Caroline du Nord, commence par relever les contradictions entre les évangiles canoniques. Au moment de la rédaction du Nouveau Testament, les textes ont proliféré, attestant un pullulement de communautés chrétiennes dont les orientations idéologiques divergeaient. Si l’on s’attache à la transmission des textes, on constate une multiplicité de variantes, dont les contenus ne se concilient pas. Enfin, le passage à l’écriture s’est fait à une époque éloignée de l’origine. Tout ceci rend difficile d’établir ce qui remonte authentiquement à Jésus de Nazareth.[24]



    Jésus de Nazareth justement qui sera au cœur de notre prochain article qui s’attache à débarrasser du mythe le Jésus historique !

                               

    Par : Karim Zentici

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    [1] Bart Ehrman ; « La Construction de Jésus : aux sources de la religion chrétienne », H&O éditions, 2010, pp 250 à 254

    [2] Idem. p.33

    [3] Bart Ehrman, La construction de Jésus : aux sources de la religion chrétienne, éditions H&O, 2009, p.154

    [4] Misquoting Jesus : The Story Behind Who Changed the Bible and Why par Bart D. Ehrman Chapitre 3

    [5] Bruce M. Metzger, The Text Of The New Testament : Its Transmission, Corruption, and Restoration , Seconde Edition, Oxford 1968 pp197

    [6] Misquoting Jesus : The Story Behind Who Changed the Bible and Why par Bart D. Ehrman Chapitre 3

    [7] Bruce M. Metzger, The Text Of The New Testament : Its Transmission, Corruption, and Restoration , Seconde Edition, Oxford 1968 pp200

    [8] Misquoting Jesus : The Story Behind Who Changed the Bible and Why par Bart D. Ehrman Chapitre 6

    [9] Frédéric GODET, docteur en théologie, professeur à la faculté de l'Église indépendante de Neuchâtel, Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean, Deuxième partie : le développement de l'incrédulité en Israël. Premier cycle, troisième section : la lutte à son plus haut degré d'intensité à Jérusalem. III : Dans et après le grand jour de la fête, Le récit de la femme adultère, 1902, pages 921-923.

    [10] Commentaire de Bruce Metzger du Greek New Testament » 2ème édition, p.188-189

    [11] Raymond E.Brown, ‘Que sait-on du Nouveaux Testament’, Bayard 2011, p419
    [12] History of Christianity in the Light of Modern Knowledge, Rev. Charles Anderson Scott, p.338.
    [13] “Religions in Ancient History,” S.G.F. Brandon, p. 228.
    [14] The Dead Sea Scrolls, the Gospel of Barnabas, and the New Testament, par M. A. Yusseff, p. 81.

    [15] History of Christianity in the light of Modern knowledge, Higgins p.318.

    [16] The Dead Sea Scrolls, the Gospel of Barnabas, and the New Testament, M. A. Yusseff, p.83.



    [17] W Graham Scroggie, p. 17.
    [18] The Call of the Minaret, Kenneth Cragg, p 277.

    [19] Peake’s Commentary on the Bible, p. 633.
    [20] Encyclopaedia Brittanica, 12th Ed. Vol. 3, p. 643.
    [21] Secrets of Mount Sinai, James Bentley, p. 117.

    [22] Our Bible and the Ancient Manuscripts, Dr. Frederic Kenyon, Eyre et Spottiswoode, p. 3.

    [23] Ehrman, Bart D.2003, Last Christianities, Oxford University Press, p.260 -note finale N. 1 à Chapitre 1.

    [24] http://www.histor.ch/wp-content/uploads/2015/07/Ecriture-du-Nouveau-Testament-1-Ehrman-Andre-Sauge.pdf
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